Equipe pro féminine

Elisa Rambaud, l’invitée (presque) surprise

Titularisée une seule fois la saison dernière – lors de la première journée, face au Paris Saint-Germain à Grammont – la jeune joueuse de 19 ans vient d’enchaîner quatre présences consécutives dans le 11 de départ et postule à une cinquième, ce samedi à Toulouse (15h), lors du deuxième match de la phase de groupe de la coupe de la LFFP.

A 19 ans, Elisa Rambaud est encore bien trop jeune pour savoir jusqu’où sa carrière la mènera, ni quel record elle pourra éventuellement décrocher au cours de son voyage en ballon rond, qui ne fait, sommes toutes, que commencer. Malgré ce, elle a déjà sa petite ligne statistique bien à elle dans le livre d’histoire du football féminin à Montpellier. En effet, le 11 septembre dernier face à l’OM, la native d’Écully est devenue la première joueuse montpelliéraine à marquer un but dans la toute nouvelle coupe de la LFFP, créée cette saison : « Je ne le savais pas. Je n’avais pas du tout fait le rapprochement », sourit Elisa. « Même si ce n’est qu’anecdotique, j’en suis plutôt fière mais, ce qui me fait le plus plaisir, c’est d’avoir aidé l’équipe ce jour-là, en lui permettant de réduire l’écart et de croire à nouveau à la victoire. »

Cette première saison entière avec l’équipe première a été très enrichissante. Le fait de m’entraîner au quotidien avec le groupe pro m’a permis de beaucoup progresser, à tous les niveaux

Un succès qui a bien failli se concrétiser puisque le but d’Ilona Koko (inscrit quelques minutes plus tard) a permis aux Montpelliéraines – pourtant menées 0-2 – de revenir à 2-2 avant de s’incliner lors de la séance des tirs au but, ce qui lui a permis de glaner son premier point dans cette compétition*: « Nous n’étions pas contentes de notre première mi-temps, qui ne reflétait pas du tout ce que nous savons faire. », reprend notre interlocutrice. « Le deuxième but encaissé dès le début de la seconde période nous a encore mis un coup sur la tête mais je trouve que l’équipe a bien réagi. Nous avons su nous remotiver, montrer de belles choses et je pense même que nous avons fait douter cette équipe de Marseille. C’est dommage que l’on ne parte pas avec, soit les deux points de la victoire aux tirs au but, soit les trois points de la victoire dans le temps réglementaire. »

Sur un plan plus personnel, Elisa Rambaud n’a plus quitté le onze de départ héraultais depuis ce match face aux Phocéennes, elle qui n’avait connu qu’une seule titularisation depuis ses débuts en pros, lors de la première journée de la saison passée. « Cette première saison entière avec l’équipe première a été très enrichissante », affirme celle qui a signé son premier contrat professionnel durant l’été 2024. « Le fait de m’entraîner au quotidien avec le groupe pro m’a permis de beaucoup progresser, à tous les niveaux. C’était une première année de découverte, d’apprentissage et d’adaptation, notamment au niveau du rythme. » Elle poursuit : « J’ai beaucoup appris tactiquement, notamment grâce à l’analyse vidéo, qui m’a permis de mieux comprendre l’utilité de certains déplacements, avec et sans ballon, que je ne saisissais pas forcément pleinement jusqu’ici. J’ai aussi dû m’endurcir sur l’aspect mental parce que je n’ai pas beaucoup joué, donc, il a fallu s’accrocher. »

En moins de deux mois de compétition, Elisa Rambaud a quasiment doublé son temps de jeu en pro par rapport à l’ensemble de la saison passée (285 minutes depuis le début de l’exercice en cours contre 143 min en 2024-2025). A cela s’ajoute le fait de ne plus seulement devoir jouer les jokers : « Quand on arrive chez les grandes, le plus dur, c’est d’arriver à montrer ce qu’on sait faire à l’entraînement, malgré le talent qu’il y a autour de nous », explique-t-elle. « En plus, on doit se contenter du temps de jeu qu’on nous donne – ce qui est normal quand on est jeune – mais on doit surtout prouver le maximum dans cet espace-temps. C’est totalement différent de débuter un match ou d’entrer en cours de jeu. Au début de match tu as le temps de monter en intensité alors que, quand tu rentres, il faut que tu sois directement à fond. Ces titularisations m’ont permis de prendre beaucoup plus de repères avec l’équipe, ce que je n’avais pas forcément eu l’opportunité de faire jusque-là. La confiance que me donne le coach me permet de me libérer de plus en plus sur le terrain et j’en suis très contente. »

C’est totalement différent de débuter un match ou d’entrer en cours de jeu. Au début de match tu as le temps de monter en intensité alors que, quand tu rentres, il faut que tu sois directement à fond

