Histoire

Pascal Baills : « Je me suis régalé »

A l’occasion des 50 ans du club, chaque match sera l’occasion d’aller à la rencontre d’un joueur qui a marqué l’histoire du MHSC. Premier à s’y coller, Pascal Baills, légende du MHSC et 2ème joueur le plus capé de l’histoire du club avec 429 matchs disputés sous notre maillot.

Pascal, quand on te dit que le MHSC a 50 ans, ça t’inspire quoi ?
Je me dis que ça passe vite. Je me remémore quand je suis arrivé en 1983. A l’époque, je jouais en DH à Perpignan et La Paillade avait une équipe dans cette division, sous la direction de Patrick Chauvry. Nous avons joué l’un contre l’autre et, à la suite de ça, Patrick a proposé que je vienne faire un essai à Montpellier qui s’est avéré concluant. Tout est parti de là. Je me souviens de la première fois où je suis arrivé à Grammont. Je revois ce petit chemin de terre, des vignes partout… Quand je suis arrivé, Laurent (Blanc) et Kader (Ferhaoui) étaient là depuis un an, Jean-Yves (Hours) depuis 2 ans… et nous avons eu la chance de voir évoluer Grammont, La Mosson, le club et la ville de Montpellier dans son ensemble.

On a vécu des saisons magnifiques, de grands joueurs sont passés à Montpellier et surtout, il y avait un esprit club. C’était le bonheur !

Comment analyses-tu ton 1er passage au club (1983-1991) ?
Là-aussi, je dirai que tout est allé vite. On remonte en D1 au printemps 1987, la saison suivante on finit 3ème, donc on participe pour la première fois à la Coupe d’Europe ; Deux ans après, on gagne la Coupe de France et on enchaîne par l’aventure européenne en Coupe des Coupes avec le PSV Eindhoven et Manchester United… On a vécu des saisons magnifiques, de grands joueurs sont passés à Montpellier et surtout, il y avait un esprit club. C’était le bonheur !

Si tu devais retenir une image ou un match de cette de ce premier passage, tu dirais lequel ?
C’est compliqué de ne sortir qu’un match ou qu’une seule image. Il y a eu des moments ‘’phares’’ comme la finale de la Coupe de France ou la demie à Saint-Etienne, mais je me souviens par exemple d’un match à Chaumont, en D2, que nous étions obligés de gagner pour rester dans la course à la montée… Il y a des matchs qui ont plus de retentissement, mais d’autres étaient tout aussi importants.

Tu as aussi connu ta 1èrre sélection en équipe de France A avec le MHSC…
C’était un honneur, un plaisir et un aboutissement personnel aussi… Mais c’est le club et le collectif qui m’ont permis de décrocher cette fameuse sélection en bleu et d’arriver où je suis arrivé.

Après une saison à Marseille et 3 à Strasbourg, comment ton retour au MHSC, en 1995, s’est-il concrétisé ?
J’étais en fin de contrat à Strasbourg. J’ai eu des offres de quelques clubs mais Michel Mézy m’appelle et me dit qu’il souhaite que je revienne à Montpellier, avec la validation du Président Louis Nicollin. Je n’ai pas hésité une seconde. Ce n’est jamais facile de revenir dans un club car, quand tu pars, tu laisses une image et quand tu reviens, il faut être performant, mais ça me faisait énormément plaisir de porter à nouveau le maillot du MHSC… Et tout s’est bien passé.

C’est le club et le collectif qui m’ont permis de décrocher cette fameuse sélection en bleu et d’arriver où je suis arrivé.

Tu passes 5 nouvelles années à Montpellier avant de raccrocher les crampons en mai 2000…
Oui. Malheureusement, ça se termine sur une descente en Ligue 2, avec un dernier match à La Mosson contre Lyon (2-2). L’autre ‘’tâche’’ c’est la demi-finale de Coupe de France, perdue à Nîmes en 1996. Celle-là, je ne l’oublierai jamais. Malgré ces 2 déceptions, j’ai tout de même vécu de très belles choses durant ce second passage, dont ces nouvelles participations à la Coupe d’Europe (UEFA et Intertoto) et 3 demies finales de Coupe (de France à Guingamp et de Coupe de la Ligue à Bordeaux et à Metz, NDLR). Avec un peu plus de réussite à certains moments, je pense qu’on aurait pu avoir un palmarès un peu plus étoffé. Sur un plan plus personnel, au moment de mettre un terme à ma carrière, j’avais 36 ans et demi et il fallait bien que ça s’arrête. J’ai fait quelques piges avec l’équipe corpo du Groupe Nicollin et voilà (sourire)

