Nicolas Pays, une lueur dans la nuit
Arrivé cet hiver en provenance du Puy en Velay, le jeune milieu de terrain offensif a plongé dans le monde professionnel sans prétention ni retenue et commence peu à peu à se faire une place dans le onze de départ pailladin. Retour sur une histoire digne d’un storytelling version ballon rond
Être recruté par un club pro après avoir l’avoir affronté en Coupe de France est sans doute le plus grand des fantasmes d’un joueur amateur. C’est ce qui est arrivé à Nicolas Pays et cela constitue la belle histoire au cœur d’un des chapitres les plus sombres de l’histoire du MHSC.

le Directeur Sportif du Puy est venu me voir et m’a dit ‘’Viens, il faut que je te parle’’. Il m’a annoncé que le MHSC l’avait contacté pour me faire venir. Pour être honnête, je lui ai dit que je ne le croyais pas, mais il m’a assuré que c’était vrai ».
Ce 21 décembre 2024, alors qu’il portait encore la tunique ciel et blanche du Puy en Velay (N2), le jeune milieu de terrain de 21 ans a été l’un des plus gros bourreaux du club pailladin, battu sèchement ce soir-là au Stade Massot en 32ème de finale de Coupe de France (4-0). Vitesse, percussion, qualité de dribbles, justesse de passe… ce soir-là, Nicolas Pays avait tout réussi. « Pour nous, étant un club amateur ou semi professionnel, c’était un match qu’on attendait. C’était un peu la fête dans la ville de jouer contre un club de Ligue 1. »,
», raconte le natif du Puy. « On savait qu’on avait les qualités. Il nous fallait juste vivre le match pleinement. Au final, c’est ce qu’on a fait. J’ai pris et je pense que nous avons pris beaucoup de plaisir ce jour-là. » Un plaisir intense qui deviendra sans doute, dans une dizaine d’années, l’un des plus beaux souvenirs de ce jeune homme calme et discret hors des terrains. En attendant, ce match a déjà marqué un tournant de sa vie : « Aux alentours du 10 janvier, le Directeur Sportif du Puy est venu me voir quand j’étais en salle de muscu et m’a dit ‘’Viens, il faut que je te parle’’ », raconte Nicolas Pays. « Il m’a annoncé que le MHSC l’avait contacté pour me faire venir. Pour être honnête, je lui ai dit que je ne le croyais pas, mais il m’a assuré que c’était vrai ».

Un véritable conte de fée des temps moderne que ce fils d’une mère nutritionniste et d’un père travaillant dans le bâtiment, refuse de considérer comme une revanche, lui qui n’avait pas été conservé par le Clermont Foot, après avoir passé 3 saisons dans le club auvergnat, entre ses 15 et ses 18 ans. « Je le vois plus comme une joie et la récompense du travail que je fais depuis petit », assure-t-il. « Quand l’aventure s’est arrêtée avec Clermont, même si ça m’a fait bizarre, je ne me suis pas arrêté là, j’y croyais toujours. J’avais la conviction que le foot n’était pas terminé pour moi. J’avais confiance en mes qualités. Il me fallait juste jouer et continuer de travailler. »
Quand l’aventure s’est arrêtée avec Clermont, même si ça m’a fait bizarre, je ne me suis pas arrêté là, j’y croyais toujours. J’avais la conviction que le foot n’était pas terminé pour moi

Reparti à Blavozy – le club de ses débuts qu’il avait fréquenté de 5 à 11 ans – Nicolas Pays y redécouvre le football version séniors en Régional 1, soit l’équivalent de la 6ème division. Dans la foulée, il retourne au club du Puy en Velay et ré-enfile en National 2 (D4), une tunique ciel et blanche déjà portée durant 4 saisons à l’adolescence. C’est là, après ces deux come-backs inattendus, que le monde professionnel lui a enfin tendu les bras, en janvier dernier : « Quand tu signes au MHSC, tu rejoints un grand club », souligne le nouveau n°18 pailladin. « Quand tu vois l’histoire du club, la qualité des installations, la qualité de vie à Montpellier… Il y a tout pour être heureux ici. »
quand tu lèves les yeux et que tu vois des tribunes pleines face à toi, wow ! C’est incroyable
Côté terrain justement ce joueur technique dont le registre oscille entre n°10 ou un 9 et demi, sous l’attaquant (même s’il peut jouer dans le couloir droit) a vécu toutes ses premières fois dans le monde pro en quelques semaines. La première apparition en Ligue 1 d’abord, au Stade de La Meinau à Strasbourg : « C’était une sensation incroyable », se souvient Nicolas Pays. « J’étais en train de m’échauffer avec Othmane Maamma et Wahbi Khazri et Ben (Benoît Andrieu, le préparateur physique, NDLR) nous a annoncé qu’on allait rentrer. J’ai couru sur le banc pour aller me changer et, quand je suis rentré, c’était un truc de fou. J’étais tellement content ! Comme j’étais directement dans le match, je n’ai pas trop eu le temps de calculer et c’est surtout quand le match a été fini que j’ai réalisé ce qu’il venait de se passer. » Ensuite est venue la première titularisation, le 30 mars dernier à Auxerre : « Quand j’ai appris que j’étais titulaire, j’étais tellement heureux », raconte-t-il. « J’ai vécu pleinement ce moment. J’ai profité à fond de tout l’avant-match et du match ». Et lorsqu’on lui demande ce qui change le plus entre le National 2 et la Ligue 1, cet admirateur du Cityzen Bernardo Silva, pour son élégance et sa qualité technique, ajoute : « L’intensité… C’est vraiment ce qui ressort le plus ; la qualité et la répétition des efforts, c’est ce qui fait le plus la différence. L’atmosphère aussi c’est autre chose. Tu rentres sur le terrain avec un protocole, un enfant t’accompagne… et quand tu lèves les yeux et que tu vois des tribunes pleines face à toi, wow ! C’est incroyable. »

