Nathanaël Mbuku : « Un groupe merveilleux »
Ce mardi 23 décembre (13h30), l’équipe de la République Démocratique du Congo (RDC), fait son entrée en lice dans la Coupe d’Afrique des Nations 2026. Avant de s’envoler pour le Maroc, où se déroule cette édition, Nathanaël Mbuku a pris quelques minutes pour évoquer ce défi et ce qu’il en attend.
En premier lieu, comment abordes-tu cette Coupe d’Afrique des Nations 2026 ?
Ce sera ma première CAN et j’ai vraiment hâte d’y être. J’en ai parlé avec les anciens du groupe, ici à Montpellier comme en sélection, et ils m’ont dit que ça allait être quelque chose d’énorme ; que c’était une compétition et une expérience à vivre et un moment exceptionnel, donc je suis impatient d’arriver au jour J.

Je vais simplement me donner à fond, mettre mes qualités au service du groupe
Comment décrirais-tu cette sélection de la République Démocratique du Congo ?
Les joueurs qui composent cette sélection se complètent bien, que ce soit sur ou en dehors du terrain. Nous avons du talent à tous les postes. Notre équipe monte en puissance et évolue bien au fil du temps. Nous avons à la fois des joueurs cadres expérimentés et des plus jeunes – dont je fais partie – qui font la transition pour les années à venir. Notre groupe est exceptionnel. Le coach (Sébastien Desabre) met de bonnes choses en place. Il a apporté de la discipline et de la rigueur, tout en prenant du plaisir sur le terrain. On travaille bien et je trouve que cette évolution positive s’est ressentie, notamment durant notre campagne de qualification. Nous allons partir à la CAN avec nos armes et la volonté de montrer que, nous aussi, pouvons rêver grand.
Quel regard portes-tu sur vos adversaires du premier tour : le Sénégal, le Bénin et le Botswana ?
Ça va être de très beaux matchs. A nous de bien les préparer. Déjà, il y a une petite revanche contre le Sénégal qui nous a battu chez nous et a empoché la qualification directe pour le Mondial. Après, le Bénin et le Botswana sont de bonnes équipes. On va les analyser et s’y préparer au mieux. Contre le Bénin, je vais aussi retrouver mon ancien coéquipier à Augsbourg, Steve Mounié, qui a également joué à Montpellier. Quand je l’ai connu en Allemagne, ça a matché tout de suite entre nous et le fait de le recroiser là, ça va être forcément particulier. Steve est quelqu’un de merveilleux. Je le considère comme un grand frère. J’en profiterai pour lui chanter sa musique parce qu’un artiste béninois a fait une chanson pour lui. A Augsbourg, on la lui mettait à fond dans le vestiaire et on le taquinait avec ça ! (rire).


Quels sont tes objectifs personnels et collectifs dans cette CAN 2026 ?
D’abord la santé ; ne pas se blesser. J’espère que tout va bien se passer de ce point de vue-là. Ensuite, j’espère engranger un maximum de temps de jeu et pouvoir aider ma nation à aller le plus loin possible en apportant ma pierre à l’édifice. Je vais simplement me donner à fond, mettre mes qualités au service du groupe et j’espère être décisif sur le terrain quand on fera appel à moi.
Si on peut faire plaisir à nos supporters en gagnant des matchs, on ne va pas se priver de leur donner du bonheur. Ce serait quelque chose d’énorme.

Vous êtes-vous fixés un tour à atteindre dans cette CAN ?
Certains disent qu’on fait partie des favoris, mais moi, je ne dirais pas ça. Je pense que nous sommes en progression. Nous allons aborder cette compétition avec beaucoup d’humilité et Dieu seul sait où on s’arrêtera… J’espère le plus tard possible ! (sourire). Si on peut faire plaisir à nos supporters en gagnant des matchs, on ne va pas se priver de leur donner du bonheur. Ce serait quelque chose d’énorme.
Nous allons aborder cette compétition avec beaucoup d’humilité et Dieu seul sait où on s’arrêtera… J’espère le plus tard possible ! (sourire).
Quel est ton rôle dans cette sélection ?
J’ai évolué au sein de toutes les équipes de France de jeunes, de U16 à Espoirs et ça fait maintenant un an que je joue avec la sélection nationale de RDC. Je fais partie de la nouvelle génération, au même titre que Sadiki (Sunderland), ou Mukau (Lille) pour ne citer qu’eux. Le sélectionneur, Sébastien Desabre, peut me faire évoluer à plusieurs postes et me laisse beaucoup de libertés dans le jeu, que ce soit au poste de n°10 ou d’ailier. Nous pouvons aussi compter sur des cadres plus expérimentés comme Bakambu (ex Sochaux et OM), Moutoussamy (ex-Nantes) ou Arthur Masuaku (Sunderland) qui nous apportent cette expérience-là que nous les jeunes, n’avons pas encore.

