Équipe pro masculine

Anthony Mounier : « se lâcher »

L’ancien Montpelliérain et Niçois, qui vient juste de raccrocher les crampons, à 37 ans, évoque avec passion et lucidité son passage dans les deux clubs et les enjeux de la rencontre de dimanche

L’OGC Nice, ça évoque quoi pour toi ?
C’est vraiment le club qui m’a révélé en Ligue 1. Certes, j’ai été formé à Lyon et j’ai débuté en pros à l’OL mais la concurrence était énorme. Malgré ce, j’y ai fait quelques apparitions en équipe fanion, ce qui m’a permis d’avoir des sollicitations. L’OGC Nice s’est manifesté et m’a donné la chance de postuler tous les weekends pour jouer en Ligue 1. Ce passage sur la Côte d’Azur a constitué une grande étape pour moi. Cela n’a pas été facile pendant les 6 premiers mois, puis tout s’est bien déroulé ensuite. Je me suis bien senti à Nice où j’ai vite été adopté par le public. Cette ferveur du Sud où ce n’est pas forcément toujours la qualité qui prime, mais où les supporters veulent te voir te donner à fond sur le terrain, ça me convenait très bien. Je n’ai jamais triché et c’est sans doute aussi pour ça que j’ai gardé une bonne image là-bas.

A Nice, le coach a changé cet été, le Directeur Sportif aussi et ça nécessite forcément un temps d’adaptation

Quel regard portes-tu sur l’évolution de l’OGC Nice ?
Le club est entré dans une autre dimension avec un nouveau centre d’entraînement, un nouveau stade et de nouveaux investisseurs puisque le club a été vendu. Je crois qu’ils sont un peu dans l’incertitude en ce moment suite au rachat de Manchester United par Ineos mais ça n’empêche que Nice a réalisé une belle saison l’année dernière sous la direction du coach italien Francesco Farioli.

Ce dernier est parti à l’intersaison (remplacé par Franck Haise, NDLR), le Directeur Sportif a changé aussi (Florian Maurice à succédé à Florent Ghisolfi, NDLR) et ça nécessite forcément un temps d’adaptation. Aujourd’hui, leur début de saison semble en dessous de de leurs espérances malgré qu’ils soient qualifiés en Coupe d’Europe, mais ça reste néanmoins un club avec un effectif de qualité, qui a mis des moyens et qui a réussi à attirer de grands joueurs. Comme Vitorino Hilton en son temps, Dante est pour moi une énigme. Arriver à performer encore à ces âges-là, avec un tel niveau, c’est forcément inspirant pour moi et ça doit l’être aussi pour les jeunes générations. Le nouveau coach niçois, Franck Haise, a aussi un système de jeu bien défini et il faut sans doute un peu de temps pour l’assimiler pleinement.

Quand tu repenses à ton époque montpelliéraine, qu’est-ce qui te revient à l’esprit ?
Lyon m’a formé, Nice m’a lancé durablement en Ligue 1, et Montpellier a été pour moi l’époque de la confirmation. Je sortais de 3 saisons abouties avec Nice et l’opportunité de rejoindre le MHSC qui s’apprêtait à jouer la Ligue des Champions s’est présentée puis s’est concrétisée très rapidement avec les Présidents Louis et Laurent Nicollin. Là encore, la première année a été un peu compliquée pour diverses raisons, mais après, j’ai vécu un épanouissement total. Je serai bien resté plus longtemps à Montpellier mais le Président a été honnête avec moi en me disant que financièrement, sans Coupe d’Europe, c’était difficile que je reste et moi, je voulais découvrir une expérience à l’étranger, donc tout s’est très bien passé et je suis parti à Bologne. A Montpellier, j’ai inscrit pas mal de buts et de passes décisives et c’est un club avec lequel j’ai gardé des liens très forts encore aujourd’hui, que ce soit avec les dirigeants, mes anciens coéquipiers qui, pour certains sont même devenus des amis. C’est toujours un plaisir de revenir à Montpellier. D’ailleurs, je ne m’en cache pas, la situation actuelle du club me peine beaucoup et j’espère qu’il va se sortir au plus vite de cette situation.

Lyon m’a formé, Nice m’a lancé durablement en Ligue 1, et Montpellier a été pour moi l’époque de la confirmation

Tu penses que c’est jouable ?
Sincèrement oui ! L’équipe n’est pas encore décrochée au classement et il reste encore beaucoup de matchs à jouer. Les joueurs qui composent cet effectif ont de la bouteille, ils connaissent le championnat, tout comme leur coach. Jean-Louis Gasset sait où il met les pieds et il sait comment remettre les têtes à l’endroit. Cet effectif a beaucoup de qualités et je ne peux pas croire que certains des joueurs qui le composent aient perdu leur football du jour au lendemain. Il manque juste un petit déclic et que chacun se remette aussi en question et dans le travail pour aller chercher, déjà avant Noël, des points qui seront importants pour ensuite attaquer la 2ème partie de saison comme il le faut pour sauver le club.

