À Bastia, le MHSC prend la sortie de secours
Le 19 avril 2003, le Montpellier Hérault l'emporte (1-2) sur le terrain de Bastia, une première dans l'histoire du club qui lui permet à l'époque de rester hors de la zone dangereuse des relégables.
Depuis 1982, date du premier déplacement des Pailladins chez le Sporting Club de Bastia, les protégés de Louis Nicollin ne l'ont emporté qu'une seule fois. Ce précieux succès obtenu lors de la saison 2002-03 intervient alors que le MHSC est en pleine opération maintien. Pour la petite histoire, et pour resituer un peu cette rencontre dans son contexte de l'époque, le Montpellier Hérault avait retrouvé cette saison-là un peu de orange sur son maillot alors qu'il avait traversé les deux exercices précédent tout de marine vêtu. C'était aussi les débuts des Armata Ultras en tribune alors que sur le rectangle vert Roberto Assis (le frère de Ronaldinho) venait quant à lui de prendre sa retraite. Plus sérieusement, à l'été 2002, le MHSC avait vu débarquer trois nouveaux joueurs du côté de Grammont : Sébastien Michalowski (Lille), Pierre Laigle (Lyon) et Victor Bonilla (libre) alors que Marc-Eric Gueï (Beauvais) et Cyril Ramond (Nancy) étaient de retour de prêt. Au rayon des départs l'équipe s'était séparée d'Eric Decroix (Beerschot, Belgique), Marcel Mahouvé (Clermont Foot), Omar Belbey (fin de contrat), Rémy Vercoutre (Lyon) et d'Aliou Cissé (retour prêt au PSG).

Après un retour parmi l'élite correct la saison précédente, rien ne laissait présager un nouvel exercice de L1 aussi périlleux qu'il le fût en cette saison 2002-03. Fin octobre, le trio Bernardet, Baills et Printant (actuel entraîneur des Corses) succède pourtant à Michel Mézy sur le banc pailladin. La dégringolade au classement continue jusqu'à fin janvier quand à la 25ème journée de championnat l'équipe accuse 9 points de retard sur le premier non relégable. Jamais une équipe n'a évité la relégation en fin de saison après avoir accusé un tel retard. Les Pailladins arrivent cependant à remporter 5 des 9 rencontre suivantes et ils viennent de sortir de la zone rouge avant d'aller affronter Bastia. C'est avec une équipe à la moyenne d'âge n’excèdent pas les 23 ans que Gérard Bernardet part défier les Corses de Gérard Gili, ancien coach du MHSC qui avait succédé un autre Pailladin, Robert Nouzaret, sur le banc du SCB.
Du culot, c'est ce que réclame Gégé à ses jeunes joueurs, comme ils ont pu en faire preuve à Paris (1-3), Troyes (0-2) et Sedan (1-2) quelques semaines plus tôt alors qu'ils commencèrent à ressusciter des flammes de la zone de relégation. Ce sont les Héraultais qui placent la première banderille du match avec Bertrand Robert, d'abord sur coup-franc (4ème), puis d'un centre tir qui fait mouche : récupérant la balle le long de la ligne de touche et voyant Penneteau avancé, il tente et réussit d'une bonne trentaine de mètres sur le flanc gauche un superbe tir lobé du gauche qui fait irrémédiablement mouche (0-1, 9ème). Un but tout à fait comparable à celui qu'il avait inscrit quelques mois auparavant à Bordeaux ou à certains que son frère, Laurent, avait pu inscrire sous le maillot pailladins, à Paris ou Newcastle. Une marque déposée en quelque sorte…

L'enjeu est tel que le jeu se doit d'être ambitieux. Les Bastiais sont maladroits et repliés en défense autour de Silvestre et Mendy alors que le MHSC fait ce qu'il faut : Rouvière est le distributeur, Barbosa l'animateur, Robert le finisseur et entre ceux-là Doumeng fait le reste. En seconde période, Bastia et son duo d'attaquants Laslande-Maurice sort un peu de sa léthargie mais Riou fait sa loi dans les buts héraultais. Jusqu'à une tête de l'ancien lyonnais qui fait mouche. Conséquence d'une assez longue période de domination bastiaise et une action amorcée de la droite par Vignal (ancien stagiaire du MHSC prêté par Liverpool) est prolongée de la tête par Laslandes au profit de son compère Maurice démarqué et qui n'a aucune peine à égaliser d'une reprise de la tête (1-1, 68ème).
Il fallait alors se poser la question de savoir s'il valait alors mieux 1 point que zéro après avoir espéré en empocher trois. La réponse fut rapidement donné par Doumeng. Suite à une incursion de Barbosa, le ballon file en direction du milieu de terrain pailladin jaillissant sur la droite. Le petit stratège roussillonnais évitant ensuite la sortie de Penneteau pour glisser tranquillement la sphère dans les cages vides (1-2, 76ème). Sur une autre percée de Doumeng, Mézague manque la balle du K.O. Fébriles en cette fin de rencontre, les Pailladins ne jouent pas la montre mais Gilles Vessière accorde 5 minutes de temps additionnel. En début de rencontre, l'homme en noir avait quand même réussi à exclure Yasser Helwani, le kiné du MHSC, coupable à ses yeux d'avoir quitté son banc pour envoyer une bouteille d'eau à Riou. Sur son banc, Gérard Bernardet gesticule d'impatience avant de savourer, à juste titre, le coup de sifflet final et une victoire synonyme d'espoir. Loulou peut embrasser Franck Silvestre et récupérer le maillot de son ancien joueur qui avait quitté le MHSC à la trêve pour le SCB. « Montpellier et sa leçon de maintien », comme le titrera le Midi Libre le lendemain, peut désormais entrevoir une sortie de secours à une saison où quelques mois plus tôt l'équipe était donnée pour morte.

Feuille de match
SC Bastia 1-2 Montpellier HSC 34ème journée L1 Samedi 19 avril 2003 au stade Armand Cesari Spectateurs : 7 522 Arbitre : Gilles Veissière Buts : Florian Maurice (69ème) pour Bastia, Bertrand Robert (10ème) et Geoffrey Doumeng (76ème) pour Montpellier. Cartons jaunes : Laurent Batlles (32ème), Demetrius Ferreira Leite (70ème) et Chaouki Ben Saada (72ème) à Bastia, Nenad Dzodic (63ème) au MHSC.
SC Bastia : Penneteau – Ferreira, Mendy (Ben Saada, 46ème), Silvestre, Uras – Piocelle, Vignal, Battles, Gourvennec (Guemari, 80ème) – Laslandes, Maurice. Entraîneur : Gérard Gili
Montpellier HSC : Riou – Moullec, Assoumani, Dzodic, Ramond – Rouvière (cap), Doumeng (Laigle, 89ème), Barbosa – Bamogo (Mézague, 65ème), Mansaré, Robert. Entraîneur : Gérard Bernardet.



