Histoire

United Colors of Paillade : Les lions de l’Atlas

Régulièrement, mhscfoot.com vous emmène à la découverte d’un pays de foot à travers ses représentants qui ont porté le maillot montpelliérain. Aujourd’hui, en route pour le maroc et ses nombreux anciens pailladins

13 mai 2012. Le MHSC est sur le point de voir s’échapper le travail d’une année. Face à Lille, il ne reste que quelques poussières de secondes quand Olivier Giroud s’échappe, élimine Chedjou et sert un international Marocain : Karim Aït Fana. Le joueur montpelliérain ne tergiverse pas et fait trembler les filets des Dogues. Le conte de fée est presque à son épilogue. Karim Aït-Fana plonge la Mosson dans une magie indescriptible. Une action, un but, un joueur qui optimise le travail de tout un groupe pendant une saison. Un joueur qui symbolise également la relation forte entre le club de la Paillade et le Maroc.

 

Le pionnier d’entre eux a porté les couleurs du MPSC entre 1977 et 1981 : Nourredine Kawa Bouazzaoui. Lorsqu’il porte le maillot des hommes du Président Louis Nicollin pour la première fois, la Paillade n’est encore qu’en Division 3. Mais la saison démarre et se clôture avec deux victoires dans les derbies (victoire 3-1 dans le Gard et 3-0 dans l’Hérault lors de l’ultime journée). Une apothéose qui scelle la montée des coéquipiers de Kawa en Division 2. Lui, le solide défenseur participe pleinement à cet exercice puisqu’il dispute pas moins de 17 rencontres cette année-là. Les trois saisons suivantes, souvent barré dans le onze de départ par des joueurs plus habitués au haut niveau, il s’invite dans quelques rencontres et vit au sein d’un groupe le premier exploit des Languedociens : l’accession en première division de 1981 sous la houlette de Kader Firoud.

 Il faudra ensuite attendre plus de deux décennies pour qu’un joueur marocain porte le maillot montpelliérain. Formé à Nancy et passé par l’Allemagne, le milieu de terrain Mehdi Taouil pose ses valises dans l’Hérault. A cette époque-là, le MHSC a loupé l’ascenseur et entame sa deuxième saison en Ligue 2. Englué dans le ventre mou du championnat, Mehdi Taouil tente de faire parler sa technique dans une division rugueuse et participe à 31 rencontres pour 3 buts inscrits.

La saison suivante, elle, devient rapidement un long cauchemar. Mehdi Taouil, de son côté, dispute 17 rencontres dans une année qui ressemble à un long chemin de croix mais qui connaitra son Happy End. Le 25 mai 2007, devant 18000 spectateurs, dans un stade de la Mosson incandescent, Montpellier se sauve lors de l’ultime journée grâce à un pénalty transformé par Victor-Hugo Montaño. Mehdi Taouil assiste à cette rencontre depuis le banc de touche avant de s’envoler pour l’Ecosse. Mais il laisse dans son sillage un jeune marocain dont nous avons déjà parlé et qui, à 17 ans à peine, a déjà commencé à faire parler de lui.

Rayon de soleil dans une équipe en plein doute, Karim Aït Fana est le premier membre à émerger d’un trio qui marquera la légende pailladine. Apparu pour la première fois lors de la saison 2005-2006, puis à treize reprises (pour un but contre Châteauroux)  dans l’exercice compliqué que l’on vient de raconter, le jeune espoir montpelliérain est d’abord à la renaissance d’une histoire.

Sur les cendres d’une saison qui aurait pu être celle du désastre, il devient l’un des symboles du renouveau. Rolland Courbis décide d’en faire l’un de ses hommes de base. Dans une saison 2007-2008, annoncée comme celle de la transition, Karim se forge un physique et un caractère dans une division où la technique est souvent balayée d’un tacle rugueux ou d’un puissant coup d’épaule. Dans la saison 2008-2009, annoncée comme celle de l’ambition, le jeune milieu de terrain offensif est au rendez-vous de ses promesses (33 matchs, 6 buts). Montpellier ne rêve pas encore de titre ou de Ligue des champions mais simplement d’une accession… Car 5 ans, en Ligue 2, c’est long. Et 2 ans après le duel contre Grenoble, Montpellier s'offre un tout autre final : Face à Strasbourg, Karim Aït-Fana est l'un des onze noms inscrits sur la feuille de match. Le N°18 marocain est donc de ceux qui propulsent définitivement le Montpellier Hérault en Ligue 1 après la victoire 2-1 des hommes de Rolland Courbis.

 

Quelques jours plus tôt, c'est dans un autre stade qu'Abdelhamid El Kaoutari et Younès Belhanda ont entamé leur success story au MHSC. Le premier, défenseur, a déjà connu les joies de l'équipe première (7 matchs) alors que l'autre, milieu de terrain, est encore inconnu du grand public. Tous les deux sont dans le bus qui les guident au Stade de France pour disputer la finale de la Coupe Gambardella aux côtés d'autres pépites du Centre de Formation. Une victoire face à Nantes (2-0) leur permet d'écrire une première fois leur nom dans l'histoire du club héraultais. Mais ce n'est pas la dernière.

Saison 2009-2010, René Girard a remplacé Rolland Courbis à la tête de l'équipe première. Et on  dit souvent que chaque coach fait confiance à un jeune lors de son arrivée dans un club. Dès la première journée, Younes Belhanda est titulaire avec son club formateur. Et pas contre n'importe quel adversaire… Le PSG. Auteur de débuts très réussis, il s'installe aux côtés de ses deux compagnons au coeur du jeu d'un promu qui va décrocher l'Europe. 35 matchs pour Karim, 34 pour Younes et 27 pour Abdé. Le trio de choc est lancé. Ensemble, ils vont faire vivre à la Paillade des parcours incroyables. Une finale de Coupe de la Ligue en 2011, un titre de champion de France en 2012, une demi-finale de Coupe de la Ligue en 2013… et bien sûr…. La découverte de la Ligue des Champions. Dans la Coupe aux grandes oreilles, Younes Belhanda est d'ailleurs le premier Montpelliérain à inscrire son nom dans la case buteur avec une superbe Panenka sur pénalty face à Arsenal.

Younes est aussi le premier à quitter le club, à l'été 2013. Karim et Abdé resteront, eux, 2 saisons de plus, jusqu'en 2015. El Kaoutari devenant l'un des piliers de l'axe central aux côtés d'un dénommé Hilton alors que Karim lui, peine à se sortir d'une succession de blessures.

Entre temps, un autre Marocain a rejoint le club, Yassine Jebbour. Passé par Rennes et Nancy, le latéral droit ne parvient pas à s'imposer dans l'arrière garde montpelliéraine. En 18 mois, il participe à 13 rencontres avant de s'engager avec le SC Bastia.

2015 signe donc la fin – momentanée – du parcours incroyable des Marocains du MHSC. Sur une 7e place et une saison pleine d'Abdelhamid El Kaoutari (38 matchs). Au total Younes Belhanda aura participé à 144 matchs pour 28 buts tandis qu’Abdelhamid El Kaoutari aura porté à 170 reprises le maillot du club pour 1 but inscrit. Avec 173 matchs à son compteur, Karim Aït-Fana est donc celui qui aura joué le plus de matchs avec le MHSC avec en prime 20 buts et celui dont tout le monde se souvient encore. Car il est inconstestablement l'un des buts que l'on racontera (ou que l'on raconte déjà) à nos enfants et petits-enfants lorsqu'il faudra transmettre notre passion pour ce ballon rond qui tourne à la Mosson.

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