Guingamp, toujours en Avant… et déconcertant
Capable de battre Saint-Etienne et Troyes comme de perdre des points là où on s’y attendait le moins, le club breton est un adversaire aussi irrégulier que redoutable

Retombé depuis 2019 dans l’antichambre de l’élite, l’En Avant Guingamp y réalise, depuis, des saisons correctes, systématiquement terminées dans le top 10. L’année dernière, le club breton a même accroché le top 5 avant d’être sorti par Dunkerque lors du pré-barrage (1-0). Une déception qui a aussi fait naître des espoirs de lendemains qui chantent pour un club qui a connu 34 saisons en Ligue 2 depuis sa première apparition dans cette division en 1978 pour 13 exercices dans l’élite. Outsider pour l’accession en début de saison, l’EAG pointe à ce jour à la 7ème place du classement. Une place qui reflète assez bien l’irrégularité du club costarmoricain. Accrochés à domicile dès leur 1er match face au Mans dans le temps additionnel (3-3), les joueurs de Sylvain Ripoll marquent beaucoup de buts (5ème attaque avec 32 buts inscrits), mais en encaissent aussi pas mal (15ème défense avec 30 buts encaissés). Lourdement battus par le Red Star (4-0 au Roudourou), puis par Annecy (3-0), les Bretons sont capables de passer au travers parfois, mais aussi de réaliser de grandes prestations, à l’instar de leur succès 3-2 au Stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne ou de battre le leader troyen le week-end passé (1-0). Organisés autour d’un 4-4-2 à plat très offensif, les équipiers de Louis Mafouta sont aussi dangereux offensivement que ce qu’ils peinent à trouver une certaine solidité défensive. Pourtant, c’est bien en attaque qu’ils se sont renforcés cet hiver, avec les arrivées des attaquants Yohan Demoncy (prêté par Reims) et Amadou Samoura (Concarneau).

Malgré leur potentiel offensif très intéressant, c’est sans doute cette porosité de leur arrière garde qui avait poussé les Costarmoricains à laisser le ballon aux Montpelliérains lors du match aller le 15 septembre dernier, pour mieux les piquer et inscrire le seul but du match. Un match charnière dans la saison des Pailladins puisque c’est après cette rencontre comptant pour la 5ème journée (lors de la réception de Bastia), que Zoumana Camara avait choisi de réinstaller le 4-2-3-1 avec Téji Savanier en n°10 et de réintroduire un jeu plus direct, un peu moins basé sur la possession. Des choix qui s’étaient avérés payants puisque le MHSC avait retrouvé de l’allant entre mi-octobre et fin novembre (4 victoires et un nul en 5 matchs de L2).

La rencontre du jour est aussi le théatre d’un match dans le match très attendu entre deux des meilleurs n°9 du championnat :
Mendy et Mafouta. Arrivé l’été dernier au MHSC, Alexandre Mendy est un habitué de la Ligue 2. Passé par Guingamp en début de carrière, l’ancien Caennais en est même le meilleur buteur en activité avec 78 réalisations, soit au moins 10 de plus que tout autre joueur actuel du championnat. Louis Mafouta a connu un parcours plus atypique. Passé sous les radars des centres de formation, il a longtemps évolué dans les divisions inférieures françaises (Chambly, Grasse), puis en D1 grecque et suisse. C’est à Metz, sous la direction de Frédéric Antonetti, qu’il s’est définitivement fait un nom dans le football hexagonal. A l’issue de deux saisons abouties à Amiens (27 buts en 70 matchs), il a rejoint Guingamp l’été dernier, où il s’impose comme un joueur clé de son équipe. La particularité des deux hommes – leur point commun majeur aussi – est d’être quasiment injouables dos au jeu, de par leur faculté à caler les ballons, à les remiser, ou à faire remonter le bloc de leur équipe. Deux pivots qui sont aussi de redoutables finisseurs. Sacré duel en perspective.
Crédit photo : EA Guingamp


