Equipe pro féminine

Justine Lerond : « Essayer de rapporter un trophée à la France »

Seule Montpelliéraine appelée en équipe de France pour le championnat d’Europe qui se démarre le samedi 5 juillet en Suisse, avec un premier match contre l’Angleterre, la gardienne montpelliéraine nous livre ses impressions, alors qu’elle est en pleine préparation avec le groupe pour cette compétition. Elle évoque aussi son rapport à l’équipe de France et sa saison avec le MHSC

Ça fait quoi de se dire qu’on va disputer l’Euro ?
C’est une fierté. On travaille aussi pour vivre des moments comme ça. J’espère qu’on va pouvoir faire quelque chose de bien et rendre le moment encore plus beau.

Faire partie des 3 gardiennes qui représentent la France à l’Euro, c’est déjà une très bonne chose et une récompense du travail fourni

Quel est ton passé avec l’équipe de France ?
Chez les jeunes, j’ai disputé l’Euro U17 en République tchèque, l’Euro U19 en Suisse, la Coupe du Monde U20 en France et l’Euro U19 en Écosse que j’ai eu la chance de remporter. J’ai aussi disputé le dernier championnat d’Europe avec les A, en 2022 et Angleterre, avant donc celui de cette année en Suisse.

Quel souvenir gardes-tu de ce dernier Euro en Angleterre, avec les A ?
Je me souviens de gros matchs, à enjeux, avec de la pression et beaucoup de public. C’était en Angleterre, une terre de football, et les Anglaises avaient été sacrées chez elles. C’était un très bon souvenir, même si, de notre côté, nous nous étions faites éliminées par l’Allemagne en demi-finale.

Comment définirais-tu le rôle de 3ème gardienne ?
Ça dépend un peu de des ambitions et du discours du sélectionneur et de l’entraîneur des gardiennes. Dans l’optique dans laquelle nous sommes, la 3ème gardienne est vraiment un élément fondateur qui est là pour le groupe, qui aide la première et la deuxième gardienne à être dans les meilleures conditions. La 3ème gardienne est aussi là pour palier à toute éventualité car j’ai besoin de me sentir dans la compétition, compétitrice et compétitive. La 3ème gardienne est aussi là pour souder le groupe. Si je devais résumer, je dirais, qu’il y a une double casquette : il faut à la fois être performante et, à un moment donné, presque s’oublier pour les autres.

Si je devais résumer le rôle de 3ème gardienne, je dirais, qu’il y a une double casquette : il faut à la fois être performante et, à un moment donné, presque s’oublier pour les autres

On ressent quoi lorsqu’on porte le maillot de l’équipe de France ?
J’ai souvent été appelée mais je n’ai pas encore disputé de match avec ce fabuleux maillot sur les épaules en équipe de France A. Le jour où ça arrivera, je serai sans doute la plus heureuse mais, pour le moment, mon rôle est d’être numéro 3, je l’accepte et je suis contente d’endosser ce rôle. Faire partie des 3 gardiennes qui représentent la France à l’Euro, c’est déjà une très bonne chose et une récompense du travail fourni ; donc je suis très heureuse. Représenter son pays, c’est une fierté et une chance.

Représenter son pays, c’est une fierté et une chance

Comment abordes-tu cette compétition ? Ressens-tu des ambitions ? Une certaine forme de pression ?
Oui, forcément, il y a des ambitions. On va essayer de d’aller le plus loin possible et de pouvoir enfin rapporter un trophée à la France. Je pense qu’on a une équipe qui se construit et qui commence à être réellement bien ensemble. Ce serait le bon moment pour être récompensé de tous les efforts qu’on a fait. De fait, il y a forcément la pression du résultat. J’ai l’impression qu’on nous attend à chaque grosse compétition, mais c’est à nous de tourner cette pression en élément positif et de l’utiliser au mieux sur le terrain, pour faire valoir pleinement nos capacités, prendre du plaisir et performer comme on le doit.

J’ai l’impression qu’on nous attend à chaque grosse compétition, mais c’est à nous de tourner cette pression en élément positif et de l’utiliser au mieux sur le terrain, pour faire valoir pleinement nos capacités, prendre du plaisir et performer comme on le doit.

Comment décrirais-tu ce groupe France ?
C’est un groupe qui grandit, qui se construit ensemble et qui a peut-être un petit peu changé ses façons de faire en re-basant un peu tout sur l’esprit du groupe. Je pense qu’on va continuer à se construire comme ça. On a des grosses individualités qui marchent bien ensemble, donc il va falloir qu’on s’en serve.

Un petit mot vos adversaires au 1er tour, en commençant par l’Angleterre. Jouer le tenant du titre d’entrée, ce n’est pas un cadeau…
Non (sourire). Après, je pense qu’on a aussi le niveau pour pouvoir rivaliser avec ce genre d’équipe. De toute façon, il faut qu’on y parvienne si on veut gagner le trophée. L’Angleterre fait aussi du très bon boulot au niveau de son championnat et j’espère qu’en France, on va pouvoir aussi s’aligner sur l’exemple qu’ils nous montrent.

Ensuite, vous jouer les Pays Bas, vainqueurs de cette compétition 4 ans avant l’Angleterre, en 2017…
Ce sont 2 grosses nations qui travaillent très bien. Pour prendre le bon côté des choses, je dirai que cette phase de groupe est un beau défi pour nous.

Qui sont, pour toi, les favoris de cette compétition, tous groupes confondus ?
Il y a forcément, l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne… et la France aussi. A l’Euro, il y a énormément de grosses nations donc il va falloir mettre les bouchées doubles et se concentrer sur nous plus que sur nos adversaires.

j’espère pouvoir aussi rendre fier le club

Pour conclure, parlons un peu du MHSC. Quel regard portes-tu sur ta première saison au club ?
Cette saison m’a beaucoup appris. En termes de statistiques, de nombre de matchs joués et de clean sheets, individuellement parlant, c’est ma meilleure saison donc c’est très positif pour moi. Collectivement, c’est aussi la meilleure saison de ma carrière puisqu’on termine 6e. Le groupe a bien évolué ensemble, avec une bonne ambiance et de la rigueur, ce que je trouve positif. C’est une très bonne expérience.
Après, si on élargit un peu, la relégation en Ligue 2 de l’équipe masculine nous impacte aussi. On l’a ressenti tout au long de la saison. Nous avons aussi vécu de beaux événements avec les 50 ans du club. Le MHSC restera toujours un club familial. Globalement, la saison me semble positive. Le groupe a beaucoup de jeunes, il se construit. On a fait pas mal de clean-sheets, des jeunes de qualité montent aussi… On espère qu’on va pouvoir les garder la saison prochaine pour que le groupe continue de progresser et que nous soyons compétitives. Je suis très fière de faire partie de ce groupe et de pouvoir représenter le MHSC durant cet Euro. Après, je vais faire aussi attention de pouvoir bien le représenter parce que ce n’est pas tout d’y être ; Il faut aussi pouvoir montrer une belle image du club et de ses valeurs. Je suis très contente et j’espère pouvoir aussi rendre fier le club.
Crédit photos : MHSC et FFF

À lire aussi