je suis très embêté de dire ça parce que le MHSC vit des moments très difficiles et que la saison est compliquée mais, à titre individuel, il y a ce petit côté gamin en moi qui fait que je suis trop content d’être-là
Cette ascension express, Nicolas Pays la compare volontiers à un « rêve éveillé », autant par sa beauté que par sa rapidité : « C’est allé tellement vite… Passer du monde amateur au monde professionnel en pleine saison, ça accélère encore plus les choses », sourit-il. « D’un autre côté, je suis très embêté de dire ça parce que le MHSC vit des moments très difficiles et que la saison est compliquée mais, à titre individuel, il y a ce petit côté gamin en moi qui fait que je suis trop content d’être-là. » Il poursuit : « C’est compliqué pour le club parce que, quand tu connais son histoire, le MHSC reste un grand club français. Certains joueurs sont là depuis pas mal d’années et, pour eux, c’est super dur. Je suis surtout embêté pour eux, les dirigeants et les gens du club. De mon côté, je prends tellement de plaisir en dehors et sur le terrain dans le monde professionnel que j’arrive à m’adapter. »
Un bonheur assumé et un léger décalage de perception qui est tout à fait explicable mais qui n’empêche pas Nicolas Pays de voir en face la situation du club et notamment la descente en Ligue 2 qui se profile : « Tu y penses forcément, mais, comme je l’ai dit, c’est pour le club que c’est embêtant parce que le MHSC mérite d’être en Ligue 1 », explique-t-il. « J’imagine que les gens qui ont connu la Ligue 1 durant ces 15 dernières années n’ont pas envie de connaître la Ligue 2, mais pour moi, c’est assez différent car je découvre le monde pro. Si ça me fait peur d’aller en L2 ? Non. Si le club y descend, il performera et il faudra se projeter pour essayer de remonter le plus rapidement possible ». Avec lui ? « Je l’espère ! », répond-t-il sans détour.

Une chose est sûre, en 4 titularisations et 5 entrées en jeu, Nicolas Pays a déjà montré de belles qualités, même s’il a conscience de devoir encore « travailler beaucoup de choses dont mon pied droit et le fait d’être davantage décisif. » A lui de continuer de parfaire son apprentissage pour être au top dès le début de la saison prochaine. Il en aura peut-être l’occasion ce dimanche lors de la venue du Stade de Reims à La Mosson : « A nous d’aborder cette rencontre du mieux possible », estime Nicolas.
Être supporter dans une situation comme celle-là, ça demande beaucoup de patience parce que, chaque weekend, c’est souvent la même chose qui arrive. On va se relever et on va tout faire tôt ou tard et le plus rapidement possible pour que le club aille mieux

« Depuis l’arrivée du coach, on essaie de mettre de nouvelles choses en place. Ça rentre de mieux en mieux dans nos têtes au fil des séances et j’espère qu’on pourra appliquer les consignes pour prendre du plaisir et obtenir un bon résultat. Ce serait sympa pour les supporters et les gens du club. » C’est justement à ces personnes-là que Nicolas Pays adresse ses pensées, à quelques encablures de la fin de cet entretien : « Je comprends que, pour eux, c’est une saison très compliquée. Être supporter dans une situation comme celle-là, ça demande beaucoup de patience parce que, chaque weekend, c’est souvent la même chose qui arrive. On va se relever et on va tout faire tôt ou tard et le plus rapidement possible pour que le club aille mieux. », estime-t-il. « L’objectif jusqu’à la fin de saison, c’est de casser cette spirale et finir du mieux possible. » Histoire de voir enfin une lueur dans la nuit…


