Équipe pro masculine

Bećir Omeragic : « Repartir de l’avant »

Notre capitaine s’est confié sur le nouveau départ du MHSC, le début de saison, ses aspirations et sa fierté de porter le brassard. Un discours à son image : droit et sans fioriture

Bećir, comment la trêve internationale s’est-elle déroulée ?
Cette première trêve nous a laissé un peu de temps pour reprendre nos esprits après cette longue préparation et ce début de championnat. Même si on veut toujours jouer des matchs, ça nous a permis d’avoir du temps pour peaufiner les automatismes et régler, je l’espère, certains aspects Nous avons pu couper un peu pour revenir avec plus d’énergie pour aborder le déplacement à Guingamp lundi puis le bloc de rencontres qui va suivre, à commencer par la réception du SC Bastia ce samedi.

La priorité, c’est de repartir de l’avant, de penser au futur et de faire la meilleure saison possible pour ramener les supporters avec nous

Ça t’a fait du bien de tirer un trait sur la saison dernière ? Qu’elle se finisse ?
Oui bien sûr. Ça a été une saison éprouvante pour tout le monde… que soit pour les personnes qui travaillent au club, nous les joueurs, les supporters. Ça fait du bien de passer à autre chose et de repartir sur de nouvelles bases, avec beaucoup de nouveaux joueurs et de nouvelles idées. Nous avions hâte que cette nouvelle saison démarre.

Avec le recul, comment analyses-tu la saison 2024-2025 ?
Elle a été très difficile. Je n’ai même pas voulu l’analyser dans le sens où il y a eu énormément de choses qui n’allaient pas bien. Quelque part, c’est perdre du temps de repenser à ça. Il faut repartir sur autre chose. C’était vraiment une saison compliquée, dure et à oublier. Maintenant, la priorité, c’est de repartir de l’avant, de penser au futur et de faire la meilleure saison possible pour ramener les supporters avec nous surtout. A titre personnel, c’était ma première relégation… Pour moi, le MHSC a toujours été un club de Ligue 1, même quand j’étais petit et que je suivais déjà le Championnat de France depuis la Suisse, mon pays natal. Descendre en Ligue 2 avec ce club-là, ça fait mal au cœur. Quand tu rentres à la maison, tu penses forcément à ces mauvais résultats. C’est compliqué à vivre.

Comment as-tu vécu la préparation avec beaucoup de nouvelles têtes puisque le groupe a été largement renouvelé ?
Il y a eu beaucoup de changements ; que ce soit au niveau des joueurs avec beaucoup de recrues mais aussi une nouvelle structure au sein du club, avec un coach qui a ses idées. La préparation s’est bien passée. On a encore des détails à régler et c’est pour ça aussi que cette trêve peut nous aider à aller de l’avant. On verra dans quelques matchs si cela va porter ses fruits. Je l’espère en tout cas.

Descendre en Ligue 2 avec ce club-là,  ça fait mal au cœur

Quel regard portes-tu sur notre début de championnat ?
Le coach a mis des idées en place. Ce qui est un peu dommage, ce sont nos entames de matchs… Que ce soit contre le Red Star lors de la 1ère journée ou lors de la venue d’Amiens où nous avons eu des difficultés en première période. C’est assez paradoxal car, en seconde mi-temps face aux Picards, tu te délivres, tu prends l’adversaire à la gorge et il n’arrive plus à sortir le ballon, à part, bien sûr, via des dégagements. Si on arrive à se lâcher et à jouer comme ça dès le début de nos matchs, je suis sûr que ce sera positif pour la suite.

Tu as moins d’espace pour t’exprimer car le porteur du ballon est très vite ‘’serré’’, donc il faut voir et penser plus vite

N’avoir que 5 points en 5 matchs, tu te dis que c’est dur ou que ce n’est que le début et qu’il faut être patient ?
Un peu des deux… Après, comme je le disais précédemment, il y a une nouvelle structure ; il ne faut pas oublier qu’on sort d’une saison très difficile et que nous avions peut-être perdu certains automatismes. On voit de bonnes choses au fil des semaines. On ne va pas tout changer du jour au lendemain. Il faut peut-être un peu de temps pour mettre toutes ces choses en place. Je pense que nous sommes sur la bonne voie.

Comment trouves-tu le groupe ?
Il vit bien. Il y a de la qualité et une bonne ambiance. Les joueurs qui sont venus ont une bonne mentalité. Ça bosse bien et ça fait plaisir de travailler dans ces conditions.

De grands noms ont porté ce brassard de capitaine par le passé et faire partie des personnes qui ont eu cet honneur là ne peut pas me laisser indifférent

Le groupe a aussi été rajeuni, ce qui implique un nouveau rôle pour toi… Cela te rajoute-t-il une certaine pression ?
Non. J’essaie de faire mon travail du mieux possible et d’aider aussi mes coéquipiers.  Sur le terrain comme en dehors, il n’y a pas un capitaine et c’est seulement lui qui parle. L’idée, ce n’est pas ça. Nous avons beaucoup de leaders dans cette équipe qui prennent le relais selon les moments.

