2000-2001 : Une équipe de guerriers pour la montée (première partie)
Il y a 20 ans, le MHSC réussissait le pari de la remontée immédiate sous la houlette de Michel Mézy. Avec Silvestre, Lefèvre, Pataca, Llacer et les autres, le technicien languedocien avait bâti une équipe qui transpirait l’Esprit Paillade à plein nez. Flashback
Cet été-là, le premier entraînement de la saison ressemblait à un lendemain de cuite et c’est avec une sacrée gueule de bois, après une saison 1999-2000 conclue par une improbable descente en L2, que le MHSC se réveillait. Le mal de crâne était terrible. Il fallait d’abord chasser les doutes et tenter de se remettre la tête à l’endroit. Pour ce faire, Michel Mézy avait fait le choix de recruter des guerriers. Omar Belbey, venu de Nîmes, Bill Tchato (de Nice), et Francis Llacer (PSG), avaient rejoint La Paillade pour muscler un peu l’effectif et le rendre ainsi plus apte aux âpres joutes de la Ligue 2 (pardon, la D2 comme on disait alors). Ajoutez-y une bonne dose d’identité avec le retour au bercail de Fabien Lefèvre, parti à l’AS Monaco quatre ans plus tôt et qui sortait d’un prêt à Nancy, et l’arrivée des Portugais Paulo Sergio (élu meilleur joueur de D2 dans son pays la saison précédente) et celle, en dernière minute, de son compatriote Rixa (numéro 10 pétri de talent mais qui ne se sera finalement jamais vraiment imposé), et vous obtenez le recrutement ambitieux réalisé par les dirigeants cette saison-là ? « J’avais été touché par la situation sportive du club à l’époque, se souvient Fabien. Le fait que rapidement, le coach, Michel Mézy m’appelle et pense à moi dans un moment où il cherchait des gens sur lesquels il pourrait s’appuyer pour espérer remonter. Je ne l’ai pas vu comme une grosse responsabilité mais comme une grande marque de confiance de la part du club. C’était mon club qui me rappelait en expliquant qu’il avait besoin de moi. Reporter le maillot montpelliérain, c’était fort. J’ai ressenti une très grosse motivation, peut-être un peu trop d’ailleurs car je me suis mis une grosse pression. Il y avait une grosse attente et je voulais répondre présent »

« Quand je suis arrivé, 6 mois plus tôt, en janvier 2000, je me suis aperçu de la déception ressentie par les dirigeants, les joueurs et les supporters du club, se souvient Rui Pataca. J’ai essayé d’apporter ma fraîcheur, j’étais vraiment très motivé, j’ai essayé de passer un message positif. J’ai toujours tout donné sur le terrain avec beaucoup d’envie, mais certains scénarios de la deuxième partie de saison nous avaient vraiment laissé un goût très amer, dont notamment la défaite 5-4 à Saint-Étienne. Cet été-là, quand on est reparti en D2, je me sentais embêté par rapport à ce club-là qui m’avait très bien accueilli. Je marche beaucoup à l’affect, le Président Louis Nicollin était proche de ses joueurs et il m’a convaincu de rester, tout comme Michel Mézy qui était très important pour moi. »
DÉPART CANON

Avant même le début des hostilités, la pression est forte. Le Président Louis Nicollin a fixé un objectif sans équivoque : remonter immédiatement dans l’élite afin d’éviter une catastrophe économique. Si l’effectif avait été profondément renouvelé avec les arrivées précédemment citées mais aussi une bonne dizaine de départs, le collectif a finalement pris assez vite, articulé autour du capitaine Franck Silvestre, qui, malgré les nombreuses sollicitations, avait choisi de rester. « Au départ je n’étais pas dans cette idée d’évoluer en L2 car je voulais continuer ma progression. En plus, j’avais 2, 3 offres à l’étranger dont une de l’Atalanta Bergame qui tournait bien l’époque, se souvient Franck Silvestre. Vu l’équipe qui restait et le recrutement qui avait été fait, je me suis dit que le club faisait tout pour obtenir une remontée directe et que ça valait le coup de relever ce défi. Par rapport au Président qui m’avait fait venir et avec qui j’avais de très bonnes relations, je voulais vraiment aider le club à remonter. Son discours ainsi que celui de Michel Mézy m’ont convaincu, et nos premiers résultats m’ont conforté dans l’idée que j’avais fait le bon choix »

