« Ensemble, Nous avons gagné les premiers titres du club »
Formé au PSG puis pierre angulaire des premiers succès montpelliérains, l’ancien international français Jean-Claude Lemoult, évoque ses souvenirs et ses liens forts avec les 2 clubs
Vous avez passé 10 ans au PSG (1976-1986). Racontez-nous cette période ?
J’ai été formé à Chaumont, en Haute-Marne, mais je suis arrivé au centre de formation du PSG à 16 ans. Je suis resté jouer un an avec les cadets 2ème année et, l’année suivante, j’ai joué avec l’équipe réserve, en 3ème division à l’époque, pendant 6 mois avant de jouer en pro à partir de 17 ans et demi. Le PSG (né en 1970, NDLR) était un club très jeune et j’ai eu la chance de vivre ses premiers succès avec la première Coupe de France en 1982, la 2e Coupe l’année suivante puis le premier titre de Champion de France en 1986. A titre personnel, j’ai aussi découvert l’équipe de France et été champion olympique à Los Angeles avec les Bleus en 1984. Pour toutes ces raisons, mon passage au PSG a été très important pour ma carrière.

Le PSG était un club jeune mais nous avions déjà une très belle équipe
Ce qui est intéressant pour les jeunes générations, c’est qu’on était loin du PSG actuel, que ce soit celui des années 90 sous la direction de Canal+, et encore plus loin de l’actuel, dirigé par QSI. Ça ressemblait à quoi le PSG, à votre époque ?
Le Président du PSG était alors Daniel Hechter, puis il y a eu Francis Borelli qui a été mon Président pendant très longtemps. Quand je suis arrivé, l’entraîneur était Just Fontaine, puis Velibor Vasović mais je n’ai pas joué sous leurs ordres car j’étais cadet 2e année. La saison suivante (1977-1978), Jean-Michel Larqué est arrivé. Il était entraîneur-joueur et, au bout de 6 mois, j’ai intégré le groupe professionnel. Vasović est revenu l’année d’après, puis plusieurs techniciens se sont succédés à la tête de l’équipe dont Georges Peyroche et Lucien Leduc, avant de terminer par Gérard Houllier, entraîneur du titre de Champion de France 1986. Il y avait de très bons joueurs dont Dominique Baratelli, Jean-Noël Huck, Jean-Pierre Adams, Dominique Bathenay, Mustapha Dhaleb ou Dominique Rocheteau. Le club était jeune mais nous avions déjà une très belle équipe.
Comment arrivez-vous à Montpellier ?
Je n’avais pas beaucoup joué lors de cette fameuse saison du titre de 1986 parce que je m’étais blessé à une cheville. Il me restait encore un an de contrat à Paris et je m’étais engagé avec l’OM. J’arrive à Marseille après une longue période sans jouer. Je fais 10 jours d’entraînement là-bas et ils n’ont pas voulu prendre le risque de me garder. Du coup, je suis remonté à Paris pour honorer ma dernière année et j’ai croisé Michel Mézy qui était au camp des Loges (ancien centre d’entraînement du PSG, NDLR) car il était venu voir 3 joueurs parisiens pour éventuellement en recruter un. Il m’a dit : ‘’Je croyais que tu étais à Marseille’’ et je lui ai répondu que ça ne s’était pas fait. Il a appelé le Président et, 3 ou 4 jours après, j’étais dans les bureaux du Groupe Nicollin pour discuter avec le Président d’une éventuelle venue à Montpellier qui était en 2ème division à l’époque. Nous sommes tombés d’accord et ça s’est concrétisé.


Arriver à Montpellier, en D2, en tant qu’international français et ancien du PSG, vous changiez vraiment de monde non ?
Il faut remettre les choses dans le contexte. Lors de ma dernière année à Paris, j’ai été blessé 7 mois. J’ai été opéré de la cheville, on m’a fait une arthrodèse, donc on m’a bloqué la cheville. Le docteur de l’OM avait d’ailleurs dit que je ne pourrai pas rejouer au football. C’est vrai que je me retrouvais en D2 mais, grâce à Louis Nicollin, l’équipe avait déjà de sacrés joueurs comme Roger Milla, Nenad Soijkovic, Gérard Bernardet… sans oublier un Centre de formation qui marchait bien avec des joueurs qui ont été reconnus ensuite comme Laurent Blanc ou Kader Ferhaoui. Ce n’était pas une petite équipe de D2 quand même ! C’était une équipe pour monter. Le plus dur, c’était de passer du Parc des Princes au stade de La Mosson, mais pas celui que vous avez maintenant. A mon époque, les vestiaires, étaient quasiment des wagons de train. (sourire)
Ce n’était pas une petite équipe de D2 quand même ! C’était une équipe pour monter

