Équipe pro masculine

Enzo Tchato : « Sur la bonne voie »

Arrivé au MHSC à l’âge de 7 ans, le latéral droit formé au MHSC se livre sur la relégation en Ligue 2, l’opération reconstruction qui en découle et évoque ses objectifs personnels ; entre club et sélection nationale.

Commençons par refermer le chapitre de la saison dernière. Avec le recul quel regard portes-tu sur cette relégation en Ligue 2 ?
Ça a été une saison très compliquée, très longue et très dure à vivre. Il y a eu beaucoup de moments difficiles mais maintenant, c’est du passé. Ce n’est pas qu’on oublie mais cette relégation est actée et on ne peut rien y changer. Aujourd’hui, nous sommes dans une phase de reconstruction ; le plus important, c’est d’aller de l’avant et de tout donner pour que l’avenir soit meilleur.

Faire partie du groupe pro et voir le club descendre, ça ne fait pas plaisir. Il y a un sentiment de culpabilité et de responsabilité

Tu es un enfant du club donc ça doit être encore plus dur à digérer non ?
Je ne me permettrai pas de comparer ma douleur ou ma déception à qui que ce soit. On ne peut pas se mettre à la place de quelqu’un. Pour ma part, je suis arrivé au club à l’âge de 7 ans ; j’ai évolué au sein de toutes les équipes de jeunes du club, de l’école de foot jusqu’aux pros et j’ai toujours connu le MHSC en Ligue 1. Par conséquent, faire partie du groupe pro et voir le club descendre, ça ne fait pas plaisir. Il y a un sentiment de culpabilité et de responsabilité parce que c’est nous, les joueurs, qui sommes sur le terrain. Par conséquent, si on a fait cette saison-là l’an passé, avec le résultat qu’on connait, c’est en grande partie à cause de nous. D’un autre côté, cela engendre aussi une grosse motivation : celle de remonter le plus vite possible et de remettre le club à sa place, c’est-à-dire en Ligue 1.

Comment as-tu réussi à faire le vide à l’intersaison pour te remotiver ?
La coupure estivale a fait du bien. A notre retour, il y a eu beaucoup de changements au sein du club, de nouveaux joueurs, un nouvel élan qui s’installe, donc ça permet d’aller de l’avant, de penser à l’avenir, de positiver et se dire que des jours meilleurs nous attendent.

La Ligue 2 ça ne t’a pas fait peur ?
Peur non… Mais, on ne va pas se mentir, ça fait bizarre. Mon père (qui a fait partie de l’équipe du MHSC qui est remontée en Ligue 1 en mai 2001, NDLR) et des amis qui jouent en Ligue 2 m’avaient parlé de cette division en me disant que ce n’était pas un championnat facile et c’est aussi ce que je ressens. Que ce soit l’impact, le style de jeu, les adversaires… c’est différent de la Ligue 1. On a l’impression que tout le monde peut gagner contre tout le monde, qu’il n’y a pas vraiment d’équipe supérieure… C’est aussi moins tactique que la Ligue 1. Il y a beaucoup de jeu en transition et ça se rend coup pour coup. Tu n’as pas forcément le temps de contrôler le ballon que tu as déjà des joueurs qui viennent te presser.

Comment analyses-tu ton début de saison personnel ?
Il a été assez compliqué. Je ne sais pas si c’est à cause de la découverte du championnat mais j’ai effectué des matchs très moyens à titre personnel et je n’étais pas forcément satisfait de moi. Mine de rien, ma blessure – même si ça fait toujours ch… de se blesser – m’a permis de prendre du recul sur ces premiers matchs, de les analyser et de me remettre bien physiquement et mentalement. Aujourd’hui, je me sens vraiment d’attaque et motivé plus que jamais pour réaliser la meilleure saison possible.

Que ce soit l’impact, le style de jeu, des adversaires… c’est différent de la Ligue 1.

Avant ta blessure, il y avait eu ta superbe passe décisive contre Le Mans (2ème journée, NDLR) ?
Sur le moment, je ne la vois pas comme une passe décisive de fou (sourire). C’était juste un geste instinctif. Ce n’est qu’après le match, quand on m’en a parlé et que j’ai revu l’action au ralenti, que je me suis rendu compte que le geste était sympa. En tout cas, pour ceux qui pensent que je ne l’ai pas fait exprès, je peux vous assurer que c’était totalement volontaire !

Il faut se rendre compte de la chance qu’on a de pouvoir évoluer au niveau professionnel au sein de notre club formateur

Que penses-tu du début de saison de l’équipe ?
Il est mitigé, avec du bon et du moins bon, mais on monte en puissance. Le club démarre un nouveau cycle et, même si le coach était là en fin de saison dernière, il essaie d’inculquer beaucoup de choses. Il me semble normal que ça prenne un peu de temps à se mettre en place mais je pense que nous sommes sur la bonne voie. A Laval comme à Dunkerque, nous avons souffert mais ces 6 points à l’extérieur sans encaisser de but nous ont fait beaucoup de bien. Je pense que lors du match contre Saint-Étienne, même si nous l’avons perdu (0-2 à La Mosson), nous avons fait des choses intéressantes en termes de contenu. Le coach a beaucoup insisté là-dessus. Je le répète mais je sens une montée en puissance, J’espère que nous allons continuer dans cette voie.