Je n’ai jamais regardé mon nombre de matchs, mais c’est une très grande fierté pour moi d’avoir porté autant de fois le maillot du MHSC. Je suis très heureux que ce soit ‘’Souley’’ Camara qui détienne désormais ce record

Tu as longtemps été le recordman du nombre de matchs joués sous le maillot du MHSC (429 toutes compétitions confondues) et l’emblème de notre club. Comment l’as-tu vécu ?
Concernant le nombre de matchs joués, il faut d’abord reconnaitre que j’ai eu la chance de ne pas être souvent blessé et que mes différents entraîneurs me fassent jouer. Après, tout s’est enchaîné. Je n’ai jamais regardé mon nombre de matchs, mais c’est une très grande fierté pour moi d’avoir porté autant de fois le maillot du MHSC. Je suis très heureux que ce soit ‘’Souley’’ Camara qui détienne désormais ce record. En tout, j’ai passé 13 ans en tant que joueur à Montpellier. Ça aussi, c’est fort. Concernant l’’Esprit Paillade, c’est un état d’esprit qu’on nous apprenait dès le Centre de Formation avec Jacques Bonnet et Serge Delmas, puis il y avait une continuité en équipe première. On était beaucoup de jeunes joueurs de la Région ; ça facilitait les choses.

J’ai tenu ce rôle (d’entraîneur adjoint) pendant presque 20 ans. Certaines saisons ont été plus compliquées que d’autres mais ça a été merveilleux. La montée en D1 de 2009, la qualification européenne un an plus tard, la finale de la Coupe de la Ligue en 2011… et, bien sûr le bonheur d’être champion de France en 2012. C’était extraordinaire. Je me suis régalé, tout simplement !

Si on ajoute tes matchs sur le banc en tant que membre de staff, ça fait plus de 1000 matchs à représenter notre club. Comment as-tu vécu cette 2ème vie d’entraîneur justement ?
J’ai tenu ce rôle pendant presque 20 ans. Certaines saisons ont été plus compliquées que d’autres mais ça a été merveilleux. La montée en D1 de 2009, la qualification européenne un an plus tard, la finale de la Coupe de la Ligue en 2011… et, bien sûr le bonheur d’être champion de France en 2012. C’était extraordinaire. Je me suis régalé, tout simplement !

C’est aussi contre notre adversaire de dimanche, Strasbourg, que le MHSC a validé sa remontée en Ligue 1 en 2009…
Le plus fort, c’était de jouer toute une saison sur un match puisqu’il nous fallait gagner pour monter et que Strasbourg ne devait pas perdre. L’équipe avait un super état d’esprit et des joueurs de qualité. On mène rapidement 2-0 et, ensuite, on se complique la tâche en encaissant un but juste avant la mi-temps (2-1, qui sera le score final NDLR) Il y a ce pénalty où Johan Carrasso se blesse, Geoffrey (Jourdren) rentre et nous sort un arrêt décisif au bout de ce temps additionnel qui ne finit jamais… C’était compliqué sur à vivre sur le moment mais, quand le coup de sifflet final arrive, c’est un soulagement, une délivrance et quelque chose de magnifique.

Ton passage à Strasbourg en tant que joueur, c’était comment ?
J’y ai vécu 3 belles saisons, entouré de très bons joueurs comme Keller, Mostovoï, Leboeuf Keshi, Gravelaine, Hasek… On avait aussi perdu une finale de Coupe de France en 1995 face au PSG (1-0, but de Paul Le Guen)

Quel regard portes-tu sur la rencontre de dimanche et sur la manière d’aborder le 1er match d’une saison ?
Il faut essayer de prendre le meilleur départ possible, c’est-à-dire gagner. On sort d’une préparation avec toujours un lot d’incertitudes, mais ce sera pareil pour Strasbourg. Toutes les équipes partent dans l’inconnu en espérant que le résultat soit positif et qu’on démarre bien le championnat. On préfère toujours gagner les matchs de préparation, mais il faut rester mesuré. Je me souviens par exemple que l’année du titre, on n’en avait pas gagné beaucoup.

Pour conclure, quel message adresserais-tu aux dirigeants du club et aux supporters avant cette journée d’ouverture de la saison des 50 ans du club ?
Qu’on prenne du plaisir et surtout que, pour honorer les 50 ans du club, l’équipe soit performante et qu’il y ait des résultats. L’équipe est jeune mais le MHSC n’a pas les moyens d’acheter à tout va. Il faut s’appuyer sur le Centre de Formation et ne pas hésiter à faire jouer les jeunes, à condition bien sûr qu’ils aient le niveau. Ça, c’est compliqué.

Sur les 50 ans du club, tu en auras passé plus de 30 avec nous…
Ça c’est une fierté, vraiment… et une chose est sûre : je reste le 1er supporter de La Paillade !

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