Équipe pro masculine

Les Féminines du MHSC en finale de la Coupe de France au bout du suspense

Le football nous offre parfois des scenarios dont seul ce sport A le secret.  à l’issue d’un match épique, les féminines du MHSC ont décroché ce dimanche leur billet pour la finale de la Coupe de France en battant le PSG aux tirs aux buts.

C’est peu de dire pourtant que face aux Parisiennes, deuxième du championnat et qui étaient venues s’imposer 2-1 à Montpellier en janvier dernier, les Montpelliéraines ne partaient pas favorites. Et pourtant…

Si la première période était cadenassée à triple tour, rien à voir cependant avec le rendez-vous manqué de janvier dernier où elles avaient parues empruntées. Cette fois, les Pailladines dégageaient une impression d’impact et de solidité très parlante. Très disciplinées tactiquement, les joueuses de Jean-Louis Saez contraignaient les Parisiennes à déjouer. Au décompte des occasions, les deux clubs étaient même à égalité à la pause : Une première frappe cadrée de Jakobsson, bien lancée par Toletti (25e) côté héraultais, un rush de Boulleau devant lequel Solène Durand sortait à propos (38e).

Tout se décanta en fait au retour des vestiaires, à la 49e minute lorsque Linda Sembrant, défenseur centrale de métier, fit chavirer le public du Stade Mama Ouattara. Sur un corner d'Utsugi, le ballon était renvoyé sur Torrent qui servait Sembrant à l'angle des 20 m. L’internationale suédoise envoyait alors un boulet de canon qui finissait sa course dans la lucarne gauche de Berger (1-0, 49e). Un vrai geste d’attaquante. « Quand j’ai vu le ballon, j’ai su tout de suite ce que j’allais faire, c’était instinctif, explique-t-elle. Je ne sais pas si j’ai mis d’aussi beaux buts dans ma carrière ou alors peut être dans mon jardin (rires). Plus globalement, je pense qu’on a fait un très bon match, on a su contrôler cette équipe du PSG. On avait très bien préparé ce match, on a fait énormément d’efforts et ça a payé. C’était un match très différent de celui joué en janvier. Avant cette rencontre, on sentait que c’était le moment de battre le PSG, et on est très heureuses de l’avoir fait. On a joué très compactes, soudées, ensembles. »

Un premier but de grande classe qui allait bientôt être suivi d’un autre peu après l’heure de jeu : Marie-Charlotte Léger interceptait une passe latérale de Dahlkvist au milieu de terrain puis partait sur le côté gauche. L’attaquante montpelliéraine fixait Laura Georges et déclenchait une frappe du gauche à l'angle de la surface pour trouver le côté opposé (2-0, 63e). Un vrai but à la Marie-Charlotte : plein d’instinct et de sens du but « Sur mon but, je lève la tête, je vois qu’il n’y a personne au centre, je regarde le placement de la gardienne, et je me dit « autant tenter le tout pour le tout »… et ça a marché. », raconte-t-elle.

L’impensable venait d’arriver. Après une période de doute ces dernières semaines, le MHSC venait de faire vaciller le grand PSG, devenu soudainement colosse aux pieds d’argile, en même temps qu’il avait transcendé un public de Grammont qui voyait là son spectacle favori du petit pailladin outsider venu faire tomber le favori.

Oui mais voilà, les Parisiennes ont de l’orgueuil. Et au moment où on les pensait proches d’être résignées, les équipières de Marie-Laure Delie plaçaient deux coups d’épée pour revenir dans la partie. L’ancienne montpelliéraine reprenait d’abord victorieusement un centre de Christiane avec les talents de buteuse qu’on lui connait (2-1, 75e), avant que Mittag n’égalise deux minutes plus tard (2-2, 77e). Pour les Pailladines, le coup était rude, très rude. « Après les 2 buts, on était assez énervées et déçues mais on a su se parler tout de suite après en se disant que tout était encore jouable, reprend Linda Sembrant. On a su rester dans le match, continuer à faire les efforts. On savait qu’en allant jusqu’aux tirs aux buts, on avait une chance de gagner. » Ironie du sort, les Montpelliéraines auraient même pu faire la différence bien avant, dans une fin de match totalement échevelée où Laëtitia Tonazzi, auteur d’un match titanesque devant aux côtés d’une Valérie Gauvin également exemplaire, aurait même pu arracher la décision, mais la superbe frappe de l'ancienne joueuse de Lyon était détournée en corner par Berger.