Le coach nous donne des solutions à l’entraînement et, après, c’est à nous de prendre nos responsabilités sur le terrain et de s’approprier ce qu’il nous demande

Vous êtes beaucoup de joueurs issus du Centre de Formation du MHSC à évoluer en équipe fanion et tu es l’un des plus expérimentés d’entre eux. Cela implique-t-il un rôle de grand frère ?
En premier lieu, il faut se rendre compte de la chance qu’on a de pouvoir évoluer au niveau professionnel au sein de notre club formateur. Les plus anciens dans ce cas comme Khalil (Fayad), Lucas (Mincarelli) et moi-même, nous devons avoir un rôle d’exemple pour les plus jeunes qui arrivent parce que nous avons suivi le même cursus. De là à dire un rôle de grand frère, je ne sais pas… mais tout donner pour le club, ça c’est sûr. Je les sens plutôt bien intégrés. Le groupe est relativement jeune, les plus anciens sont également top ; tout le monde peut parler à tout le monde… C’est un groupe qui vit bien.

On a l’impression que Zoumana Camara demande beaucoup à ses latéraux comment décrirais-tu ses demandes ?
Il nous demande d’avoir de la personnalité, de ne pas se cacher. Aujourd’hui, les latéraux ont un rôle important dans le football et le coach met l’accent là-dessus. Il nous donne des solutions à l’entraînement et, après, c’est à nous de prendre les choses en main sur le terrain, de prendre nos responsabilités et de s’approprier ce qu’il nous demande. Cela nécessite beaucoup d’efforts, mais que ce soit Naoufel (El Hannach), Lucas (Mincarelli), Théo (Sainte-Luce) ou moi, nous avons tous cette capacité à répéter les efforts et nous prenons du plaisir à les faire.

Tu as de la concurrence dans le couloir droit avec Naoufel justement…
Il n’y a pas de souci avec ça. Nous sommes là pour aider l’équipe. Nous sommes tous les deux jeunes, même si je suis un peu plus âgé que lui, et nous nous entendons très bien sur le terrain comme en dehors. Notre concurrence est saine. On se tire vers le haut.

La prochaine étape, c’est la venue de Rodez ce vendredi soir à La Mosson…
C’est une bonne équipe de la Ligue 2 qui connaît bien ce championnat puisqu’elle y évolue depuis de nombreuses années maintenant. Il est vrai que nous avons perdu contre eux en match de préparation cet été, mais ça restait un match d’avant saison et beaucoup de choses ont changé des deux côtés, à commencer par les effectifs. Ça va être un bon match à jouer.

C’est une équipe que tu as souvent affrontée chez les jeunes. Est-ce un derby ?
Pour moi, le derby ça reste contre Nîmes. Montpellier et Rodez sont deux villes assez proches géographiquement donc certains disent que c’est un derby mais pour moi non, pas spécialement. Je ne le vois pas comme un derby, mais comme un match entre voisins qu’il faudra aborder avec le plus grand sérieux.

Chaque joueur est concerné et tout le monde a sa carte à jouer dans ces enchaînements de match

Ce match face à Rodez intervient au cœur d’une série de matchs rapprochés. Comment abordes-tu cet aspect-là ?
On préfère ça parce que c’est bien de garder l’aspect compétition en tête, et si, en plus, on peut enchaîner par des victoires c’est encore mieux. Il est certain que, physiquement, ce sera peut-être un peu plus difficile mais le groupe est prêt. Chaque joueur est concerné et tout le monde a sa carte à jouer dans ces enchaînements de matchs.

Quels sont tes objectifs personnels et collectifs cette saison ?
Collectivement, c’est de rester dans le coup pour la course aux barrages, et pourquoi pas la remontée directe, le plus longtemps possible. A titre personnel, j’espère me montrer solide défensivement et parvenir aussi à avoir de bonnes statistiques sur le plan offensif, tout en ayant une certaine régularité.

.

Un message pour les supporters ?
Merci car, depuis le début, ils sont toujours avec nous. On l’a même vu à Dunkerque. Ils répondent présents ; donc, le message, c’est de continuer à nous encourager. Nous avons vraiment un bon groupe, et, avec travail et patience, je suis convaincu que les résultats vont venir et que tout le monde sera content.

Cet hiver, il y a la Coupe d’Afrique des Nations que tu peux potentiellement disputer avec le Cameroun, puis la Coupe du Monde. On imagine que c’est dans un coin de ta tête ?
Oui, toujours, surtout que j’avais disputé la dernière, il y a 2 ans, en Côte d’Ivoire, et ça donne envie de revivre une autre CAN. Je n’ai pas été appelé récemment mais je vais continuer à travailler pour être prêt au cas où et tout donner pour ne pas avoir de regrets. Si je ne suis pas appelé, je serai à fond derrière le Cameroun devant ma télé, et si j’ai la chance d’y participer, je me donnerai à fond comme je l’ai toujours fait. On verra bien mais cette CAN reste un objectif pour moi. Quant à la Coupe du Monde, même si nous devrons passer par les barrages, j’y crois ! La Coupe du Monde, c’est un rêve de gosse donc, c’est sûr que c’est aussi c’est dans un coin de ma tête. J’adorerai vivre cet événement mais on verra au moment voulu.

À lire aussi