Théo Chennahi : « Beaucoup de travail accompli »
Révélation de la saison montpelliéraine, le jeune milieu de terrain formé au club (21 ans), évoque son exercice 2025-2026, autant sur le plan personnel que collectif.
Il y a un an, tu n’avais fait que quelques apparitions en pro. Aujourd’hui, tu es le 2ème joueur le plus utilisé de l’équipe derrière Alex Mendy. Quel regard portes-tu sur cette statistique ?
Arriver en pro la saison dernière et y effectuer quelques apparitions était déjà la concrétisation d’un rêve et l’aboutissement de beaucoup de travail accompli. Cette année, je souhaitais poursuivre ma progression, atteindre de nouveaux objectifs et je pense avoir réussi. C’est une fierté d’avoir pu ‘’gratter’’ autant de temps de jeu et d’avoir gagné la confiance du coach.

C’est une fierté d’avoir pu ‘’gratter’’ autant de temps de jeu et d’avoir gagné la confiance du coach.
T’attendais-tu à jouer autant ?
M’y attendre, peut-être pas, mais je l’espérais, oui. Je savais qu’au début ça allait être compliqué mais qu’après, avec du travail, ça pouvait marcher et que je pourrai, peut-être, exprimer mes qualités. J’ai continué à travailler et, finalement, tout s’est bien déroulé pour moi.
Tu es leader des joueurs montpelliérains cette saison en termes de tacles réussis, le 2ème au niveau des ballons récupérés, des interceptions et des pressings à haute intensité et le 3ème pour les fautes obtenues. Tu as mis la barre haute pour une première saison…
(Il sourit). Je n’étais pas au courant. Il est certain que ce sont de belles statistiques, mais je suis sûr qu’avec du travail, je peux et je dois encore les améliorer au fur et à mesure des saisons. J’aime gagner, progresser, j’ai cette rage sur le terrain qui me permet de donner le maximum et je suis content que ces chiffres le montrent, même si je ne m’y attendais pas.

Tu as toujours eu un gros abattage défensif. En revanche, tu sembles avoir progressé dans l’utilisation du ballon…
Je pense oui, surtout sur la phase retour. J’ai fait un travail mental parce que, sur la première partie de saison, je pense que je jouais avec mes qualités mais je savais que je pouvais faire plus. Je faisais beaucoup de passes vers l’arrière ; j’étais presque toujours dans « la sécurité » entre guillemets. Aux entraînements, le coach me parlait souvent et insistait sur le fait que je devais être plus relâché. Il fallait que j’arrive à passer ce cap parce que j’avais la conviction que j’étais capable d’y arriver. En seconde partie de saison, ça a porté ces fruits et je pense que ça s’est vu sur le terrain.
Je pense que je peux être plus décisif, que ce soit dans la qualité de mes passes ou de mes frappes, mais ça viendra avec le temps et le travail

Et cela a induit un impact offensif plus important de ta part…
A la base, lorsque j’ai commencé le foot, je jouais n°9, puis, avec le temps, je suis passé n°10 et, enfin, n°8, donc, j’avais toujours cette volonté d’aller vers l’avant. Quand je suis arrivé au Centre de Formation du MHSC, j’ai été replacé en n°6 et les formateurs m’ont appris à défendre. Ils m’ont donné ce bagage défensif qui a été très positif pour mon évolution. Désormais, je joue en n°8 et je pense que c’est le poste qui me correspond le mieux car il me permet de me projeter vers l’avant. Après, comme je l’ai déjà dit dans des interviews précédentes, je suis jeune et ma volonté première c’est de jouer ; donc, quel que soit le poste auquel le coach me met, je me donne et je me donnerai toujours à fond.
En première partie de saison, je faisais beaucoup de passes vers l’arrière ; j’étais presque toujours dans « la sécurité » entre guillemets. Aux entraînements, le coach insistait sur le fait que je devais être plus relâché
En quoi as-tu et dois-tu encore progresser ?
A mon âge et vu qu’il s’agit de ma première saison pleine avec les pros, je peux et je dois encore progresser dans tous les domaines, que ce soit physiquement, tactiquement et dans l’utilisation du ballon, surtout dans les dernières passes. Je pense que je peux être plus décisif, que ce soit dans la qualité de mes passes ou de mes frappes, mais ça viendra avec le temps et le travail. Je dois aussi éviter certaines fautes bêtes, à l’image de celle commise à Amiens, m’ont fait prendre des cartons jaunes évitables. Il faut que je gère un peu mieux mes émotions.

