
Nikola Maksimović, tradition Balkanique
Arrivé au MHSC fin octobre, l’ancien défenseur du Napoli possède une expérience et un calme qui pourraient s’avérer précieux dans la course au maintien. Portrait
De Nenad Stojković, à Emir Spahić en passant par Nenad Džodić, Mihailo Ristić, Aliocha Asanović ou Petar Škuletić, le MHSC a souvent fait appel à des joueurs de la région des Balkans au fil de ses 50 ans d’existence, surtout en ce qui concerne l’arrière garde puisque les 4 premiers cités sont des défenseurs. Pas étonnant donc que les dirigeants héraultais aient une nouvelle fois mis le cap sur cette région du globe pour renforcer une défense en grandes difficultés depuis le début de la saison en recrutant Nikola Maksimović. « J’ai eu connaissance de cette tradition balkanique et je sais que tous ces joueurs ont laissé une trace importante dans l’histoire du MHSC, et pas seulement les défenseurs d’ailleurs », sourit ce dernier. « J’espère que, moi aussi, je vais laisser une belle empreinte ici. »

J’ai eu connaissance de cette tradition balkanique et je sais que tous ces joueurs ont laissé une trace importante dans l’histoire du MHSC. J’espère que, moi aussi, je vais laisser une belle empreinte ici.
Il fallait en tous cas avoir les nerfs bien accrochés pour sauter dans le train – plutôt mal embarqué – de la défense montpelliéraine le 3 novembre dernier au Havre, moins de 3 jours seulement après son arrivée dans l’Hérault. « C’était une situation très surprenante à laquelle je n’avais jamais été confrontée », sourit le nouveau défenseur montpelliérain. « Même si j’ai de l’expérience, c’était un peu particulier de jouer un match aussi rapidement, car je ne connaissais pas mes coéquipiers et que je m’entraînais seul depuis cinq mois… Mais, au fond, être mis directement dans le grand bain, ça évite de trop réfléchir. »
Aligné au cœur d’une défense à 3 axiaux, Nikola Maksimović a montré d’emblée qu’il n’avait rien perdu de ses qualités de défenseur reconnu dans le si rigoureux championnat italien, au point d’avoir disputé pas moins de 146 matchs de Serie A sous les couleurs du Torino, du Napoli et du Genoa. Le genre de chiffre qui en impose autant que ce qu’il valorise votre CV.

SURNOMMÉ L’ITALIEN
Un CV footballistique qu’il a commencé à remplir dès l’âge de 6 ans, dans le club sa ville natale de Bajina Bašta. C’est dans cette cité touristique de l’ouest de la Serbie, traversée par un cours d’eau, la Drina, qui sert de frontière entre la Bosnie et la Serbie, que le petit Nikola a tapé ses premiers ballons, accompagné de ses copains et de son frère aîné. « Il était plus talentueux que moi mais peut-être un peu moins sérieux », rigole Nikola. « Mon premier coach là-bas, Nikola Mijatovic a été très important pour moi. C’est un ancien joueur qui a joué aux New York Cosmos avec Pelé et qui est revenu ensuite entraîner le club de sa ville. »
Gamin, je regardais beaucoup la Serie A et j’appréciais ce championnat, à tel point que les copains de mon quartier me surnommaient ‘’l’Italien’’
C’est là-bas, au Sloga Bajina Bašta, club où est également passé l’ancien ailier international serbe de Liverpool et du Standard de Liège, Milan Jovanović, que Nikola Maksimović a appris son futur métier. Déjà défenseur central, ses qualités attirent alors l’œil d’une école de foot à Voïvodine. « Là-bas, j’ai le plus souvent évolué au poste d’ailier car, malgré ma grande taille, j’étais plutôt rapide », raconte le premier n°52 de l’histoire du MHSC. « J’y ai joué de 11 à 18 ans, avant de me stabiliser au poste de milieu défensif. Ce n’est qu’après mon transfert à l’Étoile rouge de Belgrade, à 18 ans, que j’ai recommencé à jouer au poste de défenseur central. »

à UN PAS DE MANCHESTER CITY
Siniša Mihajlović avait beaucoup discuté avec moi en me disant qu’il était persuadé que j’avais le style de jeu adéquat pour jouer en Italie
Profondément marqué par sa période 16-18 ans – « J’ai gagné en maturité en tant qu’homme durant cette période et en ce qui concerne mon poste et mon rôle sur le terrain » – Nikola Maksimović a démarré sa carrière professionnelle à l’âge de 16 ans avant d’intégrer le club prestigieux de l’Etoile Rouge de Belgrade, alors entraîné par le milieu de terrain international croate Robert Prosinecki. S’il n’y est resté qu’un peu plus d’un an, ses qualités et ses belles prestations n’ont pas laissé insensible le sélectionneur serbe d’alors, le regretté ancien défenseur de la Lazio Rome et de l’Inter Milan Siniša Mihajlović, qui lui a offert ses premières sélections en A, contre l’Espagne et la France.

