Rétro : Un bon bout de légende à Eindhoven !
Le 3 octobre 1990, le MHSC tient le nul 0-0 chez le PSV Eindhoven (1-0 à l’aller) et se qualifie pour les 8èmes de finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe grace à une organisation tactique remarquable et une détermination à la hauteur de l’évènement.
« A Eindhoven, je pense, et je suis sûr, que j’aurai beaucoup de ballons à négocier. Ça va fuser de tous les côtés, mais nous n’avons pas intérêt à supporter tout le match derrière. » Ces paroles d’avant-match sont celles de Claude Barrabé, portier montpelliérain qui s’apprête à voyager vers les Pays-Bas au sein d’un groupe de 16 joueurs. En face du N°1 pailladin, un monument, Van Breukelen, 10 ans de plus et rompu aux joutes européennes comme l’ensemble d’un PSV de retour en grande forme. Romario, « l’homme qui valait 5 millions de dollars », s’est visiblement remis de sa fracture de la jambe et enchaîne les buts, comme son équipe face à La Haye une semaine plus tôt en championnat (4-0).

Pas question pour autant de planter le bus dans les 16 m selon le coach pailladin, Henryk Kasperczak : « Quand on a la meilleure attaque du championnat de France, il n’y a pas lieu de vouloir jouer la défense sous prétexte qu’on mène 1-0 à la mi-temps. » Son homologue du PSV, Bobby Robson, aligne une équipe offensive, avec deux ailes fortes, dont un Gérald Vanenburg au mieux de sa forme à droite. Eric Gerets, le capitaine Belge, est de retour, un atout offensif de plus pour le PSV, tant le Belge aime prêter renfort lorsqu’il s’agit de lancer les offensives vers le but adverse. Face au « raz de marée » que l’on promet aux troupes de Louis Nicollin, le coach polonnais va donner une leçon tactique : il enlève Carlos Valderrama au dernier moment de la feuille de match au profit de Wilbert Suvrijn et il aligne une défense à cinq avec trois centraux (Laurent Blanc, Manuel Thétis et Franck Lucchesi) et deux latéraux (Pascal Baills et Patrick Colleter).

Le jeu du chat et de la souris avec les médias lors de l’avant-match a bien fonctionné car les Bataves ne s’attendaient visiblement pas à un tel dispositif. Le coup d’envoi est donné à 19h30 et le match étant diffusé en différé sur Canal+ à 21h45, il faut donc s’en remettre à Philippe Sers sur les ondes radios pour suivre la rencontre en live. Sur le terrain, « il fallait tenir les 20 premières minutes coûte que coûte pour les faire douter », révéla le capitaine Laurent Blanc après la rencontre. Ce fût chose faite. Le début de rencontre du futur champion du monde est carrément impressionnant d’aisance technique, d’anticipations et de relances parfaites faisant craindre aux joueurs du PSV la menace de contre-attaques possiblement fatales. Pendant ce temps-là, Franck Lucchesi musèle Romario, et au fil des minutes, les Hollandais perdent patience et montrent quelques signes d’inquiétude.

Ils s’en remettent à de longs ballons devant, du pain béni pour un Jean-Manuel Thétis impérial dans les airs. Assis sur sa chaise pliante modèle Holywood, Bobby Robson n’a cesse de se passer la main dans les cheveux à la vue de son équipe en manque d’imagination. Les Bataves multiplient les offensives mais, dans les cages pailladines, Claude Barrabé est impérial et sauve même son équipe au bon moment au-delà de l’heure de jeu. Un ballon envoyé dans les tribunes et c’est un second carton jaune pour Vincent Guérin qui laisse ses coéquipiers à 10 durant 26 minutes. Mais les Pailladins sont héroïques et ne sont pas loin de l’emporter en fin de match sur un contre de Laurent Blanc. Le suspense est intenable, et la joie de Louis Nicollin au coup de sifflet final est à la hauteur de sa souffrance lors des 5 minutes de temps additionnel. Au coup de sifflet final, il peut aller embrasser ses joueurs, saluer le public pailladin, et prendre une suspension de l’UEFA pour être entrée sur le terrain. Peu importe. Cette qualification relève de l’exploit et figure parmi les hauts faits d’arme du football français en Coupe d’Europe
Feuille technique
PSV Eindhoven 0-0 Montpellier HSC 3 octobre 1990 16e de finale retour de la Coupe des Coupes Philips stadion 24500 spectateurs Arbitre : M. Spirin (URSS) Avertissements au PSV Eindhoven : Heintze (75ème) ; au MHSC : Suvrijn (31ème), Ziober (43ème), Lemoult (72ème) Carton rouge : Guérin (69ème)
PSV : Van Breukelen – Gerets (cap.), De Jong, Valckx, Heintze – Popescu (Kalusha 59e), Vandenburg (cap.), E. Koeman, Ellerman – Bosman (Sheepers 77e), Romario. Entraîneur : Bobby Robson
MHSC : Barrabé – Baills, L. Blanc, Thétis, Lucchesi – Suvrijn, Guérin, Lemoult, Colleter – Xuereb (Ferhaoui, 76e), Ziober. Entraîneur : Henryk Kasperczak



