Les bons souvenirs de Matis Carvalho
L’actuel portier du Puy (25 ans) s’apprête à retrouver, ce samedi en Coupe de France, un club montpelliérain dont il a été 3ème gardien pendant 4 saisons… Non sans émotions
Le football est un petit monde où l’on finit toujours par se recroiser dit-on… Certes, mais la probabilité pour le MHSC de rencontrer le Puy Foot 43, pensionnaire de National 2, en 32e de finale de Coupe de France était tout de même assez faible, alors forcément, Matis Carvalho ne boude pas son plaisir : « Je suis très content », dit-il avec un timbre de voix qui fait plaisir à entendre. « La perspective de revoir de nombreuses personnes du club, que ce soit de l’effectif, du staff ou de l’encadrement me rend forcément très heureux. »

C’était génial. Ce passage au MHSC a constitué un de mes plus beaux moments de dans le foot. J’ai découvert un club, un encadrement, un staff et une direction qui étaient compétents et proches de nous
Il faut dire que Matis Carvalho (25 ans) a porté les couleurs montpelliéraines durant 4 saisons entre 2019 et 2023. Une époque pas si lointaine où le portier formé au Toulouse FC avait tenu avec sérieux mais sans jamais se départir de son sourire et de son sens de l’humour, le rôle assez ingrat de 3ème gardien, entre matchs comme titulaire avec l’équipe réserve et doublure de Jonas Omlin ou Dimitry Bertaud chez les pros. « Je le savais en arrivant. Quand tu es gardien, ça fait partie du jeu », évacue-t-il « C’était génial et ce passage au MHSC a constitué un de mes plus beaux moments de dans le foot. J’ai découvert un club, un encadrement, un staff et une direction qui étaient compétents et proches de nous. »
Il poursuit : « Certaines personnes ne comprendront peut-être pas mais on sent aussi l’esprit Paillade à tous les étages. Je ne suis pas originaire de Montpellier mais j’ai appris à connaitre cet aspect-là, notamment en étant proche joueurs formés au club comme Sacha Delaye, Dimitry Bertaud , Nicolas Cozza ou Joris Chotard. »

Au cœur de son rôle de l’ombre, Matis a tout de même connu 3 coups de projecteurs pour autant d’apparitions en Ligue 1. La première d’entre elles fut sans doute la plus particulière, lorsqu’il fut appelé à suppléer Dimitry Bertaud, expulsé au Parc des Princes face au Paris Saint-Germain le 1er février 2020 :
Quand j’ai vu que Dim’ prenait le rouge et que j’ai compris que j’allais rentrer, le stress est monté d’un coup, mais ensuite, une fois que tu es dans le match, tu ne penses plus vraiment au contexte
« Quand j’ai vu que Dim’ prenait le rouge et que j’ai compris que j’allais rentrer, le stress est monté d’un coup, mais ensuite, une fois que tu es dans le match, tu ne penses plus vraiment au contexte. Tu t’entraînes tous les jours pour ça, donc ça vient tout seul. Malheureusement le résultat n’était pas au rendez-vous (défaite 5-0) et nous avions connu un match difficile, à 10 puis à 9 contre 11. Malgré-ce, ça reste un bon souvenir. » Par modestie, le natif de Nantes ne dira pas qu’il avait aussi réalisé quelques arrêts décisifs, ce qui avait rassuré les supporters montpelliérains lorsqu’il avait dû suppléer Jonas Omlin, expulsé en cours de partie lui aussi, quelques semaines plus tard contre Ajaccio, avant d’être titularisé une semaine plus tard, également à La Mosson contre Lille « Même si cette rentrée au Parc de Princes était forcément particulière, je garde aussi un excellent souvenir de ces 2 matchs. Jouer à La Mosson, devant le public pailladin, avait constitué un moment très fort, encore plus contre le club corse, face auquel nous avions remporté une victoire importante. »

J’ai été très agréablement surpris car, pour un club de N2, Le Puy est quand même très structuré
Son aventure montpelliéraine terminée, Matis Carvalho a quitté le MHSC en fin de contrat en juin 2023. Après avoir eu « quelques appels à droite à gauche mais rien de très concret au final », le jeune portier franco-portugais a reçu un coup de fil du Puy un peu plus de deux mois plus tard, fin septembre. Le club ponot recherchait alors un gardien pour pallier l’absence du titulaire du poste, victime d’une blessure longue durée :

