Enzo Tchato, le 100 pailladin
Samedi lors de la venue du Clermont, Enzo Tchato a disputé son 100ème match toutes compétitions confondues sous le maillot du MHSC. L’occasion d’ouvrir son album souvenirs

100 matchs avec le MHSC, ça fait quoi ?

« C’est beaucoup de fierté. C’est quelque chose que je ne n’imaginais pas et auquel je ne pensais pas forcément non plus… Mais quand j’ai su que ça approchait, inconsciemment, j’ai fait le décompte : 97, 98, 99 et 100 depuis samedi soir. A ce moment-là, on réalise que le temps passe vite, que ça fait déjà un bon bout de temps que je suis là…L’émotion est grande et, même en y réfléchissant calmement, c’est le sentiment de fierté et de reconnaissance qui prédomine, parce que c’est quelque chose de fort d’atteindre ce chiffre avec son club formateur, son club de cœur et son club de toujours. »
Le jour où il est arrivé au club

« Je devais avoir 6 ou 7 ans et mes parents m’avaient amené faire des tests à l’école de foot, un mercredi après-midi à Grammont. A l’époque, ma famille rentrait du Qatar pour s’installer vivre à Montpellier et mes parents nous avaient demandé, à mes frères et moi, l’activité sportive que nous voulions faire le mercredi après-midi… et notre choix s’était porté sur le foot (sourire). Tout a commencé comme ça. »
Le jour où il a débuté chez les pros

« C’était contre Brest au Stade de La Mosson lors de la saison 2021-2022 (le 3 avril 2022, défaite 1-2, NDLR). J’étais rentré pour les 8 dernières minutes. Sur le coup, je n’ai pas vraiment réalisé ; c’était un rêve d’enfant qui se concrétisait donc les émotions étaient très fortes. J’attendais ça depuis tout petit, j’avais fait beaucoup de groupes durant les semaines précédentes et j’étais content que ça débute enfin. Quand c’est arrivé, j’ai ressenti comme une libération. »
Le jour où il a signé son 1er contrat pro

« C’était à l’intersaison suivante (le 23 mai 2022). La concrétisation d’un rêve là-aussi. Je suis le 2ème joueur (après Sacha Delaye NDLR), à avoir joué dans toutes les catégories de jeunes du MHSC, de l’école de foot jusqu’aux pros. Cette signature, c’était une consécration, c’était là où je voulais être, c’était mon rêve. Une fois que c’est arrivé, je me suis dit qu’une grande étape était accomplie et que, maintenant, le plus dur restait à faire. Je me souviens d’une photo avec mon père (Bill), qui a joué pro ici, avec le Président et moi ce jour-là. C’est une belle image qui représente beaucoup de choses pour ma famille et moi. J’étais très content et très ému. »
Le jour où il a vécu sa première titularisation

« C’était lors de la venue de l’ESTAC, pour la première journée de la saison 2022-2023 (7 août 2022). On gagne 3-2. C’était dur, mais j’étais content. C’est là que ça a vraiment commencé, on va dire. »
Le jour où il s’est permis de marquer au Parc des Princes

C’était la journée d’après ! (sourire) Un souvenir qui restera gravé à vie. C’est mon premier but en pro, contre une équipe où il y avait Messi, Neymar, Mbappé…. Sur le moment, je n’ai pas trop réalisé. En plus, nous avions perdu donc, tu ne peux pas célébrer pleinement. C’est surtout en voyant ma famille et mes proches, après le match, que je me suis dit que c’était magnifique et que je m’en souviendrai toute ma vie. L’autre aspect émotionnellement fort, c’est que ce but était 100% formation MHSC puisque la passe était signée Khalil (Fayad) pour son 1er match pro. J’étais en angle fermé, mais j’ai vu un petit espace, j’ai placé le ballon et c’est rentré ! » (sourire)
Le jour où il a réalisé sa première passe décisive

« C’était contre l’AC Ajaccio, toujours à La Mosson, le 31 août 2022. J’étais entré en jeu en même temps que Léo (Leroy) et c’est lui qui me trouve sur un petit ballon en profondeur dans le dos de la défense. Ensuite, j’avais centré en une ou 2 touches pour Elye Wahi, qui avait bien terminé l’action avant de dédier son but à Dimitry (Bertaud), qui venait de se blesser au ligament croisé du genou. »
Le match où il s’est senti le plus fort

