Manon Uffren : « Des moments que je n’oublierai jamais »
Montpelliéraine entre juin 2014 et décembre 2019, l’actuelle milieu de terrain du FC Nantes, nous présente son nouveau club évoque son passage au MHSC ainsi que sa carrière et la rencontre du jour.
En premier lieu comment vas-tu ?
Je vais très bien, merci beaucoup (sourire). J’ai fait une pause dans ma carrière de footballeuse durant un an et demi avant de reprendre la compétition officielle l’hiver dernier, il y a presque un an puisque je suis arrivée à Nantes en janvier 2024. Cette pause m’a fait beaucoup de bien, j’en avais besoin. Tout se passe bien ici depuis mon arrivée puisque nous sommes montées en D1 au printemps dernier, ce qui permet aujourd’hui à la section féminine du FC Nantes de découvrir l’élite pour la première fois de son histoire cette saison.

J’ai fait une pause dans ma carrière de footballeuse durant un an et demi avant de reprendre la compétition officielle l’hiver dernier. Ça m’a fait beaucoup de bien, j’en avais besoin
Pourquoi avoir choisi le FC Nantes pour ce come-back ?
Le coach m’a appelé en cours de saison dernière en m’expliquant que le club avait pour objectif de monter. Il m’a présenté un super projet et je me suis dit que c’était le bon endroit pour retrouver la compétition ; alors je n’ai pas hésité. Il m’a donné un rôle de pointe basse du milieu de terrain, plutôt sentinelle, alors qu’à Montpellier notamment j’ai évolué dans une position un peu plus haute. Je m’y sens très bien et vivre une montée pour son retour à la compétition c’était vraiment sympa ! (sourire).
En plus tu as marqué un but de lob magnifique lors de la première journée au Havre ?
Ça m’a fait vraiment plaisir sur un plan personnel évidemment mais aussi et surtout collectivement puisqu’il s’agissait du premier but de l’histoire du FC Nantes en Arkema Première Ligue. C’était une émotion particulière. Il n’y avait pas mieux pour démarrer le championnat.

Si tu devais décrire cette équipe du FC Nantes, comment le ferais-tu ?
C’est une équipe qui joue bien au ballon. C’est vraiment le projet du coach : Nous aimons avoir le ballon et nous pratiquons un jeu de position en nous appuyant notamment sur des triangles et sur des ressorties de balle bien travaillées. C’est du vrai football pour moi et c’est ce qui me ressemble. C’est aussi une des raisons pour lesquelles je me plais beaucoup ici. Le groupe s’appuie à la fois sur une grande partie de l’effectif qui a accédé à l’élite la saison dernière tout en ayant accueilli pas mal de filles expérimentées qui ont déjà joué en D1 au cours de leur carrière. Nous avons aussi des jeunes joueuses intéressantes. C’est un bon mélange qui, au final, nous a aidées à mettre en place une très bonne dynamique au sein de l’équipe.
Nous pratiquons un jeu de position en nous appuyant notamment sur des triangles et sur des ressorties de balle bien travaillées. C’est du vrai football pour moi et c’est ce qui me ressemble

Comment juges-tu votre début de saison ?
Je pense qu’il est très bon. Nous avons surpris pas mal d’équipes. Je pense d’ailleurs que peu de personnes nous voyaient démarrer la saison d’une telle manière. De mon côté, j’avais confiance ; je savais que nous avions les qualités pour bien débuter donc ça ne fait que confirmer ce que je pensais. La courte défaite contre le PSG à domicile, où nous avons su embêter cette très belle équipe devant un public magnifique (0-1), puis le bon match nul contre le Paris FC (0-0) sont venus valider ce bon début de championnat. Maintenant, il faut continuer sur la durée car un championnat, ça reste long.
Je m’attends à une très belle confrontation qui sera, à mon sens, plutôt serrée
Comment trouves-tu cette équipe MHSC version 2024-2025 et à quel genre de match t‘attends-tu vendredi soir ?
Le MHSC est une très bonne équipe qui a l’expérience de la D1 puisque ça fait de nombreuses années que le club pailladin y évolue. Leur effectif contient de très bonnes joueuses et je m’attends à une très belle confrontation qui sera, à mon sens, plutôt serrée.

