Histoire

Tino Costa : « Montpellier, c’était parfait pour moi »

Le 2 février 2009, le milieu de terrain argentin réalisait une Masterclass (2 buts, une passe décisive), qui permettrait au MHSC de s’imposer face à Boulogne, alors que les 2 clubs étaient en lutte pour la montée en Ligue 1. Un peu plus de 15 ans plus tard, il raconte cet épisode et le lien indéfectible qui le lie au MHSC

Tino, avant la Paillade il y avait eu Sète…
Je sortais d’une bonne saison à Pau, puis je signe à Sète, un club de Ligue 2
qui descendait en National mais qui gardait le statut pro, et pour moi c’était important. On fait un très bon championnat et on a loupé la montée vraiment de peu. L’entraîneur, Thierry Laurey, un ancien Montpelliérain d’ailleurs, avait construit quelque-chose de très bien ; un mélange de très jeunes, de jeunes et de plus anciens qui a très bien marché. Moi, je connaissais déjà un peu le National et ça m’a permis de faire une de mes meilleures saisons à ce niveau-là.

Cela m’a fait de la peine que le MHSC descende en Ligue 2 la saison dernière

En fin de saison est arrivé ton transfert du côté de la Mosson….
Quand arrive Montpellier, c’était parfait pour moi car je connaissais la région, j’étais bien à Sète, je m’étais fait pas mal d’amis et, pour moi, rester dans le coin c’était rester dans un certain confort au niveau de ma vie personnelle. J’avais déjà beaucoup voyagé depuis tout petit alors, rester dans la même région, c’était important pour la stabilité, surtout émotionnelle, et pour pouvoir faire une saison comme j’ai fait avec le MHSC l’année d’après.

Quand tu arrives, il y avait beaucoup d’attentes et vous avez dû lutter jusqu’au bout pour la montée en L2…
Cela faisait 5 saisons que le MHSC cherchait à monter. Avec Rolland Courbis, le club avait fait un bon mélange pour constituer l’effectif. Il y avait eu l’arrivée de bons joueurs de Ligue 2, ou de joueurs comme moi qui avaient faim, qui avaient l’envie d’aller chercher des choses ; d’aller chercher la gloire si l’on peut dire. On nous a tout de suite mis parmi les favoris. Mais durant le championnat, on a eu quelques matchs où on a laissé filer des points que nous n’aurions pas dû perdre. On arrive à 6 matchs de la fin avec l’obligation d’en gagner 5, je crois. Tout le monde nous mettait en dehors de la lutte pour l’accession. Mais on lutté jusqu’au bout pour parvenir à décrocher cette ‘‘finale’’ contre Strasbourg à La Mosson.

Ressentais-tu une certaine pression pour cette montée que vous recherchiez avec tout un club ?
Une pression, sincèrement non. Parce que moi, personnellement, je partais de très loin… C’était la possibilité de ma vie de faire une montée. Je le prenais plus comme une chance, une porte vers l’avenir.

Te rappelles-tu cette lutte magnifique à quatre avec Lens, Strasbourg et Boulogne ?
Oui, bien sûr. D’ailleurs on va à Tours vers la fin, un match qu’on ne devait pas perdre. Il y a deux-trois poteaux, je me rappelle d’un de Bocaly, et aussi d’un sauvetage qu’on fait à la fin … Ça a vraiment été une saison mémorable pour nous.

C’était la possibilité de ma vie de faire une montée. Je le prenais plus comme une chance, une porte vers l’avenir

Boulogne, cela avait été un 0-0 à La Mosson et une victoire 3-0 chez eux, avec deux buts pour toi et une passe décisive…
Je m’en rappelle surtout parce qu’il faisait un froid incroyable ! Il y avait même un doute sur la tenue du match car il avait beaucoup neigé mais ils ont réussi à nettoyer le terrain et on a pu jouer. C’est vrai que j’avais réussi mon match avec deux coup-francs directs et la passe décisive sur le but de Nenad Džodić, sur un coup de pied arrêté aussi. Ce match à Boulogne est un très bon souvenir.

