Ella Palis veut retrouver des couleurs
Après une saison mitigée à la Juventus, la milieue de terrain internationale tricolore (25 ans) est arrivée au MHSC cet été pour se relancer. Rencontre
Si elle est née à Brou-sur-Chantereine, dans le 77, avant de grandir à Mouhans, près de Caen (deux endroits où le soleil joue parfois à cache-cache), tout en Ella Palis respire chaleur, sourire et bienveillance… comme une réminiscence de ses origines guadeloupo-martiniquaises (par sa mère), dont elle tire un côté solaire dans sa manière d’être : « J’essaie simplement d’avoir et de transmettre des ‘’Good Vibes’’ », sourit la néo-Montpelliéraine qui se définit comme « quelqu’un de calme, tranquille, qui aime être avec sa famille, ses amis et profiter de la vie, tout simplement. Je suis une personne simple qui fait des choses simples. »

J’ai toujours l’espoir d’un retour en équipe de France, mais ça passera par de bonnes performances avec le MHSC
Un apport humain et extra-sportif bienvenu dans un groupe encore marqué par un exercice 2023-2024 en deçà des objectifs… Mais qu’on se le dise bien, Ella Palis n’est pas venue à Montpellier pour jouer les préparatrices mentales ou les G.O du Club Med… car c’est une joueuse au sacré CV qui a rallié le MHSC cet été.
Elle aurait pu choisir la danse moderne – « j’ai essayé mais ça ne m’a pas franchement plu » – mais a finalement opté pour le foot dès l’école primaire. La faute à un contexte très favorable : « Tous mes voisins étaient des garçons, donc forcément ça jouait au foot et je jouais avec eux », raconte-t-elle. « Un jour, un de mes voisins, Arthur, m’a proposé d’aller faire un essai avec lui à Verson, village juste à côté de chez moi et je n’ai jamais arrêté le foot depuis ».
De là, Ella Palis a commencé à dérouler le fil d’une carrière déjà bien remplie. Licenciée à Verson jusqu’à ses 14 ans, elle a ensuite rejoint le Centre de Formation de Guingamp, avant de débuter en D1 deux ans plus tard, à tout juste 16 ans : « Guingamp a marqué un peu toutes les ‘‘premières fois’’ dans le sens où j’y ai découvert le foot professionnel, tout en faisant mes études en parallèle, j’y ai passé mon permis, connu mon premier appartement… »

En Bretagne, cette membre d’une grande fratrie (5 frères et soeurs), n’a pas mis longtemps à montrer ses qualités de jeu long et de vision du jeu, au point d’attirer les convoitises de Bordeaux, club contre lequel elle avait débuté en D1 et qu’elle a rejoint durant l’été 2020 « J’y ai vécu 3 belles années »,
raconte-t-elle. « C’est aussi durant cette période que j’ai découvert la Ligue des Champions et connu mes premières sélections en Equipe de France. » Une exposition internationale qui lui a notamment permis de vivre sa première expérience à l’étranger en intégrant la Juventus de Turin l’été dernier. Un choix courageux qu’elle explique de la manière suivante :
Je ne dis pas que nous y arriverons dès cette année car la concurrence est rude mais il faut que l’Europe reste un objectif dans un coin de nos têtes

Je suis une personne simple qui fait des choses simples
« Comme j’avais déjà joué pas mal d’années en D1, j’avais envie de découvrir un autre championnat, de voir comment ça se passait un peu ailleurs. La Juventus reste un très grand club européen, alors, quand la proposition des dirigeants italiens est arrivée, j’ai décidé de tenter l’aventure. » Si elle remporte la Supercoupe d’Italie face à la Roma, son expérience transalpine lui laisse cependant un petit gout d’inachevé : « Malheureusement, ça ne s’est pas super bien passé pour moi parce que je n’ai pas beaucoup joué », reconnait-elle. « Cela dit, je regrette pas du tout d’avoir tenté cette expérience parce qu’elle m’a énormément apporté, que ce soit sur le plan sportif mais aussi de sur ma vie personnelle. Je pense avoir évolué sur l’aspect mental et avoir beaucoup sur moi-même. »

La signature de cette internationale tricolore, présente dans la liste des joueuses convoquées pour l’Euro 2022 en Angleterre, prouve en tout cas que le club pailladin reste attractif, même sans Coupe d’Europe à disputer cette saison : « Le MHSC reste un grand club du football féminin français », martèle Ella. « Je ne dis pas que nous y arriverons dès cette année car la concurrence est rude mais il faut que l’Europe reste un objectif dans un coin de nos têtes. Le MHSC a été capable de le faire il y a quelques années, donc il faut qu’on arrive à retrouver ce niveau-là. »
Le MHSC reste un grand club du football féminin français

c’est dans ce genre de rencontre ‘’à notre portée’’ qu’il est important de récolter des points
Côté objectifs justement, l’ex-Juventina espère « avoir le plus de temps de jeu possible, prendre du plaisir et, collectivement, que nous soyons les mieux placées possible au championnat. J’ai aussi toujours l’espoir d’un retour en équipe de France dans un coin de ma tête car, quand tu y as goûté, tu as envie d’y retourner, mais ça passera par de bonnes performances avec le club. »
A commencer dès samedi soir face à Reims à Grammont, un match d’autant plus important qu’il arrive entre deux chocs, la semaine dernière contre le PSG et la semaine prochaine à Lyon : « C’est vrai qu’il y a plus facile comme calendrier pour débuter mais il faut bien les jouer à un moment donné », sourit Ella. « Pour ce qui est du match de ce soir, il est certain qu’il est très important car c’est dans ce genre de rencontre ‘’à notre portée’’ qu’il est important de récolter des points. »

Un adversaire champenois que les Pailladines rêvent sans doute d’imiter puisqu’il s’était invité de façon assez inattendue à la table pour les Play-offs au printemps dernier : « C’est une équipe qui a été pas mal remaniée »,
souligne Ella Palis. « La coach, Amandine Miquel est également partie (à Leicester, NDLR) mais ça reste quand même un adversaire qui peut être dangereux pour nous. De toute façon, tous les matchs seront importants et il faudrait faire en sorte de les gagner. » Un besoin d’éviter les faux-pas qu’Ella Palis préfère transformer en énergie positive : « Je pense que notre principal adversaire, c’est nous-même, mais si chacune donne le meilleur d’elle-même, nous pourrons poser des problèmes à tous nos adversaires. » Et ainsi retrouver des couleurs, le soleil et la chaleur du haut de tableau.
notre principal adversaire, c’est nous-même, mais si chacune donne le meilleur d’elle-même, nous pourrons poser des problèmes à tous nos adversaires