Même si je n’ai que très peu joué durant ces années montpelliéraines, parce que j’étais très jeune, mais aussi parce que la concurrence était rude et que j’ai aussi vécu une blessure aux ligaments croisés du genou, ces années m’ont énormément appris. J’en suis ressortie plus forte et, si j’en suis là aujourd’hui, c’est aussi parce que ces années m’ont beaucoup servi. Si je n’étais pas passée par le MHSC, je ne pense pas que je serais là où je suis aujourd’hui
Avec le recul, quel regard portes-tu sur ton expérience montpelliéraine (2014-décembre 2019) ?
Je suis arrivée à la sortie de Clairefontaine. Je n’avais pas encore 18 ans. À mon arrivée d’ailleurs, j’étais très impressionnée par les joueuses qui composaient cet effectif montpelliérain. il y avait de nombreuses internationales dont Sandie Toletti, Sofia Jakobsson, Linda Sembrant, Virginia Torrecilla ou bien encore Claire Lavogez). Certaines comme Sakina Karchaoui le sont également devenues durant la période où j’y étais. Je pense que c’était la meilleure équipe du club sur les 10 dernières années. J’avais participé à la qualification du club pour la Ligue des championnes, même si je n’avais que très peu joué. Le coach m’avait même pris dans le groupe qui avait participé à cette campagne européenne la saison suivante (2017-2018). Même si je n’étais pas rentrée en jeu durant cette Ligue des Championnes, ça reste vraiment un souvenir dingue pour moi. Même si je n’ai que très peu joué durant ces années montpelliéraines, parce que j’étais très jeune, mais aussi parce que la concurrence était rude et que j’ai aussi vécu une blessure aux ligaments croisés du genou, ces années m’ont énormément appris. J’en suis ressortie plus forte et, si j’en suis là aujourd’hui, c’est aussi parce que ces années m’ont beaucoup servi. Si je n’étais pas passée par le MHSC, je ne pense pas que je serais là où je suis aujourd’hui. J’ai ensuite pu rebondir à Saint-Étienne où j’ai joué deux ans et demi avant de rejoindre Nantes l’hiver dernier.
Quel est ton meilleur souvenir chez nous ?
C’est d’avoir joué au Stade de La Mosson en Ligue des championnes contre les Russes de Zvezda (automne 2017). Je n’étais pas entrée en jeu mais c’était vraiment un moment particulier. J’avais des étoiles plein les yeux de jouer une telle compétition dans un tel stade . Évoluer dans l’enceinte des garçons, ça ne nous arrivait pas tous les jours alors forcément ça marque. C’est un moment que je n’oublierai jamais. Je n’oublie pas non plus les repas au Mas Saint-Gabriel, notamment à Noël. C’était l’occasion de croiser le Président Louis Nicollin ainsi que Laurent. Ce sont de très bons souvenirs et, quand on parle de club, familial ça prend tout son sens. Je n’oublie pas non plus mon premier but en professionnel, en coupe de France contre Muret (succès 7-0, le 24 janvier 2015)

Le MHSC fête ses 50 ans ce week-end. Qu’est-ce qui, pour toi, rend ce club si particulier ?
Je ne vais pas être très originale en évoquant le côté familial, mais c’est vraiment ce qui ressort le plus. C’est un club avec la mentalité du Sud où l’on se sent bien et où l’on sent surtout qu’on ne te laissera pas ‘’dans la merde’’. Les valeurs y sont très fortes. Cela fait un petit moment que je n’ai pas rejoué à Grammont alors, il va forcément y avoir une émotion un peu particulière. En plus, ma famille habite à une heure de route de Montpellier, donc ils viendront nombreux pour me soutenir. Ça rajoutera une émotion supplémentaire. De toute façon, quand tu joues face à ton ancien club, qui plus est celui avec lequel tu as débuté en D1, c’est toujours particulier et je suis certain que ça le sera pour moi vendredi soir.
Quand tu joues face à ton ancien club, qui plus est celui avec lequel tu as débuté en D1, c’est toujours particulier et je suis certain que ça le sera pour moi vendredi soir


