Rosalie Chaine, future et bonne étoile
Lancée chez les pros cette saison, la jeune milieue de terrain de 18 ans fait partie des 4 Montpelliéraines retenues en équipe de France pour disputer le Championnat d’Europe U19 qui débute ce dimanche en Pologne. Rencontre avec une future grande à l’heure du premier match des Bleuettes, contre la Suède (19h).
Avec 4 Montpelliéraines retenues sur les 20 joueuses convoquées en équipe de France U19 pour disputer le championnat d’Europe de la catégorie qui débute ce dimanche 15 juin contre la Suède, le MHSC est assurément le club le plus représenté chez les Bleuettes. Au moment de partir à la découverte de chacune d’entre elles, le nom de Rosalie Chaine est sans doute celui que vous connaissez le mieux. Et pour cause ! Alors qu’elle n’avait pas encore 18 ans (elle les a fêtés en février), la Perpignanaise de naissance était la surprise du onze de départ aligné par Yannick Chandioux lors de la première journée, le 21 septembre dernier contre le PSG : « Ce n’était pas du stress mais une bonne pression Je me suis dit que je n’avais rien à perdre, que j’étais jeune et que c’était une opportunité de montrer ce que j’étais capable de faire », sourit Rosalie. « Débuter en D1 contre le PSG, dans une grosse affiche, à la maison, devant ma famille, mes amis, c’était une fierté ».

Débuter en D1 contre le PSG, dans une grosse affiche, à la maison, devant ma famille, mes amis, c’était une fierté
Reconnaissable entre mille de par son gabarit longiligne, sa conduite de balle très sûre, tête levée, et ses longs cheveux blonds, Rosalie n’a pas tremblé. Présente dans les duels comme dans la construction du jeu, cette admiratrice d’Andres Iniesta, Lionel Messi et Dimitri Payet a sorti une première prestation solide chez ‘’les grandes’’ et montré qu’elle ne s’était pas trompée en optant pour le ballon rond plutôt que pour le ballon ovale : « C’est vrai que Perpignan est une ville plutôt tournée vers le rugby, mais, dans ma famille, ça a toujours été le foot », se remémore-t-elle. « Mon père faisait du foot, donc j’ai été baignée dans ce sport dès mon enfance et je n’ai jamais changé. »
Jusqu’à connaitre ses débuts en pros cette saison et réaliser un exercice 2024-2025 plus que complet, ponctué de 11 apparitions en D1 dont 3 titularisations, malgré une forte concurrence dans son secteur de jeu : « Le plus impressionnant en Arkema Première Ligue, ça reste l’impact physique et la qualité technique. Tu dois essayer de jouer plus rapidement et faire moins de touches de balle pour accélérer le jeu car si tu en fais trop, les adversaires te viennent directement dessus », analyse-t-elle. « Il est vrai que plusieurs joueuses du MHSC qui jouent au même poste que moi ont évolué en équipe de France, mais je ne le prends pas forcément comme une concurrence dans le sens où elles m’apprennent beaucoup, tous les jours à l’entraînement. » De là à dire qu’elle est la petite protégée du groupe, il y a un pas que la teenager ne franchira pas : « Je ne sais pas, mais c’est vrai que je m’entends bien avec l’équipe », sourit-elle. Mais une chose est sûre, Rosalie n’a pas eu peur de se jeter dans le grand bain de l’élite : « Pour être performante, il ne faut pas avoir peur », dit-elle simplement et sans prétention aucune. « Je ne vois pas pourquoi je devrais avoir peur. »


Ce caractère aussi humble et réservé hors des terrains que leader extravertie sur le rectangle vert, Rosalie Chaine le trouve sans doute en partie dans ses origines catalanes très marquées. Née à Perpignan en février 2007, elle a grandi à 10 minutes de là, du côté de Sant Estève. C’est dans ce club qu’elle a débuté le foot à, à peine 4 printemps, pour y évoluer en mixité jusqu’à l’âge de 14 ans, avant de rejoindre le MHSC en 2021 : « Jean-Louis Saez est venu me parler, avec ma famille ; il m’a présenté le projet et c’est ce qui m’a convaincue », se souvient Rosalie. « Mon père est né à Montpellier, donc on connaissait les alentours. De plus, c’est proche de Perpignan et tout le monde sait que le MHSC est un club familial. Je savais qu’il n’y aurait pas eu de problème dans tous les cas. »
je dois trouver les meilleures solutions dans le jeu quand je reçois le ballon et trouver plus de décalages ; je dois moins faire les choses par sûreté on va dire et prendre plus de risques