Il n’y a aucune rivalité, aucune guerre d’égo ; c’est un vrai groupe, un groupe merveilleux j’espère qu’on ira loin.
Raconte-nous votre qualification pour le dernier tour de barrage vers le Mondial 2026 ?
C’était spécial… très spécial même ! Je n’avais jamais ressenti ça auparavant et c’est sans doute le moment le plus fort de ma carrière à ce jour. La configuration était particulière, déjà, avec deux matchs à élimination directe, sur terrain neutre, au Maroc, disputés à quelques jours d’intervalle. Nous avons éliminé deux grosses équipes, que ce soit le Cameroun ou le Nigeria. C’était un gros challenge pour nous et, je pense, qu’on en a surpris plus d’un. Ça fait plaisir de voir que, nous aussi, on peut battre des gros. C’était une expérience inoubliable ! Maintenant, rien n’est encore acté puisque nous devons encore passer un dernier tour de barrage en mars pour décrocher notre billet pour la Coupe du Monde. Nous savons que ce ne sera pas facile mais nous restons concentrés. Nous savons que nous avons une chance de créer l’exploit. Après avoir échoué dans la qualification directe face au Sénégal, tout le monde nous voyait ‘’morts’’ entre guillemets et nous avons a eu cette capacité à se relever. A nous de valider et de nous qualifier pour cette Coupe du Monde
Qu’as-tu ressenti au moment de ce succès aux tirs au but contre le Nigéria ?
C’était incroyable ! Après avoir concédé l’ouverture du score, nous nous sommes parlés mais nous étions sereins. De plus, le Nigeria avait marqué assez tôt dans le match et on s’est dit qu’il fallait simplement se libérer et c’est ce qu’on a fait. Une fois que nous avons égalisé, nous avons pris l’ascendant sur le match et je pense même que nous aurions pu marquer avant la séance des tirs au but. Dieu merci, cette séance nous a souri et, désormais, nous attendons ce match du mois de mars pour, je l’espère, poursuivre ce rêve.
On a l’impression que cette équipe a une force en elle…
C’est une famille ! Au quotidien, tout le monde se tire vers le haut, tout le monde veut le meilleur pour son pays et son coéquipier, et chacun d’entre nous a le même but. Il n’y a aucune rivalité, aucune guerre d’égo ; c’est un vrai groupe, un groupe merveilleux j’espère qu’on ira loin.


La perspective de jouer la Coupe du Monde c’est dans un coin de ta tête ?
Bien sûr ! J’y pense tous les jours, je regarde des vidéos… C’est un rêve de gosse de jouer une compétition comme la Coupe du Monde. Maintenant, rien n’est fait et nous allons tout donner pour décrocher cette place au Mondial que le pays n’a plus obtenu depuis 52 ans. On s’est donné le droit de rêver et de créer l’espoir mais le chemin est encore long. Il reste des échéances en club comme en sélection. Chaque chose en son temps.
Comment vas-tu suivre les performances de tes coéquipiers du MHSC durant cette CAN ?
Je vais leur envoyer toute ma force et je serai leur premier supporter ; je vais stresser un peu aussi parce que je veux qu’on gagne des matchs pour remonter au classement.
Nous allons tout donner pour décrocher cette place au Mondial que le pays n’a plus obtenu depuis 52 ans. On s’est donné le droit de rêver et de créer l’espoir mais le chemin est encore long.

Pour conclure, quel regard portes-tu sur ton début de saison personnel et celui du MHSC ?
Le club comme moi, nous sommes en reconstruction ; l’équipe parce qu’elle sort d’une saison difficile et que l’effectif a été profondément renouvelé et moi car je sors de 2 saisons assez compliquées. Je monte en puissance, l’équipe aussi et je suis sûr que cette montée en régime va se poursuivre tout au long de la saison. Nous avons un super groupe, avec une bonne ambiance et, comme le dit le coach, c’est à nous de retranscrire ça sur le terrain. La Ligue 2 est un championnat long, homogène où tout peut changer du jour au lendemain. Il faut rester concentré, prendre les matchs avec beaucoup d’humilité et bien les accorder pour obtenir les meilleurs résultats possibles.