Numéro neuf ou joueuse offensive de couloir à son arrivée chez les jeunes, puis n°10 voire dix et demi, l’ancienne pensionnaire du Pôle Espoirs de Lyon, post-formée à Montpellier, a aussi dû alterner entre deux postes depuis le début de la saison. Placée en position relayeuse devant la sentinelle au cœur du 4-3-3 de Yannick Chandioux contre l’OM puis à Dijon, elle vient d’enchaîner les deux dernières rencontres au Havre puis contre Strasbourg dans une position de milieue excentrée : « J’ai toujours été polyvalente, même si relayeuse a le plus souvent été mon poste chez les jeunes la saison dernière », assure-t-elle. « Ces deux postes font appel à des qualités différentes mais je ne suis pas non plus perdue quand j’en change. Je prends ce que j’ai à prendre et j’essaie de donner tout ce que je peux pour l’équipe. »

La confiance que me donne le coach me permet de me libérer de plus en plus sur le terrain et j’en suis très contente

Ce regain de forme lui a aussi permis d’oublier un été marqué par son absence de la liste des joueuses tricolores convoquées pour le Championnat d’Europe U19, disputé en Pologne, elle qui avait disputé l’édition précédente en étant surclassée : « Cela n’a pas été un moment facile à vivre, c’est certain, mais il a fallu rebondir, on n’a pas vraiment le choix », répond-t-elle lorsqu’on lui demande si la cicatrice de ce rendez-vous manqué est refermée : « Je suis compétitrice et j’ai évidemment envie de participer à toutes les compétitions et notamment à celle-ci. Malgré tout, j’ai essayé de transformer cela en source de motivation, en me disant que la prochaine échéance internationale serait pour moi. » Ce sera la Coupe du Monde U20, prévue en septembre 2026 en Pologne : « Même si c’est un horizon un peu lointain, j’espère vraiment y être », poursuit la jeune Montpelliéraine. « Avant, il y a aussi des sélections U23 à aller chercher et je vais tout donner pour y parvenir. »

Nous ne sommes pas là pour calculer ; nous voulons gagner chaque match, quelle que soit la compétition

En attendant, il y a une saison à réaliser au MHSC Féminines avec, pour Elisa « l’objectif de faire la meilleure saison possible, de montrer ce que nous sommes capables de faire parce que je crois vraiment cette équipe », détaille notre interlocutrice. « Sur le plan personnel, j’espère jouer le plus possible et apporter un maximum à l’équipe. »

Un équipe très rajeunie cet été et qui a enfin lancé sa saison en battant Strasbourg à Grammont le week-end dernier, après 4 défaites de rang toutes compétitions confondues pour autant de matchs officiels disputés : « Le mot qui résume le plus notre début de saison, c’est frustration », analyse Elisa Rambaud. « À Dijon, on fait une super première mi-temps ; au Havre, on arrive encore plus à élever notre niveau en réalisant une très belle première période également, mais à chaque fois, on se fait rejoindre puis dépasser au tableau d’affichage. Heureusement, Sonia (Ouchene), Marie (Levasseur) et le coach ont eu les bons mots pour parvenir à nous remotiver. Après la défaite au Havre, on s’est dit qu’on n’avait plus le choix ; qu’il fallait gagner contre Strasbourg, que nous avions le talent pour y parvenir et c’est ce qu’il s’est passé. Cette victoire a vraiment fait du bien. Ce succès confirme ce que l’on pense, c’est-à-dire que nous sommes capables de gagner des matchs. J’espère que ça va continuer et que l’on va pouvoir enchaîner. »

Ce sera l’objectif ce samedi à Toulouse (15h), pour le 2ème des 3 matchs de groupe de la Coupe LFFP. Un pensionnaire de D2 que les Montpelliéraines ont déjà rencontré durant la trêve estivale et qu’elles avaient battu 1-0 grâce à un penalty… d’Elisa Rambaud : « Le TFC est une très belle équipe qui nous avait posé pas mal de problèmes et qui, je pense, va jouer la montée dans l’élite cette saison », analyse l’intéressée, qui suit des études de commerce à distance, en parallèle de sa carrière de sportive de haut niveau. Et lorsqu’on lui demande si le match important qui se profile samedi prochain à domicile contre Lens en championnat va pousser les Montpelliéraines à s’économiser ou à calculer, sa réponse est sans équivoque : « Ne pas jouer à fond cette coupe LFFP ne m’a pas effleuré l’esprit une seule seconde et je pense que c’est le cas pour aucune joueuse de l’équipe. Nous ne sommes pas là pour calculer ; nous voulons gagner chaque match, quelle que soit la compétition. » Souvent buteuse chez les jeunes lorsqu’elle venait jouer dans la Ville Rose, Elisa Rambaud serait en tout cas bien inspirée de marquer à nouveau samedi. Histoire d’aider son équipe et de confirmer encore un peu plus sa progression et, pourquoi pas, une affinité particulière avec cette nouvelle compétition.

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