Histoire

Cédric Barbosa : « Si je pouvais encore jouer… »

Ancien joueur des deux clubs, le milieu de terrain passé également par Troyes, Metz et Evian-Thonon-Gaillard (48 ans), porte son regard sur le match de ce dimanche entre le MHSC et le Stade Rennais.

Quel regard portes-tu sur ton passage au MHSC (1997-2003) ?
Je suis originaire d’Aubenas et j’ai signé mon 1er contrat professionnel à Alès avec lequel j’ai évolué en Ligue 2 et en National. C’est là que le MHSC m’a repéré. J’ai rejoint La Paillade en 1997, à l’âge de 21 ans et j’y ai passé 6 ans. J’y ai découvert la Ligue 1 mais le MHSC est d’abord et avant tout un club qui me correspondait beaucoup parce qu’il est familial. Tout le monde le dit mais il faut vraiment être à l’intérieur pour en prendre conscience à 100%. J’ai joué à Evian, un petit club assez familial aussi, mais le MHSC dégage quelque chose de particulier. Il y a vraiment ce truc à part. Le repas de début de saison avec Madame Nicollin au Mas Saint-Gabriel est quelque chose qu’on ne voit pas dans tous les clubs et il y a beaucoup d’autres exemples. A titre de comparaison, quand je suis arrivé à Rennes, j’ai découvert un club beaucoup plus professionnalisé où les infrastructures étaient déjà assez impressionnantes, les moyens avec la famille Pinault plus importants… On montait en gamme, ça se voyait, mais je n’ai pas retrouvé cette chaleur qu’il pouvait y avoir au MHSC. Je ne garde que des bons souvenirs de mon passage à Montpellier. J’ai toujours plaisir à revenir, à revoir les gens au club, dont plusieurs avec lesquels j’ai gardé contact. Dès que je peux je viens, même si je suis souvent pris par mes impératifs professionnels.

Ce serait bien que le MHSC ait un peu plus de reconnaissance parce qu’il le mérite

Quel est ton meilleur souvenir chez nous ?
Je citerai en premier la victoire en Coupe Intertoto (1999) et la remontée en Ligue 1
(2001), mais la plus grosse fierté reste le maintien de 2003. Cette année-là, on avait 14 points à la trêve, tout le monde nous voyait descendre et on se maintient.

Raconte-nous cette folle remontée justement…
Nous étions dans une spirale négative, c’était compliqué, mais le trio de coach (Gérard Bernardet, Pascal Baills, Ghislain Printant) et nous, les joueurs, nous nous entendions bien. Il y avait un bon mix entre les jeunes et les anciens. Les jeunes comme Fodé Mansaré, Habib Bamogo ou Valéry Mézague ont apporté leur insouciance et leur envie. Ils ne calculaient pas. Nous, les anciens (ou plutôt ceux qui étaient là depuis longtemps parce que je n’étais pas très vieux non plus), nous les avions bien encadrés. Nous avions réussi à enchaîner quelques bons résultats positifs en allant gagner de manière inattendue au Parc des Princes (3-1), puis en remportant des matchs clés face à nos rivaux directs (Troyes et Sedan notamment), ce qui nous avait permis de réussir cette mission. Si on fait le parallèle avec cette saison, ça va être difficile, il ne faut pas se voiler la face, mais on se profile vers un championnat à 3 pour le maintien et deux vont descendre. A mon sens, il faut se fixer de petits objectifs et après, on ne sait pas… Il suffit d’enchaîner une ou 2 victoires consécutives, les autres perdent dans le même temps et on peut recoller un peu. Quand rien ne va, c’est compliqué mais il ne faut pas focaliser sur le résultat mais sur le travail ; donner le maximum et souvent, quand on donne le maximum, le football, te récompense.

