
Geoffrey Dernis : « sur un match, tout est possible »
Formé à Lille, le Champion de France 2012 sous le maillot montpelliérain évoque son passage dans les deux clubs et la rencontre du jour entre les 2 formations
Quand on te parle du Losc, qu’est-ce que ce club évoque pour toi ?
Le LOSC représente beaucoup pour moi. J’y ai vécu de très belles choses :
mes premiers matchs, mes premiers buts, mes premiers matchs européens et c’est surtout mon club formateur. Je dois beaucoup à cette institution.

On sentait qu’à l’époque, Lille était un peu un club en devenir et, quand on voit ce qu’est devenu le LOSC aujourd’hui, on se dit qu’on y a un peu contribué
Quel est ton meilleur souvenir là-bas ?
Avoir eu l’opportunité de jouer la Ligue des champions avec mon club formateur, c’était très fort émotionnellement. Cette année-là, on avait notamment battu Manchester United dans un match délocalisé au Stade de France (succès 1-0 des Nordistes grâce à un but de Milenko Acimovic, le 2 novembre 2005).
Comment décrirais-tu le Losc de l’époque et ce qu’il est devenu aujourd’hui ?
Du temps où j’y étais, c’était un club un peu en reconstruction.
A l’image du MHSC l’année du titre, le groupe était composé de beaucoup de joueurs formés au club qui s’appuyaient sur des éléments d’expérience (Brunel, Landrin, Pichot, Tafforeau, Malicki) qui nous servaient de guide avec pas mal de joueurs. A cela s’ajoutaient quelques jeunes qui venaient de l’étranger notamment. Tavlaridis et Schmitz. Cette ossature a permis l’éclosion de plusieurs joueurs comme Mathieu Bodmer ou Jean II Makoun par exemple. Ce groupe a grandi au fur et à mesure de nos parcours, avec des entraîneurs qui ont chacun mis leur patte comme Vahid Halilhodzic et Claude Puel. Cela nous a permis de progresser ensemble. On a réussi à trouver une belle osmose et ça se voyait sur le terrain avec de belles performances. Ensuite, nous avons tous fait notre petit bout de chemin mais on sentait qu’à l’époque, Lille était un peu un club en devenir et, quand on voit ce qu’est devenu le LOSC aujourd’hui, on se dit qu’on y a un peu contribué. Juste derrière, le club a été titré (champion de France 2011, NDLR) et, depuis, il joue constamment les premières places. Aujourd’hui, je suis très content de voir que Lille est parmi les meilleures équipes françaises.

Vahid Halilhodzic et Claude Puel sont deux fortes personnalités…
Exactement. Ce sont deux entraîneurs très durs, qui savent exactement ce qu’ils veulent, mais quelque part, ce sont des coachs qui te font progresser, notamment quand tu es jeune.
Quand tu vois déjà ce qu’ils ont fait en tant que joueur, tu respectes et tu écoutes. Au départ, notamment pour nous les jeunes, les entraînements nous paraissaient très durs, mais je pense que, sans ça, nous n’aurions pas pu réaliser la carrière que nous avons faîte derrière.
Qu’est-ce qui te plaît dans ce Losc 2024-2025 et comment décrirais-tu cette équipe de Bruno Genesio ?
C’est une équipe qui n’a pas perdu son âme, qui cherche toujours à avoir des résultats et qui est très cohérente. Ça se bat du début jusqu’à la fin. D’autre part, quand tu vois la qualité des joueurs qui composent cette équipe, ça veut dire que le Losc est attractif. Je le répète, mais ça joue constamment le haut de tableau, donc ça veut dire qu’en termes de régularité, Lille est devenue une équipe référence de notre championnat de France.
En termes de régularité, Lille est devenue une équipe référence de notre championnat de France

