Équipe pro masculine

Produits maison

9 joueurs formés au MHSC ont déjà joué au moins une minute en pro cette saison. Un chiffre impressionnant analysé par 2 glorieux anciens façonnés au Domaine de Grammont : Laurent Pionnier et Jamel Saihi.

Ce cliché pris en marge de la photo officielle en septembre dernier fait depuis la fierté de tous les formateurs. Sur celui-ci, les 12 joueurs présents ont tous un point commun : Ils sont formés au club et s’entraînent au quotidien avec l’effectif pro. Seuls Thibault Tamas, Téo Allix et Mateo Loubatieres, n’ont pas encore disputé une minute de jeu en match officiel cette saison. Depuis, ils ont même été rejoint par un 13ème homme, Axel Guéguin, entré en jeu contre Toulouse début octobre et devenu à cette occasion, à 17 ans et 192 jours, le plus jeune joueur de l’histoire du MHSC à évoluer en Ligue 1.

Un vivier important

Un chiffre qui montre la vitalité du Centre de Formation pailladin et est aussi annonciateur de belles promesses pour l’avenir. « Ça me fait plaisir de voir autant de jeunes du Centre en équipe première, sourit Laurent Pionnier, lui-même formé au club. Ça fait plaisir, oui mais ça ne tient qu’à eux. Il faut qu’ils bossent, qu’ils progressent et, à Montpellier, si tu as du talent et que tu bosses, tu sais que ce club te permettra de jouer. » Membre de la génération 1987, soit 5 ans après celle de Laurent Pionnier (1982), Jamel Saihi ajoute : « C’est un réel plaisir de voir qu’autant de joueurs formés au club évoluent aujourd’hui en équipe première. Ça montre qu’un gros travail est effectué chez les jeunes et qu’il y a un vivier important. Le MHSC n’est pas le PSG ou l’OM. Ici tu as besoin de t’appuyer sur ton centre de formation. » Natif de Montpellier, l’international tunisien porte même un regard attentionné sur ses successeurs : « C’est bien que des garçons comme Fayad commencent à grappiller du temps de jeu. Pour sa part, Maxime Esteve a surpris tout le monde parce qu’il a démontré beaucoup d’assurance alors qu’il n’a qu’un peu plus d’une saison derrière lui en Ligue 1. Quant à Elye Wahi, il fait partie, pour moi, des meilleurs jeunes en Europe à l’heure actuelle. »


C’est un fait, le MHSC donne sa chance aux jeunes, mais « ce n’est pas un dû », précise bien Laurent Pionnier. « Dans le travail, il faut s’en donner les moyens. Il faut faire des efforts, peut-être même plus que les autres, mais dans ce métier-là, l’effort est un leitmotiv au quotidien. Il y en a beaucoup qui s’arrêtent en chemin, que ce soit au début ou à la fin, c’est le lot de tous les Centres de formation mais, si tu y arrives  – et je parle en connaissance de cause –  représenter ton club formateur en pro est une très grande fierté. » « Ce n’est pas parce que tu as la possibilité de jouer qu’il ne faut pas faire tes preuves, bien au contraire, reprend Jamel Saihi. Si tu es prêt, tu peux jouer à 16, 17, 18, 19 ou 20 ans, mais il faut montrer que tu es prêt en étant bon quotidiennement aux entraînements. Une chose est sûre, ce grand nombre de joueurs formés au club qui ont du temps de jeu donne de l’espoir aux jeunes parce qu’ici tu as plus de chance de t’exprimer au niveau professionnel que dans un autre club. »

L’importance des cadres

Mais attention, l’exemple de la descente en Ligue 2 de 2004 où énormément de jeunes du Centre avaient été lancés en même temps pour l’opération remontée en Ligue 1 (Godemèche, Lafon, Colombo, Gathuessi, Assoumani, Lafourcade, Darbion…) montre aussi que le ‘‘jeunisme’’ a ses limites. Le MHSC n’avait d’ailleurs pas reproduit la même erreur avec la génération 1990, bien entourée à ses débuts par un effectif plus équilibré avec plus de joueurs expérimentés tels Nenad Džodić, Emir Spahić, Cyril Jeunechamp, Geoffrey Dernis ou Romain Pitau « Il faut mettre ces jeunes dans de bonnes dispositions et les entourer avec des joueurs d’expérience, c’est très important, estime Jamel Saihi. Quand tu es jeune, tu as beau avoir un talent indéniable, il faut aussi pouvoir compter sur des coéquipiers capables de te guider et de remettre les pendules à l’heure quand il le faut. Acquérir de l’expérience demande du temps, de la patience mais aussi un bon entourage. »
Forts de cette expérience, le MHSC a donc construit un effectif équilibré cette année où les jeunes joueurs peuvent compter dans chaque ligne sur des éléments expérimentés : Germain ou Khazri devant, Sakho, Souquet ou Jullien derrière et bien sûr, Jordan Ferri au milieu. « Tu cites là le profil d’un top joueur parce que, outre le fait que ce soit un très bon joueur et une belle personne, Jordan a connu ce cursus du Centre de Formation ; ce que c’est de s’entraîner à côté du terrain des pros et de se dire ‘’il faut que je bosse parce que j’ai envie de m’entraîner avec les pros un jour’’. Il connait ça, donc il peut le transmettre aux plus jeunes, explique Laurent Pionnier. Quand on parle d’identité de club, d’en transmettre les valeurs, Jordan a naturellement cette faculté à s’adapter à Montpellier parce qu’il sait ce qu’on attend de lui à ce niveau-là. »