« Je ne dirai pas de match précis car, cette saison, je me sens pas mal… Il y a eu Laval, à la maison, Guingamp ici aussi, Le Mans… Plutôt que de citer un match précis, je préfère évoquer la dynamique des dernières rencontres où je me sens vraiment en pleine forme et en pleine confiance. Ça fait du bien parce que j’ai l’impression de voir un peu la lumière, de montrer mon vrai niveau. Ça me fait du bien pour moi, pour les gens qui me soutiennent. J’espère que ce n’est que le début, que ça va continuer comme ça et que je vais progresser de plus en plus. »
Le jour où il a vécu sa plus grande joie

« Je vais prendre un souvenir récent puisque c’est notre succès à Amiens le 24 avril dernier : un match difficile, que nous avons réussi à gagner sans prendre de but. C’est surtout par rapport au groupe. Je trouve que, cette année, le groupe vit très bien. Ça fait plaisir de venir à l’entraînement tous les jours. C’est même un régal. Tout le monde est content et on travaille les uns et les autres. Après Amiens, le mood de l’équipe, si je peux dire, était vraiment incroyable et on a passé un super moment. »
Le jour où il a vécu sa plus grande tristesse

« La relégation en Ligue 2 il y a un an. C’était une saison très compliquée, que ce soit au niveau personnel ou au niveau collectif. Elle va rester ancrée dans les mémoires, malheureusement. Désormais, le but c’est de rebondir et de remettre le club à sa place. »
L’adversaire contre lequel il a joué qui l’a le plus impressionné
« Nuno Mendes (PSG). Il va trop vite, il est très puissant et, quand j’ai joué contre lui, j’ai vraiment eu l’impression qu’il était inarrêtable. C’était vraiment impressionnant. »
Le jour où il est le plus passé au travers

« Celui qui me reste encore en travers de la gorge, c’est notre défaite à Toulouse (le 2 octobre 2022. C’était ma 1ère saison pro, on perd 4-2 et il y a une décision arbitrale litigieuse au départ puisque je suis bousculé sur l’action qui amène un but toulousain. En plus, j’avais joué latéral gauche. C’était vraiment un match compliqué. »
Le jour où un commentateur télé t’a qualifié de « Tchato fort »

« C’était lors de la victoire au Mans au début de cette saison. Quand on m’en a parlé, je n’ai pas compris… En réécoutant la séquence, ça m’a fait plaisir et j’ai trouvé ça marrant. »
En quoi estime-il avoir le plus progressé depuis en 100 matchs en pro ?
« Je pense au niveau tactique et dans la lecture de jeu. Il y a aussi mes centres, même si je sais qu’ils sont encore un peu critiqués et qu’ils sont perfectibles.»

Avec la confiance, je me sens mieux et je tente plus de choses, notamment offensivement
. J’arrive mieux à mettre le ballon dans les bonnes zones, et, avec la confiance, je me sens mieux et je tente plus de choses, notamment offensivement.
Après, je ne perds pas de vue que j’ai encore une marge de progression dans tous les secteurs. Je peux et je dois encore monter le curseur pour devenir un joueur plus complet. »

Sa progression constante chaque saison et sa force mentale pour y parvenir
« Je pense que malgré tout ce qui s’est passé, tout ce qui a pu être dit, j’ai toujours cru en moi. Je n’ai jamais trop douté, même si, forcément, il y a eu des moments plus durs, je ne vais pas mentir. J’avais conscience de mon niveau et de là où je voulais aller. Je sais que, si je suis ici, c’est que j’ai les capacités de jouer et d’être performant.

Je me suis beaucoup réfugié dans le travail, parce qu’on m’a toujours dit que, pour réussir ce que tu veux dans la vie, il faut travailler
Les stats parlent d’elles même d’une certaine manière et atténueront peut-être certaines critiques. Chaque saison, il y a eu de la concurrence à mon poste et, mine de rien, j’ai quand même fait ma vingtaine de matchs… et je ne pense pas que ce soit pour rien. Je me suis beaucoup réfugié dans le travail, parce qu’on m’a toujours dit que, pour réussir ce que tu veux dans la vie, il faut travailler. Quand ça n’allait pas, je travaillais, je ne baissais pas les bras et j’avais la conviction que ça allait finir pas payer. Maintenant, je dois continuer de bosser pour poursuivre ma progression. »

A-t-il payé le fait de s’appeler Tchato ?

