Cyrielle Blanc, jeune cadre dynamique
A 22 ans, la jeune milieu de terrain formée au club s’affirme comme l’une des cadres du MHSC Féminines, autant sur le terrain qu’en dehors. Sacrée joueuse du mois de septembre, elle s’est confiée sur son nouveau statut avec simplicité, humilité et bienveillance.
« Moi tu ne me parles pas d’âge », disait un certain Kylian Mbappé. Si Cyrielle Blanc ne se risquera pas à prononcer la même phrase, et encore moins à la comparaison avec l’international français – question d’humilité sans doute – il y a des chiffres qui ne trompent pas. A 22 ans, elle est la 5ème joueuse la plus âgée de l’effectif et totalise déjà un nombre de matchs en pros (76), assez impressionnant pour son jeune âge. Ajoutez-y sa bienveillance naturelle alliée à une mentalité de leader toujours présente, et vous comprendrez pourquoi la native d’Aurillac est devenue l’une des cadres de l’effectif de Yannick Chandioux :

C’est une chance pour moi et pour ma progression car c’est un rôle qu’à mon âge, je n’aurai sans doute pas ailleurs
« Je le vis bien, même si ça me vieillit un peu », entame-t-elle dans un grand éclat de rire. « Plus sérieusement, je suis peut-être un peu plus une ‘’cadre’’ parce que ce groupe est très jeune. C’est une chance pour moi et pour ma progression car c’est un rôle qu’à mon âge, je n’aurai sans doute pas ailleurs. Sur le terrain, j’essaie de prendre la parole quand le besoin s’en fait sentir, mais au même titre que d’autres joueuses de l’effectif. Si certaines jeunes ont des questions à me poser, elles viennent naturellement et n’hésitent pas. Cela dit, je ne me force pas. Je ne fais rien qui ne soit pas naturel pour moi. »
Chez elle, tout vient du cœur. Il suffit de voir sa combattivité sur le terrain pour comprendre que rien n’est calculé et que ‘’jouer à l’économie’’ n’est pas dans son vocabulaire. Revenue en janvier dernier d’une blessure aux ligaments croisés du genou, Cyrielle n’a quasiment plus quitté le onze de départ de Yannick Chandioux depuis. Sur l’année civile 2025, elle est la Montpelliéraine qui gagne le plus de duels aériens en championnat (30, soit le 2ème plus haut total derrière la Lyonnaise Egurrola, 34), la joueuse de D1 qui a le plus haut pourcentage de duels gagnés (76,9) et la 3ème qui a réalisé le plus d’interceptions (19, à 3 unités de la leader en la matière, Le Moguédéc / PFC / 22)


Par ces chiffres et son influence dans le jeu, Cyrielle est devenue la régulatrice du milieu de terrain montpelliérain. Jusqu’ici habituée à jouer dans un milieu à 2, elle rayonne désormais en sentinelle du 4-3-3 de Yannick Chandioux dont elle est le point d’équilibre entre la défense et l’attaque : « La saison dernière, j’étais bien revenue de mon croisé, mais il me manquait encore quelque chose. Le fait d’avoir fait une préparation complète d’avant-saison et d’avoir pu enchaîner les matchs m’a fait beaucoup de bien », estime-t-elle. « Concernant ce poste de sentinelle, il est tout nouveau pour moi mais il me plaît beaucoup. Il me permet de récupérer beaucoup de ballons, de bloquer les angles de passes… Tu dois aussi toujours beaucoup communiquer pour, soit compenser en charnière si une défenseuse centrale monte, soit garder l’équilibre si les 2 n°8 qui sont devant moi se projettent. C’est très intéressant. »
Quand tu joues n°6, il est nécessaire de mettre une certaine intensité dans les duels ; dans le bon sens du terme bien sûr