De quoi taper dans l’œil des plus grands clubs européens. Il s’en est même fallu d’un rien pour qu’il traverse la Manche et découvre la Premier League anglaise. Fulham et Manchester City lui font des offres concrètes et il va même passer sa visite médicale chez les Skyblues, où l’entraîneur de l’époque, Roberto Mancini, souhaitait ardemment sa venue. Malheureusement, faute d’avoir obtenu le permis de travail nécessaire pour évoluer en Angleterre pour les joueurs extracommunautaires, le transfert capote. Retour à la case départ, du côté de l’Etoile Rouge, alors frappé par une forte instabilité au niveau de sa direction… Malgré ce, il garde la confiance de son sélectionneur qui l’aligne dans deux matchs importants contre la France et la Suède. C’est là que l’entraîneur adjoint du Torino, venu initialement superviser l’actuel joueur de l’Hellas Verone Darko Lazović, le repère et pousse pour sa signature dans l’autre club de Turin : « Siniša Mihajlović avait beaucoup discuté avec moi en me disant qu’il était persuadé que j’avais le style de jeu adéquat pour jouer en Italie et que j’étais fait pour aller là-bas, alors je n’ai pas hésité » raconte l’international serbe. « Gamin, je regardais beaucoup la Serie A et j’appréciais ce championnat, à tel point que les copains de mon quartier me surnommaient ‘’l’Italien’’ ».

Un sobriquet prémonitoire puisque c’est de l’autre côté des Alpes que Nikola Maksimović a connu l’apogée de sa carrière, au Torino d’abord (3 saisons) puis à Naples (5 saisons dont 6 mois de prêt au Spartak Moscou) et enfin au Genoa lors de la saison 2021-2022. Durant ses 5 saisons napolitaines, Nikola faisait partie du top 6 des joueurs qui ont disputé le plus de matchs de Serie A, toutes compétitions confondues (99 dont 87 titularisations) et affichait même le 2ème meilleur ratio de passes réussies, devant les Interistes Stefan de Vrij et Milan Skriniar (ce dernier évolue aujourd’hui au PSG, NDLR). « La Serie A correspondait bien à mes qualités dans le sens où, comme j’ai évolué en milieu de terrain durant ma jeunesse, je suis un défenseur qui aime bien ressortir le ballon pour bien relancer de derrière. Avec l’évolution actuelle du foot, c’est un aspect très important. D’ailleurs, Siniša Mihajlović insistait beaucoup pour que je regarde des vidéos de Daniele De Rossi avec l’Italie lors du Mondial 2006 parce que c’était un milieu de terrain qui avait souvent l’habitude de descendre en charnière centrale pour ressortir les ballons et trouver les décalages. Il disait que ça me correspondait bien. Monsieur Mihajlović m’a beaucoup marqué, tout comme Robert Prosinecki, car ils insistaient pour ne jamais ‘’balancer’’ le ballon devant.
COMBATTANT MAIS PAS QUE…

Voilà qui nous amène à évoquer le style de jeu du nouveau défenseur pailladin :
« Ma qualité principale, c’est d’abord de faire des relances qui cassent les lignes et le premier pressing adverse », explique-t-il. « Malgré mon grand gabarit, j’essaie de gagner les duels le plus proprement possible, sans forcément imposer mon physique, même si je suis aussi capable de le faire. J’essaie toujours de gagner le ballon sans faire de fautes. Après ; s’il faut être dur et mettre le pied, c’est aussi dans mes cordes. »
Malgré mon grand gabarit, j’essaie de gagner les duels le plus proprement possible, sans forcément imposer mon physique, même si je suis aussi capable de le faire. J’essaie toujours de gagner le ballon sans faire de fautes. Après ; s’il faut être dur et mettre le pied, c’est aussi dans mes cordes