C’était écrit, il fallait donc en passer par cette cruelle séance des tirs aux buts. Sandie Toletti, également auteur d’ue belle prestation, se présentait en premier et mettait les siens sur les bons rails en transformant la première tentative héraultaise. La suite ? ce sont 3 autres tirs au but réussis pour le MHSC (Sembrant, Utsugi et Karchaoui), mais aussi et surtout 3 tentatives parisiennes (Dali, Cruz puis Delie pour le penalty de la qualification), détournées par une Solène Durand stratosphérique. « Les tirs au but, ça reste de la loterie, tempérait la gardienne du MHSC au sortir de cette séance de haute intensité. Il y a un an contre Nîmes, j’avais également eu droit à une séance de pénaltys, mais j’en avais un peu moins arrêté ! J’y suis allée au feeling et c’est passé. La qualification est là, c’est le principal. » Doublure de Laëtitia Philippe en championnat, Solène, l’équipière de l’ombre se retrouve donc propulsée en pleine lumière… Pas de quoi à faire vriller la Bourguignone de naissance. « C’est vrai que je n’ai pas beaucoup de temps de jeu, donc j’essaye d’être là pour l’équipe. Je savais que je devais faire la différence sur cette séance, d’autant que je suis un peu fautive sur le deuxième but parisien en relâchant le ballon. On a mieux défendu qu’en janvier en misant sur les contre-attaques et essayer de rester bien en place. Je suis vraiment heureuse d’atteindre cette finale, d’autant qu’elle se déroule pas très loin de chez moi, ça permettra de voir la famille. »

Ce sera au Stade des Alpes de Grenoble le 15 mai prochain. Une finale que les Montpelliéraines sont allées chercher avec leurs tripes au terme d’une prestation exemplaire de discipline, de combattivité, de courage et d’esprit d’équipe, en dignes héritières de l’Esprit Paillade qui a permis au club montpelliérain d’écrire les plus belles pages de son histoire. « L’année dernière on a joué la finale, et on avait vraiment envie de la rejouer cette année, sourit Linda Sembrant.  C’est la deuxième consécutive contre Lyon et j’espère que cette année elle sera pour nous ! » « Il y aura forcément un petit air de revanche contre Lyon, surtout que l’an dernier on avait perdu en finale contre l’OL en passant très proche de la victoire, assure de son côté Solène Durant. Je sens qu’on peut faire un résultat contre cette équipe lyonnaise. Je pense qu’on a le groupe pour y parvenir. »

Rendez-vous donc le 15 mai au Stade des Alpes pour écrire une nouvelle page de l’histoire de la section féminine du MHSC. Avec, pourquoi pas, cette fois, un titre à la clé.

LA FICHE TECHNIQUE : MHSC 2-2 PSG (le MHSC qualifié aux tirs au but

Coupe de France 2015-2016 – Demi finale. Dimanche 17 avril 2016. Complexe sportif Bernard-Gasset. Arbitre :Mlle Guillemin. Mi-temps : 0-0. Fin du temps règlementaire 2-2.  