Que retenez-vous de vos 5 années montpelliéraines ?
J’ai retrouvé à Montpellier un schéma un peu similaire à celui du PSG dans le sens où nous avons gagné ensemble les premiers titres du club : La montée en D1 dès la 1ère année, le fait de terminer 3ème de D1 la saison suivante et de participer, du coup, à la première coupe d’Europe du MPSC ; ensuite il y a eu la Coupe de France remportée en 1990 et enfin, on va en quart de finale de la Coupe des coupes lors de ma 5ème saison au club en ayant battu 3 équipes qui avaient gagné la Coupe d’Europe. C’était extraordinaire ! J’ai vécu 5 années merveilleuses à Montpellier. C’était top ! En plus, il y avait une super ambiance.
Mon meilleur souvenir ? Si je devais n’en retenir qu’un, ce serait le succès lors de la Coupe de France 1990 ; mais je prends plus mon passage à Montpellier comme une aventure globale
Quel est votre meilleur souvenir à Montpellier ?
Si je devais n’en retenir qu’un, ce serait le succès lors de la Coupe de France 1990 ; mais je prends plus mon passage à Montpellier comme une aventure globale. De toute façon, j’ai eu la chance, que ce soit avec Paris ou avec Montpellier, de vivre des moments extraordinaires tout au long des années 1980 : La Coupe de France 1982 puis 1983 avec le PSG, le titre olympique de 1984, la finale de Coupe de France perdue en 1985, le titre de Champion de France de 1986, la montée en D1 avec Montpellier en 1987, la 3ème place en 1988, l’Europe la saison suivante, la Coupe de France 1990 puis l’épopée en Coupe des Coupes 1990-1991.

J’espère que le MHSC remontera dans l’élite le plus rapidement possible
Que devenez-vous aujourd’hui ?
A la fin de ma carrière, le Président Louis Nicollin m’a offert la possibilité de revenir à Paris comme Directeur de la société Nicollin. Ensuite, en 2015, je suis parti à l’UEFA pendant 5 ans, avant de revenir en Région parisienne pour y vivre ma retraite.
Comment voyez-vous la rencontre d’aujourd’hui entre le MHSC et le PSG ?
J’ai 2 sentiments complètement contradictoires : Je suis content pour Paris et j’espère qu’ils seront qualifiés pour la finale de la Ligue des Champions. Ce serait bien que le PSG la gagne enfin. En même temps, je suis très triste pour le MHSC parce que, même s’ils auront les capacités de remonter, ce n’est jamais facile de descendre en en Ligue 2 et c’est aussi très difficile de remonter, notamment directement la saison suivante. Pourtant, je souhaite que le MHSC y parvienne. Pour le club et la famiille Nicollin, c’est mieux que le club évolue en Ligue 1. Quand on est Ligue 2, c’est toujours l’incertitude. Le club a déjà connu cette situation et a réussi à remonter mais, ce n’est pas facile à vivre.
Concernant le match de ce samedi, il va être très particulier parce que, comme je vous l’ai dit, le PSG sortira d’une demi-finale européenne, joyeuse ou triste et ils auront quelque chose en tête bien plus importante que de jouer un match de championnat alors qu’ils sont déjà titrés. Pour le MHSC, la descente est malheureusement déjà entérinée mais c’est l’opportunité pour les jeunes de montrer qu’ils ont envie et qu’ils peuvent intégrer le projet Ligue 2
la saison prochaine. J’espère que le MHSC remontera dans l’élite le plus rapidement possible et je tiens à féliciter la famille Nicollin d’avoir tenu ce club pendant 50 ans. C’est beau et ce n’est pas fini, surtout ça va continuer.



