Équipe pro masculine

Rabby Nzingoula, maturité bluffante

Prêté par le RC Strasbourg Alsace jusqu’à la fin de la saison, le jeune milieu de terrain de 18 ans affiche un discours calme et posé tout en y associant l’insouciance de sa jeunesse. Vent de fraîcheur garanti.

 

Ses réponses construites, calmes et posées laissent à peine croire qu’il n’a que 18 ans. Pourtant, Rabby Nzingoula (prononcez Zingoula) vient bien à peine d’atteindre sa majorité. Cela ne l’empêche pas d’avoir une maturité étonnante, y compris lorsqu’on évoque son statut de seule recrue du mercato estival pailladin et les attentes que cela engendre : « Je peux comprendre les critiques et certaines interrogations », assure-t-il sans détour. « Vu la situation actuelle du club au classement, il est logique que les supporters demandent des joueurs d’expérience. Faire venir un jeune de 18 ans qui a, à peine, joué 7 matchs en Ligue 1, ça peut paraître fou… Mais cela me donne une force supplémentaire pour pouvoir me challenger moi-même et montrer que j’ai des qualités et l’étoffe pour pouvoir apporter en plus à cette équipe malgré mon jeune âge. »

DE LA CACHETTE AU GRAND BAIN

La situation est difficile à vivre, pour les supporters comme pour nous, mais nous avons vraiment besoin d’eux

Ces interrogations, Rabby les a en partie levées il y a 15 jours lors de la réception du FC Nantes. Entré juste avant la pause pour palier la blessure de Joris Chotard, ce jeune milieu de terrain box-to-box capable d’évoluer en n°6 ou n°8 dispose, en plus d’évidentes qualités de puissance, d’un gros volume de course et d’une bonne vision du jeu : « J’étais préparé à entrer en jeu, mais je ne pensais pas que ce serait aussi tôt », avoue-t-il. « J’ai pu montrer mes qualités et c’est ce que je souhaitais.  » 

Lorsqu’on évoque son profil et ses axes de progression, Rabby ajoute : « J’ai toujours été habitué à jouer à plusieurs postes durant ma formation, que ce soit en milieu axial, mais aussi n°10, défenseur central ou même attaquant. Je n’ai jamais vraiment eu un poste préférentiel, même si le poste où je me vois le plus évolué, je pense que c’est 6 ou 8 », détaille-t-il. « Je dois encore apprendre à canaliser mon énergie et mes émotions. Sur le plan du jeu, je dois progresser sur le plan technique et la concentration pour faire la bonne passe au bon moment. »

Une panoplie élargie que ce Lillois de naissance, qui a grandi en région parisienne a développé dès son plus jeune âge n’a cessé de cultiver dans les clubs où il est passé, que  ce soit à Grigny, Orléans ou au Centre de Formation de Strasbourg qu’il a intégré à l’âge de 16 ans. Un rêve qui n’a pourtant jamais failli voir le jour : « Je jouais dans la cour de récré mais j’ai mis du temps avant de passer au foot en club parce que j’avais des problèmes d’asthme et ma mère ne voulait pas trop que je prenne une licence », raconte-t-il. « Du coup, j’y allais un peu ‘’en cachette’’ et mon coach d’alors a fini par aller voir ma mère pour la convaincre. »

j’avais bien aimé la série ‘’Montpellier Héros’’ . Inconsciemment, je m’étais dit qu’un jour, j’aimerais bien jouer dans ce club et, quand j’ai appris que j’avais la possibilité de venir, je n’ai pas hésité

De la cachette au grand bain, Rabby a finalement franchi les étapes à vitesse grand V puisque Patrick Vieira l’a lancé en pro dès la saison dernière. D’abord intégré aux pros dès la reprise de l’entraînement, Rabby a ensuite réintégré la réserve pour la première partie de saison avant de revenir chez les ‘’grands’’ en janvier, et de faire ses débuts contre Lorient à La Meinau en février dernier. Il a ensuite effectué 5 autres bouts de matchs avant d’être titularisé lors de l’ultime journée de championnat contre Lyon. Un moment précieux que Rabby a transformé en beau souvenir puisqu’il a délivré une passe décisive lors de cette rencontre.

DE LA TÉLÉ à LA RÉALITÉ

Mais comment ce jeune garçon calme, titulaire d’un bac pro commerce depuis juin dernier, qui aime regarder des séries et lire des livres sur le développement personnel a-t-il pu sauter dans le vide en rejoignant Montpellier cet été ? : « Le MHSC est un club historique en France », souligne notre nouveau n°19. « En plus, j’avais bien aimé la série ‘’Montpellier Héros’’ réalisée sur le club en 2020-2021. Inconsciemment, je m’étais dit qu’un jour, j’aimerais bien jouer dans ce club et, quand j’ai appris que j’avais la possibilité de venir, je n’ai pas hésité. »

Pas même au vu de la situation sportive actuelle du MHSC ? : « Je reste optimiste », assure Rabby. « Le championnat n’a débuté que depuis 3 journées et regardez ce qu’a fait Lyon l’année dernière malgré ses débuts compliqués. Je pense que ce n’est qu’une mauvaise passe et qu’on va s’en sortir. »

La transition est idéale pour parler de son intégration dans son nouvel environnement : « Le groupe est très différent de ce que j’ai pu connaître à Strasbourg où l’effectif était très jeune », explique-t-il. « Ici, il y a beaucoup de joueurs d’expérience que je regardais à la télé quand j’étais petit comme Khazri ou Savanier… C’est top de pouvoir évoluer avec eux aujourd’hui. Je suis certain d’avoir beaucoup à apprendre de tous les membres de cet effectif. Je suis très content d’être là. »

Passionné des langues étrangères, Rabby maîtrise déjà un peu l’anglais et l’espagnol et s’est récemment mis à étudier le portugais. Un passe-temps étonnant qu’il explique de façon très rationnelle : « Le Portugais est une langue que j’aime bien », sourit-il. « En plus, j’ai eu pas mal de coéquipiers qui venaient du Brésil et je me suis dit que c’était important de connaitre leur langue pour mieux communiquer avec eux et les aider à s’adapter. Ensuite, je pense que je me consacrerai à l’apprentissage de l’allemand. »

S’il n’a pas encore appris le Breton, Rabby Nzingoula connait pourtant bien notre prochain adversaire, le Stade Rennais qu’il a déjà croisé cette saison lors la venue des Bretons à Strasbourg (victoire 3-1 des Alsaciens le 25 août dernier) « J’étais en tribune ce jour-là mais j’ai vu une très bonne équipe, autant techniquement qu’athlétiquement, avec de de très bons joueurs. Ce ne sera pas un match facile mais nous allons tout donner pour faire un bon résultat là-bas. »

Quoi qu’il en soit, notre nouvelle recrue tient à lancer un appel à son nouveau public : « La situation est difficile à vivre, pour les supporters comme pour nous, mais nous avons vraiment besoin d’eux. Nous ne sommes pas seulement onze le terrain ; mais tous ensemble avec les joueurs qui ne débutent pas, le staff, les membres du club et bien évidemment nos supporters. Leurs chants et leur soutien font notre force. Nous avons vraiment besoin d’eux. Nous avons conscience de la situation et faisons tout pour créer une bonne dynamique de résultats. Je reste optimiste et je suis convaincu que le travail va finir par payer ». Belle mentalité !

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