Equipe pro féminine

Jean-Louis Saez : « Garder notre ligne de conduite »

A la veille de recevoir le Paris Saint-Germain pour la quatorzième journée de D1 féminine (dimanche 14h15), le coach montpelliérain Jean-Louis Saez a répondu aux questions de mhscfoot.com

Jean-Louis tout d’abord bonne année, que peut-on souhaiter au coach ?
De la continuité dans les performances sportives. L’équipe a fait une belle saison 2015. Une ossature, une équipe s’est dessinée et les résultats sont cohérents, dans la continuité de ce que l’on souhaite même si il reste des progrès à faire. Donc continuer à emmagasiner de la confiance en prenant des points et puis après on verra en fin de saison ce qui nous arrivera mais on aura tout donner pour atteindre le meilleur résultat possible.

2015 justement, cela a d’abord été une deuxième partie de saison réussie…
Ça a été une demi-saison du renouveau, on a enchaîné les victoires, une finale en coupe de France. On a failli créer l’exploit sur la finale même si Lyon nous a été supérieur, on a fait douter une équipe qui est sûrement l’une des meilleures d’Europe. On s’est dit que même nous on pouvait y arriver donc ça nous a éveillé sur nos convictions, notre travail. On a vu qu’en travaillant, en progressant on pouvait aussi combler l’écart qui nous séparait de cette équipe-là.

état d'esprit, abnégation, volonté

2015 c’est aussi le début de la saison en cours avec également des raisons de se satisfaire…
C’est la satisfaction d’être arrivé à l’intersaison en étant avec les deux équipes favorites, le Paris Saint-Germain et l’Olympique Lyonnais. On n’a pas perdu de points face à ces équipes en faisant deux nuls ce qui est une bonne progression par rapport aux saisons précédentes. Avec l’état d’esprit, l’abnégation, la volonté du groupe on a réussi à tenir en échec ces deux équipes. C’est une satisfaction de voir que le travail commence à payer et qu’on a un groupe avec une forte marge de progression. Si on continue à travailler comme ça, que les matchs continuent de nous sourire comme c’est un peu le cas actuellement, c’est aussi la force du groupe d’aller chercher cette confiance là. Si on continue à emmagasiner des victoires comme on le fait actuellement on peut être la bonne surprise en 2016.

2016 a plutôt bien commencé avec la qualification en Coupe de France et avec la manière !
C’était un match de reprise, c’est toujours un peu délicat après les fêtes. Sur le comportement de l’équipe, les joueuses ont fait ce qu’il fallait dans la production du jeu et elles ont montré qu’on pouvait aller dans cette progression-là. Aujourd’hui la générosité c’est bien, l’état d’esprit c’est bien mais il faut qu’on se projette aussi vers plus de jeu. C’est peut-être ce qui nous attend en 2016, c’est garder nos valeurs mais être encore plus déterminées dans l’utilisation du ballon, dans la complémentarité des déplacements et aussi en étant plus agressives devant le but. Avoir mis 12 buts c’est bon pour la confiance mais après chaque match aura sa vérité.

La Coupe de France reste un des objectifs de cette saison ?
C’est ce qui nous a permis en 2015 d’exister. Cette finale on y tenait, une fois qu’on y était la déception était là car vu la physionomie du match on est passé de peu à côté de la victoire et de la récompense de nos efforts. Cette année l’objectif est le même à la seule différence de remporter la Coupe. C’est un groupe en reconstruction et il faut forcément passer par des échecs pour gagner le lendemain, c’est un apprentissage et on se sert de cette déception pour essayer d’aller le plus loin possible en Coupe de France et si on a la chance d’aller en finale pourquoi pas la gagner ?

