Formation féminine

Ceylin Yilmaz : « Une grande fierté »

Présente à l’Euro U17 la saison dernière, la jeune gardienne fait partie des 4 Montpelliéraines convoquées pour disputer le Championnat d’Europe U19 avec les Bleuettes. Rencontre

Avant de parler de la sélection nationale, comme juges-tu la saison écoulée avec le MHSC ?
Que ce soit personnellement ou collectivement, je trouve que nous avons fait une très bon début de saison. Nous n’avons perdu aucune de nos 10 rencontres de la première phase du championnat U19 et avons terminé 2ème de la phase élite du championnat en étant à la lutte avec le PSG jusqu’à notre confrontation directe lors de l’avant-dernière journée, à Paris (défaite 3-2). De mon côté, je pense avoir été assez constante, que ce soit à Montpellier, au pôle Espoirs de Lyon (où elle s’entraîne pendant la semaine, NDLR) ou en sélection nationale. J’essaie de gérer du mieux possible partout et, pour le moment, ça se passe plutôt bien (sourire).

Je pense avoir été assez constante cette saison, même si j’ai, bien évidemment, plusieurs axes de progression

Depuis notre dernière interview il y a un an, en quoi as-tu et dois-tu encore progresser ?
Je viens d’achever ma 2ème saison dans le foot féminin puisqu’avant, j’évoluais en mixité avec les garçons. Je pense avoir progressé à la fois dans le jeu et sur l’aspect mental. Jouer avec les filles, c’est très différent des garçons et j’ai appris comment appréhender et jouer les matchs, les temps forts, les temps faibles… Je pense aussi avoir franchi un cap techniquement, tactiquement et dans le jeu au pied, même si je dois poursuivre cette progression dans tous les secteurs. Parmi mes axes de progression, je pense au jeu au pied ainsi qu’à la communication, même si je suis une gardienne qui parle énormément. Je dois aussi améliorer mon physique, notamment me muscler.

Côté club toujours, vous vous êtes partagées le temps de jeu avec Lauryne Chevray. Comment cela s’est-il déroulé ?
Le coach a décidé de qui jouait tel ou tel match, mais nous nous sommes partagées le temps de jeu de façon équitable. Lauryne a de très bonnes qualités. Elle est en équipe de France U17 puisqu’elle a un an de moins que moi, ce qui est un gage de qualité. Nous nous entendons bien et je trouve que c’est une bonne gardienne. Je suis contente de jouer avec elle.

Globalement, qu’est-ce qui a fait la force de ce groupe U19 du MHSC 2024-2025 ?
On vit très bien ensemble ; comme des copines en fait. Même s’il y a des groupes différents avec les joueuses qui sont en pôle ou celles qui sont à Montpellier, que ce soit au lycée Mermoz ou au lycée du MHSC à Grammont, on forme quand même un groupe uni et solidaire. Je pense que c’est une de nos grandes qualités.

On forme un groupe uni et solidaire. Je pense que c’est une de nos grandes qualités cette saison au MHSC

Passons à l’équipe de France. Qu’as-tu appris de l’Euro U17 disputé en fin de saison dernière et cela a-t-il fait évoluer ta façon d’aborder l’Euro U19 auquel tu vas participer ?
L’été dernier, l’Euro U17 constituait ma première phase finale d’un tournoi international. J’y ai appris beaucoup de choses : La vie en sélection nationale, la découverte des autres nations européennes et de leur manière de jouer comme l’Angleterre, l’Espagne ou même la Pologne, qui nous a privées d’une qualification pour la Coupe du Monde U17. C’était à la fois très frustrant et très enrichissant. Ce revers contre la Pologne a été, pour moi, une très grosse déception mais elle m’a permis d’avancer. J’ai aussi mis beaucoup de temps à digérer notre défaite en demi-finale contre l’Espagne. Je n’ai pas souvent encaissé 6 buts dans ma carrière donc, forcément, ça marque.