En deuxième partie, je pense que on s’est tous lâché. On s’est tous tiré vers le haut et, même si on a raté les barrages, je pense que c’est de bon augure pour l’avenir
Autre moment fort de la saison pour toi, ton 1er but en pro lors de la venue de Troyes. Comment le décrirais-tu et qu’as-tu ressenti lorsque tu as vu les filets trembler ?
On encaisse le 1er but. Quasiment sur l’engagement, je vois un long dégagement, Alex (Mendy) qui presse le défenseur adverse et finit par passer devant lui. A cet instant, je fais la course pour proposer une solution au porteur, Alex me met un bon ballon en retrait et je marque du plat du pied gauche. Quand je vois le ballon rentrer, honnêtement, je ressens une immense joie et beaucoup de fierté. Je suis allé voir Axel (Guéguin) qui était sur le banc, pour fêter ce but avec lui et avec l’ensemble du groupe. J’ai aussi pensé à mon père, qui m’a toujours aidé, qui a toujours cru en moi et à mon grand-père qui me regarde de là-haut.
Plus globalement, toi qui étais là la saison dernière, comment as-tu vécu la naissance de ce groupe et son évolution ?
Hors terrain, déjà, je n’ai vu arriver que des bonnes personnes. Nous avons appris à nous connaître au fil du temps et tout a très bien évolué au fur et à mesure. Nous avons un très bon groupe et nous nous entendons tous bien.
Sur le terrain, il est certain que, que quand il y a beaucoup d’arrivées, il faut un peu de temps pour créer des automatismes. En plus, avec la saison qu’on a vécu l’année dernière, les joueurs qui sont restés étaient encore touchés mentalement. Mais après, au fil de la saison, tout s’est mis en place. On devait d’abord construire des bases défensivement puis passer par le milieu et après par l’attaque. On a on a réussi à créer ça au fil de la première partie de saison et, en deuxième partie, je pense que on s’est tous lâché. On s’est tous tiré vers le haut et, même si on a raté les barrages, je pense que c’est de bon augure pour l’avenir.


Qu’a-t-il manqué à cette équipe pour aller en barrages ?
Ça s’explique en partie par le profond renouvellement de l’effectif et le fait qu’il nous a fallu un peu de temps pour trouver nos repères – ce qui est assez logique vu le nombre de changements – mais c’est surtout notre première partie de saison qui peut nous laisser quelques regrets. Ensuite, sur la deuxième partie, il nous a peut-être manqué d’être un peu plus tueurs devant le but et dans les uns contre un ; de faire la bonne passe ou de tenter la frappe au bon moment, même depuis l’extérieur de la surface. On a parfois tendance à tout remettre sur l’attaque mais il n’y a pas que les attaquants qui peuvent marquer. Nous aussi, les milieux de terrain, nous aurions pu apporter ça en étant plus tueurs dans les derniers mètres.
Cela dit, je pense que notre seconde partie de saison est porteuse d’espoirs pour l’avenir. Quand on regarde ce qu’on a fait et ce qu’on a réussi à créer, je pense que personne ne nous attendait là. Cela signifie que nous aurions pu potentiellement jouer les barrages si nous avions été à ce niveau-là tout au long de la saison. C’est la raison pour laquelle je pense qu’on peut aller très loin dans l’avenir et, pourquoi pas, remonter en Ligue 1.
Être joueur du mois est un trophée individuel, mais le gagner au sein de mon club formateur, c’est une fierté à la fois personnelle et collective. Je le dois à mon travail et à mes prestations, mais sans mon équipe, sans le coach qui m’a aidé tout au long de la saison et sans mes parents qui m’ont toujours accompagné, je n’y serai jamais parvenu

