Équipe pro masculine

Léa Khelifi, en phase ascendante

Revenue à un bon niveau la saison passée après une première année difficile à Montpellier, la milieu de terrain de 25 ans vient de ‘’claquer’’ un doublé contre Guingamp lors de la dernière journée. Rencontre avant le déplacement sur le terrain du Paris FC, ce samedi (21h) en championnat

SON RETOUR EN FORME

Pour l’instant, le passage au MHSC de Léa Khélifi peut se résumer en un mot : crescendo. Minée par les blessures lors de sa première saison héraultaise en 2022-2023, l’ancienne meneuse de jeu du Paris SG a retrouvé des couleurs la saison passée (6 buts / 4 passes décisives) et semble bien partie pour faire mieux cet année puisqu’elle a débloqué son compteur la semaine passée en inscrivant un but de la tête contre Guingamp, puis une autre d’une frappe sèche qui n’a laissée aucune chance à la gardienne néo-internationale Marie-Morgane Sieber : « Le jeu de tête n’est pas ma qualité première mais j’essaie d’avoir le bon timing pour faire le bon appel au bon moment, en essayant de sentir où ma coéquipière va centrer. J’avais déjà mis pas mal de buts de la sorte la saison dernière, donc il faut que je continue. », sourit Léa Khélifi. « Concernant mon second but face aux Bretonnes, c’est l’instinct, la prise d’info et la prise de risque. J’ai vu la gardienne avancée, j’étais assez seule, donc j’ai pris ma chance et ça a marché. J’attendais ce moment depuis le début de la saison et je suis contente d’avoir réussi à débloquer mon compteur. C’est important et j’espère que ça va me libérer pour la suite. »

Une libération qui vient donc confirmer son retour progressif au 1er plan (voir graphique ci-dessous). « Sur mes 3 saisons, j’ai eu de pas mal de de moments très compliqués mais je m’en suis servi », raconte Léa Khelifi. « Après ma blessure, il me fallait du temps pour revenir à un certain niveau. Je pense qu’aujourd’hui c’est de mieux en mieux. Je ne suis peut-être pas à 100% mais j’ai de très bonnes sensations », dit-elle avant d’évoquer une dernière fois les moments difficiles qu’elle a vécu, comme pour les expurger définitivement, lorsqu’on lui demande si elle a songé, un temps, à tout envoyer valser : « Bien sûr que j’ai eu des moments de doute, comme je pense toute footballeuse qui qui vit des moments compliqués, mais je connais mes qualités et mes défauts. Je sais par quoi je suis passée et ça m’a servi pour grandir en tant que joueuses et en tant que personne aussi. J’en sors grandie et c’est important parce qu’il me reste encore de belles années devant moi. »

A-t-on enfin retrouvé la Léa Khélifi de Dijon, qui, lorsqu’elle était prêtée à Dijon, durant l’exercice 2020-2021 et avait brillé sous les ordres d’un certain Yannick Chandioux ? « Peut-t-être, mais j’étais beaucoup plus jeune, avec l’insouciance qui s’y rattache », sourit Léa. « A Dijon, je ne me posais peut-être moins de questions alors qu’aujourd’hui, je suis plus dans la réflexion, mais peu à peu, je retrouve du plaisir sur le terrain. Je dois encore progresser mais ça va venir. En tout cas, j’ai, j’ai confiance en moi. »

UN SECTEUR OFFENSIF EN RECONSTRUCTION

Une chose est sûre, les 7 réalisations inscrites face aux Bretonnes la semaine passée tranchent avec les 3 petits buts inscrits lors des 5 premiers matchs de championnats, et ce même si les Pailladines ont affronté le PSG et Lyon durant cette période… Car les matchs contre Reims (succès 1-0), Strasbourg (0-0) et la victoire au Havre (1-0), avaient laisser apparaitre un secteur offensif balbutiant : « Ça fait du bien de gagner 7-0, ce n’est jamais facile face à une équipe de D1 », poursuit la n°7 montpelliéraine. « Avoir su le faire sans encaisser de but, c’est encore mieux et j’espère que cela va nous et nous mettre en confiance pour la suite. »

Pour autant, le retour du réalisme offensif n’est pas forcément vécu comme une libération par la n°7 montpelliéraine : « Je n’ai jamais douté de nos capacités parce que je connais la qualité de mes coéquipières et de l’équipe. L’état d’esprit est bon et je savais que ça allait tourner dans le bon sens à un moment donné. », explique Léa avant d’étayer son propos : « Les paramètres ont changé. Nérilia Mondésir et Faustine Robert prenaient beaucoup la profondeur. Aujourd’hui, ces deux joueuses sont parties et nous avons des profils différents avec Nina (Ngueleu) et Iphy (Onumonu), donc on essaie de s’adapter et de trouver des automatismes. Ça a nécessité quelques réglages, mais on a vu contre Guingamp que le travail paie. Il faut qu’on continue comme ça ».

