Histoire

Les 4 glorieuses de Geoffrey Doumeng

Ancien joueur du MHSC, Geoffrey Doumeng a vécu 4 montées en Ligue 1 avec 4 clubs différents et 3 titres de Champions à la clé. Il raconte…

2000-2001 AVEC LE MHSC : « Affectivement, c’était la plus belle »

« C’était mes six premiers mois avec les pros. En janvier 2001, si je me rappelle bien. L’équipe marchait plutôt bien, on était dans les trois premiers, mais après une superbe phase aller (avec notamment 6 victoires lors des 6 premiers matchs de la saison, NDLR), on commençait un peu à s’essouffler. De mon côté, je jouais en réserve et je m’entraînais avec les pros. Un jour, Michel Mézy m’appelle et me dit : ‘‘On va essayer de te faire jouer un petit peu’’. J’étais rentré une dizaine de minutes contre Le Havre, puis, le match suivant, Michel me met titulaire et j’ai fini la saison, avec la remontée en L1 derrière, un an à peine après être descendu, ce qui était très rare à l’époque. On jouait plutôt en 4-4-2, ce qui n’était pas mon schéma de prédilection puisque j’étais n°10 mais Michel avait trouvé la formule, il me disait : ‘‘Tu vas où tu veux, mais tu te replaces à droite’’ Comme, derrière moi, j’avais Francis Llacer, c’était top quand je rentrais dans l’axe ; à la fois pour me couvrir ou proposer le dédoublement. C’était vraiment des super moments. Collectivement, cette accession était méritée. On avait une base solide, avec des anciens qui étaient restés comme Franck Silvestre, Nenad Džodić, Nicolas Ouédec, Fabien Lefèvre … et des jeunes qui débutaient comme Maoulida, Madouni, Riou, Vercoutre ou Barbosa… Vivre une montée dans son club formateur pour sa première année chez les grands et signer pro derrière, c’était vraiment top. Sur un plan affectif, c’était ma plus belle accession. Je me souviens aussi de Fabien Lefèvre. J’avais un peu pris sa place, mais il était toujours exemplaire et dans l’esprit, pour le collectif. Avec les plus anciens, on se titillait mais c’était toujours pour notre bien, pour nous faire progresser et pour le bien de l’équipe. Parfois, on se faisait bouger mais c’était toujours avec un but bienveillant. »

2004-2005 AVEC NANCY : « Je n’ai jamais autant couru de ma vie »

« Je fais 3 ans en Ligue 1 avec le MHSC, puis Nancy me propose de les rejoindre durant l’été 2004. C’était la première fois que je quittais la Région. Quand tu arrives dans l’Est, rien qu’avec le froid, ce n’était pas facile de s’adapter, mais j’ai senti d’emblée qu’il y avait un bon projet. Nancy avait terminé aux portes de la montée les saisons précédentes. Il y avait un bon noyau et ils ont su prendre trois, quatre, cinq joueurs – comme Elie Kroupi ou Laurent Dufresne par exemple – qui étaient aguerris à la Ligue 2 pour encadrer des jeunes comme Diakathé, Chrétien ou Puygrenier. C’était une armée, avec de vrais guerriers. Dans chaque ligne, il y avait des joueurs d’expérience, des anciens pour les encadrer les jeunes et des recrues qui apportaient un vrai plus. On encaissait très peu de buts et on arrivait toujours à en marquer un. On jouait en 5-3-2 ou en 4-4-2 losange et j’évoluais juste derrière les 2 attaquants. Là aussi l’état d’esprit était primordial. On allait s’entraîner en forêt et le préparateur physique nous faisait enchaîner les 15-15…. Je n’ai jamais autant couru de ma vie que cette année-là ! (sourire). Sur un plan plus personnel, j’ai quand même moins joué, peut-être parce que le système de jeu m’était moins favorable car on jouait souvent sur les transitions. Quoi qu’il en soit, le coach, Pablo Correa (qui est revenu sur le banc de Nancy actuellement), avait trouvé la solution tactique par rapport aux joueurs qu’il avait à sa disposition… et ça avait payé. À chaque fois que je suis monté, le coach avait réussi à trouver la bonne construction du groupe et la bonne harmonie… Et à Nancy aussi, cela avait été le cas. »

