Rudy Riou : « Je me sens toujours Pailladin »
Formé au MHSC et passé par Toulouse où il a été joueur et a entraîné les gardiens, Rudy Riou évoque avec émotion cette rencontre et le lien indéfectible qui le lie au club pailladin
Quand tu repenses à tes années montpelliéraines, ça signifie quoi pour toi ?
J’ai eu une très grande fierté d’avoir pu jouer en équipe première pour mon club de cœur puisque c’est le club de de ma région, moi qui suis Biterrois de naissance et Agathois de résidence on va dire. J’ai pu intégrer le Centre de Formation d’abord et, ensuite, l’équipe première de ce club familial où j’ai appris beaucoup de choses, footballistiquement mais aussi en termes de vertus morales. Le fait d’avoir connu le Président Louis Nicollin et l’ensemble de sa famille m’a fait énormément grandir en tant que personne. En plus, ça venait dans la continuité de l’éducation que j’ai reçue, donc c’est très bien.
Sportivement, j’ai vécu des débuts en Coupe d’Europe, une montée, 2 descentes, une grave blessure (fracture tibia-péroné en 2000 à l’entraînement, NDLR) qui, à mon sens, a freiné ma progression. Le plus dur, c’est d’être parti sur une deuxième descente en Ligue 2 (en juin 2004), avec le sentiment du devoir non-accompli et une certaine honte.

Lorsqu’il annonce le onze de départ à l’hôtel, Jean-Louis Gasset ne met que 10 noms sur le tableau et nous dit qu’il n’a pas encore choisi le titulaire au poste de gardien entre Rémy Vercoutre et moi. On avait une complicité à toute épreuve avec Rémi puisqu’on avait on avait grandi les étapes ensemble… et, arrivé au terrain, j’apprends que c’est moi qui joue. Je me rappelle de ce stade assez froid et je revois encore nos adversaires. De vrais Golgoths… et je me dis : « Wow ! comment je vais faire sur les ballons aériens ? » Alors j’ai pris le parti de sortir sur le 1er et, heureusement, ça s’est bien passé
Tu as aussi vécu des moments très forts en débutant, par exemple, chez les pros lors d’un déplacement en Coupe Intertoto à Duisbourg…
Ce match à Duisbourg est particulier parce que, quelques jours avant, j’étais au championnat d’Europe U18 en en Suède avec mon coéquipier au MHSC Ahmed Madouni. On se fait sortir en demi-finale face au Portugal et on rentre plus tôt que prévu, le jour d’un match de Coupe Intertoto contre l’Espanyol Barcelone. En fin de match, après la victoire, Jean-Louis Gasset nous chambre un peu. Le lendemain, je reprends l’entraînement et on apprend que, sur le dernier ballon contre l’Espanyol, Stéphane Cassard, le gardien titulaire du MHSC, s’était cassé le doigt. 4 jours plus tard, on doit aller à Duisbourg en Coupe Intertoto. Lorsqu’il annonce le onze de départ à l’hôtel, Jean-Louis Gasset ne met que 10 noms sur le tableau et nous dit qu’il n’a pas encore choisi le titulaire au poste de gardien entre Rémy Vercoutre et moi. On avait une complicité à toute épreuve avec Rémi puisqu’on avait on avait grandi les étapes ensemble… et, arrivé au terrain, j’apprends que c’est moi qui joue. Je me rappelle de ce stade assez froid et je revois encore nos adversaires. De vrais Golgoths… et je me dis : « Wow ! comment je vais faire sur les ballons aériens ? » Alors j’ai pris le parti de sortir sur le 1er et, heureusement, ça s’est bien passé (sourire). Ensuite, 4 jours après, je débutais en D1 contre Lyon à Gerland, (victoire 2-1 du MHSC), pour ce qui reste, à mon sens, le plus beau match de ma carrière.
Et puis il y a ce penalty arrêté contre Troyes (le 27 octobre 2001)…
C’était en octobre 2001. Je m’étais cassé la jambe un an plus tôt (le 14 novembre 2000) et c’était mon match de retour. Les deux équipes n’étaient pas bien au classement, on mène 1-0, j’arrête un penalty et derrière, Pascal Fugier inscrit le 2ème but qui nous permet de l’emporter 2-0. C’était une joie immense mais il y en a eu d’autres, plein d’autres même, car quand tu jouer sous le maillot de ton club de cœur, c’est spécial.


