Équipe pro masculine

Mickaël Simao, jeune et passionné

Venu rejoindre Zoumana Camara cet été, le nouveau préparateur physique du MHSC mélange un côté passionné et rationnel qu’il décrit sans fanfaronnerie mais avec bonne humeur et une volonté farouche de réussir sa mission.

Il porte un nom dont les adeptes de PES et FIFA 2000 (l’ancêtre de EA FC 26), ont forcément entendu parler. Un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître disait un certain Charles Aznavour.

J’ai grandi en banlieue où le foot est le sport populaire par excellence, le premier qu’on pouvait pratiquer. On a un ballon pour 20 ou pour 30, et c’est parti

Simao Sabrosa était un ailier de petit gabarit, virevoltant, ancien international portugais qui faisait partie du Barça de Luis Van Gaal, au début des années 2000. « Quand j’étais gamin, ma famille me disait que c’était un cousin éloigné. Je n’ai jamais su si c’était vrai mais ça m’impressionnait », sourit Mikaël Simao, préparateur physique de l’équipe professionnelle du MHSC depuis cet été.
Fils d’un père portugais et d’une mère franco-vietnamienne, Mickaël partage avec l’ancien joueur de Benfica (qu’il n’a jamais rencontré), la passion du ballon rond mais il a choisi de l’exercer sous une autre forme.

Né à Enghien-les-Bains dans le 95, il a grandi pas loin de là, à Deuil-la-Barre, toujours dans le Val d’Oise. C’est là-bas qu’il a tapé ses premiers ballons, dans la cour de récré avec les copains. « J’ai grandi en banlieue où le foot est le sport populaire par excellence, le premier qu’on pouvait pratiquer. On a un ballon pour 20 ou pour 30, et c’est parti. Ça a commencé en maternelle, puis en primaire, au collège, au lycée et ça se poursuit aujourd’hui. »

Si, comme ses potes, il aimait compter les buts, les dribbles et les passements de jambes, Mickaël Simao devait aussi veiller à la courbe de ses notes, à laquelle ses parents étaient très attentifs : « Mon parcours de footballeur a été assez limité, non pas par envie mais parce qu’ils préféraient que je me consacre beaucoup plus à mes études », sourit-il.
Alors, sans jamais oublier sa passion pour le ballon rond, celui qui a 36 ans aujourd’hui s’est plongé dans les bouquins : licence de bio, master STAPS entraînement, puis la bascule vers le métier de préparateur physique. Une orientation logique au premier regard mais pas forcément calculée en fait :

ça me semblait quasiment inaccessible, donc je mesure la chance que j’ai de faire ce métier

« Pour être franc, je ne m’étais jamais dit que j’allais faire ça ; ça me semblait quasiment inaccessible, donc je mesure la chance que j’ai de faire ce métier », dit-il d’emblée. « Ça s’est rendu concret pendant mon master. Il y avait une proposition de stage au Paris Saint-Germain en tant que préparateur physique, à laquelle j’ai hésité à postuler en pensant que, de toute façon, je n’allais pas être pris. Puis je me suis dit ‘’qui ne tente rien n’a rien’’, j’ai postulé, fait les entretiens et j’ai eu le stage. C’est là que je me suis dit que ce métier était fait pour moi. J’avais 24 ans. »

Avec Papus, le feeling est passé assez naturellement au fil des semaines. Une confiance s’est établie, à la fois humaine et professionnelle. C’est un plaisir de travailler ensemble

Un premier coup de pouce du destin suivi d’un autre. Pendant ce fameux stage, une place de préparateur physique se libère suite à un départ et Mickaël Simao monte dans le train du PSG, en CDI cette fois. Sa carrière était lancée. Au Centre de Formation parisien, il touche à, à peu près, toutes les catégories : U17, U19, National 2, équipe espoirs, avant de faire le grand saut cet été à la suite de l’appel de Zoumana Camara. : « On s’est rencontré en 2022, lorsque ‘‘Papus’’ a pris la tête des U19 nationaux du PSG », se souvient notre interlocuteur. « Le feeling est passé assez naturellement au fil des semaines. Une confiance s’est établie, à la fois humaine et professionnelle. C’est un plaisir de travailler ensemble. »
Un plaisir qui se prolonge donc aujourd’hui à Montpellier, après que le nouveau coach montpelliérain lui ait proposé d’intégrer le staff du MHSC : « Je n’ai ai pas eu d’hésitation parce que ce sont des discussions que nous avons eues au préalable et sur lesquelles j’avais déjà réfléchi. Je m’étais dit que je le suivrai. Ça implique des décisions, il y a des conséquences, c’est certain, mais je les avais mesurées avant pour pouvoir m’organiser. »

Il y a eu des changements et une volonté de tendre vers la performance. Je pense que nous sommes sur la bonne voie