2005-2006 AVEC VALENCIENNES : « Un accomplissement personnel »

« Je finissais la préparation avec Nancy et je me blesse au tibia durant le dernier match de pré-saison. Il me restait un an de contrat. Antoine Kombouaré (qui venait d’être nommé sur le banc valenciennois) m’appelle et me demande si le projet m’intéresse. Je me soigne, j’attends les 3-4 premiers matchs et je vois que l’équipe enchaîne les bons résultats. Même si Valenciennes était un promu en L2 qui arrivait du National, ils avaient fait signer Maxence Flachez derrière, Laurent Dufresnes avec qui j’étais monté à Nancy… Il y avait des moyens avec Toyota dont l’usine n’était pas très loin et qui était sponsor maillot donc ça m’a fait réfléchir. L’avant dernier jour du mercato, Kombouaré me rappelle et je lui dit : ‘’Tout ce que je veux, c’est jouer’’ Je me soigne pendant les premiers mois, puis il m’a fait jouer. Quand j’étais moins bon, il me disait : ‘’Tu as été nul, une fois, pas deux !’’ et il me maintenait dans l’équipe. Du coup, j’avais vraiment envie de lui rendre cette confiance. Cette équipe de Valenciennes transpirait les valeurs du Nord, la grinta. C’était un 4-4-2 classique, sur des rails, avec un coach qui avait compris que, dans le Nord, il fallait mouiller le maillot et s’arracher ; mais tout en gardant un esprit joueur, La preuve, il m’avait reculé d’un cran, en me passant (lui, le numéro 10 de formation, NDLR), dans les 2 numéros 8 de son système. J’y ai joué pendant trois ans et je pense que ce sont mes meilleures années de footballeur. La recette était connue : un bon recrutement de joueurs d’expérience, l’éclosion de 2-3 jeunes qui étaient en National, qui sont montés, dont Steve Savidan qui claquait but sur but et, bien sûr, un super état d’esprit. Avec le recul, je me dis qu’une équipe promue de National qui termine championne de Ligue 2, même si, entre temps, Bastia a réussi cet exploit en 2012, ce n’est pas près d’arriver à nouveau. Cette montée avec VA a été un accomplissement personnel. Quand un coach te fait confiance et qu’il te fait jouer tout le temps, même quand tu es moins bon, tu gagnes en confiance, en maturité et c’est vraiment plaisant. »

2008-2009 AVEC LENS : « Tout le monde voulait nous battre »

« A Lens, il fallait monter à tout prix. C’était une autre dimension. Un peu plus d’un an avant, le Racing rate la qualification pour la Ligue des champions lors de la dernière journée et derrière, ils vivent une saison galère et descendent en Ligue 2, alors que l’effectif était construit pour jouer l’Europe. Ça m’a permis d’aller à Lens, sinon, je n’aurais sans doute jamais eu l’opportunité d’y jouer. Avec l’équipe qu’on avait, je savais qu’on allait monter. Quand Gervais Martel m’a appelé pour les rejoindre à l’aube de cette mission remontée, je me suis dit : ‘’Si on ne monte pas là, je ne comprends plus rien au foot’’ parce qu’il avait quasiment gardé tout le monde ! Runje, Kovacevic, Demont, Maoulida, Dindane… J’avais signé 3 ans et nous sommes remontés tout de suite. Tous les matchs étaient difficiles parce que tout le monde nous attendait et voulait nous battre. Quand tu joues en L2 et que tu viens à Lens devant 45 000 personnes, je peux te dire que même nous, en étant joueurs de Lens, on avait cette pression-là, cette adrénaline… alors je n’ose pas imaginer les adversaires. Ça devait trembloter un petit peu. L’autre beau côté de l’histoire c’est que le MHSC (qui était d’ailleurs venu s’imposer 2-1 à Bollaert cette saison-là, NDLR), accède aussi à l’élite au soir de cette dernière journée. Même si j’étais focalisé sur mon club de l’époque, c’est-à-dire Lens, c’était un beau clin d’œil du destin de voir le MHSC remonter dans l’élite le soir même de ma dernière accession. »

Un grand merci à l’AS Nancy Lorraine, au Valenciennes FC et au RC Lens pour les photos

À lire aussi