Que faudra-t-il au MHSC pour battre cette équipe lilloise ?
Il faudra des joueurs qui soient, non pas à 100% mais à 150% pour pouvoir accrocher un résultat. On sait qu’aujourd’hui Montpellier a besoin de ce genre de résultats, mais quelque part, sur la lancée du dernier succès à domicile contre Brest, ce match peut être un bon test pour continuer de marquer les esprits et se rassurer. En plus, même si Lille est une équipe très complète, qui est capable de faire tourner, on ne sait pas dans quelles conditions seront les Lillois après leur match de Coupe d’Europe cette semaine. Le MHSC ne doit pas avoir peur de jouer et d’aller embêter cette équipe lilloise. Il faudra tout faire pour gagner. De toute façon, il n’y a pas de secret : Le MHSC n’est pas dans une réflexion où il peut se dire qu’un point c’est bien. Il faut aller chercher la victoire. Les Montpelliérains devront être méfiants, mais s’ils mettent tous les atouts de leur côté, ils peuvent obtenir un bon résultat, même si ça va être dur.
Les Montpelliérains devront être méfiants, mais s’ils mettent tous les atouts de leur côté, ils peuvent obtenir un bon résultat
Quel regard portes-tu sur la situation du MHSC depuis le début de saison ?
C’est une équipe qui a très mal démarré, qui a eu des très grosses difficultés d’entrée et, après, quand les défaites s’enchaînent, moralement, c’est toujours compliqué. Cela dit, le Championnat est long. Les Pailladins ne sont pas non plus décrochés, à 15 points du 1er non-relégable. Ils ne sont pas très loin. Tout ce qu’il manque, c’est une série, et même s’il y a eu ce court revers à Saint-Etienne la semaine passée, j’espère que le succès contre Brest lors du dernier match à domicile aura servi de déclic. Il faut continuer à corriger les lacunes tout en gardant ce qui a été bien fait contre Brest pour continuer à avancer.
Le fait que Lille joue et ne ferme pas le jeu, ça peut aussi nous aider ?
Oui, Le Losc est une très belle équipe, qui, en plus de son jeu collectif, me semble avoir plus d’individualités que Brest dont un buteur, Jonathan David, qui est en verve depuis plusieurs années et qui enchaine les buts… Lille dispose d’éléments qui sont des dangers permanents, mais les Montpelliérains doivent se dire qu’ils sont capables de maîtriser de tels joueurs. L’effectif de Lille me semble supérieur à celui de Montpellier mais, sur un match, tout est possible.

J’ai vécu 3 très belles années au MHSC. J’y ai trouvé des gens entiers, vrais et adorables. Eux aussi méritent de rester en Ligue 1
Quel est ton meilleur souvenir chez nous ?
Nous avons eu la chance, avec mes coéquipiers de l’époque, d’écrire une ligne au palmarès du MHSC. C’est quelque chose qui est gravé à vie. Concernant le cinquantenaire, nous étions tous ravis de nous revoir il y a 15 jours et de croiser de grandes personnalités de l’histoire de La Paillade. C’était un plaisir d’y participer.
Plus globalement, j’ai passées 3 années merveilleuses au MHSC. Avec Louis et Laurent Nicollin, j’ai trouvé des Présidents super attachants. Nous avons eu de très bons résultats et ce sacre de 2012 s’inscrit finalement dans une certaine continuité. On a vu éclore des joueurs qui ont, ensuite, effectué de très belles carrières et j’en suis très content. À titre personnel, si je devais garder un souvenir, ce serait mon doublé au Parc des Princes (succès 3-1 face au PSG le 15 mai 2010 qui permet au MHSC de se qualifier pour l’Europe, NDLR). Collectivement, quand la 1ère année tu finis 5e, la 2e, tu vas en finale de la Coupe de la Ligue et la 3e où tu es champion de France, tu ne regardes pas forcément un match en particulier. Même si on va dire que le match de Lille, l’avant dernière journée de l’année du titre à La Mosson, a été particulier devant un stade plein et avec un dénouement grandiose pour tout le monde, moi, je garderai vraiment ces 3 années dans leur ensemble.
Que deviens-tu aujourd’hui ?
Je suis entraineur d’Atlas Paillade en Régional 1. C’est d’ailleurs un petit clin d’œil sympa car nous évoluons juste à côté du Stade de La Mosson. J’ai passé mes diplômes d’entraîneur, mon BEF, ce qui n’était pas forcément dans mes prévisions. Aujourd’hui j’ai pris goût à donner ce que le foot m’a donné et je me régale d’entraîner cette équipe. Le groupe est sérieux et attentif. C’est un plaisir de faire partie de cette aventure.
Pour conclure, quel message voudrais-tu faire passer aux dirigeants et aux supporters du MHSC en cette saison particulière des 50 ans ?
Je tiens à remercier tout le monde. Aujourd’hui, en termes de résultats, c’est compliqué mais je leur dirai de ne rien lâcher car une saison est faite de haut et de bas. La priorité, c’est de laisser le club en Ligue 1 Je tiens aussi à remercier les supporters car ils sont toujours présents. Ils ne sont pas forcément virulents mais ils veulent faire passer des messages. Ce sont de bons discours. Plus globalement, j’ai vécu 3 très belles années au MHSC. J’y ai trouvé des gens entiers, vrais et adorables. Eux aussi méritent de rester en Ligue 1.