Un poste passionnant, oui, mais où de nombreux joueurs et joueuses de talent se sont cassés les dents, tant il nécessite une grande maturité tactique, chose que Cyrielle réussit à merveille malgré son jeune âge. Seul problème, sa propension à prendre des cartons, déjà 4 depuis le début de la saison, ce qui l’a privée du déplacement à Toulouse en Coupe de la LFFP la semaine dernière pour cause de suspension : « Quand tu joues n°6, il est nécessaire de mettre une certaine intensité et de l’agressivité dans les duels ;
dans le bon sens du terme bien sûr. Ça fait partie des caractéristiques de mon poste », souligne la n°15 montpelliéraine. « Après, il va falloir que je me canalise pour prendre moins de cartons, c’est une certitude, car je n’ai pas envie d’être au repos forcé tous les 3 matchs », sourit-elle.
On sent l’attachement à l’institution. Ça bosse fort à l’entraînement et l’objectif de chacune est d’être la meilleure possible pour gagner sa place
Elle peut en cela compter sur sa coéquipière et amie Marion Torrent, qui évolue au même poste qu’elle étant en actuellement en ‘’pause footballistique post-maternité’’ si on peut s’exprimer ainsi : « On discute beaucoup. Marion n’est pas là mais elle est encore là » sourit Cyrielle. « Elle commence à revenir petit à petit et je pense que ça lui fait du bien de retrouver le centre d’entraînement et certaines routines. »
Présente il y a 15 jours contre Strasbourg, Marion a discrètement assisté au premier succès du MHSC Féminines cette saison. Un succès suivi d’un autre la semaine passée en Coupe et qui a fait énormément de bien après 4 revers toutes compétitions confondues en autant de matchs officiels depuis l’ouverture de la saison : « Cela ne m’était jamais arrivé de vivre une telle série de matchs sans victoire ici », reconnait l’internationale U23 tricolore. « Nous avons un bon groupe et on travaille bien à l’entraînement. On arrivait à le montrer en première période avant de flancher en seconde lors de nos défaites à Dijon et au Havre notamment. Cette victoire contre Strasbourg est venue récompenser un peu notre travail et elle a fait du bien au moral. » Encore plus pour un groupe fortement rajeuni mais qui a réussi à ne pas paniquer dans la tempête : « Il fallait penser au bon contenu et ne pas se focaliser sur les défaites parce que, sinon, on aurait eu le moral dans les chaussettes », analyse Cyrielle. « Le discours n’était pas spécialement négatif car, de par sa jeunesse, le groupe avait la faculté mentale de vite basculer sur l’objectif de gagner le match suivant. J’ai l’impression d’avoir 50 ans quand je dis ça, mais que ce soit les petites jeunes ou le reste de l’effectif, on n’a jamais eu une aussi bonne cohésion dans le groupe que cette saison. »

Cette victoire contre Strasbourg est venue récompenser un peu notre travail et elle a fait du bien au moral
Un sentiment insufflé par des cadres exemplaires mais sans doute aussi par le fait que beaucoup de joueuses de l’effectif ont été formées ou post-formées à Montpellier : « On sent l’attachement à l’institution. Ça bosse fort à l’entraînement et l’objectif de chacune est d’être la meilleure possible la semaine pour gagner sa place le weekend. Ça donne une bonne dynamique de groupe et c’est pour cela que je suis optimiste pour la suite. », ajoute la milieu de terrain montpelliéraine.
Sacrée joueuse du mois de septembre après le vote des joueuses, du staff et des supporters – « J’en suis très heureuse car ça récompense, entre guillemets, mon retour ‘’officiel’’ après ma blessure et une certaine régularité donc ça fait plaisir » – Cyrielle espère « continuer à jouer, à faire des bons matchs, à accompagner l’équipe et, collectivement, gagner le maximum de matchs. »

Prochaine étape ce samedi contre Lens à Grammont : « Malgré que ce soit une équipe promue en Arkema Première Ligue cette saison, Lens arrive à concurrencer certaines grosses équipes depuis le début de saison, donc il ne faudra pas les prendre à la légère ; chose que l’on ne peut se permettre de faire contre aucune équipe de toute façon », conclut notre interlocutrice. « Je m’attends à un gros match et j’espère que nos supporters répondront présents pour nous soutenir. C’est une année de transition, le groupe est très jeune et nous aurons encore plus besoin du soutien du public tout au long de la saison. On compte sur vous » De vraies paroles de leader comme Cyrielle en est devenue une. Sans strass ni paillettes mais par l’exemple, avec du talent et du cœur.


