Pailladin de l’étranger… Bryan Dabo
De passage à Montpellier, l’ancien milieu de terrain du MHSC (33 ans) a donné le coup d’envoi fictif de la rencontre contre Le Havre. En marge de cette partie, il s’est confié sur sa nouvelle vie en Iran où il poursuit sa carrière et sur ses souvenirs en orange et bleu.
SA VIE DEPUIS SON DÉPART DU MHSC

« Je suis parti à l’AS Saint-Étienne, alors dirigé par Christophe Galtier, durant l’été 2016. À l’époque, c’est la perspective de jouer la coupe d’Europe qui m’avait convaincu de signer chez les Verts. J’avais aussi eu des contacts avec l’OM et, comme je suis Marseillais, mon cœur balançait, mais c’était à l’époque où Margarita Louis-Dreyfus vendait le club et j’ai opté pour le choix de l’ASSE parce que Christophe Galtier s’était montré le plus convaincant. Après une saison et demie dans le Forez, je suis partie en Italie pour rejoindre la Fiorentina, alors dirigée par Stéfano Pioli. Avec le recul, je peux vous assurer que ce coach-là a changé ma vision de football et mon niveau. Quand tu arrives à l’étranger, tu te rends compte des efforts qu’il faut faire pour être un joueur de très haut niveau. A la ‘’Fio’’, j’arrivais à 8h du matin à l’entraînement et je rentrais chez moi, à, minimum, 14h30. En 4 saison à Florence, (entrecoupées d’un prêt à Spal en 2020, NDLR), j’ai peut-être vu seulement 2 joueurs arriver en retard à l’entraînement. Au petit déjeuner, on était ensemble, ensuite on allait en salle de musculation, histoire d’arriver déjà échauffés sur le terrain d’entraînement. J’ai côtoyé de super joueurs durant cette période comme Chiesa (passé depuis par la Juventus et qui évolue aujourd’hui à Liverpool, NDLR), Giovanni Simeone (Atlético de Madrid), Jordan Veretout, Valentin Esseyric, Alban Lafont et notre regretté capitaine, Davide Astori qui est malheureusement décédé. On a réalisé des supers championnats. A la Fiorentina, j’ai également évolué (entre autres), sous les ordres de Cesare Prandelli (ex-sélectionneur de l’Italie) et Vicenzo Montella (aujourd’hui coach de l’équipe nationale turque). Après mon départ, j’ai rejoint Benevento – alors entraîné par Filippo Inzaghi – où nous avons vécu un super début de saison avec une 5ème place à mi-parcours et une phase retour cauchemardesque qui a abouti à une relégation en Série B (Ligue 2). Ensuite, j’ai passé une saison en Turquie, à Rizespor, puis une autre à l’Aris Salonique (Grèce), où j’ai vécu des ambiances extraordinaires. Depuis 2023, je joue au Sepahan SC, en D1 iranienne. »
POURQUOI L’IRAN ?

« Pour être honnête, je stressais un peu d’aller là-bas ; mais, une fois sur place, j’ai constaté que ça n’avait vraiment rien à voir avec ce qu’on entend parfois. Le plus surprenant quand on arrive en Iran ? Il y a beaucoup de mots français dans la langue iranienne (sourire). Nous avons regardé avec mon traducteur et le français et le farsi ont plus de 500 mots en commun dont ‘’merci’ ‘’abat jour’’ ou ‘’sentimental’’ par exemple. Côté foot, je ne vais pas mentir, c’était une offre que je ne pouvais pas refuser, mais il y a aussi un projet de concurrencer la Ligue d’Arabie Saoudite et de se qualifier pour la Ligue des Champions asiatiques qui est très intéressant à relever. Notre coach, José Morais, est l’un des adjoints historiques de José Mourinho avec qui il a travaillé pendant 10 ans. Il m’a présenté le projet, les installations, il m’a parlé de l’engouement autour du club et j’ai senti que tout était réuni pour sauter le pas. Au début, j’avais un peu peur mais, une fois sur place, tout s’est ‘’dégonflé’’ très rapidement. Pour l’instant, tout va bien. Les gens sont gentils, je joue, on gagne donc je ne vais pas me plaindre (sourire) »
SON CLUB DU SEPAHAN FC