Cet anniversaire était aussi une forme d’hommage au Président Louis Nicollin qui, malheureusement, n’est plus là, mais qui est dans nos cœurs

On accuse souvent le MHSC d’être un club d’entre-soi, or, avec Romain Pitau par exemple, vous êtes deux joueurs non formés ici qui collaient à merveille à l’esprit du MHSC…
Romain ou moi, nous sommes des joueurs de caractère et de tempérament. On ne triche pas sur un terrain et je pense que les supporters ont aimé et aiment ce côté-là. Me concernant, ce côté familial du MHSC est un environnement où je me suis très bien senti et qui m’a permis de m’épanouir. Quand je suis revenu au club pour les festivités des 50 ans, j’ai retrouvé des personnes qui travaillaient dans les bureaux qui étaient déjà là avant que j’arrive. Quand tu vois des anciens coéquipiers qui sont devenus entraîneurs des équipes de jeunes, je pense que c’est super important. Certains diront que c’est la limite de ce club d’avoir cette proximité familiale, surtout quand ça va un peu moins bien mais je suis partisan de garder cet ADN. Il n’y a rien de mieux que d’avoir des joueurs importants et des « historiques » d’un club pour en transmettre les valeurs.

Les adversaires, quels qu’ils soient, doivent se dire que quand ils viennent à La Mosson, ça ne va pas être facile

Qu’as-tu ressenti au moment de fouler la pelouse du Stade de La Mosson dans le cadre des festivités des 50 ans ?
C’était une journée incroyable dans sa globalité et une fête magnifique. Le club a organisé un truc de fou ! Concernant ce match de gala en lui-même, retrouver ce vestiaire, les maillots avec ton nom floqué dessus, les copains… c’était top. Même si j’ai mis un terme à ma carrière cet été, j’ai ressenti cette petite flamme de la compétition et l’envie de gagner… Et en plus nous avons gagné donc c’était top ! C’était émouvant de retrouver des personnes que j’apprécie Cet anniversaire, c’était aussi une forme d’hommage au Président Louis Nicollin qui, malheureusement, n’est plus là, mais qui était dans nos cœurs tout au long de la journée et de la soirée.

À quel genre de match t’attends-tu aujourd’hui ?
On l’a vu il y a 15 jours contre Lille. Les adversaires, quels qu’ils soient, doivent se dire que quand ils viennent à La Mosson, ça ne va pas être facile, d’autant plus parce que le MHSC est dans l’obligation de prendre des points. Il ne faut pas que cet aspect comptable inhibe les joueurs du MHSC mais, qu’au contraire, ils se disent : il, faut se lâcher !
En plus, c’est un match à domicile, le public va répondre présent donc il faut se servir de cet appui-là. De son côté, l’OGC Nice est un peu dans le dur aussi actuellement, après les revers contre les Glasgow Rangers et Lyon. Si je devais faire un pronostic sur ce match, même si j’aime beaucoup Nice, je pense que l’OGCN a moins besoin de points que le MHSC, donc je vois La Paillade gagner ce match ! (sourire).

Que deviens-tu ?
J’ai mis un terme à ma carrière de joueur cet été et je me suis installé en Grèce, le dernier championnat dans lequel j’ai joué. J’ai passé et obtenu mon certificat de management en football pour devenir directeur sportif d’un club. J’ai déjà eu des opportunités de prendre ces fonctions dans des clubs grecs mais j’estimais qu’il était encore un peu tôt et que les conditions n’étaient pas toutes réunies donc j’ai préféré attendre. Je vais profiter des mois qui arrivent pour rendre visite à des clubs, voir comment ils travaillent et on verra ensuite comment les choses évoluent.

retrouver ce vestiaire, les maillots avec ton nom floqué dessus, les copains… c’était top

Pour conclure, quel message adresserais-tu aux supporters et aux dirigeants du MHSC ?
Il est certain que cette période est difficile sur le plan sportif, mais on va revenir à l’essentiel. Je vous souhaite à toutes et tous de très bonnes fêtes de fin d’année et d’être en bonne santé. Sportivement, je souhaite au MHSC de prendre un maximum de points et, aux supporters, de rester fidèles comme ils le font actuellement. Il faut rester solidaires pour aller chercher ce maintien ensemble.

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