Équipe pro masculine

Arnaud Nordin : « il faut qu’il y ait cette union sacrée »

Double buteur il y a 15 jours à Reims, l’ailier montpelliérain aborde la rencontre du jour face à l’OM avec envie. Pour autant, il n’oublie par la situation actuelle de son club et appelle à l’unité pour que le MHSC sauve sa place en Ligue 1

Jouer l’OM quand on est né en région parisienne comme toi, ça fait quoi ?
C’est toujours spécial, c’est sûr, même si je n’ai jamais évolué dans les équipes de jeunes du PSG. Cela dit, je suis un ‘’petit Parisien’’. Je suis né à Paris, j’y ai vécu pas mal de choses et j’y ai encore de la famille, donc, jouer contre l’OM, c’est toujours un match particulier.

Gros match ou plus petit match, je ne sais pas ce que ça signifie. En tant qu’attaquant, j’ai toujours envie de marquer, quelle que soit l’équipe en face

Quels sont tes souvenirs contre l’OM ?
Chez les jeunes, lorsque j’étais au Centre de Formation de l’AS Saint-Étienne, c’était toujours de très beaux matchs à jouer. Quand 2 clubs pros s’affrontent, même chez les jeunes, c’est assez particulier. Pouvoir se confronter à ce genre d’équipe dès le plus jeune âge te permet de progresser et de t’imaginer ce que ça pourrait donner plus haut. Il y avait déjà pas mal d’intensité, une petite rivalité aussi, d’autant que les 2 équipes étaient en Ligue 1. Même en jeunes, on a toujours envie de gagner, donc ça donne des matchs intenses et, quand il y a la victoire au bout, ça fait toujours plaisir.

Et chez les pros ?
J’ai eu la chance de marquer contre l’OM à deux reprises et ce sont toujours des émotions particulières. Marquer, en soit, c’est déjà une sensation assez indescriptible, donc là… Je me souviens d’avoir marqué un but à Geoffroy-Guichard face à l’OM. C’était en période de Covid donc, malheureusement, le stade était vide (1-0, 9 mai 2021). La seconde fois, c’était avec le MHSC (1-1, le 31 mars 2023) Le Vélodrome était plein, avec une ambiance incroyable. Wahbi Khazri avait fait une action individuelle spectaculaire avant de décaler Elye Wahi, qui m’avait lui-même décalé pour que j’arrive à marquer. Dans un premier temps, la VAR avait refusé le but, avant de finalement le valider. C’était la délivrance. Je préfère quand la Var est dans ce sens-là que l’inverse (sourire).

Tu as marqué 7 de tes 16 buts avec le MHSC contre le PSG, l’OM et l’AS Monaco. Peut-on dire que tu es ‘’l’homme des gros matchs’’ ?
Je ne sais pas si on peut dire ça ! (sourire). Gros match ou plus petit match, je ne sais pas ce que ça signifie. En tant qu’attaquant, j’ai toujours envie de marquer, quelle que soit l’équipe en face. Cette statistique me fait plaisir mais, pour moi, un but reste un but, quel que soit l’adversaire.

Quel est ton but préféré dans ces confrontations-là ?
Je suis Parisien, donc marquer contre le PSG, c’est forcément spécial… Mais, quoi qu’il en soit, ça fait plaisir de marquer dans ce genre de match.

Et ton match préféré face à ‘’un gros’’ ?
J’en ai 2. D’abord notre succès à Monaco (4-0 en 2022-2023) parce qu’au-delà de mes 2 buts, l’équipe avait fait un match sublime ; autant défensivement qu’offensivement, avec la victoire au bout. Je pense aussi à mon but face à Lyon la saison passée à La Mosson (défaite 1-2 le 11 février 2024) parce que je revenais d’une longue période de blessure. Ça n’a pas été facile pour moi et ce but m’avait fait énormément de bien.

Je sais que je suis capable d’apporter beaucoup plus à l’équipe.

Comment juges-tu ta saison personnelle jusqu’à maintenant ?
Elle est faite de hauts et de bas. Sept journées ont été disputées ; j’en ai joué 6 puisque j’étais suspendu contre Nantes. Je sais que je suis capable d’apporter beaucoup plus à l’équipe. Après, il reste pas mal de matchs, je vais continuer à travailler et, comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, mon but est d’aider l’équipe au maximum, d’être le plus décisif possible en marquant ou en faisant marquer mes coéquipiers. Je sais que je suis capable de mieux.

c’est frustrant parce qu’on n’arrive pas à gagner ce match (à Reims), même en revenant 2 fois au score. Malgré le résultat négatif, on arrive à raccrocher une fois, 2 fois ; j’espère que ça va nous servir et que l’on va en tirer les leçons pour vite rebondir.

