Nicolas Pays, presqu’un an plus tard
Arrivé au MHSC en janvier dernier, le milieu offensif de 22 ans revient sur cette année vécue à 100 à l’heure où sa vie a pris un nouveau tournant

Il y a un an, Nicolas Pays évoluait au sein du club de sa ville natale du Puy, en National 2.
Dans la foulée d’un beau parcours en Coupe de France, ponctué d’un match stratosphérique le 21 décembre dernier face au MHSC, le jeune milieu offensif avait rejoint le club montpelliérain fin janvier 2025. Un rêve éveillé que le jeune homme vit pleinement.
DES AMATEURS AUX PROS
Il a eu le destin dont tout joueur amateur rêve : celui de briller contre un club pro pour être ensuite recruté par ce dernier… alors, en premier lieu, Nicolas Pays profite : « Même presqu’un an après, je me dis que ça reste un kiff ! », sourit-il. « Tout est allé très vite mais je profite de la chance qui est la mienne d’avoir pu atteindre le monde professionnel. Ce n’est que du plaisir et j’espère que cela va durer le plus longtemps possible. »

Tu consacres vraiment ta vie au foot
Avoir l’opportunité de passer du monde amateur au monde professionnel en quelques semaines n’est pas donné à tout le monde et, quand bien même cela vous arrive, encore faut-il assumer derrière, ce que Nicolas Pays a remarquablement réussi à faire :
« Le plus surprenant footballistiquement parlant, c’est l’intensité. Pour moi, c’est la plus grande différence entre le monde amateur et le monde pro. Tout va plus vite, les coéquipiers et les adversaires sont plus physiques, ce qui nécessite forcément un temps d’adaptation », explique-t-il. « L’autre aspect le plus marquant, c’est que tu consacres vraiment ta vie au foot et que tu as tout pour le faire entre les repas, les soins, les kinés, la salle de musculation… »

LA COUPE AU COEUR
Depuis l’entrée en lice des Pailladins à Agde le 16 novembre dernier, Nicolas Pays a retrouvé avec bonheur cette fameuse ‘’Dame Coupe’’ qui l’a révélé aux yeux du monde… et le Ponot de naissance lui en est toujours reconnaissant :

Une compétition particulière
« C’est une compétition particulière, surtout quand j’étais dans le monde amateur. Les joueurs l’attendent avec impatience parce qu’elle leur permet de rencontrer des équipes d’un niveau supérieur et de s’étalonner aussi », raconte-t-il.
« Désormais, je suis passé de l’autre côté puisque j’évolue au sein du club professionnel qui a affronté des amateurs, mais retrouver la Coupe de France a vraiment une saveur particulière. C’est un vrai plaisir. » Titulaire lors du 7ème tour à Agde, Nicolas, laissé au repos, n’est pas entré en jeu lors de la qualification à Montceau-les-Mines samedi dernier.

SON ÉVOLUTION
Lorsqu’on lui demande si passer du monde amateur au monde professionnel l’a obligé à changer sa façon de jouer, Nicolas Pays répond par la négative. Il est toujours ce joueur d’instinct, vif, rapide et percutant qui avait tant fait souffrir le MHSC lors de sa première rencontre avec son futur club. Les chiffres sont là pour en attester. Depuis le début de la saison, il est le 2ème joueur montpelliérain qui a tenté le plus de dribbles* (27, seul Téji Savanier fait plus avec 28), le 3ème Héraultais qui a délivré le plus de dernières passes avant un tir (12) et le joueur qui, malgré seulement 14 fautes subies, fait partie des quatre joueurs ayant provoqué le plus de cartons en Ligue 2 cette saison (6).

