Équipe pro masculine

Troyes veut rentrer dans l’académie des 9

Monté 8 fois dans l’ascenseur vers la Ligue 1 ou la Ligue 2 ces 20 dernières années, le club aubois est bien parti pour l’emprunter à une neuvième reprise cette saison… Dans le bon sens cette fois

Penser au football version Troyes, c’est d’abord un nom, l’ATAC pour Association Troyes Aube Champagne, devenue ESTAC durant l’été 2000 pour ne pas rester l’homonyme d’une chaîne de supermarchés. Pourtant, dans les années 2000, le club aubois était bien devenu un fournisseur officiel de bons joueurs où la majeure partie des clubs les plus huppés de Ligue 1 allaient faire leurs emplètes une fois l’heure du mercato venue : Fabio Celestini, Bafétimbi Gomis, Blaise Matuidi, Mamadou Niang, Jérôme Rothen, Benjamin Nivet, Mounir Obbadi ou Damien Perquis, la liste est loin d’être exhaustive.
Penser au football à Troyes, c’est aussi se remémorer le visage de deux entraîneurs :
Alain Perrin (qui mena le club du National à la Coupe d’Europe entre 1993 et 2002, avec en prime une soirée continentale de légende conclue par un 4-4 sur le terrain de Newcastle) et Jean-Marc Furlan, venu donner une leçon de foot avec une bande de gamins à un MHSC tout juste relégué de L1 à l’été 2004 (succès 4-3 à La Mosson).

Mais quand on évoque Troyes, on pense aussi à ses multiples promotions et relégations, 8 au total sur les 20 dernières années, soit le 2ème plus gros total derrière le FC Metz (12). Pourtant, l’ESTAC semblait bien partie pour se stabiliser dans l’élite, à fortiori depuis son rachat par le City Football Group, en septembre 2020. Un an plus tard, le club aubois retrouvait l’élite sous la direction de Laurent Batlles. Depuis, la formation champenoise est retombée en L2 à l’issue de la saison 2022-2023 (date des 2 dernières confrontations avec le MHSC), puis en National à l’issue de l’exercice suivant. Toutefois, la rétrogradation administrative des Girondins de Bordeaux cet été-là a permis à l’ESTAC de se maintenir dans l’antichambre de l’élite pour la saison 2024-2025. C’est à ce moment-là que Stéphane Dumont a repris les rênes de l’équipe, dans la foulée de deux premières saisons de coaching pro à la tête de Guingamp.

Dixièmes du championnat la saison passée, les Troyens faisaient partie des outsiders à l’orée de cette nouvelle saison, comme le prédisait l’ancien Pailladin et actuel consultant beIN Sports, Robert Malm, dans nos colonnes avant le 1er match de la saison. ‘’Robby’’ ne s’y était pas trompé puisque les Aubois sont même, à ce jour, leaders du championnat avec la 2ème meilleure attaque (49 buts marqués) et la 4ème meilleure défense (28 buts encaissés). Malgré un effectif relativement jeune où seuls 2 joueurs de plus de 30 ans ont joué plus de 10 matchs de championnat cette saison et un coup de mou de 5 matchs sans victoire entre fin janvier et début février, l’ESTAC a su repartir de l’avant et reste sur une série (en cours) de 5 victoires consécutives. Après des débuts relativement poussifs, dont un succès étriqué face aux Montpelliérains au match aller (1-0, 3ème journées), les joueurs de Directeur sportif Antoine Sibierski ont assez rapidement trouvé leur vitesse de croisière. Construite autour de cadres comme Chavalerin, Mille, Ifnaoui, El Idrissy ou Ripart, les successeurs de la jeunesse dorée auboise des années 2000 se nomme désormais Martin Adeline (22 ans), Mathys Detourbet (18 ans) ou bien encore Tawfik Bentayeb (24 ans), meilleur buteur du club avec 15 réalisations en 22 matchs. Ce savant mélange de jeunesse prête à éclore, de joueurs en pleine force de l’âge rodés à la Ligue 2 et de jeunes éléments prometteurs sera-t-il suffisant pour retrouver l’élite ? Difficile de l’affirmer dès aujourd’hui, mais avec 7 points d’avance sur le voisin rémois (3ème), l’ESTAC Troyes semble être monté dans le bon wagon vers une nouvelle accession.
Crédit photos : ESTAC

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