Souleymane Camara : « très ému »
Recordman du nombre de matchs disputés sous le maillot montpelliérain (433), l’attaquant sénégalais, également passé par l’OGC Nice, évoque sa passion pour le MHSC en cette année marquant les 50 ans du club
Quel effet cela fait-il de te dire que le MHSC a 50 ans ?
C’est incroyable. Je pense qu’on ne se rend pas compte du travail qui a été fait pour créer ce club. Moi-même, j’y suis arrivé en 2007 et j’apprends toujours des choses aujourd’hui sur la création du club et ça m’aide à comprendre pourquoi le MHSC a certaines valeurs. C’est tout simplement parce que ce sont des hommes de valeur qui l’ont bâti. C’est une fierté pour moi de faire partie de cette famille. Quand j’ai signé ici sous forme de prêt en 2007, plusieurs amis se sont interrogés sur le fait de savoir si c’était un bon choix ou non. Le chemin que j’ai effectué ensuite avec le MHSC prouve que c’était le bon choix.

Quand je suis arrivé ici, je me suis tout de suite dit : »Je suis dans mon monde »
N’était-ce pas difficile de passer d’un club aussi huppé que l’A.S. Monaco où tu as été formé en Europe au MHSC, même si tu avais joué à Nice entretemps ?
Je ne critiquerai jamais Monaco parce que c’est un club auquel je dois beaucoup mais le MHSC me correspond plus car je viens d’une famille modeste. Quand je suis arrivé ici, je me suis tout de suite dit : « Je suis dans mon monde ». C’est sans doute aussi pour ça que je suis encore là aujourd’hui, même après la fin de ma carrière.
Quand la fin de ton prêt est arrivé et que la direction montpelliéraine t’a proposé de rester avec nous, comment as-tu réagi ?
Je n’ai pas hésité du tout. J’ai été si bien accueilli, tout s’était tellement bien passé que j’étais très content de rester ici. D’ailleurs, à cette même époque, l’En Avant Guingamp où j’avais été prêté quelques années auparavant m’avait proposé de revenir mais j’avais préféré rester ici et m’engager sur la durée avec Montpellier parce que j’estimais que mon travail ici n’était pas terminé. J’étais venu pour monter en Ligue 1, nous n’y étions pas parvenus et je me devais de rester. D’ailleurs, nous avons réussi cette accession un an plus tard. En plus, tout au long de mes 13 saisons au club, je me suis fait de très bons amis Avec Vito (Hilton), Laurent Pionnier, Romain Pitau et quelques autres. Ça fait aussi partie des richesses de mon passage ici et j’en suis profondément heureux. Avec Vito d’ailleurs, on s’envoie régulièrement des messages, on ne fait que se chambrer… et c’est surtout lui qui me chambre d’ailleurs (rire). C’est sympa de garder des amis comme ça.

Tu étais aussi très proche du Président-fondateur du MHSC, Louis Nicollin…
Je suis un affectif et quand je suis arrivé dans ce club, j’ai retrouvé ça et je pense que si tu demandes à tous les joueurs qui l’ont côtoyé ils te diront la même chose. Le Président Louis Nicollin aimait tous ses joueurs comme ses enfants et même si parfois il avait des mots durs, derrière, il avait toujours un petit mot pour t’encourager. C’est ce qui prouve l’attachement et l’affection qu’il avait envers ses joueurs. J’ai aussi été profondément marqué par l’hommage et la haie d’honneur organisée par les employés du groupe Nicollin lors de son décès. J’ai trouvé ça formidable et ça prouve l’homme qu’il était. Je suis content de faire partie de cette famille et de ceux qui ont eu la chance de le côtoyer. J’ai aussi une profonde estime pour Laurent. Nous sommes tous derrière lui et je tiens à ce qu’il sache que quoi qu’il arrive nous serons toujours là pour ce club auquel il a tant donné, afin de l’encourager à continuer à faire ce qu’il est en train de faire. Même si, pour le moment, c’est un peu difficile en termes de résultats, il ne faut pas oublier tout ce qu’il a fait et tout ce qu’il fait au quotidien pour ce club.
J’ai aussi une profonde estime pour le Président Laurent Nicollin (…). Même si, pour le moment, c’est un peu difficile en termes de résultats, il ne faut pas oublier tout ce qu’il a fait et tout ce qu’il fait au quotidien pour ce club.

