Equipe pro féminine

Les découvertes de Rose Kadzere

Arrivée au MHSC en cours de saison, la première joueuse malawite de l’histoire du club raconte ses débuts en Europe à l’heure de défier Strasbourg sur ses terres, ce mercredi (17h) en championnat

Il a fallu attendre la venue de Guingamp à Grammont le 2 novembre dernier pour voir enfin les débuts de Rose Kadzere sous le maillot montpelliérain. La faute à des paperasseries à régler… mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ça valait le coup d’attendre justement : en 21 minutes passées sur la pelouse, la première joueuse malawite de l’histoire du MHSC a marqué un but et délivré une passe décisive. « Avoir marqué dès mon 1er match en Arkema Première Ligue est vraiment un bon souvenir », raconte l’intéressée. « Avec cette passe décisive en plus et notre victoire collective au bout (7-0), c’était vraiment une entrée parfaite pour moi. »

Partir à l’étranger n’a pas été facile pour moi, notamment parce que je suis loin de ma famille, mais je suis très heureuse d’avoir la chance de vivre cette aventure

Une entrée qui s’est poursuivie par une première titularisation lors de la courte défaite contre Fleury juste avant la trêve de Noël (0-1) et qui confirme que la jeune joueuse de 18 ans prend peu à peu ses marques dans son nouvel environnement. « C’était très intéressant de débuter un match pour la première fois. J’espère continuer à gagner du temps de jeu et enchaîner », poursuit Rose. « Je vais continuer à travailler dur pour cela mais, dans les deux cas, que je débute ou que je rentre en cours de match, je n’ai pas peur. Je suis tombée dans un très bon club, avec des infrastructures de qualité, où j’ai été très bien accueillie. On sent vraiment un grand professionnalisme. Quant à la ville, j’ai commencé à la visiter et je la trouve très sympa. »

Il lui a fallu un sacré courage justement pour surmonter ses peurs et quitter son Malawi natal, à 18 ans, pour rejoindre le MHSC. Avant cela, Rose Kadzere avait déjà connu une première aventure loin du domicile familial lorsque sa mère (qui travaille dans le social) et son père (chauffeur de taxi) lui avaient offert l’opportunité de rejoindre une académie de formation dédiée au football féminin, à tout juste 13 ans : « J’ai commencé le foot à l’âge de six ans, uniquement avec les garçons. Cette période m’a permis de développer d’autres qualités car ils étaient plus grands et plus physiques que moi. Ils dégageaient plus de puissance. C’était très enrichissant », se souvient Rose : « En plus, ils étaient très respectueux avec moi, donc ça se passait très bien. Ce n’était que du bonheur. »

Ensuite est donc venue le temps du football féminin dans une académie dédiée. « J’y ai vraiment beaucoup appris », se remémore Rose. « Ils m’ont aidé à franchir des paliers petits à petit en termes de niveau mais aussi à travailler dur à l’école car nous avions une partie études qui était très importante. »

En arrivant ici, j’ai été très surprise par la gentillesse des gens. Les filles du groupe m’ont prises sous leur aile, tout comme le staff d’ailleurs. On sent beaucoup de paix de respect et d’harmonie. C’est très appréciable

C’est à ce moment-là que le MHSC l’a recrutée. A la recherche d’éléments pour renforcer un secteur offensif décimé par les départs à l’intersaison, Yannick Chandioux a validé le profil de cette attaquante vive, rapide et dribbleuse, capable d’évoluer sur un côté comme dans l’axe : « Partir à l’étranger n’a pas été facile pour moi, notamment parce que je suis loin de ma famille, mais je suis très heureuse d’avoir la chance de vivre cette aventure », explique la nouvelle n°99 montpelliéraine. « En arrivant ici, j’ai été très surprise par la gentillesse des gens. Les filles du groupe m’ont prises sous leur aile, tout comme le staff d’ailleurs. On sent beaucoup de paix de respect et d’harmonie. C’est très appréciable. »

Le plus surprenant ? : Rencontrer des adultes. Jusque-là, je n’avais été confrontée qu’à des joueuses de 17, 18 ou 19 ans. Là, ça peut aller jusqu’à 28, 29 ou 32 ans, ce qui est forcément différent et qui constitue sans doute le plus difficile à appréhender.