Progresser dans les 30 derniers mètres
Des chiffres qui montrent sa volonté de toujours créer quelque chose quand il a le ballon, quitte à avoir un certain déchet ‘’logique’’ quand on veut prendre des risques offensifs : « Quand j’ai le ballon, mon but est d’apporter du danger pour l’équipe adverse.
Si on arrive à être dangereux de tous les côtés du terrain, avec tous les joueurs qu’on a, c’est forcément dur de bien défendre pour l’équipe en face. C’est ce que j’essaie d’amener avec ma volonté de provoquer par les dribbles et en tentant de de perturber l’adversaire au maximum. » S’il a « gardé l’insouciance » de ses débuts en pros – ce qui fait assurément sa force – Nicolas Pays reconnait que ses axes de progression sont encore nombreux, comme en témoigne le fait qu’il est le 3ème joueur du MHSC qui a tenté le plus de tirs sur l’année civile 2025 (26), mais qu’il n’en a cadré que 6 : « Je dois progresser dans les 30 derniers mètres, faire les bons choix et être plus efficace et décisif dans la zone de vérité », reconnait-il.
Un déficit qui peut s’expliquer par son jeu à risque, mais aussi son implication dans le repli défensif, puisqu’il a récupéré 7 ballons dans le dernier tiers du terrain depuis le début de la saison, soit le 2ème meilleur total pour un joueur pailladin derrière Nathanaël Mbuku (12). « C’est quelque chose que j’ai appris et que l’on me répète encore un peu, même si j’essaie de les faire au maximum », détaille-t-il. « C’est aussi ce qui m’a fait passer un cap, parce que j’ai compris que les replis défensifs étaient très importants pour aider l’équipe et qu’il n’y a pas que les courses offensives qui comptent. » Quand on lui demande dans quels secteurs de jeu il a progressé depuis son arrivée, le n°18 du MHSC évoque le fait qu’il « perd beaucoup moins de ballons techniquement » et qu’il s’est « adapté à l’intensité en ayant notamment un plus gros volume de jeu. »

SON 1er BUT EN PRO
S’il reconnait devoir progresser en termes d’efficacité, Nicolas Pays a tout de même manqué de réussite depuis le début de la saison puisque ses tentatives ont, par deux fois, échoué sur le poteau, à Laval et lors de la réception de l’AS Saint-Etienne à La Mosson. Alors, forcément, son 1er but en pro lors de la venue de Nancy le 25 octobre dernier a constitué un bonheur intense : « Au départ, c’est un corner. Alex (Mendy) veut contrôler le ballon en faisant une feinte de frappe, puis Christopher (Jullien) décide de me le dévier », raconte Nicolas Pays. « De mon côté, j’étais attentif et j’avais vraiment cette envie de marquer notre 3ème but dans cette partie ; d’abord pour l’équipe car c’était notre 3ème ce jour-là, ce qui nous permettait de nous mettre à l’abri, puis pour moi parce que j’avais été frustré des deux poteaux précédents. J’étais excentré, alors je me suis dit que la solution la plus sûre était de placer le ballon sous la barre et j’y suis parvenu. Marquer devant la Butte, c’était une immense joie, avec une part de folie aussi. Un moment incroyable ! J’espère qu’il y en aura d’autres. »
SON RETOUR AU 1er PLAN
Ce but contre l’ASNL est venu récompenser le retour au premier plan progressif de notre interlocuteur. En effet, s’il a enchanté par son apport, son insouciance et sa qualité technique durant les 6 derniers mois de la saison passée, Nicolas Pays a aussi connu un coup de moins bien en ce début d’exercice.


Juste une question de temps et de travail
Rapidement entré en jeu lors du 1er match de la saison face au Red Star suite à la blessure précoce de Khalil Fayad, Nicolas a ensuite vécu 3 matchs consécutifs sans jouer (Le Mans, Troyes et Amiens), dont un hors du groupe. Une période difficile, peut-être en partie due à un coup de mou après avoir cravaché pour se remettre d’une blessure au pied contractée en fin de saison dernière et que l’intéressé a surmonté sans bruit, avec une grande détermination : « En dehors du terrain, je suis quelqu’un d’assez timide, réservé et un peu dans mon coin on va dire ; alors si, en plus de ça, c’est compliqué au niveau du foot, c’est dur »
avoue-t-il. « J’ai beaucoup travaillé pour revenir et, dans les moments où c’était plus dur, je me disais que j’avais un peu joué au haut niveau la saison dernière et que j’avais les qualités pour y évoluer à nouveau. Pour moi, c’était juste une question de temps et de travail. Ce sont des périodes compliquées mais il ne faut jamais lâcher, continuer à travailler et croire en soi. » En cela, sa prestation à Laval – où il s’est montré très remuant – a agi comme un déclic : « Parfois, il faut savoir être opportuniste quand on a une occasion et ne pas la laisser passer. On venait de perdre contre Boulogne, j’ai eu la chance de démarrer le match et j’ai tout donné… Mais, au-delà de mon cas personnel, c’était une confrontation compliquée, nous n’avons certainement pas réalisé notre meilleur match dans le jeu ce jour-là, mais il fallait être combatif pour l’emporter et tout le groupe l’a été. J’étais très fier de l’équipe. »