2016 en championnat c’est bonifier le travail effectué en 2015 ?
A 9 journées de la fin, on a relancé le championnat en tenant en échec Lyon et Paris sur la phase aller. Ça permet d’avoir trois équipes qui se tiennent en trois points donc tout va se jouer sur les confrontations directes entre Paris, Lyon et Montpellier. On redémarre après la trêve par la réception du Paris Saint-Germain qui est derrière nous à un point. C’est la particularité de ce championnat où on est dans une division à deux niveaux, on a su se hisser au niveau des meilleurs et c’est vrai que par moment on a eu quelques difficultés à construire nos victoires face à certaines équipes mais cela fait partie de notre progression. Par rapport à l’approche des matchs où on a eu quelques difficultés, la stabilité de ce groupe-là qui est assez jeune va nous permettre dans les mois qui viennent d’être plus serein dans notre jeu, d’être plus cohérent. Pour les confrontations dans les gros matchs il faudra être au rendez-vous comme nous l’avons été lors de la phase aller. On doit garder cette ligne de conduite, ne jamais croire qu’on est arrivé. On n’a rien gagné, on est second. Notre handicap c’est peut-être d’être dans un championnat qui compte avec le PSG et l’OL deux des cinq meilleures équipes d’Europe. Exister avec ce qui se fait de mieux en Europe c’est pas évident pour Montpellier mais aujourd’hui on est content du travail qu’on fournit et on se prête au jeu. On montre qu’avec travail et rigueur on peut rivaliser avec des équipes comme Paris et Lyon même si normalement au bout les deux équipes devraient être devant nous. On veut exister, on veut rivaliser, il reste neuf matchs, on ne peut pas prédire l’avenir mais on y croit quand même.

Respect des valeurs du club

Vous travaillez avec un groupe qui adhère à 100% au projet ?
La force de ce groupe c’est qu’il est dans le même état d’esprit que le club. Elles respectent les valeurs du club, celles d’un club formateur qui est proche des joueurs et des joueuses. Si le groupe vit bien, s’il y a une adhésion, derrière les forces sont décuplées. Peut-être que les matchs où on aurait pu se faire accrocher on est allé chercher les victoires parce qu’il y avait cet état d’esprit derrière. C’est un point de départ, ça ne suffit pas pour gagner des titres mais c’est un point de départ nécessaire pour grandir et gagner des titres. Je disais que la finale était arrivée tôt en 2015, être second à mi-parcours cette saison ça arrive vite aussi mais plus vite on va apprendre, plus vite on va grandir et plus vite on gagnera des titres. Je pense que c’est un groupe qui dans les années à venir ramènera des titres à Montpellier. Aujourd’hui Paris et Lyon sont armés pour gagner la Ligue des Champions, refaire la Ligue des Champions donc si on les contrarie ça relève le niveau du championnat aussi, ça permet de ne pas avoir une équipe comme Lyon sûre d’être championne à la trêve. D’avoir joué les trouble-fêtes sur la première partie du championnat ça permet de nous dire que si on réédite la même chose on peut avoir une belle satisfaction en fin de saison.

Le public répond également présent à Grammont, c’est important pour vous ?
Arriver à fédérer toutes les équipes du club sur le même Complexe, de pouvoir bénéficier d’un terrain de compétition pour la CFA et les féminines, le fait que les licenciées féminines puissent aller voir jouer les équipes masculines et vice-versa ça permet de créer des passerelles sur un même lieu, de créer de la vie. Nous on est en recherche d’identité, on a besoin de faire prendre du plaisir aux gens qui viennent voir le football féminin. C’est le message que je fais passer aux joueuses, le besoin de plaire à notre public. C’est l’exigence qu’on va mettre à l’entraînement pour que demain les gens qui viennent voir le football féminin aient envie de revenir pour la qualité du jeu qu’on a à proposer. Le public est toujours au rendez-vous mais c’est en net progrès par rapport à ce que j’ai connu depuis mon arrivée. On a la chance d’être mis en avant par le club. La vitrine bien évidemment c’est l’équipe masculine, la formation qui a toujours sorti de grands joueurs de talent, c’est le moteur du club. En même temps la fraîcheur que peut amener l’équipe féminine, le renouveau avec la Coupe du Monde féminine qui se profile en France en 2019, l’expérience puisque Montpellier a été le premier club a créé une section féminine font que les deux Présidents sont derrière l’équipe, nous soutiennent. Ça aide le coach, le staff, ça pousse les filles à aller toujours plus loin. Nous on cherche à leur donner satisfaction pour les remercier de la place qui est faite à la section féminine. On n’a pas le moindre relâchement à avoir pour rivaliser avec Paris et Lyon par rapport aux efforts que font les Présidents Louis et Laurent Nicollin pour combler le retard qu’on avait par le passé.

Un dernier vœu à formuler à destination des supporters ?
D’avoir toujours un douzième homme c’est important ! Sur les matchs où on aurait pu se faire accrocher ça a fait la différence donc on a besoin d’eux dimanche face à Paris, pour être 12 contre 11. Je les encourage à être là, encore plus nombreux, à faire encore plus de bruits pour soutenir l’équipe. Avec leur soutien ça peut nous aider à faire grandir l’équipe encore plus vite. Rendez-vous dimanche !

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