Le voilà donc débarquer à Grammont, dans un contexte forcément très éloigné de celui qu’il avait connu jusqu’à présent : « Je ne dirai pas que c’est moins bien, mais c’est différent », reconnait Mickaël Simao. « Le PSG fait partie des top clubs européens, avec des joueurs extraordinaires, mais ici aussi on doit améliorer les qualités des joueurs que nous avons à notre disposition et essayer de les amener à chaque fois au maximum de leur potentiel. Des qualités, ils en ont, croyez-moi ! » Il poursuit : « Au niveau des infrastructures aussi, il y a un gap logique mais beaucoup de choses ont été apportées en amont. Quand ‘‘Papus’’ est arrivé, il a fait un état des lieux avec Nico (Damont), Cédric (Voutier) et les gens en place. Du nouveau matériel est arrivé, il y a eu des changements et une volonté de tendre vers la performance. Je pense que nous sommes sur la bonne voie. »

La transition est toute trouvée pour demander à Mickaël Simao quelle est sa vision du rôle de préparateur physique : « La préparation physique occupe une place importante voire même indissociable aujourd’hui de l’entraînement », pose-t-il d’emblée. « On demande aux joueurs d’être des athlètes et nous, en tant que préparateurs physiques, on doit avoir en priorité une grande qualité d’adaptation, que ce soit à l’environnement, aux joueurs, aux demandes du coach et du club. » Il poursuit : « On doit aussi être capable de s’adapter à des méthodologies différentes mais cela ne doit pas nous empêcher non plus d’avoir des convictions, des idées et d’être force de proposition, que ce soit avec les coachs ou les joueurs. Enfin, nous essayons d’être le lien entre le coach et le médical. C’est un rôle transversal qui consiste à faire passer les infos, tout en restant à sa place. »

Autre défi pour notre interlocuteur, celui de s’adapter à un nouveau public. Habitué à gérer majoritairement des ados au Centre de Formation du PSG, il doit aujourd’hui faire face à des adultes. « C’est vrai que j’ai côtoyé beaucoup d’adolescents jusqu’ici, mais j’ai aussi eu la chance de pouvoir encadrer quelques séances avec des pros quand certains d’entre eux ‘’redescendaient’’ en Espoirs comme Juan Bernat, Presnel Kimpembe, Renato Sanches ou Gonçalo Ramos, donc j’avais déjà un peu goûté à cette gestion humaine », explique-t-il. « Honnêtement, je trouve qu’il n’y a pas énormément de différences dans le sens où, l’approche est toujours d’entraîner des joueurs pour qu’ils atteignent l’équipe première. Les discussions, le dialogue et la maturité sont peut-être un peu différents mais c’est quelque chose de plaisant. »

« On doit être capable de s’adapter à des méthodologies différentes mais cela ne doit pas nous empêcher non plus d’avoir des convictions, des idées et d’être force de proposition

Pour cela comme sur de nombreux autres aspects Mickaël peut aussi compter sur l’expertise de son collègue préparateur physique Benoît Andrieu, qui effectue un travail remarquable au MHSC depuis de nombreuses années et a lui aussi connu cette transition il y a quelques saisons : « Benoît a des qualités, j’essaye de les garder, qu’il ait cette liberté de travail, tout en répondant nous à nos attentes et à notre manière de voir les choses. », explique Micka. « Il est plutôt axé sur la réhabilitation des joueurs, le travail en salle et la musculation, mais quand on a besoin de lui sur le terrain, il répond présent pour animer avec nous. Ça se passe très bien. »

Personnage plutôt calme hors du terrain, qui aime travailler dans la bonne humeur et pour qui la loyauté est un élément avec lequel on ne transige pas – « Quand je donne ma confiance je la donne jusqu’au bout » – ce personnage empathique et passionné, aime simplement « passer du temps avec sa famille et ses amis » une fois les journées terminées, tout « en continuant à s’instruire », en lisant beaucoup notamment.

Pour ceux qui ont beaucoup joué, on doit optimiser à fond la récupération, tout en effectuant des séances pour les joueurs qui ont eu moins de temps de jeu afin de garder un maintien d’entraînement suffisant.

Le 4ème match en 13 jours qui se présente ce vendredi soir avec la venue d’Annecy à La Mosson va être une nouvelle occasion pour lui de passer de la théorie à la pratique au cœur d’un enchaînement de matchs où le rôle de préparateur physique est d’une importance capitale : « Dans ce cas, l’enjeu est double », analyse-t-il. « Pour ceux qui ont beaucoup joué, on doit optimiser à fond la récupération, tout en effectuant des séances pour les joueurs qui ont eu moins de temps de jeu afin de garder un maintien d’entraînement suffisant. »
Voilà un autre changement par rapport à ses précédentes fonctions : « Quand on vient de la formation, on est préoccupé par leur développement car ce sont des jeunes joueurs », détaille-t-il. « Là, c’est de la compétition donc on n’est plus seulement sur le développement ; on est sur le très court terme. » Il conclut : « J’insiste sur le ‘’plus seulement’’, car nous avons aussi des jeunes joueurs. Nous devons donc établir un programme pour qu’ils puissent continuer à se développer, tout en répondant dès à présent aux exigences du haut niveau. Ça nécessite d’adapter les programmes pour que ces jeunes joueurs puissent avoir un entraînement qui soit assez conséquent, sans que cela nuise à leur développement. C’est un défi passionnant. » Et quand on a affaire à des gens passionnés comme Mickaël Simao, ce n’est pas le genre de défi qui fait peur…

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