Formation masculine

« Un groupe qui a envie de faire de belles choses ensemble »

L’entraîneur de l’équipe professionnelle du MHSC, Zoumana Camara, porte son regard sur la finale de la Coupe Gambardella programmée entre les Montpelliérains et le PSG ce vendredi ; lui qui a été formateur au sein du club parisien avant de rejoindre l’Hérault en avril 2025.

A titre personnel, quel souvenir de Coupe Gambardella gardez-vous en tête ?
J’en ai vu quelques-unes à la télé, dont une quand j’étais gamin, en 1996, entre le FC Nantes et le MHSC, avec le but de la victoire montpelliéraine signé Ibrahima Bakayoko. J’avais été marqué par ce but, le fait qu’il pesait sur une défense. C’était un pur attaquant. On sentait qu’il avait quelque chose en plus. J’avais aussi été surpris par le fait qu’après un but, il faisait souvent un petit salto ! (sourire). C’est quelque chose que j’ai gardé en mémoire de la Gambard’, surtout qu’à l’époque, cette compétition se jouait en étant plus âgé (U19 contre U17-U18 aujourd’hui, NDLR), donc on retrouvait beaucoup de joueurs qui jouaient déjà régulièrement avec les équipes professionnelles.
Après, en tant que joueur, j’ai eu l’opportunité de disputer cette compétition lorsque j’étais au Centre de Formation de l’AS Saint-Etienne, mais je n’ai jamais réussi à aller très loin.

Pour ces jeunes joueurs, c’est un avant-goût de ce que peut être une carrière et donner envie de vivre ce genre de choses

Et en tant que formateur, vous l’avez connue ?
Oui, les 3 années durant lesquelles j’étais au Centre de Formation du PSG, j’avais la génération Gambardella en charge, donc à la fois les U19 que j’avais sous ma direction durant la saison, plus quelques U17, même si je jouais déjà très jeune ; du coup, c’était quasiment les joueurs que j’avais avec quelques compléments des U17. Le seul regret que je peux avoir, c’est ma dernière année où on finit champion de France mais, au tirage au sort de la Gambard, on joue l’OM à Marseille dès les premiers tours de la compétition et on est éliminé aux tirs au but face au futur vainqueur (2024). Peut-être qu’avec un coup du destin, ne serait-ce que de les jouer en finale ou alors d’avoir la chance de pouvoir les recevoir à Paris, ça aurait été autre chose (dans cette équipe parisienne, il y avait notamment Ethan Mbappé et Senny Mayulu, NDLR).

Pour l’avoir vécu en tant que joueur puis éducateur, qu’apporte le fait de disputer la Coupe Gambardella ?
Ça reste une compétition où on peut avoir la chance d’aller au Stade de France. Pour ces jeunes joueurs, c’est un avant-goût de ce que peut être une carrière et donner envie de vivre ce genre de choses. Ça donne aussi un esprit de compétition et de gagne. Ce n’est pas un gage de réussite ni une garantie pour la suite, mais vivre ça dans cette catégorie d’âge, ça reste, à mon sens, quelque chose d’exceptionnel.
Du point de vue éducateur, les championnats de jeunes amènent l’esprit de compétition. Là, il y est évidemment toujours mais sous une forme différente. C’est un match de coupe, un match couperet, comme peuvent l’être certaines rencontres de Youth League. Ces deux compétitions génèrent un certain engouement, avec un côté ‘’événementiel.’’ (En 3 saisons, Zoumana Camara a remporté un titre de Champion de France U19, auquel s’ajoute une défaite en demi et une autre en finale de cette compétition NDLR)

Quel regard portez-vous sur cette génération Gambardella du MHSC ?
C’est une belle équipe, un beau collectif, à l’intérieur duquel il y a des individualités qui sont intéressantes. J’ai pu en voir évoluer certaines avec nous, que ce soit en match où à l’entraînement, comme Noah Vidal-Cartoux, Robin Thiland-Hérard ou Laciné Megnan-Pavé.
Au milieu du terrain, cette équipe Gambardella du MHSC dispose de joueurs avec un volume de jeu très intéressant ; derrière, c’est solide avec des joueurs comme Angelo (Tognarelli) qui s’entraîne régulièrement avec nous. Je trouve que c’est une belle génération dans toutes les lignes ; ils ont des joueurs intéressants et on sent un groupe qui a envie de vivre une belle aventure et de faire de belles choses ensemble. Ils sont aussi bien encadrés par un bon éducateur, en la personne de Michel Rodriguez.

Aller chercher des joueurs de la région ou qui ont cette fibre. Des jeunes qui, dès petits peut-être, étaient des gamins que les parents emmenaient au Stade de La Mosson et qui ont un rêve avant même d’aller ailleurs, c’est de se dire : « Je rêve de jouer chez moi. »

Le temps passe vite mais connaissez-vous encore des joueurs parisiens qui vont disputer cette finale face au PSG ?
Je connais la plupart des joueurs qui vont jouer cette finale, mais c’était plus des U17 à l’époque, donc je ne les ai pas coachés, à part certains que nous commencions un peu à ‘’utiliser’’ avec mon staff et qui faisaient de temps en temps des séances avec nous. Sur ce que j’ai vu, c’est une belle génération. C’est une équipe qui a une certaine expérience puisqu’elle est allée jusqu’en demi-finale de la Youth League. Ça lui donne un vécu sur des matchs de haut niveau, mais ça reste une finale, donc c’est du 50/50.