Revenons à cette journée de 50 ans. Comment l’as-tu vécue ?
Ça a été un plaisir. Quand on s’est retrouvé dans le vestiaire avec les copains, on s’est rappelé pas mal de souvenirs, d’anecdotes et c’était vraiment sympa. J’espère que l’Association des Anciens joueurs du club, ‘’Montpellier Héritage SC’’ qui a été créée récemment, va nous permettre de nous revoir plus régulièrement. D’autre part, quand tu vois ce qui a été fait pour cet événement, tu te rends compte à quel point ce club est particulier et attachant. Le fait d’avoir mis certaines personnes de l’ombre en avant, ça le confirme encore plus. En outre, j’ai été très ému par le discours du Président. Je pense que ça nous a tous touché. On sentait beaucoup de sincérité et d’émotion dans ses propos. Laurent est moins impulsif que son père, il est en apparence plus calme mais ça bout à l’intérieur et le jour où ça sort, ça sort… (sourire)
j’ai la conviction que nous allons nous maintenir en Ligue 1 en fin de saison. Même si ça n’a pas marché comme on voulait ces derniers temps, je trouve qu’il y a du mieux et je crois fermement au fait que nous allons nous maintenir
Comment vis-tu la situation actuelle de l’équipe ?
Ça fait mal, bien évidemment mais mon discours n’a pas varié d’un iota depuis le début de la saison car je suis quelqu’un de têtu : j’ai la conviction que nous allons nous maintenir en Ligue 1 en fin de saison. Même si ça n’a pas marché comme on voulait ces derniers temps, je trouve qu’il y a du mieux et je crois fermement au fait que nous allons nous maintenir. Ça ne va pas être facile mais nous allons y arriver. Je sais que le club va repartir du bon pied car nous sommes une bonne équipe.

Quand je repense à la fête au Mas Saint-Gabriel, à la parade avec le bus à impériale au milieu du public et bien sûr au jour où nous sommes parvenus à ramener le MHSC parmi l’élite, ce sont vraiment des moments qui restent gravés à vie dans ma mémoire
Quel regard portes-tu sur ton passage à Nice en tant que joueur et sur le club azuréen aujourd’hui ?
Mon passage à Nice (2005-2007) n’a pas franchement été réussi, même si quelque part il m’a permis de grandir et de prendre de la maturité. J’aurais aimé qu’il soit meilleur parce que, quand je m’engage quelque part, j’ai envie de tout donner. Malheureusement, ça n’a pas marché comme je voulais pour moi là-bas. Aujourd’hui, je vois que le club a bien évolué, il a été racheté aussi et a désormais d’autres ambitions. Concernant la rencontre du jour, je m’attends à un match compliqué entre deux clubs du Sud. Cette équipe de Nice a beaucoup de qualités dont certaines émanent de joueurs que nous connaissons tous comme Gaëtan Laborde ou Morgan Sanson. En plus, les Aiglons jouent la Coupe d’Europe cette saison et possèdent beaucoup de joueurs d’expérience dont le Brésilien Dante. Cela dit, je pense que nous avons nos chances pour battre cette formation azuréenne.
Que deviens-tu aujourd’hui ?
Je travaille au sein de la cellule recrutement du MHSC et je prends beaucoup de plaisir dans cette fonction.
Quel est ton meilleur souvenir ici ?
Il y en a beaucoup mais j’en retiens deux en particulier : la remontée en Ligue 1 de 2009 et le titre de Champion de France 2012. Quand je repense à la fête au Mas Saint-Gabriel, à la parade avec le bus à impériale au milieu du public et bien sûr au jour où nous sommes parvenus à ramener le MHSC parmi l’élite, ce sont vraiment des moments qui restent gravés à vie dans ma mémoire.

Pour conclure, tu avais un lien très particulier avec les supporters…
Ça n’a pas été facile au début et ça s’est détendu peu à peu car, vu que je suis quelqu’un d’introverti, au départ, quand on ne me connaît pas, on a peut-être l’impression que je m’en fous un peu alors que ce n’est pas du tout le cas. Au début, il m’est arrivé d’entendre quelques sifflets. Ce n’était pas méchant mais, au fur et à mesure, j’avais à cœur de faire basculer les choses et de faire en sorte que les supporters soient contents de ce que je montrais sur le terrain. J’ai réussi à le faire et j’en suis très fier. Je suis extrêmement touché et honoré de faire partie des quelques joueurs qui ont eu leur propre chanson et je les en remercie du fond du cœur. J’espère que nos supporters vont continuer à soutenir l’équipe, même dans des moments difficiles. Je sais qu’ils seront toujours là. Il faut qu’ils continuent à soutenir l’équipe. Contre Lille par exemple, je suis persuadé que le soutien et la réaction du public face à l’adversité ont aidé à finaliser la révolte de l’équipe et à lui permettre de se sublimer pour arracher ce résultat. On ne dirait pas forcément comme ça mais ce soutien a un impact sur les joueurs et ça leur donne de la force supplémentaire pour se dépasser.
Je suis extrêmement touché et honoré de faire partie des quelques joueurs qui ont eu leur propre chanson et je remercie les supporters du fond du cœur. J’espère qu’ils vont continuer à soutenir l’équipe, même dans des moments difficiles. Je sais qu’ils seront toujours là.