Quel regard portes-tu sur tes années rennaises (2003-2006) ?
Le Directeur Sportif breton, Pierre Dréossi, et l’entraîneur, László Bölöni, voulaient vraiment que je vienne. De mon côté, j’étais dans une phase d’évolution ; je voulais passer un autre cap. La première saison s’est très bien passée, pour moi comme pour le club. Malheureusement, j’ai ensuite été gravement blessé au genou et je suis passé d’un joueur quasi-indispensable auprès du coach à un mec qui ne comptait plus. A mon retour, l’équipe tournait bien, on assistait à l’éclosion de plusieurs joueurs dont Yoan Gourcuff et je suis devenu le remplaçant idéal parce que je pouvais jouer à plusieurs postes. Dès qu’il y avait un absent, je jouais mais je n’ai jamais retrouvé une place de titulaire à part entière. C’est comme ça, fait partie du foot.

Quand on voit les investissements et l’évolution du centre d’entraînement, on se dit qu’il ne manque plus qu’une pierre angulaire : un nouveau stade. ça donnerait un élan supplémentaire

Que penses-tu du Stade Rennais d’aujourd’hui ?….
Le club a changé 2 fois d’entraîneur, l’effectif a beaucoup évolué cet hiver et il faut voir ce que cela va donner. Ce qui est certain, c’est qu’avec leurs moyens, on ne les attend pas à cette place-là mais beaucoup plus haut au classement. Cela dit, si le Stade Rennais est à cette place au classement, c’est qu’il y a forcément des manquements mais ça n’empêche que Rennes est une très belle équipe. De façon plus globale, sans parler spécifiquement du Stade Rennais, vu que, dans le football d’aujourd’hui, on veut essayer de tout lisser, de tout maîtriser, on retrouve moins dans chaque équipe des joueurs qui ont de la personnalité. Du coup, quand on traverse des moments un peu délicats, c’est plus difficile de s’en sortir.

Je ne pouvais pas faire de cadeau parce que c’était le MHSC en face. Ça n’empêche pas qu’à chaque fois que je revenais à Montpellier, j’avais un pincement au cœur

Encore Montpelliérain il y a quelques semaines, Mousa Tamari revient pour la première fois en tant qu’adversaire. Comment cela s’était-il passé pour toi ?
Je ne l’ai pas vécu dans un laps de temps aussi court, mais c’est toujours particulier de revenir pour la première fois dans son ancien club. A titre personnel, j’ai passé des moments exceptionnels à Montpellier. Le club et le cadre de vie me convenaient parfaitement ; avec Évian, ce sont les deux clubs dans lesquels je me suis senti le mieux mais, pour autant, quand je revenais avec un adversaire, je défendais le maillot de mon club du moment et je me donnais à fond pour lui. Ça n’empêche pas d’avoir les mêmes sentiments pour le club par lequel tu es passé et que tu retrouves, mais tu te dois de défendre les couleurs du maillot que tu portes à l’instant T de la meilleure des façons et donner le meilleur de toi-même. Malheureusement, les gens ne le comprennent pas toujours. Je ne pouvais pas faire de cadeau parce que c’était le MHSC en face. Ça n’empêche pas qu’à chaque fois que je revenais à Montpellier, j’avais un pincement au cœur.

Ça fait mal de voir le MHSC dans une telle situation. Parfois, j’ai envie de dire des choses, certaines qui me plaisent, d’autres qui me déplaisent ; j’ai envie d’aider, de donner mes idées mais je me dois de garder beaucoup de hauteur par rapport à tout ça parce que je suis avant tout un supporter du club

Quel regard portes-tu sur le MHSC d’aujourd’hui ?
Ça fait mal de voir le MHSC dans une telle situation. Parfois, j’ai envie de dire des choses, certaines qui me plaisent, d’autres qui me déplaisent ; j’ai envie d’aider, de donner mes idées mais je me dois de garder beaucoup de hauteur par rapport à tout ça parce que je suis avant tout un supporter du club. Bien sûr que j’aimerais voir le MHSC dans une situation plus confortable mais l’aspect financier a pris une telle importance que c’est compliqué. Quand on n’arrive pas à avoir un stade… Sans parler de Lyon ou Nice, des clubs comme Sochaux et Caen ont tous eu un nouveau stade il y a une quinzaine d’années déjà.