QUE DES NUMÉROS 10 DANS MA TEAM

Recrutée en 2022 pour devenir la meneuse de jeu attitrée du MHSC, Léa Khélifi n’est plus la seule n°10 de l’effectif puisque plusieurs joueuses dont Sonia Ouchene, Judith Coquet et même Lola Gstalter (qui a alterné la position d’ailière gauche et de n°10 avec de grosses statistiques en équipe réserve la saison passée) peuvent évoluer dans cette position : « Nous sommes toutes susceptibles d’évoluer dans ce registre et même à plusieurs poste offensifs puisque nous pouvons aussi jouer sur un côté, deuxième attaquante ou en faux n°9 », ajoute Léa. « A l’entraînement, on travaille des automatismes, des cheminements, des permutations.  L’avantage, c’est que même si nous sommes 4 dans ce registre-là, on n’a pas l’impression que vous marchez sur les pieds. Il y a de la place pour tout le monde. » L’occasion d’évoquer avec l’internationale tricolore (3 sélections) sa vision du rôle de n°10. Doit-il (pu elle) avoir des statistiques en étant décisif ou doit-il avant tout faire jouer les autres ? : « J’ai besoin des 2 », répond Léa. « J’ai besoin de faire jouer mes copines, mais aussi de marquer et de faire des passes décisives. J’apprécie d’avoir des stats en fin de saison. » (sourire).

Pour illustrer ce propos du double objectif,  Léa Khelifi est la 2ème joueuse de l’effectif qui a le plus effectué de passes avant un tir depuis le début de cette saison (7, seule Sonia Ouchene fait mieux avec 9), et elle est aussi la 2ème qui a le plus tenté sa chance sur l’ensemble de la D1 Arkema depuis le début de la saison (9 tirs, 12 pour Sonia Ouchene), et cela a porté ses fruits avec le magnifique but inscrit contre Guingamp : « Avant d’arriver à Montpellier, je frappais beaucoup, mais je prenais un peu moins ma chance depuis », raconte Léa. « J’ai peut-être ressenti un manque de confiance à un moment donné, mais comme le weekend dernier, j’essaie de de frapper de plus en plus et je vois que ça paye, donc je vais continuer », ajoute-t-elle avant de glisser un petit mot pour Sonia Ouchene : « Nous avons de très bonnes joueuses offensives, dont Sonia qui aime bien provoquer en dribbles et prendre sa chance aussi. Il faut qu’elle continue ; son tour viendra. »

LE MATCH AU PARIS FC

Pourquoi pas ce week-end avec le déplacement sur le terrain du Paris FC ce samedi (21h) ? « Ça va être un match compliqué, mais nous allons à Paris pour essayer de ramener des points. Le PFC est une bonne équipe, avec un bel effectif, mais il faut avant tout se focaliser sur nous et sur notre jeu. Il ne faut pas qu’on doute de nous. On a aussi de très bonnes joueuses avec de la qualité et on a quelque chose à faire là-bas. »

Au moment d’élargir un peu et d’évoquer le début de saison du MHSC dans son ensemble, Léa l’analyse de la façon suivante : « Nous avons commencé fort en affrontant la PSG et Lyon sur les 3 premières journées. Le seul accroc, c’est le nul concédé contre Strasbourg à la maison (0-0), car, pour le reste, nous avons su gagner les matchs qu’il fallait gagner. On travaille tous les jours des choses à l’entraînement et on essaie de les remettre sur le terrain le weekend. Je pense que ce début de saison est positif. » De là se fixer des objectifs précis, il y a cependant un cap que l’intéressée ne franchira pas : « Collectivement, l’objectif c’est de faire mieux que la saison dernière mais en prenant match après match et sans se mettre de pression. » Quant à ses performances personnelles, l’ancienne Dijonnaise et Parisienne tient à rester mesurée : « Je ne suis jamais satisfaite de moi. Je sais que je peux faire mieux », conclut Léa Khelifi. « J’espère marquer un maximum de buts et délivrer un maximum de passes décisives et être performante pour l’équipe, tout simplement ! » Comme une vraie n°10, qu’elle est en train de re-devenir

À lire aussi