Buts pour le MHSC : Sembrant (49e), Léger (63e) ; pour le PSG : Delie (75e), Mittag (77e)

Avertissements au MHSC : Toletti (70e) ; au PSG : Dahlkvist (56e), Berger (83e)

MHSC : Durand – Torrent, Agard, Sembrant (cap.), Karchaoui – Toletti,Utsugi – Jakobsson (Torrecilla 87e), Tonazzi, Léger (Alves, 72') – Gauvin (Asseyi 81'). Entr.: Jean-Louis Saez

PSG : Berger – Delannoy, Georges, Erika, Boulleau – Seger (cap.), Hamraoui (Dali 52e), Dahlkvist (Mittag 65e) – Cruz – Christiane, Rosana (Delie 52e). Entr.: Farid Benstiti

ITV EXPRESS : Jean-Louis Saez :

Le coach montpelliérain revient sur la belle qualification de son équipe

Quel est votre sentiment après cette rencontre ?

D’abord de la joie. On sortait d’une prestation assez médiocre devant notre public en championnat face à Juvisy (défaite 3-1). Aujourd’hui (NDLR, hier) les filles ont fait un gros match. Ce match peut aussi laisser des regrets, car j’aimerais qu’on soit plus souvent dans la continuité de ce qu’on a produit lors de cette rencontre. Ça fait 2 ans et demi qu’on était inférieurs à Paris et Lyon dans le jeu, mais cette année on a été plus solide défensivement, on s’est créé des occasions… et face à des équipes qui sont en demi-finale de la Ligue des Champions, c’est porteur d’espoirs pour l’avenir. Maintenant, le groupe est jeune et il faut se replonger rapidement dans le match face à Soyaux dimanche en championnat pour consolider ce qu’on a fait face au PSG.

Qu’est-ce qui différencie ce match en Coupe de France à la défaite en championnat face à ces mêmes parisiennes en janvier dernier ?

En janvier, on était dans la peau de favori en étant 2e du championnat, ce qui a pu nous faire déjouer. On a retrouvé pas mal de cadres aujourd’hui, avec 5 filles qui avaient plus de 25 ans. C’est important d’avoir des cadres, dans la gestion, l’approche de tels matchs. En janvier, on a sans doute aussi voulu être trop ambitieux en voulant prendre le jeu à notre compte. Dimanche, on s’est attelé à bien défendre, à jouer compact, en équipe, mais on a aussi essayé de bien jouer et je crois que le public a vu quelques séquences intéressantes. J’espère qu’on va s’en servir pour l’avenir. Ça va donner de la confiance aux joueuses, maintenant, on ne doit pas tomber dans la facilité, mais plutôt montrer qu’on est capable de sortir plus régulièrement ce genre de matchs.

C’est aussi une belle réponse après un début d’année civile 2016 difficile…

Ça donne de la satisfaction. Ça montre aussi qu’il y a de l’adhésion, même si on a pu douter par moment cette saison. Il ne faut pas trouver des circonstances atténuantes, mais on a eu des moments de flottement, avec des joueuses fatiguées, d’autres qui revenaient de blessure. Quand on est dans la difficulté et qu’on arrive à rebondir, c’est très agréable. Toutes les joueuses n’ont rien lâché, on s’est également procurés des occasions à 2-2. On se qualifie aux tirs aux buts, et la victoire est encore plus belle. Les spectateurs ont pu voir du spectacle. En plus, cette victoire intervient dans un très bon week-end pour le MHSC avec la victoire des garçons à Nantes. Je suis également très heureux pour eux.

Un mot sur la finale face à Lyon qui se profile…

Lyon reste un grand d’Europe. L’année dernière, cette finale arrivait un peu tôt ; cette année le groupe a un an de plus, il est plus mature. Il faudra se servir de ce qu’on n’a pas fait de bon cette année, et se servir de ce qu’on a fait de bien sur ce match. Cette finale récompense notre saison, même si en début d’exercice on pouvait espérer accrocher une place européenne lorsqu’on était second ; mais avec les absences de Utsugi, Toletti et Tonazzi notamment, c’était compliqué. Aujourd’hui, avec le retour en forme de tout l’effectif, je veux qu’on finisse la saison en boulet de canon, avec pour objectif de gagner cette finale.

 

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