
Akor Adams, travail et résilience
Buteur contre Nantes il y a 3 semaines, l’attaquant nigérian évoque sans tabou sa saison passée et celle qui vient de démarrer. Avec des mots forts et sans se cacher, il explique pourquoi il croit en lui et place son équipe au-dessus de son cas personnel.
Il y a un peu plus d’un an, le 13 août 2023, son doublé en une minute et 42 secondes contre Le Havre dès son 1er match avec le MHSC (soit le doublé le plus rapide d’un joueur pour sa première en Ligue 1 depuis qu’Opta analyse la compétition, en 2006-2007), avait fait chavirer La Mosson. Premier joueur de l’histoire du MHSC à inscrire un doublé dès son 1er match en Orange et bleu, il était même devenu, en marquant à nouveau lors du succès à Lyon une semaine plus tard (4-1), le 1er joueur montpelliérain à marquer 3 fois en 2 matchs : « Je ne connaissais pas l’existence de ces records et je dois reconnaître que c’était difficile de vivre meilleurs débuts », sourit Akor Adams. « Encore plus dans un nouveau club, un nouveau pays et un nouveau championnat. Je ne pouvais pas espérer mieux. »

Je dois remercier le staff et mes coéquipiers qui ont continué à croire en moi. Le coach, Michel Der Zakarian, ne m’a jamais lâché non plus.
Mais les nuages se sont peu à peu accumulés dans ce ciel radieux et après avoir marqué 5 buts lors des 7 premières journées, Akor Adams a dû faire face à une longue période de disette en championnat. « Tout attaquant est jugé sur le nombre de buts qu’il marque, Ça fait partie du jeu »,
assure l’ancien joueur de Lillestrøm. « Mais je pense qu’ici, à Montpellier, je dois donner bien plus que cela. Je travaille pour l’équipe, pour libérer des espaces, donc je sais que j’ai quand même été utile par certains moments durant cette période sans but. Cela dit, il est certain que j’aurais dû marquer plus. »
UN SOUTIEN SA FAILLE
Loin des caméras, Akor a alors multiplié les heures de ‘’rab’’ après les entraînements pour tenter de retrouver la confiance… Au point de susciter l’admiration de ses coéquipiers et le respect de tout un club : « Je dois remercier le staff et mes coéquipiers qui ont continué à croire en moi », souligne Akor. « Le coach, Michel Der Zakarian, ne m’a jamais lâché non plus. Il a été joueur avant moi, il voyait que je travaillais dur tous les jours et à quel point l’ensemble de l’équipe travaillait pour que je puisse m’améliorer et marquer. Cette période a été longue, je ne vais pas le cacher. J’ai prié et je me suis dit qu’à force de travail, ça finirait par payer. »
Une résilience qui force le respect et qui a fini par trouver son écho par un but inscrit lors de l’ultime match à domicile de la saison dernière contre Nantes :

« J’ai toujours pensé que si tu crois vraiment en quelque chose que tu travailles pour l’obtenir, cela finit par arriver », assure Akor. « Je donnais mon maximum sur le terrain et en dehors et quand ce fameux but est arrivé, j’étais extrêmement heureux. Je l’ai vécu comme un soulagement et la récompense d’un travail de longue haleine. Ça m’a fait vraiment du bien. » Une joie partagée par l’ensemble de ses coéquipiers qui ont chaleureusement fêté ce but avec lui.
À chaque fois que je touche le ballon, je dois créer quelque chose, que ce soit un espace, une passe, un tir ou un but. C’est quelque chose que je veux vraiment améliorer cette saison

IL A ÉTOFFÉ SA PALETTE
Je travaille pour l’équipe, pour libérer des espaces, donc je sais que j’ai quand même été utile par certains moments durant cette période sans but. Cela dit, il est certain que j’aurais dû marquer plus.
Recruté pour assumer la difficile succession d’Elye Wahi, Akor Adams possède des similitudes mais aussi de grandes différences avec l’actuel attaquant de l’OM. Plus grand, plus puissant mais moins félin que son prédécesseur, il a dû apprendre énormément de choses la saison passée, le tout en enchaînant 2 saisons consécutives puisqu’il avait démarré le championnat norvégien dès le mois de février. S’il reconnait que cette absence de repos « a pu peser » dans ses performances, il ne se cache pas derrière cet élément-là pour autant
« Ici, je suis utilisé en véritable numéro 9, celui qui doit marquer des buts, mais si je reste constamment en pointe, je vais être uniquement confronté à des duels. Mon but c’est d’être mobile. Je sais que je n’arrive pas forcément à garder tous les ballons dos au jeu. Si je parviens à le faire, tant mieux mais si ce n’est pas le cas, je dois au moins réaliser une déviation pour un de mes coéquipiers, c’est le minimum. L’essentiel c’est de ne pas perdre le ballon d’une manière ou d’une autre », détaille-t-il avant de préciser : « Ce n’est pas une question de système de jeu. Être seul en pointe dans un 4-2-3-1 n’est pas toujours facile mais j’évoluais dans le même registre en Norvège. Je dois juste continuer à travailler pour être meilleur. »