« J’étais déjà venu au Puy pour passer un week-end et voir jouer mon ancien coéquipier Sacha Delaye (prêté au Puy, alors en National, entre janvier et juin 2023, NDLR) ; du coup je connaissais un peu la ville », raconte Matis. « En plus, Sacha m’avait fait de très bons retours. J’ai découvert un club très familial, très humain, avec un Président qui est proche de ses joueurs et proche du groupe, ce qui est un point commun avec Montpellier. J’ai aussi été très agréablement surpris car, pour un club de N2, Le Puy est quand même très structuré, avec des terrains à disposition et un staff complet qui nous accompagne très bien. »

Sa première saison, lors de l’exercice écoulé, fut très bien remplie entre un beau parcours en championnat et une belle épopée en Coupe de France puisque les Ponots avaient éliminé deux clubs de Ligue 2 (Dunkerque et Laval), avant de chuter en quart de finale contre le Stade Rennais : « C’était une aventure incroyable ! En plus, on a emmené toute la ville à Geoffroy-Guichard pour ce quart de finale face à Rennes, ce qui était extraordinaire à vivre », se remémore notre interlocuteur. « Malheureusement, nous avons terminé 2e de N2 et seul le premier accède au championnat National. Même si nous étions très déçus de cette issue, ça reste quand même saison très positive, avec énormément d’émotions. »

Alors, Matis est resté au Puy cet été pour relever à nouveau le défi de la remonté au 3ème échelon national. Actuel leader de son groupe de National 2 à égalité avec son dauphin, Grasse, Le Puy est dans les clous pour atteindre cet objectif, avec une seule défaite au compteur après 13 journées : « On essaie de pratiquer du beau jeu, avec pour objectif d’avoir la possession du ballon et de dominer nos adversaires en allant le plus souvent possible vers l’avant ; c’est la philosophie du coach », résume Matis Carvalho au moment d’évoquer sa nouvelle équipe. « Pour l’instant, la saison se passe plutôt bien, même si nous avons perdu notre 1er match récemment. Nous sommes plutôt solides défensivement et avons encaissé très peu de buts. »
On essaie de pratiquer du beau jeu, avec pour objectif d’avoir la possession du ballon et de dominer nos adversaires en allant le plus souvent possible vers l’avant ; c’est la philosophie du coach

Un beau parcours en championnat qui s’accompagne donc, à nouveau, d’une belle épopée en Coupe de France avec ce quart de finale qui se profile face au MHSC : « Nous sommes très heureux d’affronter une équipe de Ligue 1 et ce sera évidemment particulier puisqu’avec mes coéquipiers Thomas Ghalem et Tyrone Sakho, nous avons évolué au MHSC (les 2 premiers cités sont passés par le Centre de Formation pailladin, NDLR), mais je pense qu’autant pour eux que pour moi, on va jouer le coup à 100%. Nous savons que nous ne sommes pas favoris du tout, mais on va jouer crânement notre chance et on verra bien. », ajoute Matis. « Quoi qu’il arrive, je n’oublie pas ce que j’ai vécu à Montpellier. C’était top pour moi de découvrir le monde professionnel dans un environnement comme celui du MHSC. Ce club m’a apporté énormément de choses. J’ai aussi grandi grâce à lui et, si je suis là aujourd’hui, je sais que c’est en partie grâce à mon passage à La Paillade. Je tiens d’ailleurs à dire que ça me fait de la peine de voir le club dans une situation compliquée cette saison. J’espère que le MHSC va arriver à redresser la barre car ce club mérite de rester en Ligue 1. Même si je ne regarde pas tous les matchs, je suis toujours assidûment leurs résultats. J’espère que ça va vite aller mieux en championnat, mais pas en Coupe hein ? », sourit-il avant de conclure : « Par contre, je vous préviens, la température ici n’est pas celle de Montpellier. Il va faire très froid ».
Les propos bienveillants de Matis Carvalho, eux, font chaud au cœur…