Ce revers contre la Pologne la saison passée en équipe de France U17 a été, pour moi, une très grosse déception mais elle m’a permis d’avancer

Cette élimination prématurée à l’Euro U17 reste une cicatrice pour toi ?
Oui. Cela dit, ce n’est pas une cicatrice qui fait mal, mais une cicatrice qui permet d’apprendre et d’aller de l’avant.

Tu fais partie des quelques joueuses présentes à cet Euro U17 qui vont disputer le Championnat d’Europe U19 mi-juin. Comment abordes-tu cette compétition ?
Très peu de joueuses nées en 2007 ont été convoquées pour cet Euro U19 et j’ai la chance d’en faire partie. Le groupe tricolore est très prometteur puisqu’il est composé de plusieurs joueuses nées en 2006 – qui ont gagné l’Euro U17 et qui chercheront à réaliser le doublé U17-U19 – et de quelques 2007. Les 2006 me semblent plus matures, elles évoluent toutes, sans exception, dans le monde professionnel et bon nombre d’entre elles sont titulaires en Arkema Première Ligue. Avec des filles comme celles-là, on ne peut qu’apprendre. Ce sont des exemples pour moi.

Comment cela se passe-t-il au niveau du temps de jeu ?
Alyssa Fernandes (2006, PSG) est le plus souvent titulaire mais j’ai pu disputer des matchs de la campagne éliminatoire, comme contre la Macédoine du Nord par exemple ou, plus récemment face à l’Allemagne en match amical.

Pas moins de 4 joueuses du MHSC sont présentes dans la liste tricolore pour la phase finale de cet Euro. Ce n’est pas rien…
Le MHSC est le club le plus représenté en équipe de France lors de cet Euro avec 4 joueuses du club. Ça nous aide beaucoup, à la fois dans le groupe et dans le jeu car nous avons l’habitude d’évoluer ensemble. Cela a créé des automatismes intéressants pour l’équipe. Ça fait plaisir pour nous et pour le club aussi.

C’est une forme de reconnaissance du travail accompli. Cela me rend très fière et j’ai aussi une grosse pensée envers les personnes de mon entourage sportif ou personnel qui ont contribué à ma présence dans cette sélection.

Quel effet cela fait-il de se dire que l’on va disputer son 2ème Euro en 2 ans ?
C’est une forme de reconnaissance du travail accompli. Cela me rend très fière et j’ai aussi une grosse pensée envers les personnes de mon entourage sportif ou personnel qui ont contribué à ma présence dans cette sélection. Comme mes coéquipières montpelliéraines je pense, je suis extrêmement contente de représenter le MHSC et que nous ayons l’opportunité de disputer un 2ème championnat d’Europe ensemble car nous sommes très proches. Ça va nous permettre de créer encore plus de liens et de souvenirs en commun.

Quels sont tes objectifs dans cette compétition qui s’ouvre aujourd’hui ?
L’objectif, c’est la victoire finale ! (sourire)

Quand tu vois que Rosalie Chaine, elle aussi née en 2007, a effectué plusieurs apparitions en Arkema Première Ligue cette saison, on imagine que cela te donne des idées…
Rosalie est une amie et je suis très fière d’elle. Au-delà du fait qu’elle n’évolue pas au même poste que moi, elle m’inspire dans beaucoup de choses. Son parcours est magnifique, il donne envie, c’est vrai, mais elle le mérite amplement. Je suis sûre qu’elle peut aller très loin… et ça donne envie de la rejoindre (sourire)

c’est une chance énorme et on doit en profiter au maximum

Que ressens-tu quand tu portes ce maillot de l’équipe de France ?
C’est plus qu’un symbole ; C’est une fierté. Parfois, on oublie la chance qu’on a de faire tout ça. On pense que c’est juste une liste, ou parfois juste un match amical, mais quand on s’y replonge, on se rend compte que c’est une chance énorme et qu’on doit en profiter au maximum.

Crédit photos : MHSC et FFF

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