Pour preuve, le club pailladin s’impose dès son premier match (3-1) sur la pelouse du promu Beauvais alors entraîné par Jacky Bonnevay. Un match qui portait déjà le sceau du recrutement estival puisque les 3 buts étaient l’œuvre de 3 recrues (Llacer, Belbey et Paulo Sergio / photo ci-dessus). L’amorce d’un début de saison canon, matérialisé par 6 victoires lors des 6 premiers matchs. À ce succès dans l’Oise se rajoutent ceux contre Caen à la maison (2-0), contre le Niort de Frédéric Garny à La Mosson (1-0 avec un but de Frank Silvestre sur coup franc à la dernière seconde du temps additionnel / photo ci-dessous ) « Plus jeune, ce n’était pas mon registre de tirer les coup-francs et puis un jour je m’y suis mis j’y ai pris goût. Mais j’avoue que même moi j’ai été surpris ce jour-là, sourit Franck. Les équipes jouaient de manière très regroupée, c’était difficile de trouver des espaces et, quand on ne trouvait pas la faille, les coups de pied arrêtés étaient bien utiles. »

DOUBLE DERBY GAGNANT
Une victoire à Ajaccio (2-0), et enfin un succès à la maison contre Martigues sur le même score avec pourtant une équipe largement renouvelée. « Je me souviens d’un groupe avec une très grosse mentalité une très grosse motivation et un bel esprit de camaraderie. Tout cela nous a permis de nous mettre vite en haut du classement, raconte Fabien Lefèvre. Le bon début de championnat nous a beaucoup aidés. On a senti qu’on était tous dans le même tempo. Le groupe était bosseur et très joyeux. C’est parti fort et ça a tenu jusqu’à la fin. Par moments ça s’est quelque peu essoufflé mais l’état d’esprit du groupe a fait que nous sommes allés au bout. » « L’amalgame entre les jeunes et les anciens s’est rapidement fait bien fait. Nous, les anciens, nous avions vraiment envie de relever ce défi et les jeunes étaient très respectueux et à l’écoute. Quant à Michel Mézy, en plus d’être un meneur d’hommes, il a amené son vrai savoir-faire, poursuit Franck Silvestre. En plus, quand tu enchaînes 6 victoires lors des 6 premiers matchs, ça te met vraiment en confiance. On n’a pas été extraordinaire lors de certains matchs, mais on arrivait toujours à gagner. On était solide dans le jeu et costaud dans la tête. On avait un groupe formidable, sur le terrain mais aussi en dehors.. Je pense que je n’ai jamais fait autant de bouffes et de fêtes, avec l’ensemble des joueurs que cette année là. Le fait d’être avec des jeunes nous rappelait un peu notre jeunesse aussi. »

J’en ai oublié un n’est-ce pas ? Bien sûr que oui car parmi ces 6 victoires lors des six premières journées, il y en a une diablement importante dès le 3ème rendez-vous de la saison, début août 2000, sur la pelouse du Nîmes Olympique. Pour leurs premières retrouvailles depuis 1993, les deux frères ennemis du Languedoc étaient alors deux clubs ambitieux. Si Montpellier visait la montée, le Nîmes de Dominique Bathenay faisait partie des outsiders crédibles du championnat avec son recrutement ambitieux matérialisé notamment par les venues de Moses en attaque pour épauler Mickaël Pagis (qui partira finalement à Sochaux au mercato d’hiver), mais aussi d’un certain Franck Rizzetto, venu du FC Metz pour mener le jeu des Crocos. Les Gardois attendaient les Montpelliérains de pied ferme… mais dans un match qui s’est apparenté à un véritable combat, les Héraultais avaient sorti le bleu de chauffe. Rui Pataca en première période avait permis aux hommes de Michel Mézy de mener à la pause en reprenant victorieusement une frappe lumineuse de Fabien Lefèvre venu s’écraser sur la barre transversale. Réduit à 10 en début de seconde période après l’expulsion de Francis Llacer, les équipiers de Franck Silvestre avaient ensuite tenu le choc en infériorité numérique avant de doubler la mise en contre en toute fin de match par Toifilou Maoulida. Dans un espace visiteur plein à craquer, le public pailladin pouvait exulter et sortir victorieux de ce premier derby de l’année. « Nous, les anciens, on savait l’importance de ces confrontations entre Montpellier et Nîmes. Le fait d’avoir remporté nos 2 confrontations face aux Gardois a mis un point d’honneur supplémentaire à notre belle saison, même si l’objectif, c’était avant tout de monter » se remémore Fabien Lefèvre. Rui Pataca se souvient également très bien de cette ouverture du score qu’il était allé fêter devant les Gladiators avec un T-shirt de la Butte Paillade 91. « J’ai découvert le derby cette année-là et j’avais marqué à l’aller et au retour, sourit le Portugais. Aller devant les Gladiators de Nîmes avec ce t-shirt, il fallait oser mais je n’avais pas trop conscience de l’ampleur de cette rivalité. Quelques années après, je suis retourné à Nîmes, et j’ai eu des retours par rapport à ça. C’est vrai que c’est une action, en connaissant le contexte, que je ne referai pas aujourd’hui (rires) ! »

Demain, découvrez la seconde partie de notre dossier consacré à la remontée en L1 d'il y a 20 ans.


