
Agathe Felden, la patience récompensée
Arrivée du Pole Espoirs de Bordeaux à l’été 2023, la défenseuse de 20 ans a dû attendre presque 2 ans pour vivre sa première en Arkema Première Ligue. Après le rajeunissement de l’équipe et les nombreux départs en charnière centrale, elle est désormais prête à saisir sa chance. Portrait avant le déplacement à Dijon ce samedi en championnat (17h)
Elle n’est pas la plus expressive et encore moins celle dont on entend le plus la voix quand on approche des terrains d’entraînement de Grammont… Mais ne vous y trompez pas, Agathe Felden n’est pas du genre à lâcher l’affaire. Toujours présente aux entraînements tout en effectuant en parallèle des études en staps, elle a enchaîné les matchs en U19 et en D3 sans broncher pour compenser le fait qu’elle s’asseyait régulièrement sur le banc en Arkema Première Ligue sans y avoir la moindre minute de temps de jeu. Face à la concurrence de Maëlle Lakrar, Celeste Boureille, Océane Deslandes et Jade Rastocle en charnière centrale, d’autres auraient sans doute râlé, pesté ou pire, laissé tomber. Avec les départs des 3 premières citées, Agathe voit désormais l’horizon se dégager et les perspectives de temps de jeu s’éclaircir. Une aubaine pour la défenseuse de 20 ans, qui a posé ses valises au MHSC il y a tout juste 2 ans, à l’été 2023. Encore fallait-il que la native de Châtellerault (Vienne), valide son premier examen de passage.

Mon 1er match en D1 ? Si c’est arrivé à ce moment-là, c’est parce que ça devait se passer comme ça
Celui-ci est intervenu lors de la dernière journée de la saison passée, sur la pelouse du FC Fleury 91. Titulaire – un peu à la surprise générale – aux côtés d’Océane Deslandes et Celeste Boureille dans une charnière à 3 axiales, Agathe Felden s’est montrée solide et a pris une part prépondérante dans le succès des Pailladines en terres essonniennes (2-1) : « Franchement, j’étais ravie de débuter cette rencontre. C’était un super sentiment », se souvient la n°20 montpelliéraine. « De plus, toutes mes coéquipières m’ont vraiment mises en confiance. Elles ont été très cool avec moi sur la préparation du match. J’étais très fière de pouvoir faire ce premier match Au bout de 2 saisons à m’entraîner avec les pros, je commençais à l’attendre ; mais si c’est arrivé à ce moment-là, c’est parce que ça devait se passer comme ça », dit-elle en souriant.
Cette titularisation constituait en tout cas la récompense d’un parcours footballistique ascendant que cette fille d’un père responsable d’une agence d’experts-comptables et d’une mère responsable RH, a débuté dans le jardin familial avec ses cousins, son père et son grand père, avant de signer sa première licence aux alentours de ses 10 ans à l’US Migné-Auxances, un petit club à côté de chez elle. La suite de son itinéraire façon ballon rond fut assez classique : En mixité d’abord, avec les garçons, puis les détections régionales qui lui ont ouvertes les portes du pôle Espoirs de Mérignac où elle a passé toutes ses années lycée en évoluant en club (aux Trois Cités, puis à Mérignac-Arlac en D2, puis R1) en parallèle.

Puis est venue l’heure du grand saut. Devait-elle rejoindre les Girondins de Bordeaux comme la majeure partie de ses camarades du Pole ou répondre à l’appel du MHSC et de son Directeur Sportif, Jean Louis Saez ? « Dès que j’ai su que Montpellier était intéressé, je me suis posé des questions, puis j’ai choisi Montpellier. » Loin de dénigrer les Girondins, Agathe avoue avoir eu besoin « de découvrir autre chose, une autre région ». Elle ajoute : « Quand le MHSC m’a appelé, j’étais très contente. J’ai pensé au prestige du club, à tous ses parcours en Ligue des Champions… C’est un club féminin fort et le projet m’attirait vraiment. Alors j’ai sauté le pas »
Quand le MHSC m’a appelé, j’étais très contente. J’ai pensé au prestige du club, à tous ses parcours en Ligue des Champions… C’est un club féminin fort et le projet m’attirait vraiment

