Daniel Congré : « Un club à part »
Il n’a connu que deux clubs en Ligue 1 : le Toulouse FC et le MHSC. Il fait d’ailleurs parti du cercle très fermé des joueurs qui ont disputé plus de 300 matchs officiels sous le maillot pailladin. Voilà qui fait de Daniel Congré le témoin idéal avant ce Derby d’Occitanie
Comment vas-tu et que deviens-tu ?
Tout va bien, merci. J’ai mis un terme à ma carrière de joueur professionnel à l’issue de la saison dernière après une année qui a été un peu tronquée par les blessures. Dans le fond, ça m’a permis de faire une sorte de transition sur la vie d’après car, une fois qu’on arrête, tout change. Pendant plus de 20 ans, ma vie personnelle et familiale a été rythmée par les cadences footballistiques : entraînement-match. Aujourd’hui, c’est complètement différent. Il faut s’adapter mais j’ai eu la chance de m’y préparer et je le vis très bien.

je ne retiens quasiment que de belles choses et notamment une relation particulière avec cette ville et la famille Nicollin qui a beaucoup compté pour moi
Avec le recul, 3 ans après ton départ, que retiens-tu de ton passage au MHSC ?
Dans une carrière de footballeur y a des hauts et des bas, mais les bas, je les ai surtout connus au début. Grâce à l’aide de tout un club et de tous mes coéquipiers, j’ai su relever la tête. Au final, je ne retiens quasiment que de belles choses et notamment une relation particulière avec cette ville et la famille Nicollin qui a beaucoup compté pour moi. Je garde de très bons souvenirs de toutes mes saisons passées ici.
Quel est ton meilleur souvenir ?
C’est très compliqué de n’en choisir qu’un. Le souvenir le plus marquant, c’est d’avoir joué la Ligue des champions avec le MHSC, parce que c’est une compétition à part. L’avoir en plus disputée avec l’équipe qui a été sacrée Championne de France un an avant mon arrivée, c’était un sentiment incroyable.


Ta plus grande émotion ?
Il y en a 2 : la victoire dans le retour du Derby à La Mosson face à Nîmes (3-0 en novembre 2018), dans une ambiance électrique. Le second c’était en août 2017 lors du match hommage au Président Louis Nicollin. Nous étions tous vêtus de noir avec le nom de Loulou gravé sur notre dos. On gagne 1-0 contre Caen grâce à un but de Souleymane Camara, ce qui était extrêmement symbolique.
La manière dont ce club s’est construit, la manière dont il a gagné, la manière dont il s’est pérennisé en Ligue 1, c’est à la fois incroyable et amplement mérité

Quel regard portes-tu sur le MHSC d’aujourd’hui ? On imagine que tu le suis toujours…
Oui, bien sûr ! J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’aller saluer les joueurs, le staff et l’ensemble du club au mois de juillet. Ça m’a fait très plaisir de revoir tout le monde, parce que j’ai encore beaucoup de liens amicaux dans ce club.
Sur le plan sportif, il est certain que la saison va être délicate. Une saison c’est long mais, malgré tout, ça va vite et il y aura des tournants qu’il faudra bien négocier. Cette histoire des droits télé a mis le club en difficulté financière et implique, je suppose, beaucoup de pression en interne. La situation ne doit pas être évidente mais j’espère que les joueurs sont focus sur leur objectif qui est de maintenir le club en Ligue 1, voire essayer de jouer un petit peu plus haut, mais, dans un premier temps, il faut d’abord se maintenir. Je ne connais pas tous les joueurs mais j’y crois car il y a une force insoupçonnée dans ce club ainsi que des joueurs à fort tempérament qui ont la ‘’grinta’’ en eux. J’espère que ça va être le cas cette année et que l’équipe va bien figurer cette saison.
s j’y crois car il y a une force insoupçonnée dans ce club ainsi que des joueurs à fort tempérament qui ont la ‘’grinta’’ en eux
Le match du jour contre Toulouse met aux prises deux clubs qui te sont chers…
Complètement. Je n’ai connu que 3 clubs dans ma carrière (Toulouse, Montpellier et Dijon). Toulouse est la ville où je suis né et le club où j’ai été formé avant d’y effectuer mes 8 premières saisons en pro. Ensuite, j’ai passé 9 ans au MHSC qui est le club où j’ai le plus joué de matchs officiels, donc bien entendu que ces deux clubs ont énormément compté pour moi et sont à jamais gravés dans mon cœur. Dans une famille, on a un père et une mère et on peut considérer Montpellier et Toulouse comme mes parents (sourire).

J’ai été accueilli au MHSC à bras ouverts, avec Loulou à l’époque, puis Laurent Nicollin qui sont des amours de Présidents
Qu’est ce qui rassemble et différencie le TFC et le MHSC ?
J’ai été accueilli au MHSC à bras ouverts, avec Loulou à l’époque, puis Laurent Nicollin qui sont des amours de Présidents, qui ont le cœur sur la main et beaucoup d’affect. Toulouse, c’était aussi, quand j’y étais, cette idée de club très familial, à dimension humaine, qui permettait aux joueurs de s’épanouir. Aujourd’hui, la politique a complètement changé, des Américains sont arrivés et utilisent beaucoup la data ; le mode de recrutement a aussi évolué mais, malgré tout, la confiance pour les jeunes est toujours-là et le TFC en fait toujours une marque de fabrique, comme le MHSC, parce qu’on voit qu’il y a quand même pas mal de joueurs issus du Centre de Formation qui évoluent dans les 2 clubs.
Que penses-tu du début de saison toulousain ?
J’ai l’impression que le début est un peu plus compliqué que la saison dernière. Ils ont réussi à faire l’essentiel lors des premiers matchs, en battant notamment Le Havre, mais depuis, c’est un peu plus dur. Cela dit, Toulouse reste une équipe avec beaucoup de qualité, donc le MHSC devra s’en méfier. Je ne suis pas certain que ça va être un match ouvert car cette rencontre sera importante pour les deux équipes, de par leur proximité au classement. La prudence va sans doute être de mise. Je m’attends à un match très tactique.

Cette année marque les 50 ans du club. Qu’est-ce cela t’inspire ?
Je trouve que l’histoire de ce club est incroyable ! C’est un club à part en France, qui a vécu beaucoup de choses et qui arrive à perdurer au plus haut niveau, ce qui est admirable. La manière dont ce club s’est construit, la manière dont il a gagné, la manière dont il s’est pérennisé en Ligue 1, c’est à la fois incroyable et amplement mérité parce que toutes les personnes qui travaillent dans ce club sont des amours. Il y a aussi beaucoup de ferveur de la part des supporters, ce qui est une grande force. Sans ce soutien, ça aurait été compliqué de faire un tel parcours. J’espère que cette belle aventure va encore durer de nombreuses années parce que le MHSC doit être en Ligue 1 et faire partie des top clubs de l’élite. Avec la ferveur qui y règne, on peut et on va encore vivre des émotions exceptionnelles.