Entre rigueur tactique italienne, âpreté dans les duels et qualités de relance, le profil plutôt complet de Nikola Maksimović ne sera pas de trop pour aider la défense montpelliéraine – en grandes difficultés depuis le début de la saison – à se solidifier. Et puis, avoir porté à plusieurs reprises le brassard de capitaine du Napoli, montre aussi que l’on est capable de gérer la pression, même dans des situations difficiles : « Je me souviens que, pour mon premier match sous le maillot de l’Étoile Rouge de Belgrade, nous avions joué devant 45 000 personnes. J’avais tout juste 18 ans mais ça forge le caractère », se remémore Nikola. « Il est vrai qu’à Naples, la passion est débordante mais j’avais déjà connu ça à l’Étoile Rouge donc ça ne m’a pas forcément surpris. Quand on joue dans des grands clubs, la pression fait partie des éléments à prendre en compte. »
DE BONS ÉCHOS du MHSC

je suis très heureux de retrouver une équipe dans un championnat du Top 5 européen, ce qui était une grosse motivation pour moi
Passé ensuite par le Genoa puis le championnat turc, l’international serbe (25 sélections) se retrouve donc dans un défi différent mais tout aussi passionnant depuis son arrivée au MHSC, en tant que joueur libre, le 31 octobre dernier : « Certains de mes amis sont passées par ce club comme Petar Škuletić et Mihailo Ristić. J’ai donc pris soin de discuter avec eux et leurs retours sur le MHSC ont été très bons », raconte ce fan de basket qui aime aussi pratiquer ce sport depuis sa plus tendre enfance. « Je savais que le MHSC avait été sacré champion de France et que c’est un club familial et de tradition. Enfin, je suis très heureux de retrouver une équipe dans un championnat du Top 5 européen, ce qui était une grosse motivation pour moi. J’ai vu ça comme une opportunité de retrouver le niveau que j’avais à Naples. »
Et quand on lui demande s’il n’a pas été effrayé à l’idée de rejoindre le MHSC, pire défense d’Europe à son arrivée, le néo-Montpelliérain répond sans détour : « Absolument pas ! Je ne me suis pas attardé là-dessus. Je sais que Montpellier est un club très sérieux, très professionnel et qu’il n’est pas à la place où il devrait être aujourd’hui. Pour moi, c’est un club qui mérite d’être plus haut au classement et c’est un très beau défi d’avoir l’opportunité de l’aider à y parvenir. » Il poursuit : « Avec l’entraîneur expérimenté que nous avons et sur ce que je vois au niveau du groupe, je pense que ça va aller de mieux en mieux. Je sens que cette équipe a le potentiel et les qualités pour atteindre ses objectifs. J’espère que nous allons récupérer nos blessés petit à petit et que tout le monde sera opérationnel afin de nous aider à atteindre notre mission du maintien. Dans notre situation, c’est important. Ce qui m’encourage aussi, c’est qu’à mon arrivée, je n’ai pas trouvé des coéquipiers qui avaient peur, mais qui étaient en manque de confiance, ce qui parait logique vu la spirale négative que l’équipe traversait. Nous avons réussi à gagner contre Brest et, retrouver le chemin du succès à domicile, nous a fait beaucoup de bien. Désormais, il faut confirmer. De toute façon la confiance ne reviendra qu’avec les bons résultats. »
Déjà un vrai plus

à mon arrivée, je n’ai pas trouvé des coéquipiers qui avaient peur, mais qui étaient en manque de confiance, ce qui parait logique vu la spirale négative que l’équipe traversait. De toute façon la confiance ne reviendra qu’avec les bons résultats.
D’abord aligné au cœur d’un défense à 3 au Havre avec une bonne prestation à la clé, celui qui est parfois surnommé ‘’Petit Vidic’’ puisqu’il est originaire de la même ville que l’ancien capitaine de Manchester United, s’est aussi montré à l’aise dans le système à 4 derrière adopté contre Brest. « J’ai beaucoup aimé l’ambiance contre Brest. Cette victoire était la bienvenue, autant pour la confiance que mathématiquement et pour le côté historique puisque nous fêtions les 50 ans du club », reprend Nikola, soucieux de d’abord penser au collectif. « Ce succès donne beaucoup de souvenirs à tout le monde et l’espoir pour la suite. »
La suite, c’est donc la réception du Losc ce dimanche à La Mosson. « J’ai croisé Osimhen au Napoli qui m’a pas mal parlé de Lille donc je connais quelques joueurs de cette équipe mais, avant de penser à notre adversaire, il faut avant tout se concentrer sur nous. Si on est au niveau, avec un bon état d’esprit, j’espère que nous pourrons sortir de cette zone au plus vite c’est la priorité », conclut Nikola Maksimović. « Le premier objectif c’est le maintien. Tout le monde est conscient de la situation et déterminé à se sortir de là. Nous savons aussi que cela ne passera que par une union au sein de même de l’équipe et également avec les supporters. Nous sommes là pour tout donner, mouiller le maillot et je suis convaincu qu’avec le travail et cette volonté les résultats vont venir. » Espérons que l’avenir lui donne raison…