Si tu devais désigner le meilleur et le plus mauvais match de l’équipe cette saison, tu choisirais lesquels ?
Le meilleur dans le jeu c’est, à mon sens, la réception de Troyes à La Mosson (2-2, le 4 avril, 29ème journée). Au vu de notre prestation, je pense qu’on méritait de gagner ce jour-là. En plus des 3 points qui auraient été très importants, un succès contre le leader nous aurait permis de faire le plein de confiance avant un autre match décisif, sur la pelouse d’Annecy la semaine suivante (0-0) et de mettre plus de pression sur les équipes qui nous précédaient. Pour ce qui est de notre plus mauvais match, je citerai la défaite à domicile contre Boulogne (1-3, le 23 septembre, 7ème journée).
Un mot sur les supporters…
Tout simplement merci pour leur soutien et leur engagement tout au long de la saison. Franchement, ils ne nous ont jamais lâché, même quand on était un peu dans le dur. Ils ont toujours été là, ils ont toujours fait les déplacements et ont toujours répondu présent. C’est dommage que nous n’ayons pas pu remporter notre dernier match à domicile contre Clermont pour l’anniversaire de la Butte Paillade 91. Je pense qu’on aurait pu leur donner ça mais il y a eu des faits de jeu et le scénario du match n’a pas tourné en notre faveur. Quoi qu’il en soit, merci à nos supporters pour cette année et je sais qu’ils continueront de nous suivre durant les saisons à venir.

Tu as aussi été élu joueur du mois à deux reprises. Quel regard portes-tu sur cette distinction ?
Quand on est joueur, c’est sûr que ça fait toujours plaisir. C’est un trophée individuel, mais le gagner, en plus à deux reprises, au sein de mon club formateur, c’est une fierté à la fois personnelle et collective. Je le dois à mon travail et à mes prestations, mais sans mon équipe, sans le coach qui m’a aidé tout au long de la saison et sans mes parents qui m’ont toujours accompagné, je n’y serai jamais parvenu. Ces deux trophées sont aussi les leur.
Merci aux supporters pour leur soutien et leur engagement tout au long de la saison

Contre Grenoble à La Mosson (succès 2-1, le 17 avril), vous avez aussi débuté votre 1er match ensemble avec ton pote du Centre de Formation, Axel Guéguin. Comment l’as-tu vécu ?
Axel est mon meilleur ami. Nous avions déjà eu l’occasion d’évoluer ensemble cette saison, mais jamais en étant tous les deux titulaires. A l’hôtel, vu que l’on fait chambre commune lors des mises au vert, beaucoup de souvenirs sont remontés à la surface : nos débuts chez les jeunes avec le MHSC, les tournois… et tu te rends compte à quel point le temps passe vite… Tu revois pas mal d’images qui défilent dans ta tête, donc c’est émouvant. Après, heureusement, quand le match démarre, tu oublies tout ça est tu es focalisé à 100% sur l’instant présent, c’est-à-dire sur le match à gagner.
Sur un plan plus global, j’étais très content pour Axel parce que ça faisait longtemps qu’il n’avait pas été sur les terrains. Jouer en pro avec son meilleur ami, dans notre club formateur à tous les deux, est une sensation difficile à décrire, mais j’étais encore plus content pour lui que pour moi. Malheureusement, après son beau but contre Amiens, il s’est refait le croisé la veille de la réception de Clermont. C’est dur à encaisser. Personne ne mérite ça et lui, après tout ce qu’il a déjà dû encaisser, c’est encore plus dur. Il ne mérite pas ça parce que c’est un gros travailleur côté terrain et une personne magnifique dans la vie. Je lui apporte tout mon soutien.
Pour conclure, cette saison en pleine lumière va-t-elle te permettre, à toi le discret, de t’extravertir un peu plus ?
C’est vrai qu’en dehors du terrain, je suis introverti, j’ai du mal à aller vers les gens. Cela dit, sur le terrain, je peux être un leader… Peut-être pas un leader par la parole, mais un leader par les actes, que ce soit dans les récupérations de balles ou dans l’agressivité par exemple. Peut-être même qu’avec du travail, je pourrai, un jour, devenir un leader technique.
Par exemple, quand je rate un truc, je n’aime pas qu’on me crie dessus. Donc, si quelqu’un rate quelque chose, je vais plutôt l’encourager. Par contre, je ne vais pas hésiter à replacer ou à guider certaines fois mais rien de plus. Avant les matchs, c’est pareil, je ne suis pas celui qui va parler pour motiver car j’ai besoin de me concentrer et d’être un peu dans ma bulle (ça ne l’a pas empêché de porter le brassard de capitaine à plusieurs reprises, en U19 et en N3)