LA SAISON EN COURS
Au moment d’évoquer sa saison personnelle, Nicolas Pays préfère d’ailleurs avant tout évoquer l’évolution positive de son équipe ces dernières semaines :

On peut faire de belles choses
« Si ça marche collectivement, moi je suis content ; c’est ce qui m’importe le plus. Notre série de 5 matchs sans défaite en championnat s’est certes arrêtée à Reims il y a 15 jours mais j’espère que notre qualification en Coupe à Montceau la semaine passée va nous permettre de réenclencher en dynamique positive. »
assure Nicolas. « Si on y arrive, je pense qu’on pourra faire de belles choses cette saison. »

LA DÉCOUVERTE DE LA L2
Après avoir passé un tout petit peu moins de 6 mois en Ligue 1, le natif du Puy-en-Velay vient de découvrir la Ligue 2 lors des 6 derniers ; l’occasion pour lui de se prêter au jeu des 7 différences entre les 2 championnats : « En Ligue 1, je trouve que les matchs sont beaucoup plus tactiques, là où, en Ligue 2, il y a beaucoup plus de duels, notamment dans l’entrejeu ». Et lorsqu’on lui demande s’il a moins d’espaces pour s’exprimer dans l’antichambre de l’élite, notre interlocuteur explique : « Ça dépend, parce qu’en Ligue 1, tu as quand même des zones où tu as très peu d’espace. Quand tu rentres dans les 30 derniers mètres, il faut vite faire son choix. Là, en Ligue 2, c’est vrai que c’est plus sur tout le terrain où tu as peut-être un peu moins d’espaces. »

Il y a beaucoup plus de duels
Un profil de match auquel la confrontation face à Pau ce samedi à La Mosson ne devrait pas déroger : « Pau est un adversaire qui a très bien attaqué le championnat et qui est proche de nous au classement », analyse Nicolas Pays. « C’est une équipe jeune que nous devrons prendre très au sérieux. »
La semaine suivante viendra le temps d’un déplacement à Grenoble pour terminer la phase aller du championnat, avant un ultime match de Coupe le week-end du 20 décembre sur la pelouse du Canet RFC. Un double défi entre Coupe et championnat qui ravit d’avance notre interlocuteur du jour : « C’est très intéressant à vivre. J’adore la Coupe de France et le fait d’être encore sur les deux tableaux permet de jouer chaque week-end et de vivre deux challenges passionnants simultanément. »
En attendant, place donc à la réception du Pau FC ce samedi en championnat. Une dernière sortie à domicile en Ligue 2 pour l’année 2025, qui pourrait être l’occasion d’une belle fête avec les supporters. « Je tiens à les remercier chaleureusement et nous les remercions tous je pense car, dans les bons moments comme dans les plus difficiles, ils ne nous ont jamais lâché. Ce qu’ils font au stade, c’est incroyable. Quand tu es sur le terrain, ça te donne juste envie de les faire vibrer. »
Depuis son arrivée, Nicolas Pays contribue en tout cas à ce renouveau qui anime actuellement le MHSC et qui réconcilie le groupe avec ses supporters : « La force de ce groupe, c’est que nous sommes une équipe très collective où les gens s’entendent tous bien, sur le terrain comme en dehors. Nous connaissons chacun nos qualités, nous jouons les uns pour les autres et c’est ce qui fait notre force. » Pourvu que ça dure…