J’aime voir ces jeunes à l’entraînement avec nous, parce que quand ils arrivent, ils découvrent, il y a de la fraîcheur, de l’insouciance, il y a cette jeunesse…

Pour vous, quelles sont les différences et les points communs entre la formation montpelliéraine et la formation parisienne ?
Ce n’est pas la même catégorie. La région parisienne est un énorme vivier et le PSG a les moyens d’en recruter les meilleurs éléments. Vous savez, les clubs parlent souvent de catégories A, B, C ou 1, 2, 3. Aujourd’hui, quand le PSG se positionne sur un très bon joueur et que Montpellier se positionne aussi, le joueur a une priorité sur Paris. Aujourd’hui les priorités c’est PSG, Rennes, si je ne dis pas de bêtises, on peut inclure Lyon et peut-être Monaco. Ensuite, il y a des clubs de deuxième catégorie. Aujourd’hui, Montpellier situe peut-être en n°2, 3, 4, mais c’est normal. C’est une question de moyens et ça ne veut pas dire que le club ne peut pas afficher des bons résultats puisqu’il le prouve avec cette équipe qui est finaliste. C’est d’autant plus beau quelque part… J’estime qu’il faut aller chercher des joueurs de la région ou qui ont cette fibre. Des jeunes qui, dès petits peut-être, étaient des gamins que les parents emmenaient au Stade de La Mosson et qui ont un rêve avant même d’aller ailleurs, c’est de se dire : « Je rêve de jouer chez moi. » Je pense que c’est quelque chose qu’on doit retrouver ; ça doit être une identité forte du club et de la Région.

Une belle équipe, un beau collectif, à l’intérieur duquel il y a des individualités qui sont intéressantes

Petit clin d’œil sur les joueurs de cette génération comme Léciné Megnan-Pavé, Angelo Tognarelli, Robin Thiland-Hérard ou Noah Vidal-Cartoux que vous avez eu l’occasion d’intégrer à des séances d’entraînement avec les pros…
Ce sont des bons garçons, bien éduqués et qui sont appréciés du groupe pro. J’aime voir ces jeunes à l’entraînement avec nous, parce que quand ils arrivent, ils découvrent, il y a de la fraîcheur, de l’insouciance, il y a cette jeunesse… Ils doivent garder cette fraîcheur parce qu’ils sont à des âges où on leur demande d’apporter de l’énergie, de la fougue et cette insouciance. Quand ils viennent avec nous, ils l’ont donc ça me fait plaisir.

Est-ce rassurant, quand on est entraîneur de l’équipe première, de voir qu’il y a des jeunes qui pointent le bout de leur nez ?
C’est bien pour le club, ça prouve que la formation travaille bien. Maintenant, être finaliste de la Gambardella, ce n’est pas un aboutissement, ni une garantie pour avoir des joueurs au-dessus. Le chemin est encore long. Ça montre que la formation est sur le bon chemin au niveau du travail, mais l’objectif n’est pas de gagner chez les jeunes, c’est d’aller en haut. Si demain on me pose la question : « qu’est-ce que tu préfères ? Gagner la Gambardella ou avoir une équipe qui ne la gagne pas, mais des joueurs qui se sont développés et qui, au final, sont arrivés le plus possible dans l’équipe première, je choisirai ça. Si on peut avoir les deux, tant mieux. Ce beau parcours en Coupe Gambardella est un moyen de développement, mais ce n’est pas une assurance.

Pour conclure, quel message adresseriez-vous à nos jeunes avant cette finale ?
Ils y sont arrivés en équipe, ils l’ont fait avec énormément d’enthousiasme, sans être favoris. Je me souviens que, quand je suis venu assister au 8ème de finale face à Strasbourg, on disait « Attention, Strasbourg, c’est costaud. » Quand ils ont joué à Nice en quart, on m’a dit : « Nice est favori, c’est costaud. » Quand ils sont allés à Rennes, on a dit : « Rennes, c’est très fort » et, au final, ils ont gravi toutes ces étapes. La seule chose que je peux leur souhaiter, c’est de faire la même chose en finale, de prendre du plaisir et de profiter de ces moments-là. Il y a des joueurs pros qui font toute une carrière sans jamais avoir la possibilité de jouer au Stade de France. Eux, à leur âge, ils vont y aller donc, à eux de profiter de cette opportunité qu’ils ont su se créer et de ces instants précieux ; tout en donnant tout pour l’emporter.

Il y a des joueurs pros qui font toute une carrière sans jamais avoir la possibilité de jouer au Stade de France. Eux, à leur âge, ils vont y aller donc, à eux de profiter de cette opportunité qu’ils ont su se créer

Souvenir d’enfance

Double vainqueur de la Coupe de France – dont la Coupe Gambardella est traditionnellement le lever de rideau – durant sa carrière de joueur (en 2010 et 2015), Zoumana Camara a un lien particulier avec cette compétition… et avec le MHSC. Un lien qui remonte à sa plus tendre enfance : « L’un de mes premiers souvenirs de foot, c’est la finale de la Coupe de France en 1990, entre le MHSC et le Racing Paris. J’avais 11 ans à l’époque et, étant originaire de Colombes, je jouais au Racing. J’étais en tribune et le MHSC l’avait emporté 2-1 (buts de Laurent Blanc et de Kader Feraoui). Je me souviens de ce match parce que l’avenir du Racing était en jeu. Le club était relégable en championnat et s’apprêtait à descendre en Ligue 2. Un succès dans cette finale pouvait peut-être, malgré la relégation, de disputer une Coupe d’Europe et de s’assurer un avenir car il était en proie à des soucis financiers. Au lieu de ça, le Racing perd cette finale et le club passe de la D1 à la D3. »

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