« Je n’y ai jamais pensé, mais je voyais que c’était quelque chose qui revenait assez souvent : on me comparait souvent à lui ou on disait souvent « oui il est là grâce à son père » alors que moi, je ne voyais pas le rapport. C’est peut-être naïf de ma part, mais, pour moi, ça n’a rien à voir. Mon père a fait sa carrière, il a joué au club, c’est une fierté, mais si je suis là, c’est grâce à moi : pas parce que je m’appelle Tchato mais parce que je m’appelle Enzo Tchato. On est tous le fils de quelqu’un (sourire), mais ça ne m’a jamais vraiment impacté. »
Depuis 2022, il est le quatrième joueur du MHSC qui a été qui est le plus utilisé

« Je suis surpris par cette statistique, je ne m’y attendais pas, mais ça montre une certaine régularité. J’en suis très content. »
Un latéral offensif…

« Attaquer a toujours été dans mes gènes depuis que j’ai commencé à être latéral. J’ai un profil de contre-attaquant. Cette saison, avec le coach, j’ai cette possibilité de monter un peu plus haut dans l’animation. Ça me permet de participer au jeu offensivement et d’essayer d’être décisif, d’apporter aussi ma qualité. »
…Dans la meilleure défense du championnat

« Quand je compare à l’année dernière, même si le championnat était différent, ça fait plaisir de faire partie de la meilleure défense de Ligue 2. Nous nous entendons très bien, nous sommes vraiment soudés, et pas seulement les défenseurs. Que ce soit, derrière, au milieu ou en attaque, toute l’équipe fait beaucoup d’efforts et c’est aussi pour ça que le fait d’être meilleure défense du championnat à ce jour est une vraie fierté.
Sa saison personnelle

« Ma première partie de saison a été un peu compliquée du fait que je n’étais pas forcément préparé à la Ligue 2. J’avais encore du mal à digérer cette descente et du coup, je doutais un peu de moi.
J’enchaîne les matchs, je me sens de mieux en mieux
Ma blessure m’a freiné, mais m’a fait du bien aussi parce qu’elle m’a permis de me remettre en question. Une fois revenu, je suis vraiment monté en puissance et j’ai l’impression, que, depuis le début d’année 2026, je suis en pleine progression.
C’est sûrement ma meilleure saison jusqu’ici. J’enchaîne les matchs, je me sens de mieux en mieux, je réussis à être décisif donc c’est positif, mais il faut que je continue comme ça. »
La saison de l’équipe

« Elle est un peu à l’image de la mienne dans le sens où le début a été difficile car il a fallu que les choses se mettent en place. Cela dit, il y a eu beaucoup de changements.
Le travail qui a été fait par le club, les dirigeants et le staff, avec le recrutement, les aménagements du centre d’entraînement… c’est très positif.
Les gens ne s’en rendent pas forcément compte, mais repartir quasiment de zéro comme on l’a fait, ce n’était pas évident. Le travail qui a été fait par le club, les dirigeants et le staff, avec le recrutement, les aménagements du centre d’entraînement… c’est très positif.
Pour une première année de reconstruction, je pense qu’on est vraiment bien reparti. Il faut vraiment souligner les efforts qui ont été fait par le club et par tout le monde pour rebondir de cette manière-là. »
Le déplacement sur la pelouse du Red Star FC

« Je pense que ce sera totalement différent du match aller, car, le 1er match d’une saison, c’est toujours particulier. A mon sens, même si nous ne décrochons pas les barrages, la saison est réussie. Je ne pense pas qu’on doive avoir de regrets parce qu’on a donné le maximum à chaque match. Bien sûr, on peut toujours se dire : « Si on avait pris des points ici, s’il s’était passé ça », mais toutes les équipes peuvent faire la même chose. Je préfère retenir que notre parcours est positif et s’appuyer sur ce qui a été réalisé pour construire quelque chose d’encore plus grand l’année prochaine. »
Les supporters

« Je tiens à les remercier parce que, même s’il y a eu des hauts et des bas entre nous, les critiques m’ont aussi aidé. Ça m’a permis d’être là aujourd’hui et je pense qu’on ne critique pas quelqu’un si, au fond, on ne l’aime pas.
Je tiens à ce qu’ils sachent que je suis fier d’être un Pailladin et à les remercier pour leur soutien
Il y avait aussi de l’amour et je ne leur en ai jamais vraiment voulu, d’autant que, parfois, ces critiques étaient justifiées. Je tiens à ce qu’ils sachent que je suis fier d’être un Pailladin et à les remercier pour leur soutien tout au long de la et des saisons. Merci à eux. »
La finale de Coupe Gambardella à venir pour le MHSC

« J’ai regardé leur match à Rennes et ils ont vraiment fait une grosse prestation. Au MHSC, la formation a toujours été importante pour l’avenir du club. La formation fait partie de l’identité du club. Je suis fier d’eux et j’espère qu’ils vont aller la chercher. Je suis de tout cœur avec eux. »