Tu n’avais pas encore marqué cette saison avant ton doublé il y a 15 jours à Reims…
Et ça m’a fait du bien de marquer ! En plus, pour la petite anecdote, ma mère était venue au match. Pouvoir marquer devant ses parents, ça fait toujours plaisir. Elle était contente pour moi et réciproquement.
Malgré ce, c’est frustrant parce qu’on n’arrive pas à gagner ce match, même en revenant 2 fois au score. Malgré le résultat négatif, on arrive à raccrocher une fois, 2 fois ; j’espère que ça va nous servir et que l’on va en tirer les leçons pour vite rebondir.

Marquer des buts de loin, c’est nouveau pour toi…
C’est vrai que je ne frappe pas souvent de loin. On me dit parfois de plus tenter ma chance, et, sur ce coup-là, ça m’a souri. Je vais continuer à bosser cet aspect de mon jeu ; ça ne veut pas dire que, désormais, je vais m’amuser à frapper de chaque coin du terrain mais, quand je vais bien sentir les choses, j’hésiterai moins à tenter ma chance.

on ne triche pas, on n’arrive pas sur le terrain en se disant qu’on a envie de perdre

Comment analyses-tu le début de saison de l’équipe ?
Il est compliqué. Maintenant, on ne va pas se voiler la face : on savait que ce serait une saison compliquée, via des choses qui nous échappent parfois en tant que joueur, mais il ne faut pas se chercher d’excuses. Je pense qu’on a un bon groupe. Malheureusement, on a eu pas mal de blessés en  début de saison qui ont fait qu’à chaque fois, même la veille du match, on ne savait pas qui allait jouer… mais je pense et j’espère que, quand on va retrouver tout le monde, on enclenchera cette dynamique qui va nous permettre de prendre vite des points.

Ressens-tu l’inquiétude au sein du club et des supporters ?
Je comprends parce que les gens s’attardent au final sur les résultats. J’ai déjà été dans des équipes où les résultats étaient bons et pourtant, à l’intérieur, c’était moins bon et inversement. En l’occurrence, là, non, nous n’avons pas lâché le coach. Je comprends aussi tout à fait que les supporters soient à cran parce qu’ils se déplacent, ils viennent en masse pour nous aider, nous supporter… C’est une année très spéciale, celle des 50 ans du club, donc, même si on est dans une période compliquée, il faut qu’il y ait cette union sacrée. Si certains pensent peut-être qu’on triche, non, on ne triche pas, on n’arrive pas sur le terrain en se disant qu’on a envie de perdre. Je ne connais personne, aucun compétiteur, aucun joueur, dans n’importe quel sport qui rentre sur un terrain et qui veut perdre. Joueurs, staff, supporters, dirigeants, salariés, il faut tous qu’on soit ensemble et on va le faire tous ensemble. Il n’a pas que les 11, 15 ou 18 joueurs qui sont sur le terrain. C’est tout un club, toute une ville, tout un peuple qui va aider le MHSC à sauver sa place en Ligue 1. J’y crois. Quand je vois ce qu’on est capable de faire face à Monaco, même s’il n’y a pas la victoire au bout, de pouvoir tenir en échec aussi longtemps une équipe qui joue la Ligue des Champions, qui est une des meilleures équipes du championnat en ce moment, je pense que c’est de bon augure. Nous sommes capables de faire de bonnes choses.

Comment vois-tu ce match contre l’OM ?
C’est une belle équipe, avec de très, très bons joueurs. Ils savent à la fois avoir la possession et jouer vite vers l’avant avec des joueurs rapides comme Elye (Wahi), Greenwood, Rowe. Je pense que le recrutement a été très malin. C’est une bonne équipe, avec un bon coach. On va aussi retrouver notre Elye (Wahi). Ça va forcément être un gros match, intéressant à voir et à jouer. Je suis bien content qu’ils viennent d’abord à la maison parce que notre public va venir en masse pour pousser et nous aider à remporter ce match.

Même si les supporters sont à cran, je leur demande de nous aider au maximum et, sur le terrain et je peux d’ores et déjà le dire : on ne va jamais lâcher, on va tout donner

Pour conclure, quel message délivrerais-tu aux supporters avant cette rencontre ?
On sait que c’est une période compliquée, mais on remercie les supporters de nous soutenir, même en déplacement. A Reims, ils étaient encore là. Ça fait de la route mais ils sont là et ça fait chaud au cœur. Sur notre écusson, il y a le chiffre 50, comme les 50 ans du club. C’est une année très particulière et très importante pour le MHSC. Même si les supporters sont à cran, je leur demande de nous aider au maximum et, sur le terrain et je peux d’ores et déjà le dire : on ne va jamais lâcher, on va tout donner, parce qu’on est des compétiteurs, parce que c’est une grande année pour le club et parce que c’est La Paillade !

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