Il convient aussi d’évoquer le cas particulier de son compère, Téji Savanier, né et formé à Montpellier sans y passer pro avant de revenir au MHSC par la grande porte en 2019 et d’en être aujourd’hui le capitaine : « Le retour de Téji doit aussi inspirer beaucoup de jeunes du club qui ne percent pas dans un premier temps, souligne Jamel Saihi. Tout le monde ne peut pas signer pro, il y a très peu d’élus, mais ne pas réussir ici ne veut pas dire que tu ne vas pas réussir ailleurs ou bien que tu ne vas pas revenir un jour à Montpellier comme ça a été le cas pour Téji. Dans ce cas précis, au-delà du talent, l’aspect mental est très important. »


Sans basculer dans un optimisme béat qui serait aussi prématuré que malvenu, voire déplacé, les grands succès du MHSC restent associés à l’éclosion d’une génération de jeunes du Centre entourés par des cadres de qualités. Ce fut le cas avec la génération Baills, Blanc, Ferhaoui, montée en D1 en 1987 puis vainqueur de la Coupe de France en 1990, celle des Carotti, Rouvière et Lefèvre, finaliste de la Coupe de France 1994 et de la génération 1990 des Cabella, Belhanda, Stambouli, Championne de France en 2012 après avoir remporté la Coupe Gambardella 3 ans plus tôt : « J’ai eu la chance de jouer dans des équipes où il y avait peut-être 1 voire 2 joueurs sur le 11 de départ qui n’étaient pas issus de notre formation et, à l’inverse, j’ai aussi joué dans des équipes où il y avait seulement 1 ou 2 joueurs issus du Centre… et les années où on a eu les meilleurs résultats c’est quand on avait le plus de joueurs formés ici qui composaient notre équipe », estime Laurent Pionnier, qui tient cependant à préciser : « Il faut mesurer ces propos car ils ne sont pas négatifs pour les joueurs qui viennent de l’extérieur loin de là, mais ici, le travail effectué au niveau de la formation est très important. Il faut des joueurs qui aient cette âme, cet état d’esprit dont on parle souvent ; Ce ne sont pas que des mots, ni une utopie : le club a besoin de ça. On a besoin de former et après d’être complétés par des joueurs de talent ; ça c’est obligatoire parce qu’ils apportent une expérience, une autre vision, ce qui est très bien, mais je pense qu’il faut qu’on s’appuie sur notre vivier. Après, rien ne se fait comme ça. Aux jeunes de bosser pour y arriver car le MHSC est un club qui te permet de t’exprimer si tu as le talent, l’esprit bosseur et les valeurs qu’on nous inculquent ici dès notre plus jeune âge. »


Pour terminer sur une note d’humour, parmi les 12 joueurs formés au MHSC qui ont évolué en pros cette année avec le MHSC figurent Enzo Tchato et Sacha Delaye dont Jamel Saihi (pour le second)  et Laurent Pionnier (pour les deux) ont évolué avec les pères « Même si je ne me sens pas très vieux, je dois avouer que la présence de Sacha m’a tout de même mis un petit coup, sourit Jamel. Je suis très content pour lui qu’il engrange petit à petit du temps de jeu. Je suis content pour lui et pour son père. Je lui souhaite d’avoir une aussi belle carrière que Philippe, voire même plus belle. »
« On prend un coup de vieux, c’est vrai mais c’est la vie, sourit Laurent Pionnier. C’est sympa de voir arriver les enfants de ceux avec qui on a joué. Ça veut dire qu’il y a de belles années devant nous avec la formation. Ça fait plaisir. » Et c’est sans doute loin d’être fini !

La stat : 9

Neuf joueurs formés au MHSC ont participé à au moins un match de Ligue 1 cette saison (Savanier, Chotard, Esteve, Delaye, Wahi, Fayad, Tchato, Cozza et Guéguin), pour un total de 4114 minutes de jeu. Seul l’Olympique Lyonnais (11 joueurs formés au club pour 4775 minutes jouées)  fait mieux depuis le début de la saison (statistiques arrêtées au soir de la 10ème journée).

 

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