Frédéric Hantz, le bâtisseur novateur
Arrivé sur le banc du MHSC fin janvier, le technicien ruthénois possède une solide expérience du haut niveau. De Brive à Bastia, il s’est construit la réputation d’un coach dynamique capable de construire sur la durée grâce à des idées claires et concises. Rencontre…
La vie va très vite… Et celle d’un entraîneur encore plus. Frédéric Hantz en a fait l’expérience. Contacté le lundi 25 janvier pour prendre le poste d’entraîneur du MHSC, il a dirigé sa première séance seulement 48h plus tard. « Je ne m’y attendais pas, reconnaît-il d’emblée, mais ce sont les hasards de la vie, les circonstances d’une rencontre. Ce qui est certain, c’est que je suis très heureux et très fier d’être l’entraîneur du MHSC. Nous sommes lancés dans une course contre la montre où chaque minute compte mais j’ai vraiment envie d’apporter toute mon énergie, toute mon expérience pour qu’on puisse redresser la barre ensemble. Je suis convaincu que ce groupe a les capacités pour se maintenir en L1. »
Une course contre la montre au cours de laquelle le technicien de 49 ans a tout de même accepté, avec beaucoup de gentillesse, de nous accorder un entretien pour évoquer son parcours jusqu’à son arrivée sur les bords de La Mosson.

Milieu de terrain passé entre autre par Istres, Metz et Niort, c’est à Rodez, la ville où il est né et où il a débuté et terminé son parcours de joueur, que le nouvel entraîneur du MHSC a débuté sa carrière de technicien avant de rejoindre Brive. Là-bas, il a permis au club corrézien, alors en CFA d’atteindre les quarts de finale de Coupe de France en 2002 où il avait été éliminé par le PSG après avoir sorti Clermont-Ferrand, Lorient, Nancy et Auxerre. Une épopée qui lui a ouvert les portes du monde professionnel où il a d’emblée connu une franche réussite. Arrivé au Mans en décembre 2004, il redresse le club sarthois, alors empêtré dans les bas fonds de la L2 et le mène en L1 en juin de l’année suivante en participant à l’éclosion d’un effectif où figuraient notamment Pelé, Matsui, Bonnart, Basa, Romaric ou Grafitte et se forge la réputation d’un entraîneur en devenir voire même parfois atypique. « On m’a parfois qualifié ainsi, mais tout ce que je fais, c’est pour que le joueur, l’équipe et le club s’améliorent, souligne-t-il. Il est certain que je n’ai pas peur de sortir des clichés de faire des choses que je ressens, mais tout ce qui m’anime c’est le bon sens. » L’occasion d’évoquer ses méthodes et ses références en matière de coach. « Je tire mes inspirations d’un peu partout, explique-t-il. Il n’y a pas de vérité absolue. À des moments il faut s’entraîner fort, à d’autres il ne faut pas s’entraîner du tout, tantôt il faut être hyper rigoureux, tantôt il faut savoir déconner. En revanche, ce qui me semble important aujourd’hui c’est d’être bien entouré. Pour moi, la fonction essentielle d’un entraîneur c’est d’abord du management ; par rapport à ses joueurs mais aussi à l’environnement du club. Savoir ce qu’on veut et bien le communiquer. »
Passé ensuite par Sochaux et Le Havre, il y a connu deux périodes plus difficiles, avant de revenir au premier plan lors de son passage à Bastia. A sa prise de fonction en juin 2010, il ne reste que 7 pros au Sporting qui vient de descendre en National. Deux ans et deux accessions plus tard, il ramène le club corse en L1 avant de le maintenir dans l’élite 2 années de suite. « L’important quel que soit le niveau, c’est de se sentir bien là où on est et c’est ce que j’ai vécu à Bastia. » explique-t-il. Là bas, il s’est forgé la réputation d’un entraîneur bâtisseur et adepte d’un football offensif malgré des moyens limités. « Le football, c’est un équilibre entre la nécessité d’avoir des résultats et d’avoir si ce n’est pas un jeu offensif au moins un jeu où il y a de l’allant, de l’enthousiasme, des courses où les joueurs donnent beaucoup, plutôt qu’un football de calcul. Il y a une nécessité de résultats mais aussi de spectacle et de plaisir partagé, développe-t-il. Concernant l’aspect de bâtisseur, même si quand tu es entraîneur, le match le plus important c’est le prochain, j’ai toujours une vision sur l‘avenir et cela passe aussi par la formation. Aujourd’hui, l’urgence fait que je dois prioritairement me concentrer sur l’équipe première, mais je souhaite aussi observer ce qui se fait dans l’ensemble du club. Je me considère comme le manager de l’équipe professionnelle. Je dois être le lien entre toutes les composantes sportives du club. » Un profil qui colle parfaitement au MHSC…

Après un an et demi loin des terrains, où, en plus de suivre la L1, il s’est adonné à ses passions hors du terrain qui sont la nature, le golf et la plongée, le technicien ruthénois a donc débarqué à Montpellier avec beaucoup de fraîcheur et une réelle ambition. « Le MHSC est en difficulté aujourd’hui mais j’ai l’impression d’avoir franchi un pallier en venant ici. Par rapport à l’histoire du club, aux structures, à la qualité des gens qui sont à l’intérieur (même s’il y a beaucoup de choses à améliorer), j’ai la sensation que je peux apporter quelque chose. En tout cas j’ai envie de beaucoup donner. Il y a un vrai potentiel et de très belles choses à faire ici j’en suis convaincu. »
Accompagné d’Arnaud Cormier avec qui il avait déjà travaillé au Mans, l’ancien coach sarthois s’est donc d’abord attaché à gérer cette urgence avec 3 matchs rapprochés contre le GFC Ajaccio (victoire 4-0), l’OM (défaite 1-0) et Lorient (1-1). Mais il a déjà essayé d’effectuer un 1er état des lieux. « Le groupe a certains déséquilibres à certains postes et je trouve qu’il y a trop de joueurs ce qui empêche chacun de s’exprimer totalement. Cela dit, je ne suis pas là pour chercher des excuses mais pour trouver des solutions, souligne-t-il. Globalement, ce groupe a une expérience et une qualité technique et tactique individuelle très intéressante. Désormais, il faut que je sois capable de mettre tout cela en ordre pour gagner les cinq matchs qui nous manquent afin d’assurer le maintien. »
Un maintien qui ne s’obtiendra pas sans le soutien inconditionnel du public montpelliérain, ce dont le coach pailladin a bien conscience. « Je n’oublie jamais qu’on a un spectacle à donner. Un supporter, ce n’est pas seulement quelqu’un qui paie pour voir un match pendant 90 minutes, c’est quelqu’un qui partage la vie du club car il y est attaché. On se doit de donner des informations aux supporters, d’échanger avec eux. »
Un soutien qui sera nécessaire jusqu’à la fin de la saison, à commencer bien sûr par samedi soir face à Toulouse contre un concurrent direct pour le maintien. « Je ne sais pas si on peut appeler ça un tournant car il restera pas mal de matchs derrière mais ce sera un match important pour les deux équipes et il faudra tout mettre en oeuvre pour décrocher la victoire. »
Une victoire serait en tout cas une belle récompense pour un coach dynamique, passionné et passionnant, bien décidé à apporter un nouvel élan au MHSC.


