Histoire

John Utaka : « Le meilleur souvenir de ma carrière »

En marge de chaque rencontre à domicile, un ancien joueur du MHSC raconte son passage au club. Aujourd’hui, rencontre avec John Utaka, auteur d’un inoubliable doublé lors du match du titre à Auxerre le 20 mai 2012.

Comment ton arrivée au MHSC s’est-elle concrétisée ?
En janvier 2011, j’ai reçu un coup de fil de Laurent Nicollin (alors Président Délégué, NDLR). Il m’a demandé si je connaissais un peu l’équipe du MHSC et je lui ai répondu : « Bien sûr, je regarde toujours le championnat de France, même en étant en Angleterre », puisqu’à l’époque, je jouais à Portsmouth. Il m’a demandé si ça me dirait de venir et je lui ai répondu : « Bien sûr ! tu m’envoies un billet et je suis là demain ! » (rires) ! Tout est allé très vite et je suis rapidement arrivé à Montpellier.

Le coach, René Girard, n’arrêtait pas de me dire : « Tu es dans le travail donc ne t’inquiète pas, ça va venir »… et il a eu raison.

Quitter la Premier League pour un club de milieu de tableau de Ligue 1, c’était osé…
Oui mais il faut avoir des objectifs dans la vie. Sur ce que j’avais vu, le MHSC d’alors était une équipe bien équilibrée, avec beaucoup de jeunes joueurs et des cadres de qualité. Cette équipe jouait bien au ballon. Pour toutes ces raisons, le défi me plaisait.

Les 6 premiers mois n’ont pourtant pas été top pour toi…
Non, c’est vrai. Au début, il m’a fallu un temps d’adaptation. J’étais aussi préoccupé par quelques éléments vécus durant les mois précédents à Portsmouth. Je ne concrétisais pas beaucoup mes occasions, ce qui engendrait une certaine frustration car je savais que je pouvais faire mieux. Le coach, René Girard, n’arrêtait pas de me dire : « Tu es dans le travail donc ne t’inquiète pas, ça va venir »… et il a eu raison.

Justement. Que retiens-tu de ta deuxième saison au MHSC, celle du titre de Champion de France ?
Ce que nous avons vécu est inimaginable. Aucun match n’a été facile, mais ce qui a fait la différence, c’est que cette équipe et ce groupe étaient très soudés. On vivait très bien ensemble et ce trophée était une magnifique récompense pour tout le club.

Tu martelais dès le mois de janvier que nous serions Champion de France. Qu’est-ce qui te faisait penser ça ?
Peut-être ma Foi. Je me suis toujours dit : « Pourquoi pas nous ? » Si on fait ce métier, si on joue, c’est pour gagner quelque chose, on n’est pas des touristes. On est là pour travailler. En faisant ça, on donne des inspirations pour les autres et du bonheur aux gens autour de nous qui sont heureux de nous voir gagner, que ce soit les supporters, mais aussi les gens du club, notre famille et nos amis. C’est un état d’esprit. En tant que personne, je ne prends jamais rien à la légère. Tout est important ; même si c’est dur, on essaie de faire en sorte de d’avancer et nous avons su avancer ensemble jusqu’au titre. Je sentais que nous en étions capables.

Ce que nous avons vécu est inimaginable. Aucun match n’a été facile, mais ce qui a fait la différence, c’est que cette équipe et ce groupe étaient très soudés. On vivait très bien ensemble et ce trophée était une magnifique récompense pour tout le club.

Quel souvenir gardes-tu de ce fabuleux doublé à Auxerre, synonyme de titre de Champion de France ?
Auxerre marque en premier et le doute s’installe alors qu’on voulait ouvrir le score pour maîtriser le match ensuite. Sur l’égalisation, Souleymane Camara déborde sur le côté et je ferme au second poteau pour marquer. Je n’exulte pas vraiment car, dans ma tête, on n’y est pas encore. Il faut gagner le match ! Sur le 2ème but, je reçois un ballon dos au jeu et je me retourne sans me poser de question en essayant de croiser ma frappe…. De mon mauvais pied en plus… Heureusement qu’Olivier (Giroud) a sauté parce que s’il le touche, le ballon ne rentre pas. La joie était immense pour moi, même si elle était assez intérieure car je n’ai jamais été exubérant… C’était une grande joie mais avant tout le résultat d’un travail collectif d’une équipe très soudée. Ce n’était pas ‘’je’’ mais ‘’nous’’ et quand je parle de ‘’nous’’, je ne parle pas que des joueurs mais aussi des dirigeants, du personnel sportif et administratif, des femmes de ménage et de la ville de Montpellier dans son ensemble. C’est vraiment une récompense collective.

La joie était immense pour moi, même si elle était assez intérieure car je n’ai jamais été exubérant

As-tu conscience que ce doublé face à Auxerre t’a définitivement fait rentrer dans l’histoire du club ?
Ce titre est quelque chose de fabuleux et je ne l’oublierai jamais. Concernant mon cas personnel, j’ai plus de mal à réaliser. Je prends plus cela comme une sorte de récompense pour l’ensemble de ma carrière. C’est quelque chose qui restera dans mon cœur pour toujours. J’avais vécu une année difficile sur le plan personnel et ce sacre-là signifie que, peu importe ce qu’il se passe, il faut garder les pieds sur terre et continuer à travailler. Le fait de voir tous ces gens heureux à Auxerre, à Montpellier, c’était un bonheur intense. On fait ce métier pour rendre les gens heureux. Il faut toujours en avoir conscience. Je me souviens aussi de mon accolade avec les 2 Présidents, Louis et Laurent Nicollin. J’ai d’ailleurs gardé la photo encadrée à la maison. Ce sont 2 personnes qui ont énormément de passion et qui aiment les gens. Cette photo reflète aussi cela. Ce match, ce titre, ce club, c’est une aventure humaine et sans doute le plus beau souvenir de ma carrière.

Ce match, ce titre, ce club, c’est une aventure humaine

Comment vois-tu le match qui nous attend dimanche contre Auxerre. Ressens-tu de l’inquiétude ?
Oui, mais je vois plutôt cette situation comme un passage. Le football est fait de hauts et de bas, ça peut arriver d’affronter des difficultés, mais on ne baissera pas les bras. L’ADN du MHSC, c’est de tout donner, de continuer à avancer et de ne jamais lâcher donc je suis sûr que personne ne lâchera rien. C’est comme ça qu’on obtient des résultats. J’espère que ce match nous permettra de remporter notre première victoire de la saison.

Quand on te dit que le MHSC a 50 ans cette année, qu’est-ce que tu ressens et qu’est-ce que ça t’inspire ?
50 ans d’existence, c’est énorme. Cet anniversaire, c’est du bonheur, et c’est un événement unique. Je suis très heureux d’être revenu au club à l’issue de ma carrière, en 2020 et d’en faire à nouveau partie aujourd’hui. J’ai la chance d’être ici, dans un endroit où je me sens comme à la maison et de transmettre mon expérience aux plus jeunes. Ça aussi c’est quelque chose de très important.

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