Depuis, celle qui est devenue bachelière à l’été 2024 après être notamment passée par l’école technique privée du MHSC, n’a cessé de progresser et de confirmer les attentes placées en elle. Milieu de terrain relayeur, box to box avec de bonnes capacités physiques et une belle vision de jeu, Rosalie possède toutes les qualités de la joueuse moderne à ce poste : « On m’a placée là depuis petite parce que j’ai un bon cardio et que j’aime à la fois défendre et attaquer », explique-t-elle. « Avant de venir à Montpellier, je n’avais jamais joué avec les filles, donc j’ai dû me familiariser avec pas mal d’aspects car ce n’est pas tout à fait le même football, mais aujourd’hui, je m’y sens bien. Cela dit, je suis aussi consciente de la chance que j’ai, vu mon jeune âge, de pouvoir m’entraîner au quotidien avec l’équipe professionnelle du MHSC. Ça m’aide à développer mon jeu, mon potentiel physique et mes capacités de prise d’information notamment, car le jeu va plus vite. Même s’il me reste encore beaucoup de progrès à faire dans tous les secteurs, je pense avoir bien progressé au niveau de mes déplacements. A mon sens, je dois encore trouver les meilleures solutions dans le jeu quand je reçois le ballon et trouver plus de décalages ; je dois moins faire les choses par sûreté on va dire et prendre plus de risques. » Elle poursuit : « J’espère m’inscrire sur la durée avec les pros donc, même si je suis plutôt satisfaite de ma saison, je ne peux pas me contenter de de ce que je réalise aujourd’hui. Il faut que je me déplace mieux pour être plus disponible dans le jeu et attirer plus de ballons. Il faudrait que j’améliore mon jeu de tête aussi car je suis plutôt grande, ce qui n’est pas très répandu dans le foot féminin. Si j’avais un bon jeu de tête ça pourrait m’aider. »

C’est une fierté de représenter le pays et d’avoir l’objectif de pouvoir, potentiellement, ramener un titre
Un constat d’une étonnante franchise qui montre aussi l’exigence personnelle que se fixe Rosalie, y compris lorsqu’elle retourne évoluer avec les équipes de jeunes du MHSC, que ce soit en U19 nationales ou avec la réserve, en D3. « Quand je redescends, je sais que je ne dois pas rater mon match parce que je dois apporter à l’équipe ce que j’apprends au quotidien avec les pros. »
Son bilan chiffré total cette saison (33 matchs jouées / D1 / D3 et U19 confondus) montre qu’elle a plutôt réussi sur les 3 tableaux. Il lui reste désormais un 4ème objectif avec le championnat d’Europe U19 que les Bleuettes s’apprêtent à démarrer ce dimanche 15 juin contre la Suède : « C’est une fierté de représenter le pays et d’avoir l’objectif de pouvoir, potentiellement, ramener un titre », souligne cette jeune fille d’un naturel souriant, qui aime la vie et les gens. « Je ne ressens pas forcément de pression mais plus de l’excitation de pouvoir jouer des matchs dans une telle compétition. »

Passée par toutes les équipes de France de jeunes, Rosalie attend d’autant plus cette échéance que celle-ci sera sa première finale d’un grand tournoi puisqu’elle n’avait pas été retenue lors de l’Euro U17 disputé l’été dernier : « A l’époque, je n’avais pas été appelée lors de certains rassemblements, donc je m’attendais un peu à ne pas être prise, même si j’étais forcément déçue. Cela dit, c’est le choix des de la coach, donc j’ai respecté ça et j’ai continué à travailler », se remémore nontre interlocutrice. « Ce qui est sûr, c’est que j’ai hâte d’y être. Faire partie des joueuses appelées est une fierté. » Au cœur d’une équipe très complète qui « aime garder le ballon, mais qui sait vite aller vers l’avant dès qu’on trouve le décalage », la jeune Montpelliéraine espère « amener quelque chose de positif à l’équipe et que nous irons le plus loin possible collectivement dans cette compétition. »
je suis aussi consciente de la chance que j’ai, vu mon jeune âge, de pouvoir m’entraîner au quotidien avec l’équipe professionnelle du MHSC

Une aventure au cours de laquelle Rosalie pourra aussi compter sur sa bonne étoile, en la personne de son père, disparu alors qu’elle était encore au lycée « Je pense qu’il me regarde de là-haut et j’espère qu’il est fier de moi », conclut-elle. « Je joue aussi pour lui. Dès que je rentre sur un terrain, que ce soit à l’entraînement, en match ou n’importe quand, je pense à lui. C’est lui qui me pousse. Quand je suis dans des moments difficiles, je me dis qu’il doit me regarder et c’est pour ça que je me relève. » Belle philosophie et sacrée preuve de caractère.