« Il se situe dans la ville de Ispahan (ville de plus de 2 millions d’habitants située à 340 kilomètres au sud de la capitale, Téhéran, NDLR). Ispahan est l’ancienne capitale perse ; c’est vraiment la ville typique iranienne. Le centre-ville ressemble un peu aux centres-ville marocains, notamment avec la présence des Bazars. Un grand lac traverse toute la ville, on peut voir la montagne en périphérie et le désert n’est pas très loin non plus. Culturellement, cette ville est incroyable. Je m’y sens bien. »
LE CHAMPIONNAT IRANIEN

« Il se compose de 18 équipes au total dont 4 qui sont très costauds : Sepahan, Esteghlal, Tractor et Persépolis. Pour moi, ces 4 équipes pourraient jouer entre la 8e et la 14e, place en Ligue 1 tandis que les autres formations se situeraient à mon sens en haut de tableau de Ligue 2. Sur un plan plus personnel, ça se passe très bien. Jusqu’ici, j’ai joué tous les matchs cette saison ; l’année dernière nous avons remporté la Coupe, ce qui constitue le 1er trophée remporté par le club depuis 10 ans. De plus, ce succès nous a permis de nous qualifier pour la Ligue des Champions asiatique. Notre objectif est de continuer à faire grandir le club et, nous l’espérons, être champion dans les 2 ou 3 ans à venir. Footballistiquement, le jeu est beaucoup basé sur le physique et nécessite de faire beaucoup d’efforts. »
SA CARRIERE

« J’en suis content, même si j’aurais pu faire beaucoup mieux, c’est certain. J’ai quelques petits regrets mais ils partent avec le temps parce qu’une carrière de footballeur est tellement difficile et tellement courte qu’il faut savoir en apprécier chaque instant. Je pense qu’il me reste encore 4 ou 5 ans à jouer et j’espère en profiter au maximum. »
SON MEILLEUR SOUVENIR AU MHSC

« Mon 1er match en pro (le 15 mai 2010). En plus, c’était au Parc des Princes, moi qui suis Marseillais. Tu imagines ? »
LE MHSC D’AUJOURD’HUI
« Je suis très heureux d’avoir eu l’opportunité de donner le coup d’envoi fictif de la rencontre contre Le Havre. Mes enfants étaient en tribune ce qui m’a rendu très fier. En plus, ça m’a fait très plaisir de revoir des personnes du club que je n’avais pas croisées depuis longtemps. J’ai ressenti beaucoup d’amour et ça fait plaisir de voir que tu as laissé un bon souvenir. Plus globalement, la situation du club me rend très triste parce que, quand j’étais au Centre de Formation, on était en Ligue 2. Le club est remonté en Ligue 1 et on a réussi à la pérenniser dans l’élite plus d’une dizaine d’années, avec de grosses saisons à la clé. Par contre, ce serait trop facile à mon sens de jeter la pierre sur une personne. C’est un ensemble de choses qui se sont mal passées qui font que le club est actuellement dans cette situation. »
SON MESSAGE POUR LES SUPPORTERS ET LES MEMBRES DU CLUB

« La saison est compliquée, elle est ce qu’elle est mais, parfois, c’est peut-être un mal pour un bien de tomber pour mieux se relever à l’image de Lens ou de Toulouse. Quand on voit où ces 2 clubs sont aujourd’hui après leur descente en Ligue 2, je me dis que cette probable relégation peut, peut-être permettre de repréparer les bases pour revenir beaucoup plus fort. Je pense que le MHSC et son Président, Laurent Nicollin, vont tout faire pour préparer la suite du mieux possible. En attendant, je tiens à ce que les gens sachent que les anciens joueurs du club le soutiennent toujours à fond, même à distance. Le MHSC est une famille, donc quand le club souffre, on souffre aussi. Un Pailladin ne lâche rien, toujours, même dans les moments difficiles ! C’est la même chose pour les supporters. Il ne faut pas lâcher. C’est difficile, c’est vrai, mais on a connu des moments encore plus durs, on a même failli descendre en National mais on est toujours là. On comprend tous la déception des supporters mais que ce soit dans les bureaux, au Centre de Formation, chez les pros, les supporters, le Président… on est tous dans le même bateau. Nous devons être tous ensemble derrière notre club. »
Crédit photos : Yaser Jamali et MHSC