L’invitation aux 50 ans du club m’a beaucoup touchée. Rencontrer tous ces gens, revoir toutes ces images… Même si Loulou n’est plus là, je pense que cela était un très bel hommage pour lui aussi

On se rappelle aussi de vos célébrations avec Victor-Hugo Montaño…
Oui, c’était un peu devenu une rituel, quelque chose qu’on faisait chaque fois avec Victor. On l’a fait une ou deux fois et ça a marché, alors on a continué à le faire… (sourire)

D’une manière générale, quel souvenir gardes-tu de tes deux saisons au MHSC ?
Le MHSC représente beaucoup de choses pour moi. C’est un club de cœur. Montpellier m’a donné la possibilité de devenir joueur professionnel, puis de jouer en Ligue 1. Il m’a permis de me montrer au niveau international, car en faisant de bons matchs ici, cela m’a permis de connaître la Liga espagnole par la suite. Ça, c’est le côté sportif. Après, côté cœur, ce sont les amis que je me suis fait ici. Certains sont de très bons amis d’ailleurs. J’ai toujours gardé de bonnes relations avec le Président actuel, Laurent Nicollin. D’ailleurs, l’invitation aux 50 ans du club m’a beaucoup touchée. Rencontrer tous ces gens, revoir toutes ces images… Même si Loulou n’est plus là, je pense que cela était un très bel hommage pour lui aussi.

Trouver cette communion pour pouvoir ramener le MHSC en Ligue 1

Tu as terminé ta carrière en 2023/2024 avec Pau, en L2. Quinze ans après, ton dernier passage à ce niveau, comment as-tu trouvé ce championnat ?
Disons que des changements, il n’y en avait pas tellement. Le football a changé au niveau physique surtout. A mon époque j’étais beaucoup plus jeune, je supportais mieux les coups et je courais beaucoup plus mais c’était déjà physique en Ligue 2. Lors de ma dernière saison à Pau, s’il y a vraiment une différence, c’est ça, les impacts, les contacts et la vitesse de jeu qui ont beaucoup augmenté. Ça s’est aussi amélioré au niveau des stades et des terrains. Ça m’a fait plaisir.

Que deviens-tu aujourd’hui ?
Je vis en Espagne à Valence. Cela ne fait pas longtemps que j’ai arrêté ma carrière et j’avais toujours dit qu’une fois ma carrière terminée, je me poserais un peu. Je suis parti à 15 ans, tout seul de chez moi en Argentine, et je n’ai pas arrêté de voyager, de voir des pays, des langues, des maisons différentes jusqu’à mes 39 ans … Au bout d’un moment, la tête commence à fatiguer donc en ce moment j’essaye de déconnecter un peu de tout ça, pas totalement car le football reste toujours ma passion, mais j’essaye de davantage profiter de ma famille, d’organiser un weekend avec eux ou avec des amis. Voilà, c’est surtout la famille en ce moment.

Quel regards portes-tu sur la situation du MHSC aujourd’hui ?
Je ne suis pas le football comme je le suivais. Avant, je regardais tout, je suivais tout à la minute. Désormais je suis tout de même les résultats des clubs où j’ai joué et surtout ceux de Montpellier. Cela m’a fait de la peine que le club descende la saison dernière. Cela a été une saison très difficile pour eux. Je l’ai vécue de près grâce à des amis au club et à quelques joueurs avec qui je parlais. C’est comme ça, c’est le football, c’est difficile. Il n’y a personne qui va te faire de cadeau. Il y a des saisons où cela ne marche pas et cela arrive. J’ai vu que Téji Savanier avait mis un coup franc magnifique à La Mosson contre Amiens ; il faut arriver à trouver cette communion entre joueurs, supporters, dirigeants, club… pour pouvoir ramener le MHSC en Ligue 1. Et que cela le soit pour beaucoup d’années encore.

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