Que deviens-tu aujourd’hui ?
J’ai arrêté le foot en 2016 après une dernière année à Louvain (Belgique). J’ai fait ma formation du BEF ainsi que celle du CDES jusqu’à fin 2019. Je voulais avoir un maximum de cordes à mon arc pour pouvoir revenir dans le monde du football et j’y suis revenu à Toulouse en tant que qu’entraîneur des gardiens, sous la houlette d’Antoine Kombouaré, qui m’avait fait venir et que je tiens à remercier. Depuis 2020, je suis retourné dans le Var où j’ai élu domicile à la fin de ma carrière pour retrouver ma famille. Je fais plusieurs activités en attendant de pouvoir retrouver un projet sportif, dans un rôle plus de dirigeant, Directeur Sportif ou de Manager général. C’est plus dans ce secteur-là que je me projette désormais.
Quel regard portes-tu sur ton passage au TFC ?
Le premier, en tant que joueur, était lors de la saison 2007-2008. C’est l’année où le club joue le tour préliminaire de Ligue des Champions contre Liverpool. J’arrivais d’Istres, il était prévu qu’il y ait une concurrence avec Nicolas Douchez qui sortait d’une excellente saison, mais il n’y a pas trop eu de concurrence finalement. Nous avons même vécu une saison très difficile puisqu’on sauve notre place en Ligue 1 en gagnant contre Valenciennes lors de la dernière journée. On avait une très bonne équipe : Elmander, Siriex, Gignac Arribagé, Cetto, Emana et j’en oublie, mais la mayonnaise n’a pas pris et, en fin de saison, je suis parti à Marseille en tant que doublure de Steve Mandanda.
Quand je suis revenu à Toulouse, en octobre 2019, en tant qu’entraîneur des gardiens, j’ai retrouvé l’ancienne équipe dirigeante avec le Président Sadran et Jean-François Soucasse, le Président délégué, qui étaient déjà présents lors de mon passage en tant que joueur. Ensuite, j’ai également connu la première année qui a suivi le rachat du club par les Américains de RedBirds capital partners. Le Président, Damien Comoli, m’avait d’ailleurs proposé une prolongation de contrat en juin 2021, mais j’ai préféré retrouver ma famille et partir vers d’autres horizons.
Quand je suis revenu à Toulouse, en octobre 2019, en tant qu’entraîneur des gardiens, j’ai retrouvé l’ancienne équipe dirigeante avec le Président Sadran et Jean-François Soucasse, le Président délégué, qui étaient déjà présents lors de mon passage en tant que joueur. Ensuite, j’ai également connu la première année qui a suivi le rachat du club par les Américains de RedBirds capital partners. Le Président, Damien Comoli, m’avait d’ailleurs proposé une prolongation de contrat en juin 2021, mais j’ai préféré retrouver ma famille et partir vers d’autres horizons

Que t’inspire le TFC d’aujourd’hui ?
Le projet est précurseur et novateur dans l’utilisation même de la data. C’est une utilisation peut-être exagérée parfois mais qui a quand même porté ses fruits car sportivement le club est remonté, s’est maintenu en Ligue 1 et a gagné la Coupe de France tout en réalisant de belles plus-value sur la revente de certain joueurs. Ça a apporté quelque chose et le Président Comoli est très investi dans le projet. Maintenant, il y a certainement une fragilité comme toute façon de de faire, notamment car les effectifs sont souvent renouvelés, mais pour l’instant, ça marche.
Le projet du TFC est précurseur et novateur dans l’utilisation même de la data. C’est une utilisation peut-être exagérée parfois mais qui a quand même porté ses fruits
Que penses-tu du début de saison du MHSC ?
J’ai pu voir le match contre Nantes puisque j’étais invité à donner le coup d’envoi, ce qui est très gentil de la part des dirigeants. Je pense qu’il y a l’effectif, mais que certain jouent avec le frein à main. Je ne sais pas si c’était de la crainte, de la fatigue, si c’est psychologique ou pas mais c’est ce que j’ai ressenti. Ça me fait mal de voir le MHSC en difficulté au classement, mais, au même titre que l’année dernière, j’ai été très inquiet à un moment de la saison. Quand on parle de l’esprit pailladin et des valeurs pailladines, elles ont été mises sur le terrain et c’est ce qui a permis au MHSC de se maintenir. Le plus important, c’est que le club reste en Ligue 1, continue à faire éclore des jeunes joueurs, faire vivre son centre de formation et apporter des émotions, encore plus si un nouveau stade arrive, même si, à l’heure qu’il est, c’est difficile de se projeter sur ce dernier point. Le MHSC est un club mythique qui fait partie du paysage footballistique français et de la Ligue 1. Il y a des difficultés, oui, mais je sais les dirigeants montpelliérains suffisamment intelligents et expérimentés pour remédier à tout ça et faire en sorte que l’équipe reste en Ligue 1

Le MHSC a une histoire particulière, il a été fondé par une famille, avec ses valeurs et je suis persuadé que tant qu’ils le pourront, le club restera dans le giron des Nicollin
Pour conclure, quel regard portes-tu sur cet anniversaire des 50 ans du club ?
J’ai longtemps joué en Belgique, et, là-bas, une institution sportive ou une association quelle qu’elle soit, on peut lui apposer le titre de Royal lorsqu’elle arrive à 50 ans. On pourrait donc dire le Royal Montpellier Hérault Sport Club (sourire). Au-delà de cette anecdote, 50 ans, ça veut tout dire : ça veut dire qu’il y a une continuité, que malgré les hauts et les bas, on a toujours su faire front. Je dis ‘’on’’ parce que je me sens toujours pailladin.
A un moment donné, le club a flirté avec le National mais il n’y est pas tombé. Le club a failli toucher le fond et il est reparti avec cette montée en Ligue 1 et ce fameux match contre Strasbourg qui reste encore dans nos têtes. Ce club a une histoire particulière, il a été fondé par une famille, avec ses valeurs et je suis persuadé que tant qu’ils le pourront, le club restera dans le giron des Nicollin.