S’en sont suivies deux saisons d’apprentissage, où elle s’est entraînée quotidiennement avec les pros tout en jouant en U19 et en réserve. Elle a notamment fait partie – avec sa coéquipière Lola Gstalter notamment – de la génération qui a permis à l’équipe réserve féminine du MHSC d’accéder à la D3 au printemps 2024. « Cette année-là, comme on jouait en R1, on gagnait souvent avec des scores larges, donc c’était dur de rester concernée et on pouvait tout perdre sur une confrontation aller-retour en barrages », raconte Agathe. « Heureusement, nous avons fait le boulot, tout le monde était investi pour cette montée en D3 et aujourd’hui, c’est très positif d’avoir la réserve à ce niveau-là. En plus, c’était une belle expérience d’aller en Corse pour ces barrages contre Bastia et de décrocher la montée au match retour devant notre public. Un très beau souvenir. »
Cela a été 2 ans d’apprentissage, de patience et de résilience. J’ai côtoyé de grandes joueuses, notamment à mon poste, et j’ai beaucoup appris
Le premier de deux points d’orgue de ses 2 premières saisons pailladines avec, bien évidemment, la signature de son 1er contrat fédéral au printemps dernier « Cela a été 2 ans d’apprentissage, de patience et de résilience aussi », avoue notre interlocutrice. « J’ai côtoyé de grandes joueuses, notamment à mon poste, et j’ai beaucoup appris. »

Engranger le plus de temps de jeu possible, de montrer au staff qu’il peut avoir confiance en moi
Désormais, il est donc temps de mettre en application cet apprentissage silencieux, chose qu’Aagathe Felden s’applique à faire cette saison. Titulaire lors de la première journée à Grammont contre… Fleury, cette défenseuse qui aime les duels et être au contact de l’attaquante l’adverse, a montré qu’elle était bien plus qu’une solution de dépannage ou de circonstances : « C’était différent de jouer à la maison. Il y avait un peu plus de pression mais ça s’est globalement bien passé », estime cette personne d’un naturel très calme en dehors du terrain. « Ces 2 premiers matchs ont aussi été un soulagement en quelque sorte, car ils sont venus confirmer mon état de forme, prouver que je pouvais exister dans un match de D1 et que j’avais les capacités pour être là où je suis. »
Agathe, qui mène des études en staps en parallèle à sa carrière de joueuse pour, pourquoi pas, devenir professeur d’EPS – « Pour moi, les études c’est important pour garder un équilibre dans le sens où, quand tu vis des phases plus difficiles au foot, ça te permet d’avancer dans un autre domaine. C’est aussi gratifiant d’apprendre d’autres choses et d’avancer dans un autre domaine » – sait aussi qu’elle doit confirmer ces 2 premiers galops d’essais et continuer à progresser dans pas mal de domaines. « Mon objectif est d’engranger le plus de temps de jeu possible, de montrer au staff qu’il peut avoir confiance en moi s’il a besoin, de continuer à progresser aux entraînements et d’engranger de l’expérience ».

Le rajeunissement de l’effectif et les départs dans son secteur de jeu pourraient lui offrir cette opportunité cette saison. Ce sera peut-être le cas ce samedi à Dijon, pour le 1er déplacement de la saison après deux réceptions inaugurales contre Fleury en championnat (1-2), puis en coupe de la LFFP contre l’OM (2-2, défaite aux tirs au but) : « Contre Fleury, nous avons commis des erreurs par manque d’expérience qui nous coûtent le point du match nul alors que nous avions réussi de belles choses contre un prétendant aux playoffs qui avait fini à égalité de points avec nous la saison dernière et qui s’est bien renforcé », estime Agathe Felden. « Notre groupe a été rajeuni avec le départ de plusieurs cadres, c’est vrai, mais c’est aussi une opportunité pour nous les jeunes de pouvoir montrer nos qualités. Avoir un effectif jeune, ne veut pas dire non plus qu’on n’est pas ambitieux. Je pense que ça peut faire notre force parce qu’on est unies, on s’entend bien. »
Unité et persévérance seront sans doute deux éléments clé de la réussite du MHSC cette saison… Et la persévérance, Agathe connait bien….
Avoir un effectif jeune, ne veut pas dire non plus qu’on n’est pas ambitieux