Akor a aussi pu compter sur les conseils de son compatriote et légende du MHSC, John Utaka : « Nous nous sommes vus en dehors de Grammont et nous avons beaucoup discuté. C’était très généreux de sa part de m’offrir du temps et ses conseils m’ont été très utiles et précieux », raconte Akor. « Le coach, Michel Der Zakarian, m’a aussi énormément appris et m’apprend encore beaucoup de choses. Même s’il est un ancien défenseur, il m’explique énormément d’éléments sur mon rôle d’attaquant et sur ce qu’il attend de moi. » Lorsqu’on lui demande d’évoquer ses axes de progression justement, l’attaquant montpelliérain détaille : « Je suis conscient que je dois encore progresser dans de nombreux aspects du jeu et l’un d’eux est d’avoir plus d’influence sur le jeu et sur le match en marquant des buts mais pas seulement. À chaque fois que je touche le ballon, je dois créer quelque chose, que ce soit un espace, une passe, un tir ou un but. C’est quelque chose que je veux vraiment améliorer cette saison. »

La transition est toute trouvée pour évoquer la saison en cours et les débuts difficiles du MHSC dans cet exercice 2024-2025. Mais, là-aussi Akor Adams tient à rester positif : « Une saison c’est un marathon. On ne peut pas s’arrêter aujourd’hui et faire un bilan au bout de quatre journées c’est beaucoup trop tôt », martèle-t-il. « Évidemment qu’il est important de gagner, on ne peut pas dire le contraire, c’est une évidence mais on attendra le mois de mai pour faire le bilan. Dans un marathon, il y a des moments bien et d’autres où tu es moins bien. » Et lorsqu’on lui pose la question de savoir s’il est inquiet, sa réponse fuse en une fraction de seconde : « Non ! Je crois en mon équipe. Nous avons des joueurs de qualité, avec une grande expérience du haut niveau et le club a déjà vécu des situations comme celle-ci. Je sais qu’il saura et que nous saurons nous en sortir tous ensemble », poursuit-il. « Nous avons fait des choses bien, d’autres moins, c’est une certitude mais je vois que ce groupe travaille fort tous les jours et les résultats vont finir par venir. J’y crois. »

Buteur contre Nantes lors de la dernière sortie des Pailladins à domicile il y a 3 semaines, Akor Adams estime « être sur le bon chemin », mais il sait qu’il
« peut et doit faire encore plus et mieux. »
Pourquoi pas avec un nouveau but ce soir face à Auxerre ? « Je ne dirai évidemment pas non mais je ne joue pas seulement pour moi mais pour une équipe, pour un groupe, pour une ville et ses supporters », répond-t-il. « Chaque fois que j’ai la chance d’évoluer au Stade de La Mosson, je ressens la force et le soutien du public, ce qui est profondément agréable. Même si je sais que cette rencontre sera difficile comme toutes les autres, l’identité de l’adversaire n’a pas plus d’importance que cela. À chaque fois que nous jouons, notre seul objectif est de gagner pour rendre nos supporters heureux. Nous sommes conscients que, jusqu’à maintenant, nous n’avons pas su leur apporter les résultats qu’ils désirent, mais je leur demande de continuer à croire en nous et en la vision du club. Nous savons qu’ils font beaucoup de sacrifices durant la semaine pour venir nous supporter et je vous promets que nous donnons le maximum pour les satisfaire. Je suis persuadé qu’ensemble, avec les supporters, nous pouvons réaliser une grande saison. Nous savons qu’il sont derrière nous et cela nous apporte beaucoup d’énergie positive. »
Nous sommes conscients que, jusqu’à maintenant, nous n’avons pas su leur apporter les résultats qu’ils désirent, mais je demande à nos supporters de continuer à croire en nous et en la vision du club. Nous savons qu’ils font beaucoup de sacrifices durant la semaine pour venir nous supporter et je vous promets que nous donnons le maximum pour les satisfaire. »

A cet instant précis, Birama Touré débarque dans la salle d’interview aux côtés du Directeur Sportif Bruno Carotti et se présente à Akor qui lui lance, en français dans le texte : « Bienvenue mon frère ! » L’occasion de le taquiner sur son apprentissage de la langue de Molière. « C’est important parce que quand tu ne te sens pas à la maison quelque part, cela affecte tes performances. Je suis venu ici pour être un meilleur joueur mais aussi pour m’enrichir en tant que personne et l’apprentissage de la langue française fait partie de cet enrichissement. » dit-il avant de conclure : « J’ai besoin de comprendre ce qui se dit dans le vestiaire, de plaisanter, de rire et je me sens de mieux en mieux. Mes coéquipiers ne doivent pas être seulement mes coéquipiers mais aussi mes amis. Je me bats pour Joris, pour Téji, pour Arnaud et pour chacun des membres de ce groupe… et chacun d’entre eux se bat pour moi aussi. C’est ça une équipe ! » Quand on parle de résilience, c’est bien le bon mot.