Quel regard portes-tu sur le championnat et quelles sont, selon toi, les différences entre la Ligue 1 et la Ligue 2 ?
En premier lieu, je dirai l’impact physique. Sur ce début de championnat, c’est ce qui me marque le plus. C’est différent de la Ligue 1. Tu sens peut-être moins de tactique, mais beaucoup plus d’équipes qui ont l’envie ‘‘de faire mal’’, entre guillemets bien sûr, soit par l’impact physique, soit en te piquant en contre-attaque. Tu as aussi moins d’espace pour t’exprimer, surtout en milieu de terrain car le porteur du ballon est très vite ‘’serré’’, donc il faut voir plus vite, il faut peut-être penser plus vite aussi.

Ça t’a surpris ou tu t’y attendais ?
Le coach nous avait prévenu avant le début de championnat que ça serait une bataille à chaque match ; surtout que tu es Montpellier, une des équipes qui descend de Ligue 1. Nous sommes et nous serons attendus. C’est pour cela qu’il faut mieux commencer les matchs et se battre jusqu’à la fin.

Outre ces entames de match, quels sont les axes de progression de l’équipe ?
On est en début de saison, avec un nouveau groupe, donc il faut peaufiner les automatismes pour être plus efficaces dans tous les secteurs, défensivement comme offensivement et dans la finition. Comme lors de la 2ème mi-temps contre Amiens, à nous d’essayer de garder un peu plus le ballon parce que nous avons les joueurs pour y parvenir. A nous aussi de peut-être mieux terminer nos actions mais, là aussi, je reste positif car on se crée quand même pas mal d’occasions. Ce sont des petits détails à régler pour être au top.

Tu as aussi changé de poste à l’intersaison puisque le coach t’a repositionné en milieu de terrain. Comment appréhendes-tu cela ?
Mon poste de référence a toujours été défenseur central, même si j’ai effectué plusieurs matchs au milieu, notamment avec les sélections nationales suisses de jeunes. Si je peux aider l’équipe à ce poste-là, je le fais avec plaisir. Je me sens bien aussi au milieu. Au fil des matchs, j’ai plus de repères, plus de sensations car ça faisait quand même longtemps que je n’avais pas évolué à ce poste. Il me faut encore un peu plus d’automatismes, un peu plus de jeu vers l’avant aussi, mais cela passe par une meilleure prise d’informations et de plus de prise de risques aussi par moments. Je pense que ça va venir avec le temps. Quand tu es derrière, tu as plus de temps car le jeu est face à toi. Au milieu, tu en as moins car tu es tout de suite mis sous pression, surtout en Ligue 2. Ça nécessite de l’adaptation et du temps mais j’y travaille et nous y travaillons, autant individuellement que collectivement.
Contre Troyes, j’ai aussi terminé le match en charnière centrale. Le coach voit ce qui est le mieux par rapport aux matchs et aux adversaires, mais je me donnerai toujours à 100%. Que je joue derrière ou au milieu, cela ne change rien.

Il est important de décrocher la victoire devant notre public, d’avoir ce succès référence à la maison et de le fêter avec nos supporters

Tu portes aussi désormais le brassard de capitaine…
Oui. C’est une fierté et un honneur, d’autant que le MHSC est un club historique. De grands noms ont porté ce brassard par le passé et faire partie des personnes qui ont eu cet honneur là, ne peut pas me laisser indifférent. C’est une fierté pour moi et pour ma famille aussi. Je vais essayer de le rendre au maximum sur le terrain en faisant honneur à ce club. Après, ça ne va rien changer à mon jeu, ni à ma mentalité. Je reste le même.

Comment abordes-tu la réception du Sporting Club de Bastia, ce samedi après-midi à La Mosson ?
Comme je l’ai souvent dit par le passé, je suivais beaucoup la Ligue 1, quand j’étais plus jeune et Bastia est aussi un club historique que j’ai souvent vu à la télé. Après, au-delà de notre adversaire, il est important de décrocher la victoire devant notre public, d’avoir ce succès référence à la maison et de le fêter avec nos supporters. Partager une victoire avec notre public est quelque chose de spécial et on souhaite vivre cette sensation le plus rapidement possible… Alors pourquoi pas dès ce match-là ! (sourire)

Quels sont tes objectifs personnels et collectifs pour cette saison 2025-2026 ?
A titre personnel, c’est d’apporter le maximum à l’équipe, sur et hors du terrain, d’aider mes coéquipiers au maximum et de faire le plus de bons matchs possibles. Collectivement, l’objectif est d’essayer de glaner un maximum de victoires. C’est compliqué de se fixer des objectifs à moyen et long termes. Même si on veut toujours jouer le haut du tableau, c’est trop tôt pour le dire. On verra au fil de la saison. A court terme, il faut gagner des matchs et retrouver ce plaisir de gagner justement. Le reste viendra ensuite. A ce titre, le soutien des supporters est très important. On a vu sur nos 2 premiers matchs à la maison où nous avons réussi, avec l’aide du public, à revenir au score après avoir été menés. Les deux fois, à 0-1, on entendait toujours nos supporters chanter, nous supporter et ça nous a donné ce coup de boost pour revenir. Nous allons faire le maximum pour ce club, pour eux, afin de ramener le MHSC là où il mérite d’être.

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