Fan de Paul Pogba, ce qui, peut paraitre surprenant vu son positionnement sur le terrain – « Ça peut paraître bizarre mais, au Malawi, j’ai commencé dans la même position de milieu axiale que lui. Ça vient sans doute de là. J’aime sa façon de jouer. Je le trouve impressionnant. Il voit aussi très bien le jeu. » – Rose Kadzere est encore en phase d’apprentissage, mais son bonheur transpire dans chacune de ses – timides – paroles : « Je trouve l’Arkema Première Ligue assez difficile. Ça nécessite évidemment d’avoir un temps d’adaptation, mais je suis très heureuse d’être ici. C’est un rêve pour moi. » Le plus surprenant ? « Rencontrer des adultes », répond-t-elle. « Jusque-là, je n’avais été confrontée qu’à des joueuses de 17, 18 ou 19 ans. Là, ça peut aller jusqu’à 28, 29 ou 32 ans, ce qui est forcément différent et qui constitue sans doute le plus difficile à appréhender… Je dois faire face à des joueuses qui sont plus puissantes mais je travaille dur pour être la plus à l’aise possible face à ce nouveau facteur. Géographiquement, je suis aussi surprise par la longueur des déplacements car le Malawi est beaucoup plus petit tandis que la France est beaucoup plus étendue. Tout me semble plus grand ici. »

Tabitha Chawinga est un modèle et une référence pour l’ensemble des joueuses au Malawi. C’est en grande partie grâce à elle que j’ai décidée de venir en France de rejoindre Montpellier. J’ai vraiment envie de suivre ses traces

Sur le terrain, cette joueuse qui « aime dribbler, changer le rythme, apporter de la percussion et jouer sur la vitesse » sait qu’elle doit « progresser pour être plus solide sur mes appuis parce que j’ai parfois des difficultés dans les duels. Même si je dois progresser dans beaucoup de secteurs celui-ci est à mon sens prioritaire. »

Ce mercredi à Strasbourg, pour le 1er match de championnat de l’année civile 2025, Rose Kadzere aura sans doute fort à faire pour tenter de percer une défense alsacienne qui avait tenu le 0-0 à Grammont cet automne. Marquer contre les Strasbourgeoises permettrait en tout cas à Rose Kadzere d’imiter sa compatriote Tabitha Chawinga, buteuse contre cette équipe avec Lyon lors de la 2ème journée « Avant, le pays ne s’intéressait qu’aux résultats de l’équipe masculine mais depuis la réussite de Tabitha Chawinga en Europe, d’abord au PSG puis à Lyon, le football féminin devient de plus en plus populaire au Malawi et c’est aussi pour cela qu’il y a de plus en plus de joueuses de notre pays qui pratiquent cette discipline. C’est une référence et même une idole au Malawi » Internationale A depuis l’âge de 15 ans, Rose évolue avec Chawinga en sélection depuis plusieurs années déjà : « Je l’ai chaque semaine au téléphone », avoue Rose. « Elle me donne des conseils mais surtout elle me demande comment je vais si tout se passe bien. Quand nous affronterons Lyon dans quelques semaines, ce sera vraiment un honneur de la croiser. Tabitha est un modèle et une référence pour l’ensemble des joueuses au Malawi. C’est en grande partie grâce à elle que j’ai décidée de venir en France de rejoindre Montpellier. J’ai vraiment envie de suivre ses traces. » Si tel est le cas, pour Rose comme pour le MHSC, ce serait alors une sacrée réussite.

MHSC – RC Strasbourg Alsace en stats

  • Les Féminines du MHSC n’ont perdu qu’un seul de leurs 55 déplacements sur la pelouse d’un club promu en Arkema Première Ligue au 21e siècle (47 victoires, 8 nuls), mais reste sur 2 matches nuls contre ces formations, dont un 0-0 à Lille lors du dernier en date. C’était d’ailleurs la première fois que le MHSC restait muet à l’extérieur face à un promu dans l’élite depuis avril 2008 (0-0 à Vendenheim).
  • Après avoir accroché Reims lors de la dernière journée (0-0), Strasbourg pourrait enchaîner 2 rencontres sans perdre en Première Ligue pour la 1re fois de son histoire.
  • Les Féminines du MHSC ont alterné victoires et défaites lors de leurs 7 derniers déplacements en Arkema Première Ligue, marquant 2 buts lors de chacun des 3 derniers. Le MHSC reste sur un revers à l’extérieur, à Dijon (2-4).
  • Seul Lyon (118) a gagné plus de duels aériens en Arkema Première Ligue cette saison que Strasbourg (115) et le MHSC (100).
    Manon Wahl est la gardienne ayant réalisé le plus d’arrêts en Arkema Première Ligue cette saison (50 pour Strasbourg), tandis que Marie Petiteau, titulaire lors du dernier match du MHSC est celle affichant le plus haut pourcentage d’arrêts (86%)

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