Montpellier, les Président le souhaite depuis longtemps déjà mais ça freine et ça traine… et déjà que la situation est compliquée avec les droits TV, si on se tire dans les pattes… C’est vrai qu’il y a beaucoup de sports à Montpellier mais il serait important que le foot puisse avoir une place un peu plus importante parce que le club a 50 ans et qu’il évolue au haut niveau depuis de nombreuses années. Ce serait bien que le MHSC ait un peu plus de reconnaissance parce qu’il le mérite. Quand on voit les investissements et l’évolution du centre d’entraînement par rapport à l’époque où j’y étais, on se dit qu’il ne manque plus qu’une pierre angulaire : un nouveau stade. Je pense que ça pourrait donner un élan supplémentaire à tout ça.

A quel genre de match t’attends-tu, ce dimanche, entre le MHSSC et le Stade Rennais ?
Ce sont 2 équipes un peu blessées. De toute façon, il ne faut plus calculer et mettre le bleu de chauffe. Même si tout le monde en est conscient, c’est un moment crucial. Il ne reste que quelques matchs et c’est le moment de montrer qu’on peut y arriver.

Le fait de prendre autant de buts d’entrée, comment ça se soigne ?
Je pense que s’ils le savaient, ils le feraient. Il n’y a pas de vérité. Avant le match on se dit « Allez les gars, on ne prend pas de but, on est bien costaud » et au bout de 5 minutes : Bim. Malheureusement, c’est le foot. Plus on pense à quelque chose peut-être et plus ça se produit. C’est surtout la confiance individuelle, la mentalité et la confiance collective qui font qu’à un moment donné ou sur tel ou tel aspect, tu te sens plus ou moins fort. Seul un bon résultat va te donner le sentiment du travail accompli.

Bien sûr ! J’ai envie d’y croire. Si je pouvais encore jouer, les aider d’une manière ou d’une autre, je ferais mon maximum

Crois-tu encore au maintien ?
Bien sûr ! J’ai envie d’y croire. Si je pouvais encore jouer, les aider d’une manière ou d’une autre, je ferais mon maximum. Ça va être compliqué parce qu’il y a plein d’éléments à côté qui font que, mais la place de barragiste me semble encore envisageable et le maintien peut passer par cette place-là. Parfois, il ne faut pas grand-chose, il suffit d’un truc, après tu enchaînes et ça te redonnes confiance. On ne s’en rend pas toujours compte mais l’aspect mental est très important dans le foot.

Que deviens-tu aujourd’hui ?
Je suis auto-entrepreneur chez LGM immobilier et, en parallèle, j’entraîne l’AS Méditerranée 34, en Régional 2. Avec les Présidents, nous sommes partis sur un projet de 3 ans avec peu de moyens mais des ambitions. Je profite aussi car, tout au long de ma carrière qui a été assez longue, je n’ai pas pu beaucoup profiter. Je fais encore un peu de foot avec les collègues et j’essaie aussi, quand je peux, de venir jouer avec les anciens du MHSC. Enfin, je profite de mes enfants et de mes petits-enfants car je suis papi (sourire)

Pour conclure, qu’as-tu ressenti lors des 50 ans du club ?
C’était génial de retrouver tout le monde. Tout était très bien organisé et nous avons été reçus comme des petits princes. Franchement, c’était une soirée magnifique. La compétition me manque énormément, la transition entre la vie de joueur et la vie active ‘’normale’’ n’est pas toujours évidente et c’était génial de pouvoir rejouer devant 10 000 personnes, dans ce stade et avec le maillot du MHSC sur les épaules. C’est comme si j’avais joué un match de Ligue des Champions.

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