
Vitorino Hilton : « Un moment spécial pour le club »
Capitaine historique du MHSC, le Brésilien Vitorino Hilton, passé par Marseille, évoque son passage dans l’Hérault et la rencontre du jour dans le cadre de l’interview des 50 ans
Est-il vrai que ton arrivée au MHSC s’est concrétisée sur une aire d’autoroute ?
Presque ! (sourire) J’ai reçu un coup de fil de Bruno Carotti et, 2 jours plus tard, on se donnait rendez-vous à côté d’Aix-en-Provence, dans un restaurant pas loin de de l’autoroute, avec le Président Laurent Nicollin. Les discussions ont été fluides et j’ai donné mon accord en quelques minutes.

A l’époque, j’avais 34 ans et j’avais signé pour une saison plus une en option en cas de maintien, avec une reconversion derrière… Le maintien s’est transformé en titre de champion pour lever l’option et la reconversion a attendu un peu puisqu’après ces 2 ans, je suis resté jouer au MHSC 8 ans de plus !
Au départ, tu ne devais rester qu’un an…
A l’époque, j’avais 34 ans et j’avais signé pour une saison plus une en option en cas de maintien, avec une reconversion derrière… Le maintien s’est transformé en titre de champion pour lever l’option et la reconversion a attendu un peu puisqu’après ces 2 ans, je suis resté jouer au MHSC 8 ans de plus ! A chaque fin de saison, on se retrouvait avec le Président et on se mettait d’accord pour prolonger d’un an. Mon seul regret, c’est que j’ai joué mon dernier match avec le MHSC (contre le FC Nantes, en 2021), sans savoir que c’était mon dernier.
Que deviens-tu, aujourd’hui ?
Je passe les diplômes pour devenir entraîneur, j’ai passé mon BEF. Je suis aujourd’hui dans le staff de l’équipe réserve, avec Frédéric Garny et je passe ma seconde formation, le DES, avec l’objectif ensuite de passer mon BEPF qui permet d’entraîner et, peut-être un jour, d’entraîner l’équipe première du MHSC. Mais il faut franchir les étapes, passer les diplômes… Chaque chose en son temps.

Si tu devais définir ta période au MHSC en tant que joueur, comment le ferais-tu ?
Je la définirais en 2 mots : l’esprit Paillade. Je pense que durant les 10 saisons où j’ai joué au club, j’ai mouillé le maillot comme il fallait. Le MHSC, c’est un club à part, un esprit que j’ai appris à connaître ; la famille Nicollin, Laurent, Monsieur Loulou qui nous a quittés.
Tu en es un des plus nobles représentants, alors que tu viens de l’extérieur…
Je m’y suis vite reconnu. Quand je suis arrivé, son président était aussi son fondateur, il était là depuis le début. Quand je suis arrivé le MHSC n’avait même pas 40 ans. C’était un club assez jeune. Faire partie de son histoire en y ayant évolué durant toutes ces années, c’est une grande fierté. J’ai tout de suite adoré son état d’esprit.
Le MHSC, c’est un club à part, un esprit que j’ai appris à connaître ; la famille Nicollin, Laurent, Monsieur Loulou qui nous a quittés

Tu as remporté le titre avec nous mais tu as aussi connu des périodes difficiles à jouer le maintien, comme c’est le cas aujourd’hui. Comment vis-tu le fait de voir le MHSC en difficulté, en plus avec un coach que tu connais très bien et avec qui tu as eu de bons résultats ?
Le football est fait de périodes comme ça. J’ai connu le titre mais aussi des périodes compliquées où on était vraiment dans le dur. A chaque fois, on s’en est sorti ensemble Aujourd’hui, la situation est compliquée. Il n’y pas encore le feu mais il faut rester attentif parce que le championnat va très vite. On sait très bien que plusieurs équipes par le passé ont mal démarré le championnat avant de bien rebondir. Il faut s’appuyer là-dessus mais aussi que l’équipe soit très soudée. Je suis sûr qu’elle est capable de s’en sortir parce qu’elle a des joueurs de talent, des joueurs qui connaissent l’histoire du club et l’état d’esprit pailladin. Il manque juste ce déclic pour basculer du bon côté.
Je suis sûr que l’équipe est capable de s’en sortir
Quel est ton but préféré sous le maillot du MHSC ?
Le premier, à Bordeaux en 2011 quand je m’arrache pour égaliser à 2-2 sur une remise d’Olivier Giroud. Je vois Carrasso sortir, je tacle et ça rentre. C’était le début d’une belle histoire et d’une saison magnifique.

c’est souvent dans les matchs où on nous attend pas qu’on peut faire de grandes choses
Comment as-tu vécu ton hommage au Stade de La Mosson après la période Covid ?
C’était très émouvant de revoir le public comme ça, d’autant que c’est vraiment mon seul regret de ne pas avoir joué mon dernier match devant le public pailladin. C’était un moment fort pour moi, pour ma famille. Revoir mes anciens coéquipiers, notamment de 2012, ça m’a rappelé de très, très bons souvenirs.
Un mot sur l’Olympique de Marseille, notre adversaire du jour ?
L’OM a très bien démarré sa saison, avec beaucoup de changements, que ce soit en termes de joueurs ou de staff. Ça va être un match compliqué mais je sais aussi que, dans ce genre de match, la motivation est toujours décuplée. On joue à domicile, le stade va être plein, donc il faut profiter de ce moment-là pour faire peut-être basculer une saison. Le dernier match à Reims a fait mal, c’est dur de prendre 4 buts, mais c’est souvent dans les matchs où on nous attend pas qu’on peut faire de grandes choses. On l’a vu à Monaco où l’équipe a fait un très bon match.
Que ressens-tu à l’évocation des 50 ans du club ?
C’est un moment spécial pour le club. Cinquante ans, ça se fête. Être dans ce club, c’est faire partie d’une histoire. En tant que Brésilien, même si aujourd’hui je suis Français, faire partie de l’histoire d’un club d’un autre pays, ça me touche beaucoup. C’est une grande fierté de faire partie de cette histoire-là. Le message que je souhaite faire passer, c’est que j’y crois. Le club va s’en sortir. C’est une période compliquée comme j’en ai connu par le passé mais je ne vois pas le MHSC descendre en Ligue 2. Le club va s’en sortir et on va bien fêter ses 50 ans.



