Équipe pro masculine

Strasbourg passe à l’heure anglaise

En cette année des 50 ans, les présentations des adversaires seront réalisées en compagnie d’anciens joueurs des deux clubs. Aujourd’hui, Strasbourg vu par Jean-Philippe Sabo

Prêté au MHSC par l’OM lors de la saison 2008-2009 synonyme de montée en Ligue 1, Jean-Philippe Sabo a ensuite passé plusieurs saisons au Racing Club de Strasbourg, qu’il a aidé à remonter de National 2 en Ligue 2. Désormais établi en Alsace, il y a ouvert deux salles de sport et joue encore au foot à bientôt 38 ans en R1  « C’est compliqué d’allier famille, travail et foot, d’autant que je fais aussi du triathlon pour me maintenir en forme », sourit-il.

Quand je repense au match de la montée, à ce stade bondé avec plus de 30 000 personnes pour nous soutenir, j’en ai encore la chair de poule

Cela ne l’empêche pas de garder un œil avisé sur la situation du RC Strasbourg. Le club alsacien a choisi de se séparer de son entraîneur, Patrick Vieira, et de le remplacer par Liam Rosenior, jeune technicien anglais de 40 ans qui dirigeait Hull City (D2 anglaise) la saison dernière, avant d’être limogé en cours d’exercice : « Le Racing est passé l’été dernier sous la direction de propriétaires américains qui possèdent également Chelsea », explique Sabo.

« La saison dernière, Strasbourg a vécu une saison difficile après avoir recruté beaucoup de jeunes joueurs qui ne connaissaient pas notre championnat. Ils sont parvenus à se maintenir difficilement, avec des résultats très moyens. Le jeu était encore perfectible, c’est évident, même si ça commençait à aller un peu mieux en fin d’année. Je pensais que Vieira resterait mais peut-être qu’avec son expérience et le recrutement en cours, il a préféré partir plutôt que de vivre une saison galère et d’être écarté au milieu de l’année. »

L’ancien milieu de terrain des ‘‘invincibles’’ d’Arsenal (à droite) laisse donc un effectif en chantier à son successeur anglais (à gauche) : « Je ne connais pas Rosenior mais, aujourd’hui, la politique de Strasbourg c’est de viser des jeunes joueurs prometteurs qu’ils ne vont pas payer trop cher et sur lesquels ils espèrent réaliser une plus-value à la revente », poursuit Sabo. « Quand tu as moins de joueurs cadres et des éléments jeunes qui arrivent de partout, ça demande du temps. Pour moi, la grande différence entre les deux équipes c’est que l’effectif strasbourgeois a beaucoup bougé, au contraire de celui du MHSC où les joueurs se connaissent depuis un certain temps. C’est pour ça que je vois plus une victoire de Montpellier dimanche. »

la politique de Strasbourg c’est de viser des jeunes joueurs prometteurs qu’ils ne vont pas payer trop cher et sur lesquels ils espèrent réaliser une plus-value à la revente

Au sujet de son passage dans l’Hérault, l’ancien latéral gauche raconte :
« Tout s’était très bien passé à l’époque. L’entraîneur, Rolland Courbis, m’avait appelé et m’avait dit qu’il comptait sur moi, tout en ajoutant que j’étais encore un jeune joueur et que je devais faire mes preuves. À la fin de l’année j’étais parvenu à participer à 40 matchs toutes compétitions confondues dont un peu plus de 20 en tant que titulaire ce qui était très bien », dit-il. « Quand je repense au match de la montée, à ce stade bondé avec plus de 30 000 personnes pour nous soutenir, j’en ai encore la chair de poule. C’est un de mes plus beaux souvenirs footballistiques. »

L’occasion pour notre interlocuteur d’évoquer les 50 ans du club pailladin : « La spécificité du MHSC, c’est la famille Nicollin. Louis Nicollin a tout mis en œuvre pour que son club s’installe et perdure au haut niveau. Il est parti bien trop tôt mais Laurent a pris la relève de belle manière, sportivement mais aussi sur le plan humain car le MHSC a gardé son côté familial qui le caractérise si bien. Il ne faut pas que ce club change parce que c’est ce qui fait sa force. C’est vrai qu’aujourd’hui, c’est un peu plus compliqué financièrement, mais 50 ans ce n’est pas rien et j’espère que ça continuera le plus longtemps possible. »

Crédits photos : MHSC et Panoramic

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